04 avril 2012
Monsanto basta !
Depuis sa création en 1901, Monsanto a multiplié la conception et la diffusion à large échelle de certains des produits les plus dangereux jamais utilisés sur la planète. A son "actif", on peut citer :
- le DDT, un pesticide hautement cancérigène commercialisé à partir des années 40, qui a eu pour seul effet positif, au bout de trois décennies, de donner naissance aux premiers mouvements écologistes avant d'être interdit dans quasiment tous les pays du globe autour de 1970,
- l'agent orange, un défoliant tellement toxique qu'il a été utilisé par l'armée américaine comme une arme chimique contre les Vietnamiens, ses effets cancérigènes et tératogènes durant bien après son épandage
- et, bien entendu, les OGM à but alimentaire dont la dangerosité sanitaire n'a d'égal que la capacité à asservir les paysans en les rendant dépendants puisque les semences ne peuvent pas être ré-utilisées d'une année sur l'autre.
Bien que Monsanto soit un géant à la puissance considérable, une opposition de plus en plus forte le fait reculer un peu partout dans le monde. Un simple paysan ne pèse quasiment rien, mais quand ils sont plusieurs milliers à dire non, ils remportent des victoires.
Un rapport disponible en ligne recense tous les combats qui ont fait reculer cet empoisonneur planétaire. Il a été rédigé sosu l'égide des ONG Les Amis de la Terre, Via Campesina et Combat Monsanto.
«Là où Monsanto est présente, les semences locales deviennent illégales, la biodiversité disparaît, les terres sont polluées, les paysans et ouvriers agricoles empoisonnés, criminalisés, expulsés de leurs terres» peut-on y lire. «Ce rapport démontre que les fortes objections des mouvements sociaux et des organisations de la société civile ont un impact sur les décideurs politiques chargés d'encadrer le secteur agroalimentaire et d'édicter les règles en matière de pesticides et de cultures transgéniques».
Les Européens sont en majorité opposés à la production d'aliments à partir d'OGM. Dans les pays émergents, le combat est plus difficile mais a pourtant fait connaître quelques défaites cuisantes au géant américain.
En Inde, un moratoire a été imposé sur une variété OGM de l'aubergine, sans parler de tous les autres fronts sur lesquels Vandana Shiva a mené ses actions en faveur des semences traditionnelles sans utilisation de pesticides.
En Haïti, après le tremblement de terre, Monsanto a proposé sous couvert d'aide humanitaire d'offrir des tonnes de semences OGM qui ont été refusées par la population grâce à une mobilisation massive malgré la précarité extrême dans laquelle se trouvaient des centaines de milliers d'Haïtiens.
Au Guatemala, des regroupements de paysans anti-OGM on des réseaux anti-OGM se sont opposés à des projets de législation et d'adoption de programmes favorisant les semences transgéniques.
En Afrique, une alliance pour la souveraineté alimentaire milite afin qu'aucun autre pays ne suive le mauvais exemple de l'Afrique du Sud, seul à avoir adopté les OGM alors que «les variétés de plantes transgéniques en question (...) ne résistent ni à la sécheresse ni aux inondations».
Pour autant, Monsanto ne désarme pas. Ses opposants non plus.
Le rapport en français peut être téléchargé ici : Combattre Monsanto
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18 février 2012
Pesticides : 800 000 professionnels vont devoir retourner à l'école
Nous vous parlions dernièrement de la condamnation de deux empoisonneurs (Monsanto et Eternit condamnés, sale temps pour les empoisonneurs). De nombreux lecteurs du blog sont intéressés par un monde plus respectueux de la nature aussi je vous recommande le site : Bioaddict.fr, très riche, dont voici un article tout à fait dans l'air du temps.
Pesticides : 800 000 professionnels vont devoir retourner à l'école, un article de Mathilde Emery.
800 000 professionnels concernés par les produits phytosanitaires, dont les agriculteurs, les distributeurs, et les conseillers, vont devoir suivre obligatoirement une formation ou une évaluation. L'objectif est de réduire le recours aux pesticides, de mieux sécuriser leur utilisation et de diminuer les risques pour la santé et l'environnement.
Beaucoup d'agriculteurs se plaignent de ne pas avoir été, et de ne toujours pas être, bien informés sur la toxicité des pesticides et le bon usage de ces produits. Cette mésinformation, qui n'est pas innocente de la part de certains industriels, a indiscutablement entrainé des utilisations abusives et inconsidérées de pesticides, qui ont ainsi mis, et continuent à mettre notre santé en péril, et la leur aussi. Monsanto vient ainsi d'être reconnu coupable de l'intoxication d'un agriculteur qui avait utilisé le Lasso, un herbicide très puissant.
Dans le cadre du Grenelle de l'Environnement, les ministères de l'Ecologie et de l'Agriculture ont donc mis en place en 2008 le plan " Ecophyto 2018 " avec pour objectif réduire progressivement l'usage des pesticides de 50% d'ici 2018. Ce plan prévoyait une formation adaptée des professionnels avec la remise d'un " certificat individuel produits phytopharmaceutiques " (dénommé Certiphyto) validant la formation (mais ce n'est pas un diplôme). Et il s'inscrit dans le cadre européen d'une utilisation des pesticides compatible avec le développement durable.
