27 novembre 2009

L’Iran confisque le prix nobel de la Paix à Shirin Ebadi

En lisant cette nouvelle ce matin, j’ai d’abord été écoeurée par les procédés et manoeuvres.

Puis, je me suis dit que cela n’enlèvait absolument rien aux raisons pour lesquelles Shirin Ebadi avait reçu le Prix Nobel en 2003.

Au contraire, cette confiscation (aussi ridicule et mesquine qu'illégitime -comment un gouvernement peut-il retirer une récompense qu'il n'a pas lui-même octroyée ? C'est a contrario en reconnaître l'importance, quand on voudrait nier son existence-) ne la rendait que plus visible du reste du monde et me donnait l’occasion de vous en dire un peu plus sur cette femme admirable et ses engagements.

En effet, elle a déjà été évoquée sur le blog (ici et dans les commentaires sur la note à propos d'une autre femme formidable en Iran, Shahla Sherkat, mais de façon ponctuelle, sans en faire le portrait.




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L’article


La médaille et le diplôme Nobel de l’avocate iranienne Shirin Ebadi ont été confisqués par les autorités iraniennes.

C’est le gouvernement norvégien qui l’a annoncé jeudi. Selon ses services, la médaille et le diplôme Nobel de Shirin Ebadi, ainsi que certains autres de ses effets, ont été retirés d'un coffre-fort bancaire dans lequel ils étaient entreposés.

Le Nobel de la paix avait été attribué en 2003 à l'avocate, première femme à devenir juge en Iran en 1974, «pour ses efforts en faveur de la démocratie et des droits de l'Homme» dans la République islamique.

«Nous sommes choqués et nous nous démarquons de tels agissements», a déclaré le ministre norvégien des Affaires étrangères, Jonas Gahr Stoere, dans un communiqué. «C'est la première fois que les autorités d'un pays confisquent un prix Nobel de la paix


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Le gouvernement norvégien a dit avoir convoqué le représentant iranien à Oslo pour lui transmettre ses protestations. Le ministère des Affaires étrangères précise avoir convoqué le chargé d'affaires iranien à Oslo pour protester contre l'attitude des autorités iraniennes et lui communiquer ses inquiétudes concernant le sort de Shirin Ebadi et de ses proches.

Plusieurs collaborateurs de Shirin Ebadi et son mari ont été arrêtés et parfois maltraités ces derniers mois en Iran. Ces faits «montrent que la liberté d'expression est fort malmenée en Iran», a ajouté le ministère.

Le comité Nobel, qui attribue la prestigieuse récompense, a indiqué qu'il allait lui aussi protester contre sa confiscation. «Je n'ai pas connaissance que cela se soit déjà produit dans le passé», a déclaré Geir Lundestad, le secrétaire du comité Nobel. «Jamais un lauréat n'avait été traité de cette manière. Même des opposants politiques comme (le Russe Andreï) Sakharov et (le Polonais Lech) Walesa ont été mieux traités que cela dans leurs pays», a-t-il dit, évoquant les deux lauréats distingués respectivement en 1975 et 1983, pendant la Guerre froide.









Shirin Ebadi (en persan : شیرین عبادی, Shirin 'Ebādi) (née le 21 juin 1947 à Hamadan en Iran), est une avocate iranienne, défenseuse active des droits de l'homme.

Elle a reçu le Prix Nobel de la paix en 2003 pour son action en faveur des droits de l'homme et de la démocratie. C'est la première Iranienne à recevoir ce prix.

Elle fut aussi la première femme en 1974 à devenir juge en Iran. Elle a dû abandonner son poste en 1979 à cause de la révolution iranienne lorsque des religieux conservateurs ont pris en main le pays et fortement limité le rôle des femmes.


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Elle enseigne actuellement le droit à l'Université de Téhéran et œuvre pour la défense des droits des enfants et des femmes.

Elle est la porte-parole des femmes iraniennes qui ont joué un rôle clé dans la campagne présidentielle de Mohammad Khatami et depuis elle se bat pour que les femmes aient un plus grand rôle dans la vie publique.

Elle est aussi connue pour prendre la défense des dissidents de premier plan comme celle de la famille de Dariush Farouhar et de son épouse qui ont été retrouvés battus à mort. Il s'agit d'intellectuels menacés par des extrémistes opposés à la politique de Khatami qui a libéré le droit d'expression

En 2000, Ebadi a été accusée d'avoir distribué une cassette vidéo sur laquelle un de ces extrémistes religieux avoue que les dirigeants iraniens sont à l'origine de ces violences. Elle a été condamnée pour cela à une peine d'emprisonnement et à une interdiction d'exercer. Ceci a attiré l'attention du monde sur les violations des droits de l'Homme en Iran.

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Elle fait partie de la direction de l’Organisation iranienne de protection des droits de l'enfant et de l’Association des défenseurs des droits de l'Homme en Iran.

Pour ses actions politiques, elle a obtenu le prix Rafto en 2001 avant d'obtenir en 2003 le Prix Nobel de la paix.

Assadollah Badamchian, un politicien conservateur iranien, a qualifié à l'époque le prix Nobel d"infamie" ajoutant que Shirin Ebadi avait été récompensée pour les services rendus à l'oppression et au colonialisme occidentaux.

En juillet 2004, elle est devenue la marraine de la promotion 2004 de l'école française de la magistrature. En novembre 2006, elle a reçu du président français Jacques Chirac les insignes de commandeur de la Légion d'honneur.

En octobre 2007, elle intervient au Forum mondial de l’économie responsable qui se tient à Lille sur le thème de la diversité.

En août 2009, elle reçoit le Prix Manhae pour la paix.

Elle est membre de la fondation PeaceJam.


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A lire ailleurs :


Droits de l'homme en Iran sur Wiki

Le rapport édifiant d'Amnesty en 2004

Son discours (en anglais) lors de la remise du Nobel en 2003

• Son livre Iranienne et libre : Mon combat pour la justice qu'on peut feuilleter ici.


Bravo à elle et surtout merci, tellement.

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14 octobre 2009

Wangari Muta Maathai, la « mère des arbres »

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Hier, en commentaires de la note « Un avenir à l’ombre des arbres», macile h a évoqué Wangari Muta Maathai et son autobiographie "Celle qui plante des arbres"... .

Ignorant tout de cette biologiste réputée, militante écologiste et politique, défenderesse de la cause des femmes et … Prix Nobel de la Paix 2004, j’ai voulu en découvrir plus et vous parler un peu d’elle ici.




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Son parcours


Née au Kenya, cette aînée d'une famille de six enfants, a la chance que ses parents décident de l’envoyer à l'école.

Elle obtiendra une bourse d'étude émise par l'administration américaine de John F. Kennedy. En 1964, elle sera la première femme d'Afrique de l'Est à obtenir un baccalauréat en biologie, avant de décrocher son doctorat de médecine vétérinaire à l’Université de Nairobi.



