14 janvier 2012
Nucléaire : la Cour des Comptes conforte les Verts
Dans une version intermédiaire de son rapport qui sera remis fin janvier, la Cour des Comptes fait une analyse des coûts réels de la filière nucléaire française qui confirme point par point les principales critiques des Verts et désavoue les annonces caricaturales du lobby pro-nucléaire qui s'était exprimé en particulier lors du débat PS-EELV sur le sujet.
Les dépenses nucléaires civiles totales ont été jusqu'à présent de 227,8 milliards d'euros. Elles incluent les coûts de recherche, les usines Areva et les réacteurs actuellement arrêtés. La seule construction du parc nucléaire actuel a coûté 96 milliards d'euros, soit 1,5 milliard le mégawatt (MW) installé (contre 3,7 milliards le MW pour l'EPR, souligne la Cour).
Le rapport se penche ensuite sur les investissements nécessaires pour faire face au démantèlement et à la gestion des déchets. Il souligne qu'en la matière, les réponses données par les opérateurs sont d'un flou total. Les charges estimées pour le démantèlement sont de 22,2 milliards d'euros. Un chiffre que la Cour considère avec scepticisme, soulignant que "l'expérience en la matière, tant d'EDF que du CEA ou d'Areva, ayant montré que les devis ont très généralement tendance à augmenter quand les opérations se précisent, d'autant plus que les comparaisons internationales donnent des résultats très généralement supérieurs aux estimations d'EDF" (comme en Grande-Bretagne par exemple).
La Cour des comptes "confirme la nécessité et l'urgence de faire réaliser [...] des audits techniques par des cabinets et des experts extérieurs afin de valider les paramètres techniques" de la nouvelle méthode de calcul préconisée. "Nul doute qu'il n'y a rien de nouveau depuis le précédent rapport de la Cour sur ces coûts en 2005-2006", souligne un expert. "On en saura plus seulement lorsqu'EDF aura avancé dans le démantèlement du réacteur de Chooz A, à l'arrêt depuis 1991, qui sera le premier réacteur à eau pressurisée à être déconstruit." Les réacteurs précédemment arrêtés appartenaient à une autre technologie (graphite-gaz), les méthodes ne sont en effet pas comparables et les coûts non plus.
Concernant les coûts de la gestion des déchets de longue durée, la Cour estime qu'ils ne sont pas stabilisés. leur estimation repose sur un devis de 2003 qui a, depuis, plus que doublé, passant de 15 à 35 milliards d'euros, "il y a donc un doute manifeste sur le bon niveau des provisions d'EDF, d'Areva et du CEA".
La Cour recommande que "soit rapidement fixé le nouveau devis sur le coût de stockage géologique profond, de la manière la plus réaliste possible, c'est-à-dire en tenant compte des résultats des recherches menées sur ce sujet mais sans anticiper sur leurs résultat".
Enfin, la Cour est sceptique sur le credo des pronucléaires en matière de retraitement des combustibles. Elle demande en effet à l'organisme concerné de chiffrer l'hypothèse d'un stockage, dans son futur centre souterrain, des combustibles usés (déjà retraités une première fois) sortant des centrales.
Le mythe du recyclage continue de s'effondrer.
Les principaux éléments sur lesquels cette note a été rédigée proviennent d'un article publié par Terraeco.net
11:00 Publié dans Anna bloGalore | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : nucléaire
11 novembre 2011
Message de Greenpeace à François Hollande
Invité au JT de 20h de France 2 lundi 7 novembre, le candidat PS à l’élection présidentielle François Hollande s’est engagé à “préserver la construction d’un EPR” (réacteur nucléaire de troisième génération).
“Je suis pour une diminution de la part du nucléaire dans la production d’électricité. 75% de nucléaire, c’est trop élevé par rapport à ce que nous devons faire en matière de diversification des sources d’énergie mais je préserverai la construction d’un EPR, à la condition bien sûr que toutes les règles de sécurité soient respectées“, a déclaré François Hollande sur France 2, en réponse à une question sur l’avenir de l’EPR à Flamanville en cours de construction.
François Hollande avait démarré sa campagne avec un clip composé d’une série de chiffres exposant la situation de la France, et d’un slogan : “Nous avons un avenir à changer”. Greenpeace lui envoie en retour un message personnalisé :
F. Hollande et le nucléaire par Greenpeace France
La transition énergétique, c'est pour 2012.
