14 juillet 2011

Juan Gris rime à Sète

C'est à Sète et c'est à voir !!








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Le cubisme fut sa religion unique. Et non pas une période, un passage, comme pour la majorité des peintres associés à ce mouvement fondateur de la peinture moderne.

Quand Picasso et Braque l’inventent, en 1907, Juan Gris est illustrateur de presse, un gagne-pain. Installé au Bateau-Lavoir à Paris, pépinière de l’avant-garde, ce jeune rapin espagnol de vingt ans assiste à la genèse des Demoiselles d’Avignon de Picasso. Il rejoint le cubisme en 1910 et le décline jusqu’à sa mort, précoce, en 1927.




Paysage à Céret, 1913
(source)




Juan Gris n’a laissé que 600 toiles, très dispersées. Ce qui explique sa rareté dans les musées, collections permanentes et rétrospectives. Réunir une cinquantaine d’œuvres significatives (toiles et dessins) n’est donc pas à la portée de tous les conservateurs.




« La guitarra », 1918
(source)





Maïthé Vallès-Bled relève ce défi au musée Paul-Valéry de Sète.

Non sans risque : l’exposition reste d’un format modeste, et le cubisme n’a jamais conquis les foules.

Trop froid, trop théorique. Il permet pourtant à la peinture de franchir un cap décisif ébauché par Cézanne.




« Portrait de Picasso »
(source)





"Il crée sa propre syntaxe plastique"






Maïthé Vallès-Bled : Juan Gris pratique un cubisme tempéré. Quand Picasso et Braque fragmentent radicalement le sujet, quand Duchamp le pulvérise et l’atomise, Juan Gris préserve une lisibilité, adoucissant les ruptures du “cubisme synthétique” dont il devient un chef de file.

Ses portraits, Arlequin assis, Le Tourangeau, Joueur de guitare, gardent une verve figurative.

Le titre de l’exposition, Rimes de la forme et de la couleur, indique son attachement à une poésie picturale, à des valeurs finalement classiques.

Aux coloris austères (marrons, bistres) des précurseurs du cubisme, Juan Gris préfère des tons vifs, télescopant des verts amande, des bleus lavande, des jaunes paille. Verre et journal (1916), un des plus beaux tableaux de l’exposition, est bien un hymne aux formes et aux couleurs.





« Verre, guitare et compotier », 1918
(source)




"Juan Gris crée sa propre syntaxe plastique et n’a de cesse de chercher à atteindre la perfection et l’équilibre entre la référence au réel et une architecture de l’œuvre ayant ses propres lois, son propre langage", analyse Maïthé Vallès-Bled.

Le peintre développe ce langage à travers des combinaisons de natures mortes (compotiers, cruches, cafetières, carafes, livres, pipes...) méticuleusement mises en scène, parfois un peu répétitives.





« Paysage avec maisons à Céret », 1913
(source)




Juan Gris souligne le silence des objets comme Chirico le fait avec ses paysages métaphysiques. Leur univers nait d’un imaginaire, rarement de la réalité. Magritte s’annonce aussi à travers l’étrangeté de certains portraits.





“L’homme au café”, 1914
(source)




Sur la fin, certaines de ces figures prennent des rondeurs géométriques : Le Tambourinaïre, Mère et enfant s’épanouissent en douceurs, loin du cubisme tranchant des origines.



Texte signé Jean-Marie Gavalda
pour Le Midi Libre





« Nature morte devant une fenêtre ouverte, place Ravignan », 1915
(source)




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A lire aussi :
« Musée Paul-Valéry : Juan Gris en pleines formes »


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Miss You

10 juillet 2011

Odilon Redon à Fontfroide et à Montpellier

Après son étape parisienne au Grand Palais, et avec une escale à l’Abbaye de Fontfroide (où se trouve la plus belle des réalisations décoratives de Redon), l'exposition « Odilon Redon. Prince du rêve » est présentée au Musée Fabre de Montpellier jusqu’au 16 octobre 2011.









Outre la découverte ou des retrouvailles avec le travail de Odilon Redon, artiste aux inspirations multiples, cette exposition permet de voir sous un autre angle une des nombreuses merveilles architecturales de notre pays et l’un de mes lieux préférés parmi tous : l’abbaye cistercienne de Fontfroide (dont je vous avais un peu parlé ici et ).