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Ses combats


Maathai a fondé le Mouvement de la Ceinture verte (Green Belt Movement) en 1977, en commençant par planter sept arbres le Jour de la Terre pour honorer les femmes qui dirigent l'environnementalisme kényan.

Ce mouvement écologiste participe au reboisement des régions d'Afrique désertifiées et à la sensibilisation à la protection de l'environnement. Trente millions d'arbres ont déjà été replantés au Kenya et des centaines de milliers de femmes produisent, plantent et cultivent des semis.

A voir : une vidéo sur l’implication des femmes kenyanes dans la gestion des ressources naturelles de leur pays : ici


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Pour l'ONU, le Programme des Nations-Unies pour l’environnement (PNUE) a initié en novembre 2006 avec Wangari Maathai une campagne mondiale de reforestation « Plantons pour la planète : la campagne pour un milliard d’arbres », chaque planteur d'arbre pouvant enregistrer son acte via Internet.

En 2008, plus de 2 milliards d’arbres dans le monde avaient déjà été plantés. Fort de ce succès l'ONU a relevé son objectif en visant 7 milliards d’arbres plantés d’ici la fin de l’année 2009, ce qui peut sembler ambitieux même si ne correspond qu'à un arbre par habitant (à échelle de la planète, et alors que, dans le même temps, la FAO estime que 80 000 km2 de forêt sont détruits chaque année (l'équivalent en surface de l’Autriche). Au 6 mars 2009, 4.323.556.527 arbres étaient "promis", et 2.722.670.332 étaient déjà plantés.
(Chiffres Wiki)




Maathai a parfois été affectueusement surnommée la femme des arbres ou femme arbre (tree woman). Elle est d’abord « Mama miti, la mère des arbres », en swahili.


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Elle a également été dirigeante du Maendeleo ya wanawake (conseil national des femmes du Kenya). Elle a eu trois enfants avant de divorcer en 1979. Son mari a affirmé alors au juge qu'elle avait un trop fort caractère pour une femme et qu'il était incapable de la maîtriser, le juge lui a donné raison. Pour avoir déclaré dans la presse que ce juge ne pouvait qu'être incompétent ou corrompu, elle fut emprisonnée pour la première fois pour quelques jours.

En 1997, au Kenya, les deuxièmes élections multipartites ont été marquées par des violences ethniques. Maathai, qui avait posé sa candidature pour la présidence du Kenya, a aussi été battue dans la quête d'un siège au parlement durant cette élection.

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Sous la présidence de Daniel Arap Moi, elle a été emprisonnée plusieurs fois (notamment, en 1991, où elle a été libérée sous caution suite à une lettre d'Amnesty International) et violemment attaquée pour avoir demandé des élections multipartites, la fin de la corruption et de la politique tribale.

Sa renommée mondiale a été acquise lors de son opposition au projet pour la construction de la maison luxueuse d'Arap Moi, qui fut abandonnée à cause de son action. En effet, le projet envisageait d'abattre des arbres sur plusieurs acres de terre.


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Elle continua à défendre les forêts kényanes et la démocratie au péril de sa vie ou de sa liberté. Elle prône l'utilisation constante de la non-violence et des manifestations populaires avec l'aide des organisations internationales.

Militante écologiste, elle a fondé le parti vert Mazingira. Elle est aujourd'hui membre du parlement kényan et ministre-adjoint à l'Environnement, aux Ressources naturelles et à la faune sauvage depuis 2003.

Le 9 octobre 2008, elle est intervenue à la conférence d'ouverture du World Forum Lille, à l'occasion de l'avant-première mondiale du film Nous resterons sur Terre dans lequel elle exprime son point de vue sur les défis environnementaux actuels.


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Une controverse



Plusieurs organes de presse en 2004 ont mentionné la déclaration de Wangari Maathai selon laquelle le VIH était une arme biologique, introduite en Afrique par des scientifiques comme un outil destiné à maîtriser les africains et le peuple noir.

Wangari Maathai a depuis constamment déclaré que ce propos avait été sorti de son contexte et qu'elle ne croyait évidemment pas que c'est une arme créée de toutes pièces.

Je ne pouvais pas taire cette controverse, sans laquelle le portrait aurait été incomplet, même s'il en sort moins beau.



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Un documentaire


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« Nous resterons sur terre »



D’autres extraits (très courts) peuvent être vus ici, sur les arbres, les serres, le pétrole, les pneus, la cantine, les machines, les industries et la bourse.


Synopsis : Une tragédie est en train de s'écrire

Les changements climatiques inquiètent, les espèces s'éteignent, les ressources s'épuisent, les villes s'étendent. À travers un jeu de miroirs et de contrastes entre cette nature miraculeuse et l'obsession de l'homme à vouloir la dompter, Nous resterons sur Terre regarde la planète d'aujourd'hui dans les yeux et dresse l'état des lieux d'une harmonie qui vacille.

Pouvons-nous inverser le cours des choses ? Le voulons-nous vraiment ?

Avec l'environnementaliste James Lovelock, le philosophe Edgar Morin et les Prix Nobel de la Paix Mikhaïl Gorbatchev et Wangari Maathai, ce film laisse à chacun la liberté d'évaluer le degré d'urgence sur une seule certitude : Nous resterons sur Terre.
(Source).



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Deux livres


• « Celle qui plante les arbres ». Autobiographie traduite de l’anglais par Isabelle Taudière et chaleureusement recommandée hier par macile h ;-)

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• « Mama Miti, la mère des arbres : Prix Nobel de la paix» de Claire Nivola (Auteur) et Ariel Marinie (Traduction). Un album, plutôt destiné aux enfants à partir de 6 ans, cependant parfaitement édifiant pour tout un chacun.


Un entretien intitulé « La Kényane Wangari Muta Maathai : aux arbres, citoyens ! » donné au Courrier de l’UNESCO.


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Merci à macile h pour cette belle découverte.


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13 octobre 2009

Elinor Ostrom, une belle Nobel

elinor ostrom.jpgElinor Ostrom est la première femme lauréate du Prix Nobel d'Economie, qu'elle partage avec Oliver Williamson.

Elle a commencé à s'intéresser au développement soutenable dès son enfance, bien avant que le dérèglement climatique n'en fasse un sujet crucial. Native des USA, lorsqu'elle était petite, elle a connu la Grande Dépression et a été marquée par la façon dont sa mère parvenait à entretenir leur jardin alors que l'eau était devenue un produit rare.

"De cette expérience, elle déduit une conviction qui va guider l'ensemble de ses recherches ultérieures : la plupart des gens, quand ils sont confrontés à des problèmes de ressources, peuvent coopérer et agir pour le bien commun." (Le Figaro)

"Ils veulent comprendre des organisations qui ne sont pas des marchés (...) et ils montrent comment ces institutions résolvent les conflits", a salué Tore Ellingsen, membre du comité Nobel, lors de l'annonce du prix à la presse.

