16 octobre 2010
Pèlerinage des Saintes Maries de la Mer et séance de dédicaces
Photo Anna Galore
Pendant deux journées entières, ce samedi et demain dimanche,
Kathy Dauthuille dédicacera son roman "Les Voyageurs au Sang d'Or"
à la Librairie Michel aux Saintes Maries de la Mer.

Pendant ces deux jours aura lieu le pèlerinage des Saintes Maries que nous avons découvert pour la première fois il y a deux ans à la même époque, Anna et moi.
Source photo et texte Avignon et Provence.com - Crédit Photo Gilles MARTIN-RAGETSainte Marie Jacobé, Sainte Marie Salomé, patronnes des Saintes Maries de la Mer
Par quel mystère ces deux Saintes se trouvent-elles sur le rivage méditerranéen ?
Le Bréviaire du Diocèse d'Aix en Provence nous renseigne :
"Chassés par la persécution de Palestine, de nombreux disciples du Christ ont été exilés et ont porté la Foi chrétienne dans notre région." Avec Marie-Madeleine, Lazare, Maximin et beaucoup d'autres, Marie-Jacobé et Marie-Salomé furent donc arrêtées et embarquées sur un navire, puis, à proximité des côtes, abandonnées sur un rafiot sans voile ni rames.
Guidées par la Providence elles abordèrent le rivage provençal. Et tandis que les disciples partaient évangéliser au loin, les Saintes Maries Jacobé et Salomé, femmes d'âge puisque mères d'Apôtres, demeuraient sur ce rivage qui porte désormais leur nom. Elles auraient évangélisé les gens du pays et les Romains qui occupaient la région.
Bon à savoir : La Fête de Sainte Marie Jacobé est le 25 Mai et celle de Sainte Marie Salomé le 22 Octobre - cette dernière est célébrée en fait, le dimanche le plus proche de cette date. Ces deux dates attirent de nombreux pèlerins.
Pour ce qui concerne les Saintes Maries de la Mer sur le blog, vous pouvez consulter les nombreux articles que nous y avons consacré en cliquant sur le tag Saintes Maries de la Mer.

Les châsses qui contiennent les reliques de Marie Jacobé et Marie Salomé - Photo Anna Galore
Samedi 16 octobre
15h30 : cérémonie de la descente des châsses
18h00 : messe
21h00 : veillée de prières
Dimanche 17 octobre
10h00 : messe solennelle
11h00 : procession à la mer et bénédiction de la mer
15h30 : cérémonie de la remontée des châsses
* * * * *
Pour toute information sur Les Voyageurs au Sang d'or de Kathy Dauthuille, vous pouvez :
- lire les articles sur le blog
- consulter le catalogue des Éditions du Puits de Roulle
- voir le site de l'auteur
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30 août 2010
L'hommage de Kathy Dauthuille aux Roms
C'est avec grand plaisir que j'ai pris connaissance du Midi Libre samedi à notre retour de vacances. En effet, j'y ai découvert non pas un, mais deux articles consacrés à Kathy Dauthuille et ses Voyageurs au Sang d'Or. Nous avions rencontré la journaliste Françoise Condotta dans les locaux de la rédaction le 18 août dernier, ce qu'Anna avait vaguement évoqué dans sa note intitulée ... A qui sait attendre, mais nous ne savions pas quand l'article paraîtrait, Mme Condotta désirant le faire passer dans l'édition régionale du quotidien.
Après le bel après-midi passé ensemble, voici, sans plus tarder, les articles qui sont parus :
L'hommage de Kathy Dauthuille aux RomsQui a peur des Gitans ? Sûrement pas cette retraitée, professeur d'espagnol, qui enseigne encore à Vauban, Kathy Dauthuille. Elle vient de publier aux éditions nîmoises du Puits de Roulle, un roman qui rend un vibrant hommage au peuple rom.
Titré Les voyageurs au sang d'or, cet ouvrage est nourri de coutumes tirées de diverses lectures, de témoignages anecdotiques de gitans. « Qu'ils soient Gitans, Romanichels, Tsiganes, Sintis, Manouches, Bohémiens, ils sont Roms et sont êtres humains. Le mode de vie des "fils du vent" et des "gens de la plaine" me fascine depuis longtemps. »
Enfant, Kathy rêvait devant les roulottes qui passaient sur la place centrale d'Arras ; étudiante, elle vécut dans le quartier gitan à Madrid. Aujourd'hui encore, c'est à La Placette qu'elle a élu domicile. Toujours aussi troublée par le mystère impénétrable de ce peuple. « Je suis attirée par leur capacité innée à vivre dans l'instant. Pour eux, tout est bénédiction. Tout ce qui n'est pas donné ou partagé est perdu. La vie est un cadeau. Ils sont sans arrêt en voyage, même en esprit. Je suis toujours triste de les voir partir. Ils emportent quelque chose avec eux. »
Ce roman qui raconte l'histoire, sur deux générations, d'une tribu partie d'Almeria pour remonter vers les Saintes-Maries-de-la-Mer, il y a bien longtemps qu'elle le promenait dans ses bagages. Manitas de Plata en avait reçu un premier exemplaire, une ébauche, en 1996. Récemment, Kathy l'a repris, réécrit sous une forme poétique. « Ces 220 pages sont devenues un vrai chant lyrique, car l'écriture me passionne. » Le résultat a immédiatement séduit Stéphanie Lahana, qui vient de créer les éditions du Puits de Roulle. Alors que sa société est toujours en couveuse d'entreprises, cette jeune Nîmoise a décidé de miser sur l'histoire de Yerko le petit gitan. « Je veux promouvoir le "livre lien", éditer tout ce qui peut aider à se connaître, à apprendre à vivre ensemble. Les voyageurs au sang d'or s'inscrit tout à fait dans mon objectif. » Depuis la sortie de ce livre, les deux femmes partagent « une belle aventure ». Ce roman, présenté lors du dernier pèlerinage gitan aux Saintes, a reçu un très bon accueil des fils du vent. « Ils ont été très touchés, se réjouit Stéphanie. Mais le plus important pour moi, c'est que des gadjé (non gitans) disent avoir changé de regard à la lecture du travail de Kathy. C'est ainsi que, livre après livre, j'atteindrai mon but. »
Ces deux complices envisagent à présent de travailler en étroite collaboration avec les associations qui, comme elles, défendent la cause de ce peuple.
Pèlerinage des Saintes Maries de la Mer 2010 - Photo anti
« Rétablir le dialogue »« C'est triste, on ne va pas arranger les choses par la violence », commente Kathy Dauthuille en résonance à l'actualité qui voit des évacuations, parfois musclées, de camps de roms ou encore des avions qui les expulsent en Roumanie. Elle ne saurait cautionner ces mesures. « C'est l'inverse qu'il faut faire. Il y a un mur à dépasser pour établir le dialogue. C'est la seule solution, estime cet auteur. Il est évident que nous avons beaucoup de mal à nous comprendre. Les gitans, itinérants, n'ont aucune conscience de la propriété privée et nous, sédentaires, nous la faisons à l'article 17 des Droits de l'homme ! Au fil des ans, nous avons mis à bas nombre de nos traditions. Eux sont de farouches gardiens de leur culture. Mais ces différences pourraient être comprises si elles étaient connues », estime Kathy Dauthuille, néanmoins optimiste pour l'avenir « car de plus en plus de roms savent lire, leurs enfants sont sur internet, leurs aînés vont à l'université ».
Quand l'éditrice Stéphanie Lahana a pris la décision de publier ce livre, « ce qui se passe était prévisible, mais pas prévu ». Elle envisage de publier bientôt La veuve obscure, roman dont les personnages sont des roms. Et dans le cadre de ses activités de soutien à l'auto-édition, elle est en contact avec des familles gitanes souhaitant écrire leur histoire. Au nom du "livre lien".
Pour le Midi Libre, Françoise CONDOTTA.
Photo Fabrice ANDRÈS. "Les voyageurs au sang d'or", éditions du Puits de Roulle, 15,85 €. Peut être commandé dans n'importe quelle librairie ou par internet.
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08 juin 2010
A Nîmes, "La Capitelle", la couveuse d'entreprises fête ses dix ans
La journée d'hier a été bien remplie entre finitions de cuisine, travail (bientôt une bonne nouvelle à lire sur le blog), interview pour le Midi Libre et tenue de stand dans le cadre des 10 ans de La Capitelle, la couveuse d'entreprise nîmoise qui accompagne les créateurs d'entreprise dans leurs projets. Une structure vraiment idéale pour se lancer !
A Nîmes, "La Capitelle", la couveuse d'entreprises fête ses dix ans
« La solitude du chef d'entreprise, ce n'est pas une vue de l'esprit », témoigne un patron qui a galéré pour créer sa boîte et rame pour assurer sa pérennité. Combien sont-ils, ces porteurs de projet qui bataillent pour convaincre les banquiers, apprennent seul sur le tas et s'angoissent sous le regard de l'entourage ? C'est bien l'intérêt de la couveuse d'entreprise La Capitelle que de permettre aux futurs patrons d'apprendre à entreprendre pour se donner toutes les chances de la réussite. Sans stress inutile. Avec le professionnalisme requis.
Créée en 2000, à l'initiative du conseil général du Gard, son plus gros financeur (60 % d'un budget de 300 000 €), du Plie (plan local pour l'insertion et l'emploi), de la boutique de gestion de Nîmes, La Capitelle qui fête ses dix ans, a un bilan intéressant. Elle a accueilli plus de 1 200 porteurs de projet.
455 personnes y ont testé leur projet et 135 entreprises ont été créées. 57 % par des hommes et 43 % par des femmes. Du travail bien fait dont l'équipe (5 salariés) et le président Yves Gilles tirent une légitime fierté. Cet anniversaire, célébré en compagnie de la quarantaine de "couvés" de l'année, fut l'occasion de remercier les partenaires (conseils général et régional, Etat et Agglo) et d'offrir une vitrine aux idées des entrepreneurs.
La Capitelle, qui fait partie de la couveuse d'entreprises du Gard, également présente à Bagnols-sur-Cèze, au Vigan, Sommières et Alès, va à présent participer à la création d'un nouveau club des entrepreneurs : "Gardez le Cap". Ce club s'inscrit dans la continuité de l'accompagnement en s'adaptant aux nouveaux besoins : il propose des ateliers sur la gestion des entreprises. Pour conserver l'émulation.
TÉMOIGNAGES
« A conseiller ! »
Jocelyn Lapeyre est céramiste à Milhaud depuis dix ans. Il fut parmi les premiers porteurs de projet à intégrer La Capitelle et en garde un souvenir reconnaissant. « A ce moment-là, j'étais au chômage. Je voulais créer ma propre entreprise et vivre de mon métier, mais il me fallait investir dans du matériel. Un four de potier coûte environ 5 000 €. La prise de risque était conséquente. »
Jocelyn Lapeyre a choisi de bénéficier des services de La Capitelle. « J'ai pu conserver mes indemnités tout en fabriquant et en vendant sur les marchés. Je pouvais donc réinvestir tout ce que je gagnais dans mon entreprise. Et démarrer sereinement, sur des bases très saines. C'est un système que je ne peux que conseiller ! » Aujourd'hui, Jocelyn Lapeyre est un homme heureux qui exerce et vit d'un métier passion. Et qui n'hésite pas transmettre son savoir aux jeunes générations. Sa manière à lui de renvoyer l'ascenseur.
« Très professionnels »
Stéphanie Lahana teste actuellement son entreprise d'édition et de soutien à l'auto-édition (les éditions du Puits de Roulle). « Ça démarre bien. Je suis ravie », explique cette jeune femme qui trouve là « des outils, des expériences qui se confrontent et tout ce qui fait gagner du temps, car l'encadrement est actif, réactif et très professionnel ». Elle apprécie les entretiens individuels qui « recadrent » et elle vante l'avantage de travailler en réseau. « La Capitelle a des pistes et des retours. Tous les thèmes administratif, commercial, comptable, protection sociale y sont abordés. » Trois livres achevés, des devis en cours, Stéphanie Lahana est « sur les bons rails ».
« Par où commencer ? »
Amar Reda vivait de petits boulots, dans la précarité. Pour en sortir, il ne voyait pas d'autre solution que de créer sa propre entreprise de nettoyage. « J'avais mon idée, mais je ne savais pas par où commencer. Et mon RMI ne me permettait pas de payer les charges. Je suis passé par la boutique de gestion qui m'a adressé à la couveuse. Ça m'a permis de prospecter et de démarrer avec un carnet de clients. Sans la couveuse, je n'aurais jamais eu le courage de me lancer tout seul. » Mondial nettoyage a trois ans d'existence « et tout va bien ».
Sources articles et photos Midi Libre, Témoignages.
Et ici, pour en savoir plus sur les couveuses d'entreprises
anti, ravie.
07 juin 2010
Retour sur "Les Voyageurs au Sang d'Or"