Odilon Redon à Fontfroide
© Famille Fayet





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Redon à l'abbaye de Fontfroide

C'est au cours de l'automne 1908 que Redon découvre pour la première fois l'abbaye de Fontfroide, située au pied des Corbières, à une dizaine de kilomètres de Narbonne. Il y est invité par le propriétaire des lieux, son ami Gustave Fayet (1865-1925), un peintre originaire du sud de la France qui cultive ses terres viticoles et collectionne des oeuvres d'artistes de son temps, en particulier de Gauguin et d'Odilon Redon.






Fayet a acquis en 1908 l'abbaye cistercienne de Fontfroide, fondée à la fin du XIe siècle et laissée à l'abandon depuis 1901. Avec son épouse Madeleine, il entreprend de grandes restaurations et décorations, faisant appel à Redon en 1910 pour la réalisation de panneaux destinés à l'ancien dortoir des moines transformé en bibliothèque. […]








Sous les voutes de Fontfroide

[…] C'est lorsque Redon séjourne pour la seconde fois dans l'abbaye, à Pâques 1910, qu'il s'entend avec Fayet pour décorer la grande pièce carrée de près de dix mètres de côté. Deux grands panneaux de 6,5 mètres de large et 2 mètres de haut, divisés en trois parties, se feront face sur les murs latéraux, tandis qu'au-dessus de la porte sera placé un panneau d'un mètre de large.





« Le jour »
© Henri Gaud




Redon a toute latitude pour le choix du sujet.

Il rentre à Paris et commence la réalisation du premier des grands panneaux, Le Jour, dont il vient superviser l'installation à la fin de l'été 1910 avant de commencer sur place le second panneau, La Nuit.

Il décrit dans une lettre à Bonger l'atmosphère dans laquelle ces travaux se déroulent :




« La Nuit »
© Henri Gaud





"Je vous écris de sous la voûte de la grande salle que je décore, dans le vieux cloître.
J'ai emporté le travail pour le continuer sur place. Ca m'intéresse énormément. […]
J'ai risqué la représentation (toujours indéterminée) d'un quadrige conduit par un ou deux être ailés,
sorte de fleurs - au milieu des montagnes et de divers gris lumineux.
Au mur de face est un autre panneau que j'esquisse en noir,
et avec la permission de laisser au dévergondage toute la fantaisie imaginaire possible.
Le Noir sur grande surface est terrible. Il ne faut pas en abuser, je le vois.
On ne sait, on n'apprend qu'au cours d'une exécution.
C'est la première fois que je me tourmente en face de pareille surface […].
Je conduis la chose, entouré d'une société d'invités fort vivants, enjoués,
sous le soleil gai et lumineux du Midi.
Belle région, non loin de celle que représenta Cézanne, aussi Van Gogh.
Je la vois avec des yeux autres, naturellement
".



Après avoir terminé, in situ, Le Jour, Redon travaille donc à La Nuit, qu'il terminera à l'inverse à Paris et ne sera installé qu'à l'automne 1911.




« Le jour » à Fontfroide




Le Jour, La Nuit, Le Silence

Dans leur opposition thématique, comme dans les sujets représentés, les deux panneaux peuvent être perçus comme une synthèse de l'art de Redon. Le jaune éclatant qui domine Le Jour, l'exubérance des fleurs qui envahissent les parties latérales sont caractéristiques du Redon de la seconde période, celui qui se passionne pour la couleur. […]







[…] La Nuit, quant à elle, ressuscite des formes souvent présentes dans les Noirs des années 1870-1880 : ange déchu, têtes ailées, femmes voilées… Mais ces visions semblent plus douces, moins inquiétantes que les créatures d'autrefois.




Redon devant « La nuit » à Fontfroide
(source photo)




Aux visages souriants ou paisibles, Redon a donné les traits des habitants de Fontfroide et de leurs amis : les deux femmes voilées sont Madeleine Fayet et sa fille Simone, on reconnaît dans les feu-follets papillonnant à droite de l'arbre les profils de Camille Redon, de Gustave Fayet et de ses deux fils, Léon et Antoine… […]

[…] Mais qu'il s'agisse du Jour ou de La Nuit, de l'époque des Noirs ou de la période colorée, une même constante unit tout l'oeuvre de Redon : le caractère mystérieux et onirique de ses créations. Cette atmosphère est en adéquation parfaite avec le contenu de la bibliothèque de l'abbaye de Fontfroide qui regorge d'ouvrages traitant d'occultisme et d'ésotérisme, domaines qui passionnent les intellectuels français à la fin du XIXe siècle.