Elle a "remis en cause l'idée classique selon laquelle la propriété commune est mal gérée et doit être prise en main par les autorités publiques ou le marché", salue le comité, qui sacre pour la première fois une femme depuis sa première attribution en 1969.

En se fondant sur de nombreuses études sur la gestion par des groupes d'usagers des ressources en poissons, en élevage, sur les forêts ou les lacs, la lauréate américaine a montré que leur organisation était souvent meilleure que ne le croit la théorie économique, souligne le comité.

La récompense de l'Américaine "va bien avec les problèmes actuels auxquels le monde fait face, sur la façon de gérer la surexploitation des océans, le réchauffement climatique et d'autres problèmes environnementaux qui sont liés au fait que trop de gens utilisent trop de ressources", a dit à l'AFP Timothy Van Zandt, professeur d'économie à l'INSEAD, près de Paris.

Quelques mots sur le co-lauréat, Oliver Williamson. Il est enseignant à l'université de Californie de Berkeley et a été récompensé pour "son analyse de la gouvernance économique, notamment les frontières de l'entreprise". Sa théorie permet d'expliquer pourquoi l'entreprise s'est imposée comme modèle dominant, comment son organisation facilite la gestion de conflits et la réduction des coûts et aussi comment elle peut abuser les autorités de réglementation. La crise économique actuelle lui a donné largement raison sur ce dernier point.

Officiellement dénommé "prix de la Banque de Suède en sciences économiques en mémoire d'Alfred Nobel", le Nobel d'économie est le seul à ne pas avoir été prévu dans le testament de l'industriel suédois. Décerné depuis 1969 et financé par la banque centrale suédoise, il fonctionne néanmoins exactement comme les autres prix avec un comité et une dotation de 10 millions de couronnes (970.000 euros) à partager entre les lauréats.


Sources : AFP et Figaro
Photo : AFP

09 octobre 2009

Obama, Nobel de la Paix

Le prix Nobel de la paix a été attribué vendredi au président américain Barack Obama "pour ses efforts extraordinaires en vue de renforcer la diplomatie internationale et la coopération entre les peuples", a annoncé le comité Nobel norvégien.

"Le comité a attaché une importance particulière à la vision et aux efforts d'Obama pour un monde sans armes nucléaires", a déclaré le président du comité Nobel norvégien, Thorbjoern Jagland.

Premier président noir à être élu président des Etats-Unis, Barack Obama, qui a pris ses fonctions il y a moins de neuf mois, a prôné le mois dernier à l'Onu une planète débarrassée de toutes ses armes nucléaires.

"En tant que président, Obama a créé un nouveau climat dans la politique internationale. La diplomatie multilatérale a retrouvé une position centrale, avec un accent sur le rôle que les Nations unies et d'autres institutions internationales peuvent jouer", a ajouté M. Jagland.

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"Rarement une personne a, comme l'a fait Obama, capturé l'attention de la planète et donné à sa population l'espoir d'un avenir meilleur", a-t-il dit.

Homme le plus puissant de la planète, M. Obama, 48 ans, a notamment prononcé en juin dernier en Egypte un discours destiné à jeter des ponts entre son pays et le monde musulman après des années de tensions liées aux attentats du 11 septembre et à la guerre contre le terrorisme qui s'en est suivie.

Parmi les "faits d'armes" du nouveau président américain, M. Jagland a aussi relevé son engagement dans la lutte contre le changement climatique.

Le président américain reste toutefois confronté à deux conflits ouverts : l'un en Irak l'autre en Afghanistan, où il est à la recherche d'une nouvelle stratégie.

Le prix lui sera remis à Oslo le 10 décembre, une date qui coïncide avec la conférence internationale sur le climat à Copenhague.

Barack Obama est le troisième haut responsable démocrate américain à être recevoir le Nobel en l'espace de quelques années, après Jimmy Carter en 2002 et Al Gore en 2007.

Un record de 205 individus et organisations étaient en lice cette année pour le Nobel de la paix.

Le Nobel consiste en une médaille, un diplôme et un chèque de 10 millions de couronnes suédoises (près d'un million d'euros).


Source AFP

Crédit photo : REUTERS/KEVIN LAMARQUE



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13 août 2009

Aung San Suu Kyi et les voix dans le Monde

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Le verdict immonde, mais si peu surprenant, rendu dans le procès opposant Aung San Suu Kyi à la Junte birmane a soulevé de par le monde un tollé aussi général que méprisé par les militaires en place en Birmanie.


Petit tour d’horizon à travers l’Edito du Monde :



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Aung San Suu Kyi s'attendait "au pire", selon ses propres termes. Et beaucoup, dans le monde, le craignaient pour elle. Emprisonnée ou assignée à résidence pendant la majeure partie des vingt dernières années, la figure emblématique de l'opposition démocratique à la junte birmane était à nouveau incarcérée depuis le 14 mai et risquait cinq ans d'emprisonnement.

Le verdict de son procès, mardi 11 août, pourrait donc paraître relativement clément. La Prix Nobel de la paix (1991) a été condamnée à dix-huit mois de détention, à son domicile. Comme si les militaires birmans voulaient ainsi démontrer à la communauté internationale qu'ils ne sont pas totalement insensibles à ses avertissements.

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Depuis quelques semaines, en effet, les pressions s'étaient multipliées pour obtenir la remise en liberté de Mme Suu Kyi. Début juillet, le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, avait fait un déplacement à Rangoun pour plaider sa cause, sans toutefois pouvoir la rencontrer.

A la mi-juillet, la secrétaire d'Etat américaine, Hillary Clinton, avait exigé sa libération et laissé entrevoir, en échange, un dégel des relations avec la Birmanie, soumise depuis des années à de sévères sanctions économiques.

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L'Union européenne, également, avait exprimé sa vive inquiétude et mis en garde la junte contre un verdict négatif. Sans parler d'innombrables soutiens apportés, notamment, par des organisations comme Amnesty International .

Ces efforts ont échoué. Moins lourde qu'on pouvait le craindre, la condamnation de l'opposante birmane n'en reste pas moins inacceptable. Le premier ministre britannique, Gordon Brown, a immédiatement exprimé sa "colère" contre "le mépris total du droit et de l'opinion internationale" dont vient à nouveau de faire preuve le régime birman.

Quant à l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est (Asean), elle a convoqué une réunion d'urgence : "Avec cette condamnation, Aung San Suu Kyi n'a aucun moyen de participer à l'élection générale de l'année prochaine, qui devrait être juste et libre", a-t-elle souligné.

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C'est en effet l'enjeu pour les militaires au pouvoir en Birmanie : museler une nouvelle fois celle qui avait largement remporté les élections législatives de 1990 et contre laquelle ils avaient, alors, pris le pouvoir et imposé au pays dictature, isolement total et sous-développement accru.

Bref, museler la démocratie.

Ces dix-huit mois de condamnation sont dix-huit mois de trop.