Voici maintenant quelques semaines que le roman « Voyageurs au sang d’or » est sorti. Vous avez été nombreux et nombreuses à choisir de faire un bout de route en leur compagnie. Les premiers retours sont très chaleureux. Vous aimez l'histoire que raconte le livre, vous êtes touchés par l'écriture de Kathy Dauthuille, vous aimez la couverture du livre, sa mise en page aussi et surtout, vous vous ouvrez plus encore sur le monde des gens du voyage.
Lors des séances de dédicaces au Festival Drom et aux Saintes Maries de la Mer où le livre a connu un grand succès, de nombreux manouches et gitans sont venus nous trouver Kathy et moi pour nous remercier.
Peu d'entre eux savent lire mais ils tenaient à nous dire combien ils étaient touchés par le fait que d'une part, Kathy ait écrit une histoire - et pas un nouveau livre d'histoire - sur eux, sur leur vie et d'autre part, par le fait qu'un éditeur se soit intéressé à cette histoire.
Parmi ceux qui savent écrire, plusieurs sont venus à ma rencontre avec des projets d'édition. Celles et ceux qui ont la chance de connaître des représentants du peuple Rom ont aussi envie de raconter la richesse que représente leur amitié.
Retour en images, extraits et paroles de lecteurs sur ces journées d'intenses émotions partagées.
Fin avril 2010, réception des ouvrages en présence d'Atawallpa Oviedo, dont Kathy Dauthuille a traduit plusieurs ouvrages en français
Chère Kathy ! Voila, j'ai bien lu ton livre en y retrouvant tout ton univers et celui-ci,
magnifiquement "éclairé" par ce regard que tu portes sur les gens au "sang d'or".
Il semble en effet que l'or coule à travers tes pages.
Quel amour tu portes à ces voyageurs si "à part" pour le commun des mortels !
Peut-être es tu toi même de la race de ces baladins à l'idéal élevé, tissant leur propre route de la vie, de la voie.
Comment accepte-t-on ton livre (dans le milieu des "roms") ? Je suppose qu'ils doivent bénir ton écriture.
Donc, bravo ! Les couvertures sont très bien.
Bonne journée et bravo et merci encore.
J. Maillet (journaliste)

J'ai commencé cette nuit ! J'en suis à la page 82 et je me régale.
J'aime le style et la forme.
J'ai l'impression d'être emmenée dans la lente pérégrination,
que l'on me tient la main pour cheminer avec ces voyageurs au sang d'or.
J'aime la relation entre Yerko et le gadjo Aurélien, rencontre entre deux mondes.
J'ai envie de privilégier la poursuite de la lecture de nuit, uniquement.
Je ne sais pourquoi, l'ambiance feutrée et intime de la nuit me parait plus propice à ce voyage initiatique.
M.-A. - Paris