Deux Français sur trois vivent dans un rayon de moins de 75 km autour d'un réacteur nucléaire.
Leçon n°1 de Fukushima : le nucléaire sûr n'existe pas.
Les centrales françaises, c'est plus de 750 incidents par an, 8000 tonnes de déchets nucléaires par an.
Depuis 20 ans, 60 à 90% des crédits de recherche vont au nucléaire contre seulement 1 à 2% aux renouvelables.
D'ici à 2020, plus de 600 000 emplois pourraient être créés en France dans les renouvelables.
Sortir du nucléaire coûterait 410 milliards d'euros d'ici à 2031, maintenir le nucléaire coûterait 470 milliards.
François Hollande refuse de s'engager sur la sortie du nucléaire.
Il veut réduire de 75% à 50% la part du nucléaire dans l'électricité d'ici à 2025.
Et après ?
8 sympathisants PS sur 10 souhaitent la sortie du nucléaire
comme 77% des Français
comme l'Italie, l'Espagne, l'Allemagne, la Suisse...
François Hollande, changez l'avenir, sortez du nucléaire.
11:10 Publié dans Anna bloGalore | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : nucléaire, greenpeace
31 octobre 2011
Sortir du nucléaire pour sortir de la crise
Du 26 au 30 octobre s'est tenu à Calvi la vingtième édition du Festival du Vent, éco-festival exemplaire pour l'environnement. L’écologie, il ne suffit pas d’en parler. Les organisateurs du Festival du vent l’ont bien compris: ici, tout est pensé pour limiter les consommations d’énergie et les impacts sur l’environnement préservé de la baie de Calvi, en Corse. Du merchandising aux prestations techniques, les fournisseurs ont été sélectionnés pas l’association Les amis du vent, dirigée par Carina Orru, épouse de Serge Orru, directeur général du WWF.
Quels sont les thèmes abordés dans le cadre de cet évènement ? Serge Orru répond : "Tous ! L'art, la science, le sport, l'économie, la sociologie, la philosophie. Mais, autour de l'écologie. Nous souhaitons montrer que l'écologie est l'épicentre de notre vie. Être écolo, c'est défendre son environnement immédiat et lointain, mais également prendre part à la lutte sociale, se battre pour les droits humains, pour la parité hommes/femmes, etc."
Au moment où la Belgique vient d'annoncer son retrait du nucléaire après la Suisse, l'Italie et l'Allemagne, les points de vue sur le nucléaire de Corinne Lepage, candidate à la présidentielle pour Cap21 et Michèle Rivasi, eurodéputée d'Europe Ecologie ont été recueillis par Audrey Chauvet (20 Minutes).
Sur quels points êtes-vous en désaccord concernant le nucléaire ?
Corinne Lepage: En dehors du nucléaire militaire, aucuns. Michèle dit qu’il faut donner l’exemple et nous débarrasser de l’arme atomique, je réponds que ce serait formidable mais que dans le monde actuel, il serait déraisonnable de priver la France et l’Europe d’une force de frappe nucléaire. Je suis pacifiste, mais réaliste.
Michèle Rivasi: Globalement, nous sommes d’accord, mais nous n’avons pas la même stratégie. Nous voulons sortir du nucléaire et pas tergiverser. Nous sommes pour l’instauration d’un ministère de la transition énergétique, pour l’efficacité énergétique et le développement des énergies renouvelables qui permet de fermer progressivement les centrales. Notre décision politique est plus nette sur ce point.
Pensez-vous que le nucléaire sera un sujet important dans la campagne de 2012 ?
Corinne Lepage: Je porterai ce sujet car il est très structurant sur le plan économique et industriel, et en termes d’organisation du territoire. Ce ne sera pas le seul sujet de la campagne, mais je souhaite en parler de manière économique: la sortie du nucléaire est la seule solution pour une ré-industrialisation de la France et pour sortir de la crise.
Michèle Rivasi: J’en suis persuadée car avec l’audit de la Cour des comptes sur le coût du nucléaire, la construction de l’EPR de Flamanville et la question de la fermeture de Fessenheim, la question énergétique va se poser. Il va falloir que les experts scientifiques soient honnêtes et présents pour éviter une désinformation sur ce sujet.
Quel est le programme de votre parti sur le plan énergétique pour 2012 ?