800 000 professionnels à évaluer et à former
Plus de 140 000 professionnels ont ainsi pu bénéficier de la formation entre 2009 et 2010. Mais c'est très insuffisant.
Le dispositif Certiphyto a donc été généralisé début janvier 2012 auprès de tous les professionnels qui ont un lien avec les produits phytopharmaceutiques. Et c'est donc 800 000 personnes qui vont devoir se former rapidement : les distributeurs, les conseillers et les utilisateurs professionnels. Ces derniers représentent la catégorie la plus nombreuse notamment composée des agriculteurs qu'ils soient exploitants agricoles ou salariés, sans oublier ceux qui sont dans les dispositifs d'entraide et les professionnels qui travaillent en CUMA ( Coopératives d'Utilisation de Matériel Agricole). Sont concernés aussi les professionnels des entreprises des territoires qui font des travaux agricoles ou forestiers, les entreprises d'application professionnelle, les entreprises du paysage et aussi les entreprises qu'on appelle " les grands comptes " et qui ont un lien avec les pesticides, la SNCF par exemple qui assure l'entretien des voies. Et enfin, les personnes qui travaillent dans les collectivités territoriales devront également être formées. La formation porte sur la réglementation des produits phytopharmaceutiques, la préservation de la santé et de l'environnement et les techniques alternatives.
" Le certificat individuel, va donc devenir obligatoire à court terme pour utiliser à titre professionnel les produits phytopharmaceutiques, les vendre ou conseiller leur utilisation. Et ce certificat, qui concourt à l'agrément des entreprises, sera également obligatoire pour acheter les produits phytopharmaceutiques à usage professionnel" indiquent les ministères de l'Ecologie et de l'Agriculture.
Bien entendu un délai est accordé pour acquérir la formation. Ainsi les personnes en activité dans les entreprises soumises à agrément pour les activités d'application en prestation de service, de distribution ou de conseil à l'utilisation de produits phytopharmaceutiques, auront jusqu'au 1er octobre 2013 pour obtenir le certificat.
Pour les professionnels des secteurs dont les entreprises ne sont pas soumises à agrément la date limite a été fixée au 1er octobre 2014.
Comment obtenir le certificat ?
Plusieurs voies d'accès au certificat ont été retenues afin de répondre à la diversité des professionnels :
La première est celle de la formation d'une durée de deux à quatre jours, sur quatre thèmes : la réglementation, la santé, la protection de l'environnement et les techniques alternatives.
Une deuxième voie est réservée aux personnes qui ont déjà des connaissances avérées en la matière, qui ont suivi des stages, par exemple, ou qui, dans le cadre de leur activité professionnelle, on suivi l'actualité en matière de réglementation, en matière de travaux de recherche, en matière d'évolution de technologie. Pour obtenir le certificat un test suffira. Il portera sur les 4 mêmes thèmes que la formation.
Enfin, bien entendu, les personnes qui ont obtenu des titres ou diplômes depuis moins de 5 ans seront exemptées.
Où s'adresser ?
En pratique la demande de certificat doit être effectuée par téléprocédure en se connectant sur le site www.mon.service-public.fr et en suivant les instructions.
La formation est assurée par les 300 organismes habilités par les DRAAF et accessibles sur les sites des différentes DRAAF ou DAAF.
C'est la DRAAF ou la DAAF qui instruit le dossier. Le directeur de la DRAAF ou de la DAAF délivre le certificat qui est ensuite édité et expédié au bénéficiaire par FranceAgriMer, un établissement public du ministère de l'Agriculture.
Enfin la durée de validité du certificat est de seulement 5 ans, mais elle est portée à 10 ans pour les personnes qui travaillent en exploitation agricole
Nul doute que ces actions de formation et de sensibilisation vont ouvrir les yeux de beaucoup de ceux qui doutaient de la toxicité des pesticides, ou qui ne voulaient pas savoir.
Mathilde Emery
anti
11:30 Publié dans L'Univers d'Anti, Nature | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : kokopelli, ressources naturelles, ogm, biodiversité, pollution, développement durable, home, bio, monsanto
24 janvier 2012
Monsanto va livrer du maïs OGM en France
La France a toujours légiféré jusqu'à maintenant contre la culture d'OGM sur son territoire. Est visé en premier chef le maïs MON-810 produit par Monsanto. Il y a quelques semaines, un moratoire contre cette souche transgénique avait été invalidé par la cour de justice européenne pour des questions purement juridiques imposées par l'Europe. Nathalie Kosciusko-Morizet avait aussitôt promis la rédaction d'un nouveau moratoire applicable à partir de fin février. La date n'est pas innocente : c'est en effet à partir de mars que les semences de maïs commencent.
Ce matin sur France-Info, Guy Kaestler, de la Confédération Paysanne (anti-OGM) a révélé une information ahurissante :
Monsanto est actuellement en train de remplir des centaines de sacs de graines de maïs OGM pour les livrer à certains agriculteurs en France dès que possible afin qu'ils puissent procéder à un semis précoce.