(Source Le Monde)


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Avaaz, dont je vous reparlais récemment ici, n’est bien sûr pas restée silencieuse non plus.


Je recevais hier matin ce mail :

Hier Aung San Suu Kyi, lauréate du prix Nobel, symbole de la démocratie, affaiblie depuis plusieurs mois, a été condamnée à la résidence surveillée pour une durée d'un an et demi lors d'un procès-spectacle orchestré par un tribunal birman.

Le sort d'Aung San Suu Kyi's n'est que la partie émergée de l'iceberg quant à la brutalité du régime birman qui repose sur 40 ans de meurtres, de torture, de viol de masse et de travail esclave.

Il est temps pour la communauté internationale de faire juger les généraux birmans. Avaaz lance un appel au Conseil de Sécurité des Nations-Unies pour qu'il enquête sur les crimes contre l'humanité perpétrés par le régime. un jugement de culpabilité pourrait conduire à la poursuite des principaux généraux par la Cour Pénale Internationale.

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Pendant les deux prochains mois, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis partagent le siège influant de la Présidence du Conseil de Sécurité des Nations-Unies. Le Président Obama comme le Premier Ministre Brown ont eu des mots très durs à l'encontre du régime birman. C'est aujourd'hui la meilleure opportunité depuis des années de voir le Conseil de Sécurité agir sur ce dossier.

Mais les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et les autres membres du Conseil de Sécurité semblent traîner les pieds, craignant de s'opposer à la Chine, soutien incontournable de la junte birmane. Si l'appel donne lieu à une mobilisation mondiale, ils redoubleront d'efforts pour obtenir l'accord de la Chine, comme lorsque le Conseil décida d'autoriser des poursuites à l'encontre d'un autre régime soutenu par la Chine, à savoir le Soudan dans le dossier du Darfour.

Les demandes d'enquête et de poursuites à l'encontre des Généraux birmans se multiplient. La pression augmente sur Obama et Brown alors que déjà des dizaines de parlementaires américains et anglais ont demandé une enquête. Un récent rapport de l'Université d'Harvard rédigé par de grands juristes internationaux révèle que l'ONU a déjà discrètement enregistré des cas concernant le recrutement forcé de dizaines de milliers d'enfants soldats, un million de réfugiés et de personnes déplacées, de nombreux de meurtres, torture, viol de masse et le déplacement forcé de 3 000 villages habités par des minorités ethniques -- autant que les cas rapportés du Darfour. Rejoignons-les dans cet appel pour que le régime réponde de ses actes


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Un portrait terrible et émouvant : La "recluse de Rangoun" continue d'incarner l'espoir des Birmans


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12 mai 2009

Du roman gratuit au Nobel de littérature?

1759792221.jpgGeorges-André posait la question il y a quelques jours de l'existence de succès littéraires qui aient pris naissance sur le web avant de devenir des livres largement diffusés par des moyens classiques. En voici un très bel exemple paru dans Le Monde, dont je reproduis ci-dessous les principaux extraits.

Hwang Sok-yong a traversé un demi-siècle de l'histoire de la Corée. Il a lutté pour la démocratie, il a été emprisonné pour ses idées. Ses romans (publiés en France aux éditions Zulma) ont pour toile de fond les déchirements d'un pays divisé (La Route de Sampo, Monsieur Han), sa participation à la guerre du Vietnam aux côtés des Américains (L'Ombre des armes), la dissidence et la répression (Le Vieux Jardin). Toute une génération, qui a grandi à l'heure de la partition de la Corée, peut se reconnaître en lui. Pourtant, les lecteurs de son dernier roman (non traduit) sont en majorité des jeunes de 20 à 30 ans.

Le livre infirme une idée reçue, qui veut que le Net tue l'écrit. Car Hwang Sok-yong a d'abord publié son texte en feuilleton sur son blog entre février et juillet 2008 : il a été lu et commenté par près de 2 millions de lecteurs. Publié sous la forme d'un livre à la fin de l'été, il s'est vendu à 500 000 exemplaires. Ce succès a incité d'autres écrivains de renom à faire de même.

La littérature en ligne n'est pas une singularité sud-coréenne. Mais en raison de la diffusion du Net dans la population, elle connaît un essor spectaculaire, avec des portails spécialisés dans la littérature.

La célébrité d'Hwang Sok-yong, dont le nom a circulé pour le prix Nobel de littérature, a assurément joué dans le succès de ce roman en ligne. Mais ce qui a sans doute séduit le jeune lectorat, c'est l'attitude du romancier. Hwang Sok-yong est allé vers eux, il leur a raconté sa vie lorsqu'il était adolescent. Une époque, au lendemain de la guerre de Corée (1950-1953), certes bien différente. Mais beaucoup se sont identifiés au parcours erratique, aux quêtes, à la rébellion, aux vagabondages, aux émois et aux bonheurs instantanés du lycéen en rupture de ban qu'a été Hwang Sok-yong.

"La société a changé, mais je ne pense pas qu'il y ait incompréhension entre les générations", dit-il. "Le livre que j'avais commencé à écrire était destiné à être publié de manière classique. J'y racontais mon adolescence, et en même temps, j'avais le sentiment que je ne connaissais pas ceux qui aujourd'hui ont l'âge que j'avais alors. Mon entreprise me semblait vaine ou simplement narcissique. J'ai failli arrêter. Puis j'ai décidé d'essayer de communiquer avec ces jeunes en publiant mon roman en feuilleton sur le Net. Et au fur et à mesure que j'écrivais, je recevais des messages, des commentaires et des questions de lecteurs dont les deux tiers étaient ces jeunes."


Philippe Pons, envoyé spécial

L'article intégral est ici : Un nobélisable mise sur Internet
Photo : source web

09 mai 2009

Shahla Sherkat, féministe en Iran

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Shahla Sherkat a vu son mensuel, "Zanân" ( « Femmes » ), fermé par la censure. Mais cette militante de la première heure poursuit sa lutte pour promouvoir les droits des femmes, adapter la loi islamique à la vie morderne. Elle était de passage à Paris pour la sortie de son livre, Zanân, le journal de l'autre Iran.

(Paru le 04.03.2009 , par Georges Malbrunot pour le Figaro Madame).

1845896375.jpg Les sentinelles de la République islamique ont beau être loin, la peur, elle, est toujours là. « C’est de l’alcool ? », s’inquiète Shahla, en pointant la menthe à l’eau sur la table pendant l’entretien dans son hôtel parisien. Un cliché montrant cette femme, à la chevelure enveloppée dans un foulard en lin, un verre à la main pourrait lui coûter de sérieux problèmes à son retour à Téhéran. Shahla Sherkat, 52 ans, marche sur un fil. Son mensuel, Zanân (« Femmes » en farsi), a été fermé l’an dernier par la justice. Depuis, cette militante pressée se bat pour faire renaître de ses cendres le premier vrai journal féministe d’Iran.