Corinne Lepage: La mesure phare est de ne plus construire de nouvelles centrales en France pour donner un signal clair en faveur des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique. Cela va créer de l’économie, des emplois, et réduira le coût de l’énergie pour les ménages. Je ne fais pas de fixation sur la date de sortie du nucléaire, mais il faut y arriver progressivement: sept millions de personnes vivent en France à proximité d’une centrale et on sait qu’un accident n’est pas inenvisageable.
Michèle Rivasi: Notre programme se fonde sur une transition énergétique qui, en sortant du nucléaire, permettra de réindustrialiser la France avec des emplois non délocalisables liés à la rénovation des bâtiments, à la recherche et développement pour fabriquer des appareils moins consommateurs d’énergie et au développement des énergies renouvelables. Les accords entre Europe Ecologie et le Parti socialiste passeront par la fermeture des centrales les plus à risque, l’arrêt de l’utilisation du Mox et l’abandon de l’EPR.
Propos recueillis par Audrey Chauvet, 20 Minutes
Photo : Audrey Chauvet - 20 Minutes
17:09 Publié dans Anna bloGalore | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : nucléaire, ressources naturelles, énergies renouvelables
30 octobre 2011
La plus puissante bombe de l'Histoire
Demain, ce sera la fête des morts, connue sous le nom de Halloween, une antique tradition celtique. Après-demain, ce sera la célébration des morts pour les catholiques, qui l'appellent le jour de tous les saints. Il faut croire que cette période précise de l'année est liée à la mort car ce n'est pas tout : aujourd'hui est l'anniversaire de l'acte de destruction massive le plus stupide de l'Histoire de l'humanité puisqu'il a eu lieu en temps de paix, sans aucune raison particulière en dehors de l'égo démesuré d'un seul homme.

En juillet 1961, Krouchtchev ordonna donc à ses ingénieurs et scientifiques de “montrer aux impérialistes ce que nous pouvons faire” en construisant et en faisant exploser une bombe H de 100 mégatonnes. A titre de comparaison, la bombe lancée sur Hiroshima le 6 août 1945 était 7000 fois moins puissante et la plus grosse bombe jamais utilisée par les Américains, Castle Bravo en 1954, faisait 15 mégatonnes.

L'engin, baptisé Ivan par les Russes et surnommé plus tard Tsar Bomba par les Occidentaux, fut construit dans un délai extrêmement court de seize semaines - un tel projet aurait dû nécessiter plus de deux ans d'études poussées pour être totalement maîtrisé. La bombe pesait 26 tonnes et mesurait 8 mètres de long pour un diamètre de plus de 2 mètres. Il fallut adapter un bombardier Tupolev pour qu'il puisse la transporter sur le lieu de l'explosion, elle ne tenait pas à l'intérieur et dépassait largement de la carlingue.
Le lieu choisi fut l'île de Nouvelle-Zemble, au nord de la Sibérie. L'avion largua Tsar Bomba depuis une altitude de dix mille mètres. Un immense parachute avait été conçu pour ralentir sa chute le temps que l'appareil puisse s'éloigner de plusieurs dizaines de kilomètres avant l'explosion, trois minutes plus tard, à environ 4 km du sol.

Le sol de l'île fut totalement aplani et vitrifié sur des dizaines de kilomètres à la ronde. Un village abandonné, à 55 km de là, fut entièrement rasé, comme le furent toutes les installations dans un rayon de 120 km, toutes les constructions en bois et tous les toits des constructions en pierre jusqu'à plusieurs centaines de kilomètres. Les vitres furent brisées jusqu’à 900 km du lieu de l’explosion (la distance Lille-Marseille, pour donner une idée).
Bien que la bombe ait explosé à quatre kilomètres au-dessus du sol, l’US Geological Survey enregistra un signal sismique d’une magnitude de 5. La lumière de l'explosion fut visible à mille kilomètres à la ronde malgré le ciel nuageux. La chaleur put être perçue à 270 km de là. L'onde de choc de la déflagration fit trois fois le tour de la Terre.

Les Lapons qui étaient suffisamment loin pour survivre ont servi de cobayes humains pour étudier l'influence d'une pollution nucléaire massive sur une population exposée. Ils ont probablement connus les mêmes horreurs que les habitants des îles Marshall exposés à l'explosion de la bombe américaine Castle Bravo dont j'ai parlé en détails sur le blog il y a deux ans.
La pollution atmosphérique radioactive engendrée par ce tir a causé une augmentation de 25 % de toutes les retombées radioactives mondiales depuis l’invention de la bombe nucléaire, qui représentent au total une centaine de nuages de Tchernobyl.