« Le Silence »
© Henri Gaud




Comme un ultime clin d'oeil aux obsessions de Redon et aux caractéristiques du lieu, le dernier panneau, sous lequel on passe en quittant la bibliothèque, représente au milieu d'halos dorés un mystérieux personnage au visage sombre qui pose son index sur ses lèvres.

Intitulée Le Silence, cette oeuvre semble inviter le spectateur au calme et à la sérénité propres à une bibliothèque et à une abbaye, tout en gardant le secret sur le monde ambigu et indéfini des rêves.






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17 juin 2011

Une Collection Particulière à Nîmes


Une Collection particulière
Du 2 juin au 2 octobre 2011








La Ville de Nîmes et la Fondation des Treilles
présentent au Musée des Beaux-Arts
l’exposition « Une Collection particulière ».





Jean Dubuffet
(Source)



La Fondation des Treilles, créée dans les années soixante, conserve une collection constituée par sa fondatrice Anne Gruner-Schlumberger (1905-1993) auprès de ses amis artistes.

Un ensemble de 120 oeuvres a été scrupuleusement sélectionné à cette occasion parmi les fonds ethnographiques, le fonds des arts graphiques et le fonds d’art moderne.




Henri Laurens
(Source)



A l’étage du musée, le public pourra découvrir des peintures, sculptures, dessins, gravures d’artistes peu connus ou de grandes signatures marquantes du XXe siècle dans le domaine de l’art moderne et contemporain tels Arp, Braque, Brauner, Dubuffet, Ernst, Giacometti, Klee, Léger, Matta, Picasso, Soulages ou encore Takis.

Cette exposition s’inscrit dans la politique culturelle de la Ville de Nîmes et de son musée des Beaux Arts qui réservent à l’art moderne et contemporain une place singulière.




Max Ernst
(Source)



Elle succède aux expositions consacrées à Jean-Marie Granier (1983 et 2010), Picasso (1983 et 1995), Paul Klee (1984), Takis (1993), Lucien Coutaud (2004), ou encore Lucien Lautrec (2010).

C’est bien là que se situe l’une des missions importantes du Musée des Beaux-arts de Nîmes : tisser le lien depuis ses collections anciennes jusqu’à la création contemporaine, par la découverte de l’art moderne, celui du vingtième siècle.



Miss You

01 mai 2011

Forain au Petit Palais

Vous connaissez Jean-Louis Forain ?

Je découvre l'artiste et son travail à l’occasion de la rétrospective que lui consacre le Petit Palais et j’aime beaucoup ce trait acéré, que je trouve très moderne et parfois même proche des comics américains (l’affiche de l’exposition est très parlante), et qui rencontre au fil de ses toiles et croquis la douceur impressionniste.






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Présentation de l’exposition extraite du Figaro :


Jean-Louis Forain, un Zorro du crayon au Petit Palais


Première rétrospective de ce peintre incisif
qui fut également caricaturiste au Figaro
au tournant du XXe siècle.



Jean-Louis Forain pousse le trait, pourfend l'injustice, sabre la bêtise satisfaite du plus fort. Il a l'humeur féroce et l'œil à l'affût.

C'est une sorte de Zorro du crayon et du pinceau.

S'il finit à l'Institut, un peu raide dans son habit vert, tandis que Picasso débutant s'entraîne à imiter le «f» bouclé de sa signature, ses débuts sentent le Gavroche.

Fils de peintre en bâtiment, il copie les maîtres du Louvre, ambitionnant les beaux-arts plutôt que les enseignes.






« Devant le décor »
(Source)




Carpeaux le remarque et le prend comme apprenti. Son art de dessinateur, dans les nus, se souviendra des coups de ciseaux dans le marbre.

Une sculpture est endommagée. Carpeaux, féroce dans la colère, promet la porte au coupable.

Forain se dénonce pour sauver un camarade chargé de famille.

Sur le pavé, il cherche la protection d'André Gil, rencontre Verlaine dont il illustre les poèmes et Rimbaud avec qui il partage une chambre «pleine de jours sales et de bruits d'araignée».

Huysmans, son ami le plus proche, le décrit comme «le plus jeune et le plus incisif des impressionnistes».




L'intégralité de l’article du Figaro est ici.