Elle publie Zanân le journal de l’autre Iran (CNRS Éditions) ou, comme elle le définit elle-même, « le miroir des mille et une activités des Iraniennes ». Les siennes d’abord : depuis ce jour de juin 1991 où, après dix années passées au magazine Zan-e ruz (« La Femme d’aujourd’hui »), elle est remerciée pour avoir « soutenu une ligne moderniste, occidentaliste et féministe ».

Même si le mouvement féministe est apparu dès 1905 en Iran, avec les premières réunions secrètes de femmes, le voir porter aujourd’hui par des « filles de la Révolution » dérange certains ayatollahs. Et pourtant, c’est ce fil d’Ariane qui relie toutes ces femmes, dont Shahla retrace l’histoire dans son livre, agrémenté de photos. Ces « croyantes pas ordinaires », qui jadis écoutaient les prêches, lisaient et commentaient le Coran, en demandant aux imams leur intercession. Faute d’aller à l’école, elles se préparaient ainsi à la vie.

CONTOURNER LES INTERDITS

Aujourd’hui, ces femmes se retrouvent encore, certes pour prier, mais surtout pour échapper à la pesanteur des devoirs conjugaux. Ces
« épouses de martyrs » avec lesquelles Shahla a partagé vingt-quatre heures de « leur bruyante solitude » dans le quartier des détenues ordinaires de la prison d’Evine, à Téhéran. Cette jeune styliste qui chine aux quatre coins de son pays à la recherche de beaux tissus anciens. Mais aussi ces jeunes femmes toxicomanes, le plus souvent mariées, victimes de l’addiction de leurs époux. Ces femmes baloutches venues vendre leurs broderies à Téhéran. Ou encore cette chirurgienne qui organise des stages de formation à l’accouchement sans douleur sous hypnose pour réduire le taux élevé de césarienne (40 %).

« Vous le voyez, sourit Shahla, les Iraniennes ne correspondent pas aux clichés que l’Occident nourrit à leur égard : des femmes cantonnées dans leur cuisine à s’occuper des enfants et de leurs maris. » En avance sur leurs voisines afghanes ou saoudiennes, elles ont pris leur place dans le monde du travail et la vie sociale. Les Iraniennes occupent un tiers des postes de fonctionnaires et plus de 55 % des étudiants appartiennent au sexe dit faible. Mais leur combat est jalonné d’embûches. Les manifestations féministes continuent d’être réprimées et, en décembre dernier, le pouvoir n’a pas hésité à fermer le bureau de Shirin Ebadi, la célèbre avocate et Prix Nobel de la paix.

Et puis, il y a ce voile que des millions d’Iraniennes sont tenues de porter. « En faire une obligation religieuse n’est pas une bonne chose », estime Shahla. Mais que se passerait-il si 100 000 Iraniennes descendaient dans la rue en jetant leur fichu par terre ? Question sacrilège à laquelle cette mère de deux filles préfère, par prudence, ne pas répondre. « Mais une chose est sûre, ajoute-t-elle, nous ne sommes pas prêtes à payer le prix d’une deuxième révolution. Le peuple a trop souffert de la première, et puis vous savez, les femmes ont des problèmes beaucoup plus graves à régler que le voile. »

1487062109.jpg EN FINIR AVEC LES INÉGALITÉS

Pour venir à Paris, comme pour sortir de chez elle dans le quartier huppé de Tajrish, au nord de Téhéran, Shahla doit recueillir au préalable l’assentiment de son mari. « Heureusement, dit-elle, notre société est en avance sur nos lois. » Traduction : les Iraniennes ont le génie pour contourner les interdits. Et grignoter la moindre avancée, face à un régime autoritaire et une police des mœurs tatillonne. Un foulard qui laissera apparaître une chevelure ondulée. Une promenade bras dessus bras dessous dans un parc de Téhéran. Une sortie en amoureux le vendredi au cinéma. Rien n’est acquis d’avance aux Iraniennes, même pas la célébration de la Journée de la femme, dimanche prochain, objet là encore de compromis byzantins avec le pouvoir.

À la tête de Zanân, Shahla connut ses plus belles heures sous la présidence réformatrice de Mohammad Khatami entre 1997 et 2005. Elle mise sur sa victoire en juin face au conservateur Mahmoud Ahmadinejad, pour faire avancer les chantiers en cours. L’un des plus importants est l’adaptation de la loi et de la jurisprudence islamiques à la vie moderne. Pour en finir une fois pour toutes avec les inégalités en matière de divorce, d’héritage, ou désormais à l’entrée de l’université, où des quotas sont appliqués aux filles. Entre avancées modernistes et pesanteurs traditionnelles, Shahla n’a cessé de slalomer. Un combat aussi passionnant qu’éprouvant, à l’instar des cent numéros de son mensuel Zanân, dont elle parle comme d’une naissance à chaque fois répétée.

« Cent fois grimper les marches du doute, cent fois connaître les douleurs. Savez-vous que sur ce chemin ardu, des arbres nous refusaient leur ombre, des cavaliers se moquaient de notre passion. Aujourd’hui, je suis comme une aimante, qui malgré les cent coups de fouet qu’elle a reçus pour son amour interdit, se love, les os brisés et le visage ensanglanté dans les bras de son bien-aimé. »


A lire, Etre féministe en Iran et bien sûr, à lire et/ou à voir Persepolis de Marjane Satrapi.



A lire aussi sur le blog : Téhéran ferme une ONG

anti


17 mars 2009

Une économie basée sur le désintéressement

1141636057.jpgLe prix Nobel de la Paix, Muhammad Yunus, appelle à profiter de la crise économique mondiale pour créer un système financier "pour le peuple" et pas "pour les plus riches". Selon lui, à la tourmente financière s'ajoutent les crises alimentaire, énergétique et climatique, plus anciennes mais passées au second plan. "Toutes ces crises ont la même origine, elles sont nées des failles structurelles de notre système", selon Muhammad Yunus, pour qui "l'économie actuelle est exclusivement tournée vers la maximisation des profits".

"Tant que les choses fonctionnent à peu près, personne ne veut rien changer, mais maintenant que ça ne marche plus, c'est le bon moment" pour réformer le système, a estimé le prix Nobel. "Le système financier doit être entièrement repensé. Il ne fonctionne pas pour le peuple de toute façon! Pour les riches, oui! Les grandes entreprises, oui! Mais pas pour le peuple", a-t-il martelé.

Evoquant les financiers américains, il a relevé qu'un "petit nombre de personnes d'un seul pays avaient crée une situation désastreuse pour le monde entier", un paradoxe qui démontre "la fragilité du système" capitaliste actuel. "Les vrais victimes de cette crise sont des gens qui n'y sont pour rien. Ceux sont eux qui vont perdre leurs emplois, revenus et gagne-pain", a-t-il souligné. "Il n'y a pas de plan de sauvetage pour eux!". Muhammad Yunus a proposé de fonder un nouveau système "basé sur le concret et non pas sur les rêves" de certains professionnels de la finance.