Et tout cela pour absolument rien.
A lire sur le blog, les horreurs similaires commises par les Américains et les Français :
- Essais nucléaires dans le Pacifique, l'horreur dévoilée
- Nucléaire français : quand les appelés servaient de cobayes
A lire ailleurs sur le web :
- Il y a 50 ans explosait la plus puissante des bombes atomiques de Pierre Barthélémy (Slate)
- Big Ivan, The Tsar Bomba (“King of Bombs”) sur le site Nuclear Weapon Archive (très détaillé, en anglais)
08:30 Publié dans Accueil, Colère, Tous des humains | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : nucléaire
04 juillet 2011
Des méduses bloquent une centrale nucléaire
Des histoires comme celle qui suit, il s'en produit de plus en plus souvent. Elles font irrésistiblement penser au livre génial de Denis Marquet, Colère, dont nous recommandons à tous la lecture. Dans cette fiction souvent dépassée par la réalité, la Nature décide un jour de se débarrasser de son pire agresseur : l'être humain. Un thème qui entre dans ce que l'on nomme les théories Gaïa, exploitées par plusieurs autres romans mais qui sont loin d'avoir la même force.
Il y a quelques jours, une centrale nucléaire écossaise sur le rivage de la mer du Nord est tombée en panne. Tout s'est bloqué. Deux des réacteurs alors en service et refroidis par un circuit pompant de l'eau directement dans la mer toute proche ont dû être arrêtés d'urgence.
Les filtres étaient envahis par des méduses, empêchant l'eau d'arriver en quantité suffisante.
Pourquoi y avait-il autant de méduses à cet endroit la semaine dernière alors que la centrale, gérée par EDF Energy, existe depuis des années ? Parce que la température des océans et des mers augmente de façon de plus en plus sensible en raison du dérèglement climatique global. De ce fait, les méduses prolifèrent comme jamais auparavant.
Des incidents analogues se sont déjà produits. Début juin, c'est un phoque gris de l’Atlantique qui a bloqué le système de refroidissement d’une centrale du sud-ouest de l’Angleterre.
On peut parier qu'ils vont se multiplier. L'an dernier, une image satellite de la mer du Nord en plein été montrait qu'elle était envahie sur une surface phénoménale par des algues qui n'auraient jamais dû pousser là, mais qui l'ont fait "grâce" à l'augmentation de la température de l'eau par rapport aux normales des 120 dernières années. Elles non plus ne doivent pas être très bonnes pour les filtres où elles finiront par arriver tôt ou tard.
Photo : Wikipedia
14:49 Publié dans Colère | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : nucléaire, biodiversité, climat
04 juin 2011
La troisième guerre mondiale a commencé
J'ai lu il y a deux jours un remarquable article écrit par Pierre Haski dans Rue89. Il est consacré à une nouvelle forme de guerre dont nous entendons parler de façon épisodique, alors qu'elle a déjà pris une ampleur considérable : la cyber-guerre mondiale.
Retour sur les attaques informatiques majeures de ces derniers années, dont certaines ne figurent pas dans l'article en question.

Pour Linnar Viik, l'un des gourou estoniens de l'Internet, cité par The Economist, “la mobilisation d'une telle armada informatique dépasse de très loin le stade de l'initiative individuelle, voire même mafieuse. Rien de tel ne peut se faire à cette échelle sans la coopération d'un État, et de plusieurs opérateurs télécoms.”
Le Premier ministre estonien va être encore plus direct lors d'une conférence de presse. “Ces attaques sont venues directement des adresses IP du bureau du président” russe Vladimir Poutine.
En 2008, c'est au tour de la Géorgie. Cette fois, la Russie lance une invasion militaire mais juste auparavant, de vastes cyber-attaques mettent à genou toutes les infrastructures du pays. Là encore, l'ampleur, la coordination et le très haut degré de sophistication sont tels qu'aucun groupe de pirates indépendants n'aurait pu les mettre en œuvre. Il s'agit forcément d'un État et, bien entendu, tous les soupçons vont vers Moscou.

Dans les années 2009-2010, le monde occidental s'inquiète de la prolifération de centrales nucléaires en Iran, officiellement civiles. Tout les médias s'interrogent régulièrement sur la probabilité d'un raid israélien qui permettrait d'en détruire au moins une pour envoyer un signal fort, mais soulignent que cela serait techniquement extrêmement risqué, impliquerait le survol de plusieurs pays qui s'y opposeraient et pourrait résulter en une réplique démesurée de l'Iran, comme l'envoi de missiles à longue portée sur les principales villes d'Israël.