Planter ces graines sera vraisemblablement illégal d'ici fin février mais comme le souligne Guy Kaestler, une fois que ces graines auront été semées, rien ne permettra de savoir depuis le bord du champ s'il s'agit de maïs naturel ou transgénique. Pire, un des dirigeants de la FNSEA a publiquement déclaré qu'il ferait planter du MON-810 sur son exploitation.
La seule solution face à ce désastre annoncé, aussi bien du point de vue écologique qu'économique pour les paysans, est de faire interdire définitivement les OGM en France et non pas de se contenter d'un moratoire. La Confédération Paysanne a, pour cela, une idée qui serait compatible avec la législation européenne.
Depuis la décision de la Cour de Justice européenne du 6 septembre, tout miel contenant un grain de pollen de MON810 est interdit à la vente et doit être détruit comme un déchet toxique. Les abeilles étant présentes dans toutes les zones de culture de maïs en France, de nouvelles cultures d'OGM condamneraient la profession.
La règlementation européenne permet au gouvernement d'interdire la culture du MON 810 pour protéger l'apiculture. Une telle décision ne pourrait être annulée en référé en Conseil d'État, elle mettrait un coup d'arrêt à la distribution de semences transgéniques dans les fermes qui a déjà commencé et sauvegarderait durablement la filière apicole.
Ci-dessous, le communiqué que la Confédération Paysanne a rendu public dans la matinée.
Abeilles et OGM, la coexistence est impossible
Confédération Paysanne - 24/01/2012 10:05:00
Réunis aujourd'hui à Bron (69), paysans et consommateurs, nous apportons notre soutien aux apiculteurs venus de toute la région Rhône-Alpes.
Le rassemblement à Bron de plus de 300 personnes devant les locaux de Monsanto ce vendredi 20 janvier 2012 a montré notre détermination à exiger du gouvernement qu'il prenne des mesures pour interdire la circulation des semences Mon 810 et à réactiver un réel moratoire.
Suite à la levée du moratoire interdisant le Mon810, le gouvernement a annoncé qu'il allait réactiver une nouvelle clause de sauvegarde, mais aucune mesure ferme n'a été prise pour éviter l'organisation des semis, le risque est grand pour que certains soient réalisés précocement.
Aujourd'hui, l'apiculteur est rendu responsable de la pollution des miels par du pollen de Mon810, ainsi les apiculteurs espagnols se voient privés de commercialiser leur production, nous défendons les apiculteurs pénalisés par cette incohérence.
Les diverses organisations apicoles et de nombreux soutiens politiques ont participé au succès de la mobilisation et à un pique-nique devant les locaux de Monsanto en apportant du pollen non contaminé pour réclamer « le droit et la liberté de butiner sans OGM »
Depuis la décision de la Cour de Justice européenne du 6 septembre, tout miel contenant un grain de pollen de MON 810 est interdit à la vente et doit être détruit comme un déchet toxique. Les abeilles étant présentes dans toutes les zones de culture de maïs en France, de nouvelles cultures d'OGM condamneraient la profession.
Pour la Confédération paysanne, la coexistence est impossible, elle est favorable à la clause que veut prendre le gouvernement pour suspendre l'autorisation de culture du MON 810, cependant elle est très inquiète sur sa pérennité face à un recours en référé au Conseil d'État.
La règlementation européenne permet au gouvernement d'interdire la culture du MON 810 pour protéger l'apiculture. Une telle décision ne pourrait être annulée en référé en Conseil d'État, elle mettrait un coup d'arrêt à la distribution de semences transgéniques dans les fermes qui a déjà commencé et sauvegarderait durablement la filière apicole.
Nous sommes opposés à tous les OGM en plein champ, qu'ils soient transgéniques ou issus de mutagénèse, qu'ils soient destinés à l'alimentation animale, humaine ou pour la production d'agrocarburants, qu'ils soient produits chez nous ou ailleurs. La Confédération Paysanne refuse la confiscation du vivant et la spoliation des droits des paysans.
15:23 Publié dans Colère | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : ogm
23 janvier 2012
Humus, Homme, Humilité, Terre
Dans l’immense chaudron des océans, les éruptions continues et les décharges incessantes d’éclairs monstrueux créèrent les briques élémentaires de tous les futurs systèmes vivants. Les acides nucléiques formèrent les premiers brins d’ADN. Il en fut de même pour les acides aminés qui s’enchaînèrent en protéines de plus en plus complexes. Tout cela grâce à un troisième miracle :
aucun de ces assemblages n’aurait jamais pu se faire sans le rôle de catalyseur joué par l’argile.
La première des convergences.
Tout le reste n’a été qu’évolution.
L’argile… L’Homme descend d’un mélange de terre et d’eau, comme le racontent les mythes fondateurs.
Anna Galore, in Le septième livre
Hier, en travaillant un cours de SVT avec Anghbor, je lui ai parlé de Lydia et Claude Bourguignon, les fondateurs du LAMS qui est un laboratoire d'analyse de sol spécialisé dans l'étude écologique de profil cultural pour restaurer la biodiversité des sols de terroir afin d'améliorer la qualité et la typicité des vins et des denrées agricoles. Si vous avez vu le documentaire de Coline Serreau : "Solutions locales pour un désordre global", vous vous souvenez certainement de ce couple fort sympathique.