(Source)




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A lire aussi :

L’interview donnée à Connaissances des Arts
par Florence Valdès-Forain,
descendante de Jean-Louis Forain (1852-1931),
et l’une des trois commissaires de l’exposition du Petit Palais



Derrière l’illustrateur acerbe, mondialement connu, perce un vrai peintre, compagnon de route des impressionnistes. […]

Forain a connu la gloire comme illustrateur de journaux. Mais l'artiste que vous montrez au Petit Palais apparaît plus riche et divers.

Le propos de l'exposition est précisément de montrer que par-delà le caricaturiste, il y a un très grand artiste.

Nous l'avons intitulée « La Comédie parisienne ».

C'est le titre du premier de ses recueils, publié en 1892, qui réunit deux cent cinquante dessins de presse.

Il faisait rire les Parisiens, se moquait du bourgeois.





« Au tribunal »
(Source)



Forain peintre est avant tout un peintre de moeurs, il montre les dessous de la société,
d'abord en humoriste, puis en moraliste de plus en plus virulent.

L'exposition se déroule en douze salles montrant l'évolution de son style.

A 27 ans, il participait à la quatrième exposition impressionniste et fut présent à toutes les autres. […]







Très belle exposition à tous !


Miss You

13 avril 2011

L'art dogon au Quai Branly


Une nouvelle et superbe exposition intitulée Dogon
se tient au Musée du Quai Branly
jusqu’au 24 juillet prochain.







Elle présente l’histoire de l’art et de la culture dogon,
depuis le 10ème siècle jusqu’à nos jours,
à travers plus de 330 oeuvres exceptionnelles issues de collections du monde entier
et rassemblées pour la première fois en France.







Comme l'ensemble de l'art africain, l'art dogon a eu aux yeux des Occidentaux un destin singulier.

Successivement objet d'étonnement, puis de mépris, réhabilité ensuite en tant que document ethnographique puis célébré au début du XXe siècle comme source d'inspiration par les artistes modernes, sculpteurs et peintres, il a enfin été recherché par des amateurs de plus en plus nombreux prêts à lutter avec les conservateurs des grands musées pour s'en approprier les pièces insignes. […]







[…] Plus encore que tout autre (les arts fang, baoulé, ou du Bénin), l'art dogon est longtemps resté inconnu, protégé par ses origines géographiques, le relief heurté de l'altière falaise du Bandiagara, et par le mutisme des anciens peu soucieux de voir leurs objets de culte révélés au grand jour. […]





Porte d'un grenier
(Source photo)




[…] Ce sont dix siècles d'histoire du peuplement et de la civilisation qu'évoque l'exposition.

Dès la Renaissance, les cabinets de curiosité présentent des objets venus d'Afrique.

Leur caractère étrange pouvait rebuter les collectionneurs européens, de même que le caractère sacré qu'ils avaient aux yeux des populations africaines en avait rendu l'acquisition difficile. […]







[…] Les sculptures sur bois étaient fragiles mais la sécheresse exceptionnelle qui régnait en pays dogon a permis d'y retrouver les plus anciens spécimens de statuaire en bois conservés en Afrique (XIe, XIIe siècles). […]





Retrouvez l’intégralité du très bel article

« L'austère beauté de l'art des Dogons »

signé Véronique Prat pour Le Figaro



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Masque
(Source photo)




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Les Dogons sur le blog :


• « Le serpent, l’oiseau et l'animal cornu »
• « Dialogues inédits »
• « Un avenir à l’ombre des arbres »
• « Semaine de la Solidarité Internationale »




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Belle et riche visite à chacun !


Miss You

21 février 2011

Masques du Toit du Monde

Une exposition certainement superbe, qui s'installe à Paris après être passée à Martigny et dont Valentine nous avait parlée sur "Bonjour" il y a quelques temps.

A voir si vous êtes sur Paris !




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L'Espace Durand-Dessert

présente une impressionnante collection

de masques, d'objets d’art rituels, tribaux et chamaniques

de l'Himalaya.






Espace Durand-Dessert

28 rue de Lappe 75011 Paris

jusqu'au 30 avril 2011





Parallèlement à l’engagement de leur galerie dans l’art contemporain, Liliane et Michel Durand-Dessert ont constitué, au fil des ans, une collection d’art primitif.




Masque, Népal (?).
Bois, patine lisse, pigments noirs, blanc et rouge
.