L'attaque qui va paralyser la centrale de Bouchehr permet d'atteindre l'objectif visé sans prendre le moindre risque ni humain, ni politique, ni militaire. Elle va consister à paralyser les ordinateurs de la centrale avec un virus d'un niveau de sophistication extrême dont personne ne pourra localiser l'origine. Ce virus s'appelle Stuxnet. Il est authentifié par Windows comme étant sans danger, ce qui implique qu'il utilise des clés numériques volées dans des entreprises de logiciels de Taïwan ultra-sécurisées. Il a transité jusqu'à la centrale probablement par des clés USB, donc avec des complices humains, le réseau informatique de la centrale n'étant pas connecté au monde extérieur.
Il a déréglé de façon subtile le contrôle des automatismes, des robots, de la distribution d'électricité, tout un système de pilotage complexe fabriqué par l'Allemand Siemens. Il est passé inaperçu pendant des mois. C'est juste que rien ne marchait plus correctement. A titre d'exemple, des centaines de centrifugeuses sont tombées en panne. Du très haut niveau.
Le développement d'un tel virus a nécessité probablement un investissement de plusieurs millions de dollars et, selon certains experts, au moins deux États seraient derrière sa création - on soupçonne bien sûr Israël et les USA. Mais il ne s'agit que d'hypothèses, pas de certitudes. De ce fait, aucunes représailles iraniennes n'ont été possibles, faute d'agresseur clairement identifié.
Fin mai 2011, c'est au tour de Lockheed Martin, entreprise majeure du secteur de l'armement aux États-Unis qui fabrique notamment les avions de combat F-16, de subir de plein fouet une cyber-attaque massive dont l'origine n'est pas officiellement connue pour le moment. Tous ses systèmes informatiques ont été paralysés pendant plusieurs heures et tous ses codes de sécurité ont été dérobés.

La Chine a démenti, comme on pouvait s'y attendre.
Pour le moment, seuls les pays et les organisations d'états les plus avancés technologiquement se combattent de façon invisible dans le monde virtuel : les États-Unis et l'Otan, la Chine, la Russie, l'Europe de l'Ouest et quelques pays du Moyen-Orient à commencer par Israël.
La Chine a confirmé officiellement la création d' «une équipe spéciale dédiée à la protection contre les éventuelles cyber-attaques». Une annonce qui n'a surpris aucun service de renseignement des autres pays engagés dans la cyber-guerre, la Chine étant depuis longtemps l'un des pays les plus actifs sur ce front.
La Grande-Bretagne vient d'annoncer se doter de capacités offensives en matière de cyber-guerre, et plus seulement défensives. Le ministre de la Défense, Nick Harvey, estime que «le cybermonde fera désormais partie du champs de bataille de l'avenir».

On estime que d'ici 2015, le nombre de personnes connectées à Internet aura quadruplé et atteindra 40% de la population mondiale. C'est dire si, de plus en plus, la guerre entre les pays technologiquement avancés se fera de plus en plus non pas sur un front réel, mais depuis des cellules informatiques hautement sophistiquées pour qui la distance et les frontières qui les séparent des ennemis visés n'ont plus aucune importance. Les scénarios de films comme Die Hard 4 où des cyber-terroristes parviennent à paralyser tout un pays sans quitter leur fauteuil ne seront bientôt plus de la science-fiction.
Sources :
Gmail piraté : bienvenue dans l'ère de la cyberguerre (Rue89)
L'Estonie dénonce les cyber-attaques terroristes russes (01net)
Géorgie, récit d'une cyber-attaque (blog Pagasa)
Cyberattaque
Virus Stuxnet : le nucléaire iranien visé par la cyberguerre ? (Rue89)
Lockheed Martin customer, program and employee data secure (site de Lockheed Martin)
La Chine forme une unité d'élite pour la cyber-guerre (Generation NT)
UK developing cyber-weapons programme to counter cyber war threat (Guardian)
Illustrations : enjeux.org (1), Matrix (2), visite d'Ahmadinejab dans une centrale nucléaire iranienne (3), Die Hard 4 (4), Matrix (5)
08:30 Publié dans Accueil, Anna bloGalore | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : influence d'internet, estonie, chine, iran, nucléaire
30 mai 2011
Après la Suisse, l'Allemagne sort du nucléaire
C'est la grande nouvelle du jour et probablement de l'année : après la Suisse il y a quelques jours, l'Allemagne, première grande puissance industrielle à renoncer à l'énergie nucléaire, a décidé de fermer ses derniers réacteurs en 2022.