Et je suis tombée sur cette vidéo :
dans laquelle Claude Bourguignon nous parle du mot humus qui a donné le mot homme, le mot humilité...
L’humilité, un texte de Philo pour tous
Le terme humilité est à rapprocher du mot humus, qui en est la source étymologique, et qui a donné par ailleurs le terme homme. Cela semble signifier que l’humilité consiste, pour l’homme, à se rappeler qu’il est poussière (ou littéralement : « fait de terre », c’est-à-dire de la matière la plus commune). Cela semble indiquer aussi que l’humilité est une attitude proprement humaine : et de fait, si l’homme n’est pas le seul être dont on puisse dire qu’il fut tiré du limon, il paraît bien être le seul à le savoir.
Mais du coup, il est aussi le seul à pouvoir l’oublier — et pire : à vouloir l’oublier. Au-delà de l’image du matériau (terre, humus), le terme d’humilité renvoie en effet à l’idée d’une provenance étrangère, d’une impuissance à être sa propre origine ; il paraît impliquer aussi, du même coup, l’idée d’une incapacité à s’accomplir par ses seules forces ; en un mot, il s’agirait d’avouer qu’il n’est rien en nous, hormis peut-être nos fautes et nos manquements, que nous puissions nous attribuer à nous-même, à nous seul. Or cette double impuissance n’est pas facile à admettre ; elle semble, à certains, incompatible avec la dignité de l’être humain, et sa reconnaissance constituerait à leurs yeux une intolérable humiliation.
Mais justement, est-ce une même chose d’être humble et d’être humilié ? Être humble, est-ce se rabaisser, se manquer de respect à soi-même ? Cela doit-il conduire, en particulier, à accepter que les autres nous traitent comme « moins que rien » ?
Humilier quelqu’un consiste à nier sa dignité, ou du moins à manifester uniquement ses pauvretés et ses déficiences ; concrètement, cela revient souvent à le réduire à son animalité, ou à sa dimension purement physique : rien de plus humiliant pour un homme, par exemple, que de voir l’accomplissement de ses fonctions organiques privé du secret ou de l’habillage qui l’humanisent. Mais refuser cette humiliation, serait-ce manquer d’humilité ? Et inversement, faudrait-il refuser d’être humble pour échapper à l’humiliation ? Non pas, si humilité et affirmation de sa dignité sont, en vérité, compatibles, voire indissociables. Telle est du moins la position que l’on s’efforce ici de préciser.
D’une part, l’humilité ne consiste pas à se croire dépourvu de dignité, mais à se savoir incapable d’en être soi-même la source, et à se reconnaître impuissant à exister « à la hauteur » de celle-ci. En tant qu’être humain, je suis bien plus qu’un peu de boue (ou d’humus), contrairement à ce que suggère l’étymologie prise au pied de la lettre. Mais ce que je suis de plus, je ne me le suis pas donné à moi-même ; en outre, par mon comportement envers moi-même comme envers autrui, sans doute le trahis-je bien plus souvent que je ne l’honore. Ainsi, autant mon refus de ma dignité ne serait pas une vraie humilité (mais quelque chose qui pourrait être une profonde ingratitude), autant l’humilité véritable se manifeste par l’acceptation du fait que l’aide d’autrui m’est absolument indispensable. L’aide dont j’ai eu besoin pour être, tout simplement, en ce sens que je dois ma venue à l’être, et mon statut d’être pourvu de dignité, à autre chose ou à quelqu’un d’autre que moi-même. L’aide dont j’ai besoin, ensuite, pour tenter de ne pas être trop indigne de ma dignité : car précisément, celle-ci a quelque chose d’infini et d’absolu, qui fait de son plein respect une tâche au-dessus de mes forces — voire des forces humaines en général. Ainsi se préciserait la conciliation évoquée plus haut : être humble, ce n’est pas se considérer comme sans valeur, c’est au contraire voir sa propre grandeur et se sentir petit devant elle.
D’autre part et par conséquent, l’humilité ne saurait conduire à se laisser traiter comme un être sans valeur, et à accepter toutes les humiliations. Nulle incompatibilité entre être humble et exiger le respect : car ce dont j’exige le respect, à savoir ma dignité, c’est aussi ce dont je reconnais ne pouvoir être l’auteur. En ce sens, je demeure effacé et discret (« humble ») lors même que je mets en avant ma dignité d’être humain.
Concluons : il semble particulièrement important de ne pas se tromper sur le vrai sens de l’humilité, car toute erreur à son sujet irait forcément de pair avec une méprise sur le vrai sens de la dignité, et donc sur la juste attitude à avoir envers soi-même comme envers autrui.
A lire et à relire :
le très bel article de Sylvie : La prédation, c'est le viol
Vandana Shiva, la victoire des Neuf Graines
et plus généralement tous les articles regroupés sous le tag
Femmes je vous aime
anti, commençons par retrouver notre lien à la Terre.
11:00 Publié dans L'Univers d'Anti, Nature, Symboles et croyances | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : ressources naturelles, biodiversité, femmes je vous aime, ogm
21 janvier 2012
Kokopelli en marche pour la Victoire !
Kokopelli ? Vous vous souvenez ? Non ? Alors relisez cet article, Kokopelli, un Joueur de Flûte Enchantée dans le Rêve de Gaïa.