Il a donné l'exemple de la banque du micro-crédit qu'il a fondée en 1976 pour financer les projets de villageoises bangladaises n'ayant pas accès aux crédits bancaire habituels. Trente ans après le lancement du concept, les prêts accordés sans conditions de ressources sont remboursés dans 98% des cas.

"L'économie mondiale a aujourd'hui une capacité technologique sans précédent dans l'histoire humaine, mais qui ne sert qu'à faire de l'argent", a déploré Muhammad Yunus. Il a suggéré que les richesses produites par les entreprises soient réinjectées dans une "économie sociale, pour changer le monde". "L'économie actuelle ne s'appuie que sur l'égoïsme des hommes", a-t-il déploré, appelant à construire en parallèle "une économie basée sur le désintéressement".


Source : E24.fr


A lire aussi, les notes :

Economie verte et emploi et Un geste d'amour.


10 mars 2009

10 mars 1959 - 10 mars 2009

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Aujourd'hui, mardi 10 mars 2009, cela fait 50 ans que le Dalaï Lama a du fuir la répression chinoise.

A l'occasion de ce triste anniversaire, une manifestation nationale est prévue cet après-midi à Paris. Rendez-vous à 15h00, Place du 18 juin, Montparnasse 75014 Paris. Heure du départ du Montparnasse à 16h30.

Métro : Montparnasse, d’où partira le cortège des manifestants, jusqu’à l’Ambassade de "la République populaire de Chine" à Paris.

Les 50 ans d’occupation chinoise du Tibet, ça suffit !!!


Cette année 2009, non seulement, le Tibet va commémorer les 50 ans du soulèvement populaire tibétain contre l’occupation chinoise, du 10 mars 1959, mais elle marquera aussi les 50 ans de l’exil du Gouvernement Tibétain ainsi que son leader légitime : Sa Sainteté le 14ème Dalaî-Lama Tenzin GYATSO.

Au Tibet, depuis les manifestations du mois de mars dernier, le pays se retrouve dans un climat de terreur. Il y a une politique chinoise de persécution politique, religieuse, et raciale contre les Tibétains, qui est orchestrée sciemment par "Hu Jintao dans son programme de sinisation du Tibet. Les conséquences immédiates de la résistance pacifique des tibétains du Tibet, la vie des Tibétains y est rythmée par les arrestations arbitraires, la pratique de tortures "en détention administrative" les enlèvements de masse à base de soupçons ainsi que les exécutions sommaires des Tibétains.

L’union fait la force : Réunissons-nous tous ensemble à prêter nos voix citoyennes libres au peuple tibétain afin d’exiger aux autorités chinoises un Tibet libre et autonome. Ça suffit les 50 ans d’oppression d’un peuple pour sa différence d’identité culturelle et politique. Mettons un terme à la souffrance du peuple tibétain en lui rendant sa liberté politique et son droit de se gouverner librement lui-même.

Nous invitons tous les élus de la Nation française, les défenseurs des droits humains, les amis du Tibet à travers la France, à venir nous joindre dans cette mobilisation massive des citoyens pour la démocratie en Chine et la liberté au Tibet. Ne vous manquez pas à cette occasion historique !

Soyons-nous très nombreux et nous devons être plus que jamais déterminés pour la justice, la liberté et l’égalité en droit entre les peuples.
Les drapeaux du Tibet seront vendus sur place pour ceux qui n’en ont pas.

Appel est lancé par "la Communauté tibétaine de France et ses Amis".


Ce que représente le 10 Mars 1959


"Le peuple tibétain continue de résister à l’assujettissement et à la colonisation avec courage et détermination. Ni la répression, ni la propagande n’ont amoindri son aspiration à une vie de liberté, de paix et de dignité". Sa Sainteté le Dalaï Lama


C’est au cours des années 1949/50 que les troupes chinoise envahirent le territoire tibétain. Le Tibet lança un appel à la communauté internationale qui resta sans réponse. Seule face à la Chine, une petite délégation tibétaine fut contrainte de signer, en 1951, à Pékin, l’infâme “ Accord en 17 Points ” dans lequel le Tibet faisait abandon de sa souveraineté. Un accord inique, qui sera dénoncé plus tard par le XIVème Dalaï-Lama. Il s’ensuivit, pour le Tibet bouddhiste et la Chine communiste, une période de neuf années de coexistence difficile.

Les Tibétains du nord-est et de l’est du Tibet, qui assistèrent les premiers à l’intrusion de l’Armée populaire de libération, fuirent devant la répression chinoise croissante et durent gagner les zones rurales. C’est là qu’une résistance armée s’organisa, laquelle se propagea bientôt dans tout le Tibet, les provinces de l’Amdo et du Kham furent la scène d’un cycle résistance-répression tristement célèbres dans la mémoire des tibétains. Il contraignit des milliers de Tibétains à fuir vers le Tibet central et vers Lhassa, relativement plus sûrs. Mais le ressentiment de ces populations, engendré par l’arrogance avec laquelle la Chine traitait le gouvernement tibétain, s’abreuvait encore des récits de destruction des monastères et de massacres de lamas et de moines que rapportaient les réfugiés venus du Tibet oriental. Bientôt, le mécontentement qui couvait se traduisit par une défiance ouverte à l’égard de la Chine.

Le 10 mars 1959, ce sont des dizaines de milliers d’hommes et de femmes qui descendent dans les rues de Lhassa pour réclamer l’indépendance du Tibet. Ce mouvement de protestation, porté par une population déjà exaspérée, fut réprimé dans un bain de sang. Selon une estimation chinoise, près de 87 000 tibétains furent massacrés dans le seul Tibet central. Il fallut un peu plus de trois jours à l’Armée Populaire de Libération pour venir à bout du soulèvement, mais elle ne réussit pas à étouffer le mouvement de résistance qui se répandait dans tout le Tibet.

Le soulèvement du 10 mars et sa répression sans restrictions eurent pour conséquence la fuite vers l’Inde du Dalaï-Lama, des membres de son gouvernement et d’environ 80 000 tibétains. Le gouvernement tibétain en exil (www.tibet.net), depuis son siège de Dharamsala, petite ville située au nord de l’Inde dans les contreforts de l’Himalaya, a développé, sous la conduite du Dalaï-Lama, une résistance non violente à l’occupation chinoise, résistance qui a donné naissance à un Mouvement pour la liberté du peuple tibétain étendu aujourd’hui à l’échelle mondiale.