La plupart des 17 réacteurs allemands en service seront définitivement arrêté d'ici fin 2021 et les autres d'ici fin 2022. Le ministre de l'Environnement, Norbert Röttgen, a qualifié cette décision d'«irréversible».
Sept réacteurs - les plus anciens - sont d'ores et déjà déconnectés, depuis l'audit demandé par Angela Merkel à la suite de la catastrophe de Fukushima. Un huitième, fréquemment en panne, a également été mis hors service.
En Allemagne, le nucléaire civil produit 22% des besoins en électricité. Des solutions alternatives seront donc mises en place dans les dix ans à venir.
Le gouvernement devra formaliser sa décision le 6 juin, et ensuite contrer les agissements du lobby nucléaire allemand, qui menace le pays de connaître de gigantesques pannes d'électricité, en particulier en hiver.
L'arrêt du nucléaire est l'une des promesses de campagne d'Angela Merkel lorsqu'elle s'était présentée aux législatives en 2009. Fin 2010, elle avait montré des signes d'hésitation, qui s'étaient traduits par des manifestations massives, dont la dernière, samedi, a rassemblé 160 000 personnes dans 20 villes du pays.
10:00 Publié dans Anna bloGalore | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : nucléaire
20 mars 2011
Sortir du nucléaire, le plan des écologistes

Éric Besson, ministre de l'Industrie et de l'Énergie, a mis les écologistes au défi de le démontrer : "Il faut que ceux qui prônent la sortie du nucléaire disent exactement comment ils entrevoient cela et surtout quelles seraient les conséquences économiques, financières, sociales pour les Français".
Le Post a collecté sur divers médias les réactions et propositions de quatre leaders écologistes : Cécile Duflot, Daniel Cohn-Bendit, Noël Mamère et Yves Cochet. Voici l'essentiel de leurs réponses.
Un plan sur 20 ou 25 ansLes leaders écologistes s'accordent sur un délai de 20 à 25 ans pour que la France puisse se passer du nucléaire, de manière progressive et en jouant sur plusieurs élements en même temps.
"Le risque de l'exploitation du nucléaire est tellement extrême qu'il faut choisir de développer d'autres énergies - comme les énergies renouvelables- et pousser simultanément à une politique d'économie d'énergie", a résumé la secrétaire nationale d'Europe Ecologie-Les Verts, Cécile Duflot, mardi, sur France Info.
Fermer ou ne pas prolonger la vie des centrales actuelles
"La priorité est de ne pas prolonger la vie des centrales actuelles et de 'mettre le paquet' sur une alternative", indique Noël Mamère, dans un chat au Monde.fr.
"Qu’est-ce que ça veut dire sortir du nucléaire en France ? C’est décider de ne pas renouveler le parc nucléaire et de ne pas prolonger les centrales", renchérit Daniel Cohn-Bendit dans une interview à Libération, publiée mardi.
Faire la chasse au gaspi et améliorer l'efficacité énergétiquePour Yves Cochet, la France peut diviser par deux sa consommation d'électricité, en baissant la part consommée dans les trois secteurs les plus gourmants en la matière : l'industrie, le résidentiel et le tertiaire. Sachant qu'au total, la France consomme annuellement environ 450 milliards de kilowatt-heure d'électricité, selon l'ex-ministre de l'Environnement.
- l'industrie : le potentiel d'économie de l'électricité est à peu près de 40 % dans ce secteur, selon Yves Cochet. Comment ? En améliorant les moteurs et en jouant la production de chaleur, l'éclairage et les ondes.
- le résidentiel : On peut y faire 60 % d'économie en mettant en place des diodes électroluminescentes pour éclairer les habitats. Pour les appareils électroménagers, on peut également améliorer la performance de ces appareils. Il faut aussi supprimer les chauffages électriques au maximum, qu'ils servent à chauffer les habitats ou l'eau.
- le tertiaire : possible d'économiser 50 % d'électricité dans ce domaine. Comme dans le résidentiel, possible de faire des économies sur les chauffages, sur les ordinateurs...
Avec les mesures qu'il propose, et qui passent par une politique de sobriété, le total d'électricité nécessaire serait donc d'environ 225 milliards de kilowatt-heure.