Un premier aperçu en avait été exposé au musée de Grenoble en 2004 en complément d’une grande rétrospective de leur carrière.

L’art africain, lui, a fait l’objet d’une exposition à l’Hôtel de la Monnaie à Paris en 2008.




Masque de Mleng
Chung Chopoh, fils du chasseur Apa, danse du Yak, Mompa, Arunachal Pradesh, Inde.
Bois, patine noire, traces de laque rouge sur la bouche, fourrure de chèvre sur le front
.



C’est maintenant la partie himalayenne de leur collection que nous présentons dans ce lieu historique de la rue de Lappe, où bon nombre de grands noms de l’art contemporain ont été découverts et exposés.




Masque dit « siffleur », sud-ouest du Népal.
Bois, patine noire lustrée recouverte de pigment blanc
.



L’ensemble de cette collection est particulièrement remarquable par sa qualité comme par sa diversité.

Parmi les chefs-d’œuvre qu’elle contient, elle offrira au visiteur un ensemble incomparable qu’aucune institution française, voire européenne, n’est en mesure de présenter actuellement.




Couple de Kiengpa, Mompa, Arunachal Pradesh, Inde.
Bois avec pigment ocre



La statuaire, révélée tardivement, marginalisée dans les collections et tenue à l’écart des grandes expositions, est ici mise à l’honneur.

Des collections particulières françaises ou européennes complètent cet ensemble de l’art himalayen, notamment dans le domaine du chamanisme et des textiles.




Masque de vieille femme ridée, Mompa, Arunachal Pradesh, Inde.
Bois, patine noire
.



Quatre séries de photographies, dont celle intitulée : ‘‘Le Tibet’’ de Jean Mansion, prêtée par le musée Guimet, viennent resituer ces œuvres dans leur contexte.




Masque, Népal, montagnes moyennes.
Bois clair, patine lisse



Prenant le relais de l’exposition Masques de l’Himalaya à Martigny en Suisse, cette exposition bénéficie du soutien de Bernard et Caroline de Watteville, à travers leur fondation, et a pour but de faire progresser la connaissance de l’art himalayen.











Masque Magar (?) Népal occidental.
Bois patine gris fumé mat, métal, peau, poils d’éléphants
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Photos © Bertrand Holsnyder


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Légendes signées Dominique Poiret pour Libération


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Miss You

17 février 2011

« Entre au MoMA, Tim Burton ! »

Tim Burton, vous le savez peut-être^^, je suis fan et je suis loin d’être la seule sur le blog.






Aussi, en découvrant avec retard (!) certaines des pièces exposées lors de la rétrospective que le MoMa lui avait été consacré au printemps dernier, j’ai eu envie de vous les montrer ici.




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A lire : l’article de Télérama

« Entre au MoMA, Tim Burton ! »

(article dont j’ai repris le titre pour cette note)






Trick or treat




Edward




Picasso woman




Black cauldron




Blue girl with wine




Oysterboy




Green man




Romeo and Juliet



Sculpture sans titre




Miniatures from “Nightmare”




Trick or treat (2)




(Source Télérama)





(Source Télérama)





En marge de la rétrospective



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Sauf précision contraire,
les photos proviennent du site
Fast Company.Com



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Miss You

28 janvier 2011

The Cloisters, cloîtres de France à New York

Parmi les endroits que je rêve de découvrir quand je retournerai saluer la Grosse Pomme, il y a le Musée des Cloîtres ou, plutôt, « The Cloisters ».

D’abord, parce que j’adore les cloîtres.

Ensuite, parce que cette Annexe du Metropolitan Museum of Art, les collections et trésors qui s'y nichent, la rencontre de l’Europe et de l’Amérique qui en a découlé, la multitude d’époques (du moyen-âge à Manhattan), d’architectures (romane, gothique), de petits morceaux d’Histoire, de ponts entre la religion (catholique ou anglicane), les hommes et leurs espérances, font que ce lieu m’attire depuis bien longtemps.




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Quelques mots sur le Musée




« The Cloisters » (le Musée des Cloîtres),
Annexe du Metropolitan Museum of Art (MET) à New York
consacrée à l'art et à l'architecture d'Europe médiévale,
regroupent des éléments architecturaux, séculaires et religieux européens,
datant du douzième au quinzième siècle.


cloistersoutside1.jpg
The Cloisters
(source photo)



Les bâtiments des cloîtres et leurs jardins,
situés à Fort Tryon Park dans le Nord de Manhattan,
sont de véritables trésors et font partie intégrale de la collection de ce Musée.


cloistershudson.jpg
Le Musée vu de Hudson River
(source photo)



La collection du Musée des Cloîtres comprend environ 5 000 œuvres d'art en provenance d'Europe,
datant de l'époque médiévale –du neuvième au quinzième siècle-.