Le soulèvement du 10 mars 1959 à Lhassa, fut un événement charnière dans l’histoire de la résistance des femmes tibétaines. En effet, le 12 mars 1959, les femmes tibétaines organisèrent une manifestation nationale contre l’invasion chinoise à Lhassa, rejoignant les hommes dans leur résistance active. La répression fut tout aussi massive envers les femmes, et marqua le début d’une répression totale. Plusieurs milliers de celles-ci furent arrêtées et plus particulièrement, les dirigeantes de cette manifestation – Kundeling Kunsang, Galing Shar Choe-la, Pekong Penpa Dolma, Tawu Tsang Dolkar, Demo Chime, Tsong Khang Meme, Kukar Shar Kelsang, Rizur Yangchen, furent publiquement exécutées par la suite. Sans oublier le sort réservé aux centaines de femmes tibétaines qui dès 1955, se sont engagées dans la résistance armée contre l’invasion chinoise au Tibet oriental comme le démontrent les témoignages de Ama Adhe et Ani Pachen.

Aussi chaque année, où qu’ils soient, les Tibétains commémorent le 10 mars, pour qu’eux-mêmes se souviennent et pour rappeler au monde que ceux qui sont morts pour la cause de la liberté ne sont pas morts en vain, que leur mort est un sacrifice juste et noble, consenti pour que puisse renaître un Tibet libre.

Comme chaque année, une manifestation commémorative nationale du 10 Mars 1959 sera organisée le mardi 10 mars 2009 à Paris. Rendez-vous à 15h 00, sur la Place du 18 juin à Montparnasse, 75014 Paris. Métro : Montparnasse. D’où, partira le cortège des manifestants, jusqu’à l’Ambassade de Chine à Paris. Web : www.tibet-info.net OU www.tibetan.fr.

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Le drapeau tibétain flotte sur la mairie de Précy…
“Pour un monde meilleur…” - Source Blog de Yves Duteil.


Depuis 1996, plusieurs communes en France et en Europe, ont décidé de hisser le drapeau du Tibet autour du 10 mars pour manifester leur solidarité envers le peuple tibétain et ainsi soutenir la lutte non-violente de Sa Sainteté le Dalaï Lama dans sa recherche de solution négociée avec la Chine pour résoudre durablement le problème du Tibet.

C’est ainsi qu’en France, près de 500 communes arborent une fois par an le drapeau du Tibet et plus de 300 communes ont décidé de le hisser de façon permanente. Ces actions ont pris de l’ampleur et depuis, sont suivies dans de nombreux pays européens.

Pour la première fois, le 10 mars 2006, la Ville de Paris et le Conseil régional d’Ile-de-France, ont décidé de hisser le drapeau du Tibet dans le cadre d’une cérémonie officielle afin de montrer leur solidarité au peuple tibétain.

Depuis 1991, plus de 200 communes dans l’hexagone ont également décidé de parrainer un ou plusieurs prisonniers d’opinion tibétains détenus par les autorités chinoises.


185636526.JPG 8e temps Tibet à Amiens.

Déclaration internationale du 10 mars 2009 de parlementaires de pays démocratiques en faveur de la résolution pacifique de la question du Tibet. Groupe d’information sur le Tibet du Sénat. Lundi 9 mars 2009 par Redaction Tibet Info (JMB)

Le groupe d’information sur le Tibet du Sénat et le groupe d’études sur la question du Tibet de l’Assemblée nationale s’associent à une "Déclaration internationale d’engagement en faveur de la promotion des droits de l’homme pour les Tibétains et de la résolution pacifique de la question du Tibet", rendue publique à l’occasion du 10 mars 2009, date anniversaire du soulèvement tibétain de 1959 et du départ du Dalaï Lama en exil.

Les deux groupes Tibet du Parlement français sont représentés par leurs présidents respectifs, M. Lionnel Luca, député, et M. Jean-François Humbert, sénateur, aux côtés de leurs homologues de nombreux Parlements d’autres pays démocratiques, tels que l’Allemagne, la Belgique, le Canada, le Danemark, l’Estonie, les Etats-Unis, l’Italie, la Norvège, la Pologne, la République tchèque, le Royaume-Uni, la Suède, et la Suisse.

Le Parlement européen est représenté, notamment, par son vice-président M. Edward McMillan Scott, par la présidente de son sous-comité des droits de l’Homme, Mme Hélène Flautre, et par le président de son intergroupe Tibet, M. Thomas Mann. Des personnalités telles que Mgr Desmond Tutu, M. Vaclav Havel, M. Robert Badinter, et M. Daniel Cohn-Bendit sont également signataires du texte.

Les 37 signataires de la Déclaration du 10 mars 2009, représentant douze Parlements nationaux européens, dont le Conseil national suisse, et le Parlement européen, ainsi que les Parlements américain et canadien, appellent à un dialogue direct entre le Dalaï Lama et les dirigeants chinois, sur la base du Memorandum pour une véritable autonomie du peuple tibétain rédigé en novembre 2008 à la demande du gouvernement chinois par les négociateurs tibétains. Ils considèrent que la stabilité à long terme au Tibet ne sera atteinte qu’à travers le respect des droits de l’homme, ainsi que de la culture, de la langue et de la religion tibétaines.

Le texte de la déclaration sera disponible sur les pages internet du groupe d’information sur le Tibet du Sénat

Par ailleurs, pour en revenir à cette journée de commémoration, des manifestations se sont déroulées lundi dans le monde entier pour célébrer les 50 ans du soulèvement antichinois au Tibet. A Dharamsala, dans le nord de l'Inde, où le dalaï lama, chef spirituel du bouddhisme tibétain et prix Nobel de la paix, est réfugié depuis 1959, un rassemblement est aussi prévu.

Devant la Maison Blanche, à Washington, des centaines d'exilés brandissant des drapeaux tibétain et américain se sont rassemblés pour observer deux minutes de silence, avant de se diriger vers l'ambassade de Chine. Le Congrès américain doit examiner mardi un projet de résolution de soutien au Tibet, demandant à la Chine de "cesser sa répression du peuple tibétain".

769787367.jpg Rappelons ici que la Chine détient le plus jeune prisonnier politique au monde en la personne du Panchen Lama. Rappel de faits :

Liberté pour le plus jeune prisonnier politique du monde.

Le 14 mai 1995, le Dalaï-lama reconnaît officiellement Choekyi Nyima, âgé de 6 ans, comme étant la 11ème réincarnation du Panchen-lama. Cette reconnaissance fait de lui la plus haute autorité religieuse après le Dalaï-lama dans le bouddhisme tibétain et donc le symbole vivant de la survivance de la tradition tibétaine sur son propre territoire.

Le 17 mai 1995, Gendhun Choekyi Nyima est enlevé avec ses parents par les autorités chinoises. A la fin de cette même année, Pékin intronise, au terme d’un simulacre de tirage au sort dans une urne d’or, un autre enfant du même âge et du même village. Il s’agit de Gyaincain Norbu, fils de Tibétains membres du parti communiste chinois. Les autorités cherchent alors à l’imposer comme chef spirituel aux Tibétains. Il devient ainsi le deuxième enfant «otage» de Pékin.