Manitas de Plata aux Stes Maries de la Mer ému de retrouver ses mots dès les premières pages des Voyageurs au Sang d'Or

Kathy Dauthuille & Manitas de Plata
Kathy Dauthuille & Manitas de Plata
Je l'ai lu d'une traite, du début à la fin. Kathy Dauthuille dit au début qu'il s'agit d'une épopée, c'est exactement le terme qui s'impose.
Ce texte est plus un chant poétique épique et humaniste qu'un roman au sens habituel du terme. On se laisse porter, bercer, prendre à travers deux générations d'une famille Rom, entre Espagne et Saintes-Maries-de-la-Mer, en suivant les évènements insouciants comme des plus tragiques qui rythment la vie du clan. Un livre atypique, inclassable, fort et beau.
A. Galore - Gard
Manitas de Plata, el Mario & Kathy Dauthuille
el Mario & Kathy Dauthuille
J’ai lu « Les Voyageurs au Sang d’Or » cet après midi, face à la mer, devant un ciel qui res-semblait sérieusement à celui de la couverture... mais les seules roulottes que j'y ai vu passer étaient celles de mon imagination au rythme des mots de Kathy Dauthuille. Ça me semblait un bel endroit pour le découvrir. Outre les mots riches de poésie et les montagnes d'informations que j'y ai apprises (je ne verrai plus les Saintes de la même façon la prochaine fois, j'ai particulièrement aimé les ciels que Kathy peint tout au long du livre. Un très beau voyage, une épopée que l'on rejoint l'espace de deux générations et qu'on aimerait accompagner encore un peu.
V. M. - Gard
J'ai fini la lecture des "Voyageurs au Sang d'Or". J'ai fait un voyage magnifique grâce à cet ouvrage remarquable. J'avais l'impression d'être dans la roulotte avec eux ! Je suis très heu-reuse d'avoir fait plus ample connaissance avec le peuple Rom... et désire encore davantage un jour participer aussi au pèlerinage des Saintes Maries de la Mer.
B. Berger - Allemagne
Franc succès du livre aux Saintes Maries de la Mer
J'ai acheté le livre de Kathy aux Saintes Maries de la mer, qu'elle m'a dédicacé. J'ai été captivée dès les première lignes, j'ai trouvé dans ces pages tant de choses qui m'ont ramené à ma propre histoire, à ma propre expérience parmi le peuple gitan !
J'ai souvent eu la gorge serrée et les larmes aux yeux...
Evelyne (Débla chez les Tziganes)
PRESENTATION & DEDICACE à la LIBRAIRIE L'HORS DU TEMPS - Mai 2010
… les écrits restent et j'ai repris votre livre avec joie, comme la madeleine de Proust,
avec la joie des souvenirs qui affleurent que je croyais à jamais perdus.
Joie aussi de vous savoir heureuse dans votre retraite nîmoise,
joie de savoir que l'écriture vous habite encore, joie de voir que vous y réussissez
et que vous avez trouvé un éditeur qui réalise, ma foi, de bien beaux ouvrages
(la photo de couverture, pleine d'horizons et de rêves est magnifique).
J-F Maury - Auteur de la Préface - Nord
Par trois fois, ils plongèrent l’objet de leur vénération dans les vagues et par trois fois le ressortirent ruisselant d’eau, plus rayonnant que jamais après le bain lustral, retournant au bain initial qui jadis fit échouer la protégée par prédestination en cette terre des Bouches-du-Rhône.
Le soir, se répercutaient sur la plage les sons rythmés ou les longs accords graves des guitares, des violons, des tambourins et des luths.
C’était un foyer de musique, de diversités instrumentales, d’expression directe, de modulations, qui prenait le public et l’entraînait dans toute une sorte de chocs, de murmures, de surprise, d’extase.
Des groupes s’étaient formés autour de l’église et les jeunes dansaient la rumba gitana en entrant et sortant tour à tour des cercles improvisés.
Ainsi roms, manouches et gitans passaient les jours à goûter cette ambiance chaleureuse, à retrouver de vieilles connaissances, à se perdre en palabres, à se nourrir d’amitiés, de gaieté et de danse.
Des tziganes entonnaient des arpèges de l’international hymne à la route et ceux qui venaient de Yougoslavie étaient encore empreints de l’atmosphère de fête de la Saint-Georges ; par intervalles, ils interprétaient à l’accordéon, avec de profonds accents mélancoliques, des bribes du chant Ederlezi.
où la conduit le vent,
joue l’orgue de barbarie.
Ederlezi.
Le chant sacré annonce le printemps
et le fleuve millénaire
porte les torches en veilleuses.
Au bord du Gange inversé,
les cornes sourdes retentissent
tandis que monte l’hymne
aux forces telluriques.
Il n’est ni jour ni nuit
quand la brume se déchire
Ederlezi.
Ô fête rituelle
à la poignante nostalgie !
Le cœur des tziganes
s’ébranle et dérive
au son des tambours qui cognent
et des clochettes qui tintent.
Une même onde de bonheur
les enserre et les porte
quand l’émoi collectif
s’empare de leur cœur
et résonne dans leur sang...
Ederlezi.
Les Saintes-Maries étaient une perle jetée dans le monde, un Éden, une halte dans leur course effrénée autour de la terre ; l’îlot sacré où tous accosteraient, l’Atlantide éphémère des gitans, la pierre d’onyx dans les sillons de la terre, le soleil de la mémoire, le sanctuaire de l’oubli, le tombeau des croisades fluctuantes, le sarcophage de leur croyance.

Extrait des Voyageurs au Sang d'Or de K. Dauthuille pp.124-126. Plus d'informations sur le site des Éditions du Puits de Roulle.
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Crédit Photo Editions du Puits de Roulle © S.L, R.L. et G.P
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09 février 2010
Chico, un mélange de tolérance et de bienveillance.

Dimanche soir j'ai regardé un documentaire d'Agnès Vincent-Deray et Jean-Pierre Manquillet consacré à Chico intitulé Chico, un gipsy peu ordinaire et pour cause, Chico n'est pas gipsy bien que fondateur des Gipsy King. Et, pour tout vous dire, j'ai versé des larmes de "tata Denise", c'est-à-dire de grosse émotion bien avant la fin du programme...