Pour que la France puisse se passer, en 2035, de ces 225 milliards de kilowatt-heure restant, Yves Cochet prône le développement de cinq ou 6 filières renouvelables.
Développer d'autres énergies (photovoltaïque, éoliennes...)"Il faut développer les énergies alternatives pour avoir de moins en moins besoin du nucléaire", propose Daniel Cohn-Bendit.
"Il faut mettre le paquet sur les énergies renouvelables, sur la recherche et le développement dans ces secteurs, qui restent très largement inexploités dans notre pays, à cause de la prééminence du nucléaire", selon Noël Mamère.
Yves Cochet présente sur Le Post, les cinq ou six filières d'énergies renouvelables et leurs objectifs.
- le gros hydraulique : conserver, voire développer les grands barrages (objectif de produire 70 TWh en 2035).
- le micro hydraulique : avec des petits barrages dans des ruisseaux ou des torrents, en prenant soin de ne pas perturber l'écosystème (objectif de 5 TWh).
- l'éolien : développer cette filière (objectif de passer de 10 à 100 TWh).
- le photovoltaïque : développer cette filière (objectif de passer de 5 à 20-25 TWh).
- la biomasse : possible de produire de l'électricité avec la combustion du bois (objectif de passer de 5 à 20 TWh).
- la géothermie profonde : tirer de la chaleur en allant la chercher dans le sol.
Combien coûte ce plan ?
300 milliards d'euros, selon Yves Cochet. Pour comparer, il souligne qu'entre 350 et 400 milliards ont été investis dans le programme électro-nucléaire en France, depuis 1973.
Sans nucléaire, l'électricité serait-elle alors plus chère ?
C'est l'argument massue des pro-nucléaires. "C'est grâce au nucléaire que nous avons une électricité 40% moins chère que la moyenne des autres pays européens", selon Eric Besson.
Les écolos rejettent cet argument. "L'électricité coûtera au contraire beaucoup moins cher car si on est vertueux et qu'on arrive à moins consommer, on dépensera moins en énergie", assure Yves Cochet."L'argument des tarifs est faux, parce que tronqué", affirme de son côté Noël Mamère. "Même certains ingénieurs pro-nucléaire reconnaissent que le prix de l'éolien ou du photovoltaïque est à peu près le même que celui du nucléaire. Pourquoi ? Parce que l'on n'intègre pas le coût du traitement des déchets nucléaires, les subventions de l'État visant à l'exportation de notre électricité, ni surtout, le coût du démantèlement d'une centrale, qui n'a jamais été vraiment évalué."
Quelles conséquences pour l'emploi dans l'industrie nucléaire ?
Pour Cécile Duflot, le projet de sortie du nucléaire des écolos consiste "à la fois à former et à développer une industrie des énergies renouvelables, qui permet la reconversion professionnelle et de maintenir l'emploi, voire d'en créer dans l'industrie des énergies renouvelables".
"Investir dans les économies d'énergie et l'efficacité énergétique, comme dans la recherche et développement sur les énergies renouvelables, c'est créer des emplois non délocalisables, et donc revitaliser l'économie", estime de son côté Noël Mamère.
"La France doit devenir championne du démantèlement de centrales nucléaires et exporter son savoir-faire en la matière", estime Yves Cochet.
Quels efforts demandés à la population ?
"Nous sommes dans une société de gaspillage et il est possible de s'orienter de manière forte vers une société de sobriété énergétique par la voie démocratique et consentie", souligne Noël Mamère.
"Le comportement doit être vertueux. Cela nécessite un effort citoyen mais la technologie peut aussi nous aider, avec par exemple des systèmes de lumière reliés à des détecteurs de présence. La fiscalité peut aussi inciter les gens à aller dans ce sens", pense Yves Cochet.
Source : Voici le plan des écolos pour sortir la France du nucléaire en 2035 (Le Post)
Photos prises sur le web, sauf la première de moi
14:00 Publié dans Anna bloGalore | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : pollution, nucléaire, énergies renouvelables
20 juillet 2010
Allemagne : 100% d'électricité propre dès 2050
L'Allemagne pourrait produire 100% (cent pour cent) de son électricité en énergies renouvelables dès 2050. C'est ce qu'annonce l'office fédéral de l'environnement allemand dans une étude publiée il y a quelques jours.
Non seulement c'est une excellente nouvelle pour l'environnement en général et la réduction des gaz à effet de serre en particulier, mais cela envoie aussi le signal que la plus grand puissance économique d'Europe peut se passer totalement d'énergie nucléaire sans perdre pour autant sa place de leader.