(Des autres oeuvres, je vous reparlerai plus tard.)


Présentation signée par le Musée




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Les Cloîtres exposés



Le Cloître de Cuxa


Il présente de beaux chapiteaux du XIIe siècle provenant de l'Abbaye Saint-Michel de Cuxa, dans les Pyrénées.

Le jardin est composé d'essences médiévales et modernes.


cuxa.jpg
Chapiteaux de Cuxa
(source photo)




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Le Cloître de Saint-Guilhem-le-Désert


Il est composé de divers éléments de la fin du XIIe siècle provenant du monastère de Saint-Guilhem-le-Désert, dans l'Hérault.

On peut y admirer des sculptures des XIIe et XIIIe siècles venant de France et d'Italie.


stguilhem101.jpg
Cloître de Saint-Guilhem
(source photo)


St Guilhem, sur le blog :

• La Grotte de Clamouse
• Mon commentaire du 06 mars 2009 sous la note Le Désert



stguilhem.jpg
Cloître de Saint-Guilhem
(source photo)




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Le Cloître de Bonnefont-en-Comminges


Cette reconstitution du Monastère cistercien de Bonnefont-en-Comminges donne des éléments de la fin du XIIIe siècle et du XIVe siècle.

Le jardin du cloître expose 250 espèces de plantes cultivées au Moyen Âge.


bonnefont.jpg
Monastère de Bonnefont
(source photo)



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Le Cloître de Trie


Il s'agit d'un cloître du XVe siècle constitué d'éléments provenant du Couvent carmélite de Trie-en-Bigorre
dans les Hautes-Pyrénées.

trienyc.jpg
Cloître de Trie
(source photo)



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Les Arcades de Froville



En 1922, les arcades gothiques du XIIIe siècle de ce Prieuré ont été achetées pour être intégrées à l'entrée du Musée des Cloîtres de New York, à titre d'exemple d'un style gothique trilobé très épuré.


frovillenyc.jpg
Prieuré de Froville
(source photo)



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Le site du Musée des Cloîtres à New York




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Miss You

04 janvier 2011

Sciences & curiosités à la Cour de Versailles

Aucun doute, ce doit être une super expo à voir, de découvertes en aventures, dans le plus grand cabinet de curiosités qui soit ;-)







Voici une exposition qui révèle une nouvelle image de Versailles, une image inattendue : celle d’un lieu où la présence des sciences et des savants s’est manifestée sous les formes les plus diverses : expérience de l’électricité dans la galerie des Glaces, construction de la Machine de Marly sur les rives de la Seine, démonstration de l’énergie solaire avec le Miroir ardent...







Et ceci grâce au témoignage d’œuvres et d’instruments des anciennes collections royales, réalisations spectaculaires de beauté et d’intelligence, qui sont rassemblés pour la première fois dans cette exposition.






C’est depuis Versailles que la tutelle sur les sciences s’exerce. Sous l’impulsion de Jean-Baptiste Colbert, « Premier ministre » de Louis XIV, le pouvoir royal prend conscience des enjeux de la recherche scientifique.






En 1666, la fondation de l’Académie des Sciences par Colbert instaure un nouveau contrat entre le pouvoir et les savants. Nombre d’entre eux, parmi les plus renommés, fréquentent la Cour, de façon assidue en tant que précepteurs des princes, officiers de santé, ingénieurs aux armées...





Sous les yeux du Roi, les physiciens Benjamin Franklin et l’abbé Nollet confrontent leurs théories, les encyclopédistes Diderot et d’Alembert se retrouvent au Château dans l’entresol du docteur Quesnay, médecin de Madame de Pompadour, favorite de Louis XV.




Et certains courtisans s’affirment comme de réels experts...





Le château de Versailles offre de nombreuses ressources pour la recherche :






la Ménagerie et ses animaux rares, autruches, pélicans, rhinocéros, sont à la disposition des anatomistes, le domaine de Trianon à celle des botanistes, des zoologues et des agronomes, aux Grandes Écuries apparaît l'hippiatrie, prélude à la science vétérinaire.