Hier, j'ai reçu un mail de notre voisin d'Alès, qui m'a fait chaud au coeur ! Lisez plutôt :
Kokopelli en marche pour la Victoire !
Communiqué de Kokopelli du 19 janvier 2012
L’avocat général chargé du dossier Kokopelli devant la Cour de Justice de l’Union Européenne a donné aujourd’hui lecture publique de ses conclusions. Nous avons la joie d’annoncer qu’elles nous donnent entièrement raison !
En effet, le magistrat conclut à l’invalidité de l’interdiction de commercialiser des semences d’une variété non inscrite au catalogue officiel, et ce aux motifs que cette interdiction, portée par la législation Européenne aussi bien que par la réglementation Française, viole le principe de proportionnalité, la liberté d’entreprise, la libre circulation des marchandises, ainsi que le principe de non discrimination. La quasi-totalité de nos arguments ont été retenus !
De plus, l’avocat général n’a pas manqué d’affirmer, au contraire de ce qui était avancé par nos nombreux adversaires (Commission Européenne, Conseil de l’Union Européenne, République Française, Royaume d’Espagne et société Graines Baumaux), que, d’une part, les règles relatives à l’admission des semences au Catalogue Officiel n’ont « aucun rapport avec la santé des plantes », d’autre part, que « il appartient aux agriculteurs de décider des variétés qu’ils cultivent », enfin que cette législation limite excessivement le choix des consommateurs qui n’ont « ni accès aux denrées alimentaires ou autres produits issus de variétés qui ne satisfont pas aux critères d’admission, ni la possibilité de cultiver eux-mêmes ces variétés, par exemple dans leur propre jardin ».
De même, l’avocat général rappelle à juste titre que « le fait que les agriculteurs soient cantonnés à des variétés admises réduit enfin la diversité génétique dans les champs Européens ».
Il en conclut logiquement que « les inconvénients de l’interdiction de commercialiser des semences de variétés non admises l’emportent manifestement sur ses avantages. »
Nous sommes extrêmement satisfaits de ces conclusions et nous avons maintenant l’immense espoir que la Cour suive l’avis de son avocat général et vienne enfin mettre un terme au totalitarisme pluri-décennal de la législation sur le commerce des semences.
Pour plus d’information, voir sur le site de la Cour de Justice de l'Union Européenne (conclusions de l'avocat général disponibles dans plusieurs langues).
Blanche MAGARINOS-REY
Avocate de l’Association Kokopelli.

Le site de l'association se trouve ici
A lire sur le blog :
Effet Boomerang chez Monsanto
Les raisons de la colère
Repenser demain
Non aux OGM
OGM : Condamnation de la France
L'arnaque des OGM "sans danger"
Un noël sans OGM
Plus noir que vous ne pensez
Enfin un label "Nourri sans OGM
Monsanto : champs stériles en Afrique du Sud
Graines de discorde ?
Repenser demain
Déclin des abeilles et économie
Le grenier de la planète
Le Round-up, un poison pour vos enfants
Photo Kokopelli Wikipédia, les autres photos proviennent du site de l'association.
Plus ?
Tous les articles regroupés par mots-clefs que vous pouvez retrouver ici
anti, ravie !
11:00 Publié dans L'Univers d'Anti, Nature, Tous des humains | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : kokopelli, ressources naturelles, ogm, biodiversité, pollution, développement durable, home, bio
17 janvier 2012
Pressions pro-OGM des US sur l'Europe
Des nouveaux messages révélés par Wikileaks montrent une offensive de grande ampleur contre l'Europe de diplomates américains pro-OGM aux côtés de Monsanto, allant jusqu'à des représailles sur les pays "coupables" comme la France. De nombreuses manœuvres et pressions ont également été organisées pour tenter d'obtenir du pape une déclaration de soutien aux OGM.
Diplomates américains et responsables de Monsanto main dans la main pour faire fléchir l'Europe
Les documents rendus publics établissent que diplomates, gouvernement américain et dirigeants de Monsanto travaillent main dans la main sur ce sujet qualifié de « stratégique » par les USA.
Un article du Guardian repris par Contre Info en expose les principaux détails.
Sanctions envisagées des US sur l'Europe si les OGM restent interdits
C'est à la suite du refus de la France d'autoriser le maïs OGM de Monsanto en 2007 - décision confirmée à nouveau il y a quelques jours après quelques rebondissements - que Craig Stapleton, ambassadeur US et ami de George Bush a demandé à Washington de pénaliser l’Union européenne et en particulier les pays qui n’approuvent pas l’utilisation des cultures OGM.
« L’équipe de Paris recommande que nous élaborions une liste de représailles ciblées, qui provoqueraient quelques douleurs à l’UE - puisqu’il s’agit d’une responsabilité collective - mais qui se focaliseraient également en partie sur les pires coupables. » a écrit Stapleton dans l'un de ses messages.
« Cette liste devrait [inclure des propositions] qui soient mesurées plutôt que brutales et pouvant être durable sur le long terme, car nous ne devons pas nous attendre à une victoire rapide. En effectuant des représailles, il sera clair que la voie suivie actuellement implique des coûts réels pour les intérêts européens, et cela pourrait aider à renforcer les voix européennes qui sont en faveur des biotechnologies ».