Découverte :
Chico n'était décidément pas fait pour l'école. Cela rendait furieux son père, Mohamed Bouchikhi. Il ne savait pas quoi faire de son petit. Qu'allait-il devenir ? Mama, la mère, faisait ce qu'elle pouvait. Mais il n'y avait rien à faire. Le désintérêt de l'enfant faisait perdre leurs moyens aux instituteurs parce que, disaient-ils, Chico était intelligent mais... indomptable. Un professeur, excédé, lui criera un jour devant toute la classe : "Dommage que le bagne de Cayenne soit fermé, on-t-y aurait envoyé passer ton certificat".
La famille Bouchikhi venait de s'installer dans une HLM du quartier Griffefeuille, quand la vie de Chico croisa celle des enfants du gitan le plus connu d'Arles, José Reyes. Le père Bouchikhi, un Marocain d'Oujda, avait immigré en France en 1951. Sa femme, une Algérienne de Tlemcen, et ses enfants l'y avaient rejoint. Bien qu'étant maçon, il ne pensait qu'à l'éducation de ses enfants. Leur vie ressemblait à celle de la majorité des familles maghrébines immigrées, vivant dans les HLM françaises.
José Reyes, lui, habitait dans une caravane, comme tous les gitans. Il campait dans le quartier des Bouchikhi. Sa voix exceptionnelle avait fait de lui un des gitans les plus connus de France et du monde.
Le deuxième l'égalait en talent et en notoriété, et n'était autre que son cousin, le fameux guitariste Manitas de Plata. José et Manitas travaillaient ensemble et enflammaient déjà les salles les plus prestigieuses du monde, quand Chico partagea leur quotidien, voyant José, au retour de ses tournées, reprendre le chemin des marchés pour vendre toutes sortes de choses afin de subvenir aux besoins des enfants de la tribu.
"Chico, mon vélo contre une pastèque"
Un jour que le petit Bouchikhi traînait dans le quartier, perdu dans ses idées de mômes de 12 ans, Canut, l'un des fils Reyes du même âge que lui, l'arracha à sa rêverie : "hey Chico ! mon vélo contre une pastèque". Chico "le garçon" n'avait ni argent ni pastèque. Il proposa alors à son nouvel ami "d'aller en cueillir une". Ce jour-là, avec la disparition d'une pastèque sur l'un des étalages du marché, Chico, alias Chico , fit son entrée dans la famille Reyes.
Le rebelle de la famille Bouchikhi passera ses journées dans le campement des caravanes Reyes. Le père Reyes le considéra tout de suite comme un des siens. Chico ne fut pas dépaysé : "Les ambiances arabe et gitane se ressemblent. Tout tourne autour de la famille.
Les mœurs sont les mêmes. Les rôles de la femme et de l'homme sont établis de la même manière. Il y a un grand respect pour les enfants, comme chez nous. Je vivais avec eux comme avec les miens. Mon père travaillait dur. Nous étions très pauvres. Il nous donnait tout. Chez les gitans, c'était pareil. On donne tout aux enfants, et si les adultes ne mangent pas, ce n'est pas grave."
Chez les Reyes, c'était comme chez les Bouchikhi, avec la liberté et la musique en plus. Si les gitans souhaitent que leurs enfants suivent une scolarité normale, ils ne font pas de l'échec scolaire une affaire d'état, et puis, les guitares sont une sorte de prolongement des bras des enfants. Un moyen, modeste certes, de gagner son pain, mais un moyen quand même. "A force d'être avec eux, un jour, à 17 ans, j'ai pris une guitare et j'ai commencé à jouer. C'était un cadeau que le ciel me faisait. Je me suis découvert un rythme et je me suis mis à jouer avec les enfants. Au départ, il n'y avait pas d'idée de carrière. On s'amusait".
Puis très rapidement, Chico se rendit compte du trésor que lui et les Reyes avaient entre les mains et décida d'en faire leur destin. C'est ainsi que le raté de la famille Bouchikhi deviendra le mentor des enfants Reyes. Celui à qui José acceptera de donner la main de sa fille, Marthe, puis, sur son lit de mort, celui à qui il confiera la relève.
La rencontre avec Chaplin
"Il y a ceux qui, en regardant un terrain vague, ne voient que le terrain vague, et ceux qui imaginent ce qu'il peut devenir. Je suis de ceux qui rêvent, tout en restant très pragmatique. Les Reyes jouaient comme ils vivaient, sans penser à l'avenir... Ce n'était pas mon cas. Et ils se sont laissés complétement guider."
Chico subissait la pression de sa famille. Il était le seul des enfants Bouchikhi à ne pas avoir mené sa scolarité à terme, et celui dont l'avenir inquiétait les siens, à juste titre; s'il s'était laissé aller à la vie gitane et s'il se disait musicien, il fallait qu'il réussisse à s'en sortir avec sa musique. Voilà ce qu'il lui restait à prouver à sa famille, et il était le seul à croire qu'il pouvait y parvenir. Tous les étés, il organisa alors des voyages en caravanes à destination de Saint-Tropez pour jouer sur les plages, et amuser vedettes et nantis.
Il avait déjà à l'époque l'âme d'un promoteur. Saint-Tropez, avec sa panoplie de stars, promettait un avenir brillant. Toute la question était de réussir à capter l'intérêt de ce beau monde pour pouvoir ensuite gagner le coeur des plus puissants. Chico sait que, s'ils y parvenaient, les six musiciens qu'il venait de baptiser "Los Reyes", en hommage à José, pouvaient espérer survoler un jour les sommets.Il ne se trompa pas. Au lieu de se faire virer des plages comme la plupart des musiciens qui essayaient de percer à l'époque, Los Reyes gagnèrent les cœurs des stars et des adeptes de la dolce vita. Ils devinrent les amis de Brigitte Bardot et de bien d'autres personnalités. Mais malgré le pouvoir dont jouissaient leurs admirateurs, la partie n'était pas pour autant gagnée et Los Reyes rentraient en Arles à la fin de chaque été dans leurs caravanes cahotantes, sans aucune promesse d'un avenir meilleur...
Les invitations pour animer des soirées privées dans des pays dont ils ne soupçonnaient même pas l'existence se succédèrent pourtant. Los Reyes dépassèrent ainsi les limites de Saint-Tropez pour aller amuser les rois, les princes et les grandes vedettes du showbiz partout dans le monde. Mais ils se retrouvaient sur la plage, à la fin de chacun de leurs voyages, avec comme unique bagage leurs illusions perdues d'un avenir prometteur.
"J'étais le seul à croire à notre succès ultérieur. Eux étaient tristes malgré eux. Moi, je pensais que c'était un don du ciel. Je ne cessais de les pousser à aller jusqu'au bout de l'aventure. Ce qui me donnait cette foi, c'était la réaction du public et des gens que j'admirais face à notre musique. Ce qui était incroyable, c'est qu'entre nous et le public, il n'y avait aucune barrière. Ce pouvait être des enfants, des gens du troisième âge, des ouvriers de chez Renault ou des rois... Tout le monde réagissait de la même manière. Les gens dansaient et parfois même pleuraient".Le plus belle rencontre que Chico ait faite, et qui lui permet de s'accrocher à son rêve malgré le découragement des Reyes, fut celle avec Charlie Chaplin. Los Reyes jouaient alors dans un restaurant à Lausanne.
"...Ce jour-là, le propriétaire est venu nous voir pour nous dire que, si nous revenions le soir même, nous pourrions jouer pour Charlie Chaplin. Voyant que l'idée me plaisait bien, Canut me demanda : "Charlie Chaplin, c'est le clochard ? mais qu'est-ce que tu espères qu'un clochard te donne ?" C'est beau non, cette confusion toute gitane entre fiction et réalité... Nous sommes donc revenus chanter à la table de Chaplin. En nous écoutant, une larme a glissé sur sa joue. On était arrivé à charmer les charmeurs et à faire pleurer celui qui avait réussi à faire rire la terre entière. Ce genre de rencontre était un signe pour nous dire que nous étions sur la bonne voie."
Le temps des vaches maigres
La vie de Chico est parsemée de rencontres. Avec le recul, et notant leur impact sur son destin, elles lui paraissent avoir été inévitables. Comme si rien n'avait été laissé au hasard. Avec les Reyes il se découvrira une vocation de musicien et de compositeur.
C'est lui qui donnera au groupe sa direction musicale. Il sera aussi bien leur manager, leur porte-parole, que celui chargé de régler les moindres détails de leur vie pratique. C'est également lui qui fera une place à José Reyes dans le groupe et qui assura plus tard, à la mort de José, des tournées à Manitas. L'attitude de Chico lui valu le surnom de Little Big Man, donné par François Mattei, le biographe du groupe.
En 1983, certains d'un succès prochain, Chico décide de rebaptiser le groupe. les gitans passent alors de "Los Reyes" aux "Gypsy Kings". "J'étais convaincu de la valeur universelle de notre musique. Il nous fallait un passeport universel, d'où le nouveau nom du groupe. Mais la production n'était pas d'accord. C'était un nom anglais qui, de surcroît, ne suggérait pas la musique des gitans".
L'entêtement de Chico valut au groupe trois longues années de vaches maigres, durant lesquelles les découragements se faisaient de plus en plus fréquents et menaçaient de mettre fin à cette aventure musicale.
En 1986, les frères Reyes, plus abattus que jamais, reprennent chacun leur petite vie. Chico rejoint sa caravane sous le pont d'Arles qui porte aujourd'hui son nom. Plus gitan que les gitans, il est le seul à continuer à vivre dans une caravane tout au long des douze mois de l'année. Entre klaxons et chants, sans eau ni sanitaires, celui qui ne savait vivre sans rêve, cherchait déjà un nouveau projet.
En 1988, Jack Lang, alors ministre français de la Culture, qui était de passage dans la région pour assister à la féria de Nîmes, se laissa entraîner par Michel Vauzelle, porte-parole de l'Elysée, et passa dire bonjour à Chico : "De cette rencontre est née un grande amitié et le projet du festival Mosaïque gitane et tzigane, visant à promouvoir la musique gitane. Nous avons commencé à discuter de la situation des gitans, et Jack Lang m'a demandé pourquoi je ne faisais rien pour promouvoir cette culture : je lui ai répondu que, s'il m'en donnait les moyens, je pourrais organiser un festival d'art gitan et tzigane". Huit jour plus tard, Jack Lang s'engage dans le projet et Chico est chargé de l'organisation du festival.
"Le premier soir de la première Mosaïque, un gitan est venu me voir. Il devait remettre un trophée et un bouquet de fleurs à quelqu'un. Je pensais que c'était destiné à Paco de Lucia qui devait se produire le soir même. J'ai alors demandé à l'homme de venir juste avant son concert. c'était le représentant d'une association de gitans rom. Le trophée et les fleurs m'étaient en fait destinés : "Pour le bien que vous faites aux gitans", me dit-il". Le gitan beur venait ainsi d'acquérir une nouvelle dimension : celle de protecteur de la musique gitane.
Début du succès... et des ennuis
Il fallut donc dix ans de lutte acharnée pour que le succès sourie enfin aux " Gypsy Kings". En décembre 1987 et janvier 1988, ils triomphent à la Cigale, puis sur la scène du Zénith. Ils quittent enfin les salons des stars du showbiz et des rois pour gagner les scènes internationales.
Aux Etats-Unis, ils effectuent trois tournées et jouent à guichets fermés : c'est la première fois qu'un groupe "français" réalise un telle performance. Le même phénomène se produira au Mexique, au Japon, en Angleterre, en Australie et ailleurs... En 1989, trois millions d'albums sont vendus. Les Gypsy Kings recevront quinze disques d'or. "Mon frère Chahib travaillait à l'époque dans une maison de retraite arlésienne. C'est comme cela que m'est venue l'idée d'offrir notre premier disque d'or à Jeanne Calment qui y vivait alors.
Nous avons joué pour les gens âgés. Ils étaient très heureux".
Une victoire de la musique viendra couronner le travail du groupe. sans rêve, cherchant déjà un nouveau projet. Mais les ennuis commencent pour Chico . Depuis 1986, le groupe avait pour manager Claude Martinez. Un malentendu surgit en 1991, qui l'oppose à Chico . "J'ai demandé des comptes à Martinez. C'est normal, non ? Ça ne lui a pas plu. Les choses se sont aggravées. Martinez s'est arrangé pour faire dire à mes beaux-frères qu'ils n'avaient plus besoin de moi. J'ai alors quitté le groupe".
Mais même si les beaux-frères ne jouent plus ensemble en public, et malgré les tensions dues à la séparation, il leur arrive de le faire en privé, lors de réunions de famille, autour de Clémentine, la veuve de José, pour le plaisir de lui donner l'occasion de s'entourer de tous ses enfants et petits-enfants, comme au bon vieux temps, au temps où ils vivaient encore dans les caravanes.