En kidnappant le Panchen-lama nommé par le Dalaï-Lama, les autorités chinoises n’hésitent pas à s’attaquer aux droits de l’enfant. Aujourd’hui, on est toujours sans nouvelles de Gendhun Choekyi Nyima, on ne connaît ni son lieu de résidence ni ses conditions de détention. Cet enfant a eu 17 ans le 25 Avril 2006.

Afin d'obtenir l'envoi d'une délégation d'observateurs indépendants pour qu’ils rendent visite à Gendhun, une pétition adressée au Président de la République Française circule depuis 8 ans.

50 000 signatures avaient déjà été recueillies et transmises à l’Elysée le 16 octobre 2000. Depuis, nous avons tenté à deux reprises de remettre les pétitions à la date symbolique du 25 avril (date d'anniversaire du panchen lama). Ces deux initiatives ont dû être abandonnées en raison du paysage médiatique défavorable, la première fois en 2002 lors du premier tour des présidentielles et en 2003 avec la guerre en Irak…

Partant du postulat qu'il est impossible pour nous, en tant qu'association, de rencontrer M. Chirac, nous avons décidé en 2004, de remettre ces pétitions au groupe Tibet à l'Assemblée Nationale, en présence de personnalités et des médias. Le groupe Tibet étant ainsi le relais entre les citoyens signataires de la pétition (120 000 signatures en avril 2004) et le Président de la République.

17 Mai 2006 - 11 ans de détention soit plus de 4000 jours - plus de 130 000 signatures recueillies. Nous tentons une fois de plus de médiatiser le cas du Panchen Lama en envoyant un communiqué de presse à plus de 5 000 journalistes et médias…

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Drapeau tibétain

Sichi pèndé deugou djoung wai ter /
Thoubtèn samp’el norbu eunang bar /
Tèndreu nordzine gyatcher kyongwai gueune/
T’ine-lai kyi, reul tsho gyai/
Dordjé kham sou tèn pai /
Tchog-kune dj’am tsé kyong/
Namkeu gawa gyanden oup’ang goung la rék/
B’eun djong déshi ngathang gyai/
B’eun djong tcheul kha soum gyi khyeun la dékyi dzogdèn sarpai khyap/
Tcheussi kyi pel-yeun d’ar/
Thoubtèn tchog tchour gyaipai dzamling yangpai kyégu shidé pel-la djor /
B’eun djong tèn dreu guétsen nyi-eu kyi/
Tashi eunang boum dou tro wai si/
Nag tchok mune-pai yul-lai gyel gyour tchik//

Traduction de l’hymne national du Tibet :

Tel un trésor qui exauce tous les vœux de bonheur et de bienfait,
La parole du Bouddha s’élève scintillante comme un diamant.

Vous Protecteurs qui veillez sur l’immense royaume du Dharma et des êtres,
Puissiez-vous étendre votre amour et votre compassion
Tel un océan sur le monde et dans l’univers.

Que la tête de l’Empereur, couronné de cent vérités, puisse atteindre le zénith.
Qu’une joie et un bonheur infinis recouvrent l’ensemble des trois provinces du Tibet,
afin que rayonne la gloire prestigieuse du pouvoir spirituel et temporel.

Que l’enseignement du Bouddha irradie dans les dix directions,
Et amène tous les êtres de tous les univers jusqu’au bonheur et à la paix.
Les qualités du Dharma et du peuple tibétain,
Resplendissent tel un soleil aux cent mille rayons bienfaisants.

Puisse leur pouvoir éclatant être victorieux du combat contre la sombre ignorance.

*
* *


Plein de liens pour tous ceux qui veulent se renseigner ou soutenir les actions pour un Tibet Libre sur le myspace de Soutien Tibet.

Puisse le Tibet et le peuple tibétain sortir de la crise et retrouver la paix.

anti

22 décembre 2008

Téhéran ferme une ONG

Une nouvelle qui prouve (si c'est encore nécessaire) qu'il faut rester vigilant, tout le temps, partout.


Les explications ne sont venues que beaucoup plus tard.

Dimanche après-midi 21 décembre, des dizaines de policiers et d'agents en civil ont fait irruption au Centre des défenseurs des droits de l'homme (CDDH), une ONG créée, en 2002 à Téhéran, par le prix Nobel de la paix Shirin Ebadi et cinq autres avocats iraniens qui défendent depuis des années, gratuitement, les prisonniers politiques.

Près de 300 invités étaient attendus dans les locaux pour la remise d'un prix à un militant des droits de l'homme. La police a fait évacuer, apposant des scellés plombés sur l'entrée. Dans la soirée, les autorités judiciaires ont justifié cette fermeture en accusant le centre de se livrer à des "activités illégales", ainsi que l'a précisé l'agence de presse Mehr.



shirinebadils1.jpgAFP

Shirin Ebadi parle aux journalistes, dimanche 21 décembre,
après la fermeture de son Centre des défenseurs des droits de l'homme



Shirin Ebadi, qui n'était pas présente lors de l'intervention policière, a condamné cette action, annonçant que le centre portera plainte. Le prix Nobel de la paix tiendra également une conférence de presse mardi.

Pourquoi cette brusque fermeture d'un Centre qui publie régulièrement des rapports sur la situation en Iran ?

"Parce que dans le contexte actuel de répression, il est devenu la seule voie de recours pour protester contre les arrestations et toutes les exactions", nous a confié, à Paris, Karim Lahidji, avocat proche de Shirin Ebadi et président de la Ligue de défense des droits de l'homme en Iran (LDDHI). "L'Iran, ajoute-t-il, a atteint un record d'exécutions, pratiquement une par jour, y compris des mineurs et des simples d'esprit.

Les minorités (notamment les Bahais dont les chefs sont détenus depuis dix mois), les étudiants, les politiciens indépendants : personne n'y échappe. Toute tentative d'ouverture est réprimée : la campagne de récolte de signatures des femmes pour l'égalité a conduit à la condamnation de quarante-deux d'entre elles.


shirinebadilq1.jpgShirin Ebadi




Des dizaines de journaux ont été fermés. Et ce pourquoi ? Parce qu'ils dénonçaient une crise économique qui a fait des millions de nécessiteux et la progression de l'usage de la drogue qui frapperait 20 % de la population. Mais la pauvreté et la drogue ce sont aussi des atteintes aux droits de l'homme."

Shirin Ebadi est sous pression constante depuis des mois, selon ses proches. Outre les coups de téléphone anonymes de menaces, à plusieurs reprises le ministère des renseignements lui aurait demandé avec insistance de fermer les bureaux du CDDEH.

Ce qui aurait précipité l'intervention policière, estime M. Lahidji, serait la dénonciation en règle de la situation des droits de l'homme en Iran effectuée devant l'Assemblée générale des Nations unies à New York, le 18 décembre.

La dénonciation était fondée sur un rapport du secrétaire général, Ban ki-moon, qui lui même reprenait des rapports fournis par le centre de Shirin Ebadi.

Par Marie-Claude Decamps
(Le Monde.fr du 22 décembre 2008)


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