L’Espagne a apporté son soutien actif aux différentes actions menées par les US et par Monsanto, étant très en faveur des OGM.
Pressions pour obtenir une déclaration du pape favorable aux OGM
Par ailleurs, face à l'opposition farouche d'un grand nombre d’évêques catholiques aux OGM dans les pays en développement, les USA ont organisé une campagne intense de pressions sur les conseillers du pape pour tenter de lui faire déclarer publiquement son soutien aux OGM.
« Il existe des possibilités de faire avancer cette question avec le Vatican, et ensuite d’influencer un large part de la population en Europe et dans le monde en développement », indique l'un des câbles dévoilés par Wikileaks.
... mais échec total des manœuvres pro-OGM
Fort heureusement, l'activité de ces lobbyistes reste pour l'instant inefficace malgré l'ampleur des moyens qu'ils ont mis en œuvre. Le fait que BASF vienne d'annoncer l'arrêt du développement et de la commercialisation de ses OGM en Europe ne fait que confirmer la solidité du front anti-OGM qui prévaut chez nous.
14:08 Publié dans Colère | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : ogm, monsanto
29 septembre 2011
Vandana Shiva, la victoire des Neuf Graines
J'ai lu, que dis-je, j'ai dévoré le weekend dernier un livre passionnant de Lionel Astruc préfacé par José Bové. Il retrace les combats et les victoires de Vandana Shiva contre le pillage de la biodiversité, en particulier dans son pays, l'Inde.
Vandana Shiva est née en 1952 dans l'Uttar Pradesh, au nord de l'Inde, dans les contreforts de l'Himalaya. Son père, initialement ingénieur dans l'armée avec salaire confortable, avait tout plaqué pour devenir un modeste garde-forestier par amour pour sa mère, femme cultivée ayant choisi de devenir agricultrice par conviction philosophique. Très influencée par l'exemple de Gandhi qui filait son propre coton pour se vêtir, elle donnait à ceux qui s'étonnaient de son choix la même réponse que lui : "Pourquoi d'autres devraient-ils le faire à ma place?".
Le grand-père de Vandana a succombé à une grève de la faim lorsqu'elle avait 4 ans. Pour lui, l'instruction était la base de l'émancipation et il refusait l'idée dominante à cette époque interdisant aux femmes de suivre des études. Avec l'appui de tout son village, il avait alors cessé de se nourrir et de boire pour obtenir l'ouverture d'une école pour filles là où il vivait. Les dignitaires cédèrent, malheureusement trop tard pour qu'il puisse voir sa victoire. Aujourd'hui, l'école Chotty Ram existe toujours et accueille 3000 jeunes filles.
L'impasse du nucléaire
Vandana Shiva, profondément motivée par ces influences fortes, se lança dans des études brillantes et apprit la relativité et la mécanique quantique avec un professeur particulier pendant qu'elle suivait les cours de son collège. Arrivée à l'âge de 20 ans, elle était considérée comme une physicienne de haut niveau et grâce à l'obtention d'une bourse prestigieuse, devint au début des années 70 la seule femme employée à la Commission de l'énergie atomique indienne, aux côtés de l'élite du domaine. Jusqu'au jour où sa sœur Mira, qui s'était lancée dans la médecine, lui posa la question : "Sais-tu quels risques tu cours avec ce travail ? Sais-tu par exemple à quel niveau de radiations tu t'exposes ? Sais-tu que tu peux un jour accoucher d'enfants déformés si tu continues ?"
Avec une sincérité totale, Vandana alla directement poser ces questions à ses collègues, qui lui répondirent des banalités. Elle raconte encore aujourd'hui : "Je ne supporte pas que l'on fasse obstruction au progrès de la connaissance ! J'ai été profondément choquée mais aussi effrayée de voir que cette discipline en laquelle je croyais tant pouvait être à ce point instrumentalisée." Elle claque la porte de la Commission et quitte l'Inde pour le Canada, où elle se lance dans des études théoriques sur la mécanique quantique.
Enlacer les arbres
Elle avait entretemps rejoint un mouvement de femmes indiennes nommé Chipko, ce qui signifie "enlacer les arbres". Ce mouvement s'était créer spontanément en 1973 dans certains villages pour s'opposer à la déforestation de leurs terres menée par certaines firmes. Les femmes encerclaient de leurs bras les arbres par groupes de trois, malgré les intimidations et parfois les coups.
C'est de cette époque que provient une conviction profonde de Vandana : à ses yeux, les seuls "experts reconnus" de la Nature sont les paysans et en particulier les femmes qui connaissent chaque graine, chaque plante, chaque arbre, chaque écosystème dans tous leurs détails. En Inde, les femmes travaillent trois fois plus longtemps que les hommes dans une ferme et elles sont, là-bas comme ailleurs, les plus conscientes des nécessités fondamentales de la vie.
Ainsi est né le concept d'écoféminisme, central au reste de son action.