Un nouveau départ
Chico est un optimiste, et la vie le lui rend bien. Il a connu des moments très durs, suivis aussitôt d'événements qui lui permettaient de rebondir. L'année 1991 est très éprouvante pour lui. Il perd à la fois son premier bébé - Les Gypsy Kings -, et son père, Mohamed Bouchikhi.
Après avoir encaissé les coups du destin, Chico remontera la pente, comme il sait si bien le faire. Il fonde un nouveau groupe, "Chico et les Gypsies", avec de jeunes musiciens d'Arles et de Montpellier. Producteur, directeur artistique et musicien du groupe, il interprète les tubes internationaux de ses débuts sans pour autant dormir sur sa gloire passée, car il composera nombre de nouveaux morceaux, teintés de la saveur gitane, mais plus ouverts qu'auparavant aux influences, si diverses, de la musique tzigane. Alors qu'il avait été à l'origine des sonorités venues d'Orient dans les tubes des Gypsy Kings, aujourd'hui, il donne toute liberté à sa sensibilité orientale. Après Vagabundo, qui a atteint un chiffre record avec 20 000 albums vendus, sans compter les singles, il vient d'achever l'enregistrement de Nomade, dans lequel il reprend un titre d'un chanteur algérien de l'exil, Dahman el-Harachi.
Après avoir été gratifié du titre de protecteur de la culture gitane, Chico a créé un refuge pour tous les gitans du monde, "El Patio", un lieu de fête comprenant une bodega, une grande, des arènes, une esplanade, des roulottes et, pour couronner le tout, une vue sur le Rhône, afin que puissent se rencontrer les gens du voyage (magnifique, à découvrir !)
Au nom du frère
"Le hasard fait bien les choses... Mon entrée à l'UNESCO pourrait résumer ma vie... C'est l'histoire de mon histoire...."
L'histoire de Chico Bouchikhi. "En septembre 1994, j'étais en plein enregistrement du disque Vagabundo, quand le téléphone sonna. Il était 10 heures du matin.
C'était l'Unesco. On invitait mon groupe à participer au grand événement culturel qui accompagnait le premier anniversaire des accords de paix israélo-arabes le soir même à Oslo. J'ai d'abord pensé que c'était un gag ! Cela paraissait incroyable. Incroyable qu'on ait pu me joindre au studio. Incroyable qu'on ait eu que quelques heures pour rassembler quatorze musiciens et qu'on ait réussi à faire l'ouverture du concert en arrivant..."

Chico, le 13 septembre 1994, lors du premier anniversaire des accords de Paix signés à OSLO entre Shimon Peres et Yasser Arafat.
Le monde entier a suivi cet événement à la fois politique et culturel. La recette du concert a été versée au projet de reconstruction de Gaza et de Jéricho.
Yasser Arafat et Shimon Pérès montèrent ensuite sur scène pour saluer l'artiste.
"Ça, c'est pour la petite histoire, mais la mienne était tout autre... on dirait que tout a convergé par un hasard dont seul le maître du destin détient le secret pour me ramener vingt et un ans en arrière. J'avais alors 18 ans. Mon grand frère, Ahmed, venait d'être abattu en Norvège par le Mossad. C'était une erreur... Il a fallu cet événement. Le pardon le plus difficile est celui de ceux qui ont été, comme moi, blessés dans leur chair. C'était plus qu'un accord sur le papier pour moi... Après Oslo, j'ai eu envie d'organiser une nuit de la tolérance en Arles. Il était important de donner une dimension à l'événement et à son message. J'ai alors contacté l'Unesco pour le parrainage de cette nuit. J'avais prévu un plateau international : musique gitane des quatre coins du monde, mais aussi musique arabe, musique berbère.... L'Unesco a accepté et a envoyé quelques uns de ses représentants pour assister à l'événement. C'est là qu'en parlant d'Oslo, je leur ai parlé de mon frère...".
Frederico Mayor fut mis au courant de l'histoire. Touché par l'attitude de Chico, par ses démarches fédératrices et par sa musique universelle, il décide de le nommer envoyé spécial pour la paix à l'Unesco. C'était en 1995.
Quand l'opération vengeance du Mossad fauchait des innocents...
Le 5 septembre 1972, à Munich, un commando palestinien exécute onze athlètes israéliens. L'opération est revendiquée par l'organisation Septembre noir. Golda Meir, alors premier ministre israélien, réunit, quelques jours plus tard, les responsables du Mossad et leur remet une liste comportant les noms de plusieurs Palestiniens, responsables présumés de Septembre noir, tous à abattre selon elle. L'opération vengeance est déclenchée. Les assassinats se succèdent dans la clandestinité : en dix-huit mois, neuf responsables palestiniens sont tués en Europe et à Beyrouth. En juillet 1973, le chef présumé de Septembre noir, Ali Hassan Salameh, est localisé à Lillehamer, en Norvège. Le 21 juillet, à 22 heures 30, c'est un garçon de café marocain, Ahmed Bouchikhi, qui est assassiné par le Mossad. Les hommes du commando israélien prennent la fuite, mais ils sont arrêtés à l'aéroport. "C'était une erreur !..." Ils n'écoperont que de peines symboliques. Le Mossad n'arrêtera pas pour autant sa traque d'Ali Hassan Salameh. Ce dernier sera assassiné six ans plus tard à Beyrouth.