Voilà qui devrait remettre sérieusement en cause les politiques énergétiques de ses voisins, à commencer par la France qui voit, elle, les énergies renouvelables comme un simple complément au nucléaire. Pour rappel, l'une des priorités du grand emprunt lancé par Sarkozy est le développement d'un réacteur nucléaire de quatrième génération.
L'Allemagne est en seconde position derrière les USA pour la capacité de production d’électricité éolienne. Elle est le leader mondial pour l’énergie photovoltaïque, avec une capacité totale de 14 000 MW prévus d'ici la fin de l'année. L'électricité propre y représente 16% de l'électricité totale (elle n'était qu'à 5% il y a cinq ans).
Cerise sur le gâteau, cette politique énergétique volontariste a permis de créer 300 000 emplois en dix ans.
Le 8 juillet à Bruxelles, lors d'une conférence de presse, Greenpeace et l'EREC (Conseil Européen des Énergies Renouvelables) présentaient un rapport qui allait exactement dans le même sens en prévoyant qu'en 2050, 97% de l’électricité européenne et 92% de l’énergie totale des vingt-sept pays d'Europe pourraient provenir des énergies renouvelables.
A cette date, l'Union européenne pourrait ne plus compter une seule centrale nucléaire en activité.
Sources :
Nucléaire, la bombe allemande (Slate)
Energieziel 2050: 100% Strom aus erneuerbaren Quellen (en allemand)
Greenpeace EU Energy [R]evolution Scenario 2050 (en anglais)
15:20 Publié dans Anna bloGalore | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : climat, éoliennes, énergies renouvelables, pic pétrolier, nucléaire
10 juillet 2010
Fin des exportations de déchets nucléaires
Aujourd’hui, 9 juillet 2010, Areva arrête officiellement d’envoyer des déchets nucléaires en Russie.
Le trafic de déchets radioactifs durait depuis 1972. Alors que le contrat qui unit Areva et l’agence atomique russe Rosatom devait prendre fin en 2014, les Russes ont décidé de rompre dès le 11 juillet prochain cette collaboration qui dure depuis 1972.
La polémique internationale créée ces derniers temps notamment grâce aux actions de Greenpeace a eu raison de ce scandale.

Un scandale révélé par Greenpeace
Depuis les années 1980, Greenpeace dénonce les exportations de déchets nucléaires en Russie. En octobre 2009, la diffusion de l’enquête de Laure Noualhat et Éric Guéret, « Déchets : le cauchemar du nucléaire » relance la polémique. N’obtenant aucune explication satisfaisante de la part d’Areva, le ministre de l’Écologie et de l’Énergie saisit le Haut comité pour la transparence et l’information sur la sécurité nucléaire qui ouvre une enquête. Prévus pour janvier 2010, les résultats devraient être rendus publics d’ici la fin du mois de juin.
Les mensonges d’ArevaTout au long de cette bataille, Areva n’a cessé de mentir pour essayer de justifier ces exportations. Aujourd’hui l’industriel essaie de faire croire que l’arrêt des exportations était prévu de longue date. La journaliste de Rue89 qui a réalisé une enquête complète sur cette affaire a eu bien des difficultés pour obtenir des réponses. Son article sur le sujet est visible ici.
Un scandale qui s’arrête, une bonne nouvelle
Greenpeace considère qu’exporter ces déchets en Russie est contraire à loi russe sur la protection de l’environnement datant de 1989 qui interdit les importations de déchets nucléaires. Mais aussi à la directive européenne de 2006, relative à la surveillance et au contrôle des transferts de déchets radioactifs et de combustible nucléaire usé.
Ce texte stipule que l’expéditeur de déchets nucléaires doit s’assurer des bonnes conditions de sûreté dans lesquelles ils vont être disposés dans le pays dans lequel il les envoie. Aujourd’hui, ni Areva, ni EDF, ni même les autorités françaises ne sont en mesure de contrôler les conditions de sûreté en Russie, comme l’a confirmé l’Autorité de sûreté nucléaire française (ASN). Greenpeace a donc porté plainte devant la Commission européenne car, en expédiant leurs déchets nucléaires en Russie, les industriels français ne respectent pas cette directive.
Source : Greenpeace
13:15 Publié dans Anna bloGalore, Coups de coeur | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : pollution, greenpeace, nucléaire