Pour les enfants princiers, de nouvelles méthodes pédagogiques sont élaborées, utilisant des outils à la pointe de la recherche. Il en est de même pour la pratique personnelle des souverains.





Si Louis XIV se voit en protecteur des sciences, comme il l’était des arts, sans les pratiquer, ses successeurs, au contraire, Louis XV tout comme Louis XVI, deviennent de véritables connaisseurs.





La présentation au Roi ou la démonstration devant la Cour est une consécration suprême, équivalente à un prix Nobel.





Si l’envol de la première Montgolfière est connu de tous, il en est tant d’autres oubliées, telles l’expérience du miroir ardent devant Louis XIV ou celle, sous le règne suivant, de l’électricité dans la galerie des Glaces.




Ainsi cette mosaïque de lieux, d’hommes et de faits que présente Sciences et curiosités à la cour de Versailles doit-elle être perçue, non comme une conclusion mais comme une ouverture vers de nouvelles recherches.





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04 décembre 2010

« Musées de papier »

L'Antiquité revisitée par les livres des XVIIe et XVIIIe siècles

jusqu'au 3 janvier 2011,

le Louvre explore ces « Musées de papier »

qui témoignent des débuts de l'Histoire de l'art.


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museebianchini.jpg
Entre 1703 et 1710,
Francesco Bianchini travailla à concevoir
un musée pour le Vatican.

De ce projet abandonné
ne subsistent que les gravures
du Demonstratio Historia Ecclesaisticae (1752-1754).

Sur celle-ci, les bustes d'empereurs et de philosophes
côtoient les mosaïques et les bas-reliefs.
Sophie Pujas © BNU Strasbourg




Les antiquaires des XVIIe et XVIIIe siècles ont souvent rassemblé leur savoir dans d’imposants recueils figurés d’antiquités, sortes de « musées de papier » donnant à voir, sous forme de gravures ou de dessins, un nombre considérable d’œuvres antiques.

Les images de l’art antique contenues dans ces musées de papier ont directement alimenté une série de phénomènes majeurs dans l’histoire de l’art du XVIIIe siècle : essor du goût pour l’antique et mode néoclassique, naissance de l’historiographie de l’art, élargissement de la notion d’Antiquité à des aires géographiques et culturelles nouvelles.


dessinplumeetencre.jpg
Dessin à la plume et à l'encre noire,
dans le Recueil de dessins originaux par Pietro Sante Bartoli,
de peintures antiques trouvées à Rome.

Ce dessin représente une fresque du tombeau des Nasons,
découvert non loin de Rome, via Flaminia.
Sophie Pujas © BNF





L’exposition révèle l’extrême fécondité de ces recueils de dessins et gravures.

Elle mène le visiteur du Museo cartaceo de Cassiano dal Pozzo (1588-1657) – érudit qui rassembla une célèbre collection de reproductions d’œuvres antiques – jusqu’aux années 1760-1800, marquées par les ouvrages illustrés de Caylus, de Winckelmann et de Séroux d’Agincourt.



empreintesdepierres.jpg
Cette collection d'empreintes de pierre gravées
(dactyliothèques)
du XVIIIe siècle appartenait à l'antiquaire Philipp Daniel Lippert.

Ces objets servaient à compléter les connaissances livresques
sur les objets antiques.
Sophie Pujas © BNF




Elle donne un aperçu des systèmes de classement de ces recueils et montre comment, à la suite notamment des fouilles d’Herculanum, la littérature antiquaire s’enrichit de publications somptueuses.


singeantiquaire.jpg
Le métier d'antiquaire fait au XVIIIe siècle l'objet
de multiples représentations en peinture.

Ici, sous une forme caricaturale :
Le singe antiquaire, de Jean-Baptiste Chardin.
Sophie Pujas © Musée du Louvre/Angèle Decquier




Enfin, elle présente les multiples objets et instruments qui ont accompagné le travail antiquaire et ainsi préparé la naissance de deux disciplines modernes : l’histoire de l’art et l’archéologie.



Cette exposition a été réalisée avec le concours exceptionnel de la Bibliothèque nationale de France




Présentation : Musée du Louvre



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Source des photos : Le Point



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desacris.jpg
Gravure extraite de
De sacris aedificiis a Constantino Magno contructis (1693).
Sophie Pujas © Bibliothèque centrale des Musées nationaux




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