A peine sa thèse en mécanique quantique soutenue dans l'Ontario en 1978, elle revient en Inde pour agir au quotidien aux côtés de Chipko. Son premier succès est remporté contre une industrie minière qui détruit des collines et pollue gravement l'eau près de son village natal. Elle réunit tellement de données démontrant la nocivité des carrières en question qu'elle parvient à traîner l'entreprise minière en justice devant le Cour suprême de l'Inde et à la faire condamner. Le verdict stipule que "quand le commerce détruit la vie, alors ce commerce doit cesser et la vie continuer."
Les neuf graines
En 1987, elle assiste à un séminaire dont les médias n'ont jamais parlé. Il se tient à Bogève, village minuscule de Haute-Savoie. Il rassemble des représentants d'entreprises, d'associations, ainsi que des activistes et des scientifiques venus d'une vingtaine de pays, qui s'intéressent à l'impact des biotechnologies sur la santé et l'environnement dans le tiers-monde. Il s'agit du premier de tous les débats mondiaux sur les organismes génétiquement modifiés et la question des brevets sur le vivant.
Ce qui va lancer le vrai combat de Vandana Shiva, ce ne sont pas les déclarations des activistes mais des industriels présents. Ces derniers évoquent leurs plans pour développer les OGM et prendre le contrôle des semences par le dépôt massif de brevets. Ils ajoutent qu'une concentration de leurs entreprises sera indispensable pour qu'il ne reste que quelques multinationales hyper-puissantes. C'est exactement ce qui s'est produit dans les années qui ont suivi, avec entre autres le rachat de de presque tous les semenciers de la planète par Monsanto.
Dans l'avion qui la ramène en Inde, Vandana essaie de résumer les choses avec un graphique. Elle voit dans l'histoire récente de l'humanité trois révolutions majeures : la révolution industrielle, la révolution chimique et celle qu'elle entrevoit, la révolution des graines. Elle va poser les bases de son combat en ces termes : de quel droit allait-on empêcher les paysans de reproduire eux-mêmes leurs semences ? Et pourquoi devraient-ils payer ce que la Terre leur offre gratuitement ?
Dans les mois et les années qui suivent, elle va créer et donner de l'ampleur une association qu'elle nomme Navdanya, ce qui signifie en hindi les neuf graines mais aussi le don renouvelé. Ce nom fait référence à une coutume paysanne. Pour savoir quelles semences planter pour la saison à venir, ils plantent neuf graines dans un pot le premier jour de la saison et regardent celles qui se développent le mieux au bout de neuf jours.
Le but de Navdanya va être de collecter, protéger et reproduire les multiples semences anciennes connues de tout temps par les paysans et de faciliter leur diffusion à qui en veut, plutôt que de recourir aux semences industrielles de bien moindre qualité et qui, de plus, rendraient les paysans esclaves des multinationales. Ils sont aujourd'hui plus de 500 000 à bénéficier en Inde de ce système d'échange basé sur le partage.
Les autres combats
Vandana Shiva est rapidement devenue l'une des altermondialistes les plus connues, aux côtés de José Bové, Teddy Goldsmith (créateur en 1969 de la revue The Ecologist), Maude Barlow qui lutte depuis 1990 sur la préservation de l'eau et le rôle central de la femme, et Jerry Mander, auteur de nombreux livres contre la croissance depuis les années 70. Ils ont mené plusieurs combats ensemble, faisant plier Coca-Cola qui implantait des usines polluantes en Inde ou manifestant contre l'OMC à Seattle en 1999.
Le livre sur Vandana raconte bien d'autres histoires, plus passionnantes et porteuses d'espoir les unes que les autres, en particulier sur le rôle de Darwan, jeune assistant de Vandana devenu son plus proche second grâce à ses réussites remarquables auprès de paysans à qui il a redonné non seulement leur savoir ancestral mais leur dignité, après une vague de suicides effarante dans leurs rangs (40 000 en 20 ans), liée à la diffusion de semences industrielles et de pesticides qui finissaient par ruiner des familles par dizaines de milliers.
Je vous en recommande la lecture avec la plus grande force.
Très belle journée à vous
Vandana Shiva, victoires d'une Indienne contre le pillage de la biodiversité
Un livre de Lionel Astruc, préfacé par José Bové.
Editions Terre Vivante www.terrevivante.org
Prix : 18 €, 190 pages
ISBN 978-2-36098-043-7
Vandana Shiva sur Twitter : http://twitter.com/#!/drvandanashiva
Le site de Navdanya : http://www.navdanya.org
Les photos qui illustrent cet article sont tirées du livre.
07:01 Publié dans Accueil, Coups de coeur, Nature | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : ressources naturelles, biodiversité, femmes je vous aime, ogm, monsanto
10 mai 2011
Mères et foetus contaminés par les OGM au Canada
Une étude indépendante réalisée à Sherbrooke auprès de femmes enceintes, de leurs fœtus et de femmes non enceintes révèle la présence de résidus de pesticides issus d’aliments transgéniques dans le sang de chacun de ces groupes. Des résidus de glyphosate et de glufosinate (herbicides couramment utilisés lors de la culture de certaines plantes génétiquement modifiées) ont également été retrouvés.
Une étude scientifique publiée en avril par des chercheurs de l’Université de Sherbrooke au Canada, fait état de résultats inédits jusqu’ici.
Les auteurs concluent à la nécessité de poursuivre les analyses d’impact des organismes génétiquement modifiés (OGM) sur les humains.