Une chaîne musicale de la paix
Les activités de Chico s'intensifient. Sa nomination à l'Unesco n'est pas simplement honorifique. Son rôle consiste à organiser des événements culturels pour répondre aux besoins des peuples défavorisés. Il organisa, entre autres, le cinquantième anniversaire de l'Unesco et profita de l'occasion pour rendre hommage au peuple algérien, à ses artistes et à ses femmes, en invitant Khaled, le roi du raï, et Hassiba Boulmerka, l'athlète algérienne.
Le but de Chico est de "réaliser une chaîne musicale de la paix en posant ses maillons dans les différentes villes du monde. Le premier maillon a été posé à Arles. Le second, à l'Unesco puis, en 1996, à Ramallah. J'ai un nouveau projet pour la Palestine. J'attends l'aval de l'Unesco. Mon objectif est à la fois de promouvoir la tolérance et la paix, et de récolter des fonds pour répondre aux besoins du pays où nous nous trouvons... J'ai proposé une nuit pour l'Algérie. Elle regrouperait des musiciens algériens, mais aussi des musiciens d'autres nationalités, connus internationalement. Les recettes iraient au Croissant-Rouge... ou à d'autres institutions. Ce ne sont pas les besoins qui manquent là-bas.
J'attends l'aval de l'Unesco pour ce projet aussi, car ce n'est pas la peine d'entreprendre l'organisation d'un tel événement et de faire illusion à la douleur des autres si l'on n'est pas sûr de pouvoir faire passer le message de paix, d'une part, et de pouvoir aider le peuple qui souffre, d'autre part".
Chez les gitans, les musiciens se succèdent de père en fils. C'est le seul héritage que laissent les parents et le seul hommage que peuvent faire les enfants à leur identité gitane et à leur famille : "José m'a confié le flambeau. Oui, on peut dire qu'il voyait en moi son successeur. Aujourd'hui, ce sont mes enfants qui poursuivent mon chemin". Reda, l'aîné de Chico, a 17 ans. Il a quitté l'école assez tôt pour vivre de la musique. Tonino-Nabil, lui, a 14 ans et poursuit sa scolarité. Myriam enregistre, à 9 ans, son premier disque avec deux autres petits gitans, une cousine et le fils d'un ami. Chico en est très fier, et c'est aujourd'hui les voix de ses enfants qui le font pleurer...
Source de cet article : Camargue.fr
Photos : site chico.fr, fan club de Chico, guitare.
anti
11:00 Publié dans Coups de coeur, L'Univers d'Anti, Raconte-moi une histoire, Tous des humains | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : chico, manitas de plata, roms, nimes et ses alentours
29 mai 2009
La pégoulade
La feria de pentecôte, ça y est, c'est parti ! Hier soir, nous sommes descendus à pied en ville pour assister à la pégoulade, grand défilé style carnaval tout autour du centre qui se termine par un spectacle aux Arènes.
Pour les enfants et Anti, c'était une première et ils ont adoré. Cette année, il n'y avait pas de défilé de chars mais des groupes de musiciens et danseurs de toutes sortes de régions du monde, à commencer par quelques unes bien d'cheu nous.
Etait-ce en honneur à Anti ? L'arrivée dans les Arènes était ouverte par les Bretons, si, si, le célèbre bagad de Lann Bihoué et un groupe de danse nommé le cercle celtique du Gard. Et, pour suivre, des Antillaises et Antillais, trop sympa, non ?
Bon, il y avait aussi des Nîmois, à commencer par l'équipe féminine de hand ball de Nîmes, championne d'Europe 2009, qui a fait un tour d'honneur de la piste.
On a eu également un très chouette groupe de guitaristes gitans, mené par l'arrière-petit-fils de Manitas de Plata (malheureusement en playback, faute de sonorisation), une ribambelle de petits enfants tout en blanc accompagnés de sorcières grimaçantes, un ensemble de square dance dont la chorégraphie était reprise spontanément par les danseurs espagnols de flamenco restés dans les Arènes après leur prestation et plein d'autres moins identifiables mais aux costumes très colorés.
Dans la rue, c'était la foule sur l'avenue Victor Hugo, avec moult bodegas et scènes diverses où ça dansait à fond. Le niveau général d'alcool devait être déjà bien haut mais c'était plutôt joyeux, sans agressivité.
Nous sommes rentrés à la maison vers minuit trente, les enfants surexcités par la fête et tout le monde heureux.
Ce soir, Anti et moi on y retourne, sans doute vers la Placette pour commencer. On se couvrira un peu mieux : hier, le ciel était limpide et la lune superbe mais le mistral nous transperçait de grandes rafales glacées. Et ce matin, il souffle encore fort.
Très belle journée à tous
08:30 Publié dans Accueil | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : nîmes et ses alentours, manitas de plata
26 mai 2009
Manitas de Plata, rencontre aux Saintes-Maries

Hier, nous avons croisé aux Saintes Maries le plus célèbre guitariste gitan vivant, Manitas de Plata (petites mains d'argent). L'occasion de lui décerner un coup de coeur ici.
Il est né à Sète, dans une caravane. Il aura 88 ans le 7 août prochain.
Il vit à la Grande Motte et vient jouer tous les ans aux Saintes-Maries lors du pèlerinage des Roms. En admiration totale pour Django Reinhardt, l'autre immense guitariste Rom, il attendra dix ans après sa mort pour se décider à jouer en public et connaître un succès immédiat. Son premier disque a été enregistré à Arles. Depuis, il a joué dans de multiples pays et vendu plus de 93 millions d'albums.

Ami du photographe Lucien Clergue (autre natif et amoureux de la région), il est resté toute sa vie illettré et, comme la plupart des musiciens non classiques, il joue entièrement à l'oreille, ignorant tout du solfège - ce qui ne veut pas dire de l'harmonie et des rythmes !
Le voici l'an dernier à la Grande Motte, lors d'une représentation donnée pour ses 87 ans (vidéo amateur mais c'est un document rare).
L'article de Wiki qui lui est consacré : Manitas de Plata
Découvrez "Les Voyageurs au Sang d'Or", un roman de Kathy Dauthuille plébiscité par Manitas de Plata, aux Éditions du Puits de Roulle.

19:00 Publié dans Coups de coeur, Musique | Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note | Tags : roms, saintes maries de la mer, rencontre, nîmes et ses alentours, les voyageurs au sang d'or, manitas de plata
12 mai 2009
Juste une question d'équilibre
L'équilibre peut être aussi bien la chose la plus simple qui soit que la plus difficile à atteindre. La clé est de se concentrer sur l'essentiel : savoir d'où on vient et où on va sans dévier de sa route, être à l'écoute de son corps, ignorer toute émotion perturbatrice. On croirait entendre un coach en développement personnel. Ou un maître bouddhiste mais ne le dites pas au coach, il croit qu'il a tout inventé.

On peut aussi regarder un chat. Mirou s'envole avec une précision parfaite pour passer du rebord de la fenêtre à celui de l'escalier ou se promène sans effort sur un rebord de balcon à plusieurs mètres au dessus du sol. Pour lui, l'équilibre, c'est naturel. En fait, tout dans la nature est question d'équilibre. La nature est équilibre. C'est, d'ailleurs, le message très simple des chamanes.
Hier en fin d'après-midi, nous avons eu la belle surprise d'en rencontrer un. Nous allions chez Kathy lui rendre une petite visite et lui emprunter le DVD de Latcho Drom. La culture Rom, Kathy connait bien. Elle a même écrit il y a une quinzaine d'années un roman qui se situe chez les gitans, avec en introduction un petit mot de Manitas de Platas. Et elle habite à deux pas de la Placette, lieu de rendez-vous fréquent pour les Roms de Nîmes.
Comme nous ne savions pas trop où se trouvait sa rue, nous avons demandé au bistrot. Scène digne de Pagnol, surtout qu'Anti avait rebaptisé la rue en remplaçant un homme célèbre par un autre. Oh, une variation minime : Satie au lieu de Tapie (j'ai changé les noms pour préserver la tranquillité de Kathy). Certes, les deux avaient plusieurs lettres en commun mais pas toutes et pas dans le même ordre.
Un monsieur jovial nous a expliqué avec un accent bien d'ici qu'il habitait à la Placette depuis toujours et qu'il n'y avait pas de rue Satie ici. Une dame a ajouté que la rue Satie, elle voyait bien, c'était à l'autre bout de la ville (près de chez nous, en plus). Trois ou quatre autres consommateurs, tout aussi joviaux, ont mis chacun leur grain de sel supplémentaire. Et tout le monde (nous compris) se marrait. Bref, on a dit au revoir et Anti m'a dit : "On y va à pied". Je lui ai répondu "Hein ? Mais c'est à deux kilomètres et la voiture elle est à trente mètres". Prise d'un doute, quand même, Anti a appelé Kathy, qui lui a dit "non, pas Satie, Tapie !". Qui était, bien sûr, à deux pas. On a ri jusqu'à sa porte.
L'entrée donne sur un escalier étroit, très joliment décoré d'objets venus de partout. Tout en haut, se trouve l'appartement proprement dit. Atawallpa Oviedo, le chamane équatorien que Kathy connait bien, nous y attendait.
Il parle plutôt bien le français et nous a raconté des choses fascinantes sur son parcours de guérisseur et les enseignements qu'il donne un peu partout à qui veut les recevoir sur les traditions Inca d'harmonie avec la Nature. L'équilibre comme réponse à la peur et comme base au respect. Respect de l'autre, respect de la vie, respect de la Nature.
Absolument passionnant et quelle chance de pouvoir l'écouter parler, rien que pour nous, en toute simplicité, autour de quelques gâteaux et de jus de fruits. Il nous a aussi fait part de son désarroi d'avoir été piégé par une journaliste venue soi-disant participer à un de ses stages et qui a ensuite inclus (sans le prévenir, bien sûr) quelques séquences tournées chez lui dans un documentaire, diffusé par M6 avant-hier, sur les sectes et les mouvements sataniques - un non sens total quand on connait un petit peu les chamanes qui sont à l'opposé de toutes ces déviances détestables. Nous avons ensuite parlé de mes livres, du blog, des liens qu'il créait au quotidien.
En repartant, nous avons ri à nouveau en évoquant Bernard Satie et Erik Tapie. Ou l'inverse. Trouver sa route, se sentir bien tel qu'on est, c'est juste une question d'équilibre.
Très belle journée à tous
08:30 Publié dans Accueil, Symboles et croyances | Lien permanent | Commentaires (22) | Envoyer cette note | Tags : kathy dauthuille, atawallpa oviedo, rencontre, roms, chamanisme, manitas de plata, chats
21 octobre 2008
Les Roms

Jeunes gitanes aux Saintes-Maries de la Mer
http://pkarus-team.blogspot.com/
Les Roms sont originaires d’Inde du Nord. Ils sont connus sous de nombreuses dénominations : Gitans, Tsiganes ou Tziganes, Manouches, Romanichels, Bohémiens, Sintis, ou parfois "gens du voyage" (bien que cette dernière dénomination ne soit pas réservée aux Roms).
Les mots Rom et romani (la langue parlée par les Roms) n'ont aucun rapport avec la ville de Rome, la Roumanie, l’empire romain ou les Roumains.
En hindi, "rom" signifie "être humain" et "gadjo" (ou gadjé), "étranger". Un grand nombre d’autres peuplades a adopté une dénomination similaire de type "nous" / "les autres" (les Inuits, plusieurs tribus indiennes et africaines, les aborigènes, etc.)
Les différents noms donnés à certains groupes de Roms ont les origines suivantes :
- Romanichels est un dérivé de Romani (groupe d'hommes).
- Manouches est proche de manushiam, qui signifie gens en hindi.
- Gypsies en anglais rappelle une ancienne légende selon laquelle les Roms seraient venus d'Égypte ("Egyptos": Αιγύπτοs en grec) mais en fait les noms grecs Γύψ (Gyps) et Γύφτοs (Gyftos), dont dérive Gypsies, signifient respectivement recycleur, équarrisseur, et ferronnier, ferrailleur, chaudronnier.
- Gitans, de l'espagnol Gitanos, dérive aussi de Gyps et de Gyftos, et a également été rapproché d'"Egiptos". Cet ethnonyme n'a jamais été utilisé par les Roms pour se désigner eux-mêmes. En France, ce terme a longtemps été associé à la persécution dont ils ont fait l'objet, et a acquis une connotation péjorative. Ils furent donc appelés "Égyptiens" en France.

Photo http://www.sonsdumonde.fr/ Les gitans Dhoad
- Tziganes vient du grec Αθίγγανος ("intouchable"). Cette dénomination a donné Zigeuner en allemand, Cigány en hongrois, Zingaro en italien, etc. Il existe une autre graphie du mot en français : Tsigane. Les Tsiganes préfèrent le S au Z, d'une part, parce que ce dernier évoque trop douloureusement le Z (pour Zigeuner) tatoué par les SS dans les camps de concentrations, ensuite, parce qu'il ne correspond pas à la prononciation du mot. Pourtant, l'usage du Z est plus courant en français, et recommandé par l'Académie française.
- On appelait, autrefois, certains groupes tsiganes Bohémiens. Le roi de Bohême leur avait, en effet, accordé un passeport qu'ils montraient en Europe.
Les Roms parlent de nombreuses langues : certaines leur sont propres, d'autres sont celles des contrées qu'ils ont traversées et où ils vivent, d'autres encore sont des dialectes nés de ces multiples influences. La parenté de la romani avec le sanskrit est clairement établie, avec des influences avestiques et hébraïques.
Légendes sur les origines des Roms
L’origine des Roms a été l’objet de tous les fantasmes. Les Roms descendraient ainsi (au choix, ou tout ensemble) de la divinité hindoue Rāma, ou encore de Rāmachandra, avatar de Vishnou, de Tubalkaïn le premier forgeron (Hiram), des enfants de la Marie-Madeleine biblique, des manichéens de Phrygie, des Mayas, des Aztèques, des Incas... et même de Tamerlan, du Grand Moghol ou des Mameluks.

Sara e Kali (Sara la Noire), église des Saintes Maries de la Mer
Histoire des Roms
Les Roms pourraient avoir quitté le nord de l'Inde autour de 1000 ap. J.-C., et avoir traversé ce qui est maintenant l'Afghanistan, l'Iran, l'Arménie, une grande partie du Caucase et la Turquie. La plupart d’entre eux, une fois parvenus en Europe, se mirent sous la protection des seigneurs nobles et des monastères ou abbayes, échappant ainsi à la vindicte des cultivateurs sédentaires, et continuant à exercer leurs métiers traditionnels au service de leurs nouveaux maîtres.
Au XIVe siècle, les groupes actuellement connus avaient achevé leur installation en Europe.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, entre 50 000 et 220 000 Tziganes d'Europe sont morts des suites des persécutions nazies. Le terme tsigane le plus courant pour désigner ce génocide est Porrajmos, qui signifie littéralement «dévoration». Les Tziganes ont aussi participé à la résistance armée en France, en Yougoslavie, en Roumanie, en Pologne et en URSS.
La France n’attend pas l’occupation allemande pour interner ses propres populations nomades, «par mesure de sécurité nationale». Les décrets d’avril 1940 les obligent à se fixer dans une commune, et on parle de "camps de concentration" en toutes lettres dans les circulaires destinées aux préfets.

Photo http://gypsies.canalblog.com/
D'autres massacres ont pris une forme particulièrement cruelle dans cette période de chaos : ainsi, en Roumanie, le régime d'Antonescu déporte plus de 5000 Roms vers l'Ukraine occupée par les Roumains ("Transnistrie"): la plupart meurent de froid, de faim et de dysenterie. Quelques habitants courageux parviennent à protéger certains groupes. Le gouvernement roumain a officiellement reconnu ce génocide (en même temps que la Shoah) en 2005.
Des estimations laissent à penser qu'il y a approximativement 8 à 10 millions de Roms dans le monde. Entre 7 et 10 millions vivent en Europe. Les plus grandes concentrations de Roms se trouvent dans les Balkans, en Europe Centrale et de l'Est, aux États-Unis, et en Amérique du Sud.

Le drapeau Rom depuis 1971. Sur un fond vert (la Terre fertile) et bleu intense (le Ciel, la liberté), est posé le Chakra (roue solaire à vingt-quatre rayons, symbole de la route et de la liberté), du rouge de l'empereur Ashoka.
D’un point de vue génétique, la distribution de leur groupe sanguin ABO est cohérente avec celle des castes guerrières du nord de l'Inde. Une étude récemment publiée dans le magazine Nature suggère que les Roms sont apparentés aux Cingalais du Sri-Lanka, eux aussi originaires de l'Inde du nord.
Méfiance et persécutions
Du fait de leur style de vie nomade et de leurs réticences ou la résistance qui est opposée à leur "intégration", il y a toujours eu une grande méfiance mutuelle entre les Roms et leurs voisins Gadjés.
On les disait (et dit encore) traditionnellement vagabonds, voleurs, incapables d'un travail sédentaire, ils furent et sont toujours l'objet de constantes persécutions, sous des formes plus ou moins visibles. Le nom en allemand des Roms, Zigeuner est parfois abusivement assimilé à Ziehende Gauner (voleurs voyageurs).
Les Roms n'ayant parfois d'autre choix que d'accepter parmi eux des marginaux font alors l'objet d'amalgames, comme c'est le cas de toutes les minorités.
Religion

Le pèlerinage du 25 mai aux Saintes Maries de la Mer
Photo Office du tourisme
On a suggéré que, lorsqu'ils étaient encore en Inde, les Roms étaient hindouistes, le mot romani pour "croix", trushul, est le même mot que le sanscrit "trishula" qui désigne le trident de Shiva. Mais vu le statut que l'hindouisme leur réservait, leurs pratiques, à l'arrivée en Europe, s'apparentaient davantage au chamanisme initial de leurs protecteurs Tatars et à la divination.
Les Roms ont souvent adopté la religion dominante du pays où ils se trouvaient, en gardant toutefois leur système spécial de croyances. La plupart des Roms sont protestants, orthodoxes ou musulmans.
Dans les Balkans, les Roms de Macédoine et du Kosovo ont été particulièrement actifs dans les fraternités mystiques soufies. Les immigrants roms musulmans vers l'Europe de l'Ouest et vers les États-Unis ont apporté ces traditions avec eux.
A voir également sur ce blog:
- Première rencontre avec Sara la Noire, un aperçu du pélerinage d'octobre consacré aux trois saintes qui ont vécu jusqu'à leur mort à Saintes Maries de la Mer, Marie-Salomé, Marie-Jacobé et Sara la vierge noire aux traits hindous vénérée par les Roms.
- La légende des saintes Maries, qui raconte l'arrivée en Camargue des trois Maries, de Sara et d'autres disciples chrétiens chassés de Jérusalem, dont Joseph d'Arimathie, porteur du Graal.
Culture rom
La plupart des films d'Emir Kusturica, dont Le Temps des Gitans et Chat noir, chat blanc, prennent les Roms pour thème du film. Latcho Drom, Gadjo Dilo et Vengo de Tony Gatlif forment un parcours musical à travers l'Europe des Roms.

Deux des trois films de la "trilogie flamenca" de Carlos Saura (Carmen et L'Amour sorcier) importe des héros roms.
Il en va de même de Montoyas y Tarantos de Vicente Escrivá, Luna Papa de Bakhtiar Khudojnazarov, Gypsy Caravan (2007) de Jasmine Dellal, Snatch (2000) de Guy Ritchie et Mohamed Bertrand-Duval, film d'Alex Métayer.
Rajko Djuric (1947-) est l’auteur de plusieurs romans et poèmes dont Sans maisons, sans tombe - Bi kheresqo bi limoresqo (recueil de poèmes, Paris, L'Harmattan), Les rêves de Jésus Christ (Montpellier, 1996) et Malheur à qui survivra au récit de notre mort (Buzet-sur-Tarn, 2003).
Mateo Maximoff (1917-1999) a écrit La Septième Fille (Romainville, 1982), La poupée de Maméliga (Romainville, 1986), Les Ursitori (Romainville, 1988) et Le prix de la liberté (Port-de-Bouc, Wallada, 1996).
Esméralda Romanez (1949- France) est l'auteure de Les Chemins de l'arc-en-ciel (Wallada) et De coups de cœur en coups de gueule (édition Lacours à Nîmes).
Django Reinhardt et Manitas de Plata (né dans une caravane à Sète) sont sans doute deux des Roms les plus célèbres au monde.

Les Roms sont connus pour être d'excellents musiciens et danseurs. En Espagne, ils ont influencé le flamenco et ils sont devenus les protagonistes de ce genre. Dans la plupart des pays d'Europe centrale et orientale, les musiciens tziganes ont été très recherchés pour les mariages, funérailles, etc.
En France, leurs talents d'amuseurs publics et de dresseurs de chevaux ont généré les familles du cirque célèbres comme les Bouglione ou les Zavatta.
Cette note sur les Roms puise l’essentiel de ses informations sur l’excellent article de Wikipedia qui leur est consacré, avec de nombreux autres détails passionnants http://fr.wikipedia.org/wiki/Roms

Photo Gilles Martin-Raget
A lire aussi sur le blog :
Les fils du vent
La veuve obscure
L'hymne à la paix
Le réveillon invisible des Roms
Le fichage des Roms légal en Europe
Sous le sceau de la vierge noire
Journée internationale des Roms : L'appel européen
11:00 Publié dans Anna bloGalore, Tous des humains | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note | Tags : roms, manitas de plata, chamanisme, cirque, roumanie, pays de l'est, inde