Professeur-chercheur au département de gynécologie-obstétrique de la faculté de médecine de l’Université de Sherbrooke, Aziz Aris s’intéresse particulièrement à la toxicité d’origine environnementale sur les fœtus et les mères. Or, dit-il, l’impact des OGM a été abondamment testé sur les animaux, mais jamais sur les humains.
C’est la première fois que la présence de résidus de pesticides d’OGM dans le sang des femmes est démontrée. Ces femmes et leur conjoint, étant citadins et n’ayant jamais travaillé au contact de pesticides, ces résultats résulteraient donc principalement de leur alimentation.
Les résultats de l’étude, financée par un fonds québécois de recherche en santé, seront publiés dans la revue scientifique américaine Reproductive Toxicology.
Environ 70% du maïs au Québec est génétiquement modifié (OGM) et inclut la toxine Bt.
Cette étude scientifique indépendante confirme les pires craintes de Greenpeace sur le manque de rigueur, d’indépendance et de transparence des études menées par les entreprises de biotechnologies.
Source : Greenpeace
16:11 Publié dans Colère | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : ogm, greenpeace
07 mai 2011
Des saumons transgéniques dans les assiettes
En biologie, un monstre est un individu dont la conformation s'écarte notablement des standards de son espèce. Une entreprise américaine nommée AquaBounty Technologies est sur le point de faire accepter comme un produit de consommation courante dans la nourriture d'un nouveau monstre obtenu à partir de modifications génétiques.
Il s'agit d'un saumon, dérivé de l'espèce la plus fréquemment utilisée en élevage industriel, et qui grâce à deux nouveaux gènes va, d'une part, grossir beaucoup plus vite et et beaucoup plus que ses congénères naturels et, d'autre part, poursuivre sa croissance tout au long de l'année sans la ralentir en période froide. Et AquaBounty ne compte pas en rester là : l'entreprise vient d'annoncer également de nouveaux types de carpes et de truites transgéniques.
Aux USA, la Food and Drug Administration pense donner son autorisation pour la commercialisation du saumon mutant d'ici peu. Il s'agira de la toute première fois qu'un animal transgénique sera proposé à l'alimentation humaine. Bien entendu, l'entreprise qui produit ces "saumonstres", comme les appelle Jean-Yves Nau (médecin et spécialiste de bioéthique), affirme que les manipulations génétiques en question n'ont aucune influence sur la chair de ces animaux.
Plusieurs associations américaines de défense des consommateurs et de l’environnement dénoncent l’insuffisance des données scientifiques disponibles et leur partialité. Sans parler du risque sur l'écosystème si certains de ces saumons s'échappaient des fermes piscicoles et rejoignaient leurs congénères naturels dans les océans.
Jean-Yves Nau précise : "Les transgéniques auraient-ils, comme on peut le craindre, un avantage reproductif sur leurs congénères «sauvages» ? Seraient-ils plus voraces ? Peut-on imaginer au contraire qu’ils seraient une proie facile pour des prédateurs ?" Quoi qu'il en soit, l'équilibre naturel en serait perturbé sans qu'on puisse vraiment en apprécier les conséquences futures.
Du côté européen, le saumon transgénique n'est pas près d'atteindre nos assiettes. Tout d'abord, les consommateurs y sont en très forte majorité opposés à de telles manipulations alimentaires. De plus, les grandes fermes aquacoles de Norvège n'en veulent à aucun prix. «Nous n’avons ni cochons monstrueux ni vaches monstrueuses en Europe et nous n’avons nul besoin d’un tel saumon», a ainsi expliqué Geir Isaksen, responsable de Cermaq, l’un des leaders dans ce domaine.
L’industrie aquacole norvégienne produit cinquante fois plus de saumons atlantiques d’élevage que les États-Unis. Surveillons quand même les étiquettes sur les emballages pour éviter d'acheter par mégarde des monstres venus d'outre-Atlantique qui prétendent être des saumons.
Les informations de cette note proviennent d'un article de Jean-Yves Nau dans Slate.
Photo : source web
14:11 Publié dans Colère | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : ogm
16 février 2011
France Nature Environnement, les affiches qui frappent là où ça fait mal

Plusieurs regroupements d'agriculteurs porcins et bovins ont saisi la justice pour interdire certaines de ces affiches en référé. Ils ont été déboutés. Pourtant, trois des six affiches n'ont toujours pas été posées sur un certain nombre de panneaux à Paris. FNE dénonce cette censure et précise que son intention n'est pas de s'attaquer aux agriculteurs, mais à un mode de production « intensif, extrême et déraisonnable ».

Cette campagne est un «scandale» selon le ministre de l'agriculture «car elle oublie la détresse qui a conduit certains agriculteurs au suicide». Moi, ce que je trouve scandaleux, c'est d'autoriser l'utilisation en toute connaissance de cause des poisons ou des pratiques polluantes qui mettent en danger avéré la santé de tous ! Et les agriculteurs qui se plaignent de cette campagne devraient se rappeler qu'ils sont les premières victimes de maladies mortelles provoquées par les produits qu'ils épandent.

A la veille du Salon de l'Agriculture, France Nature Environnement lance une campagne choc sur les dégâts provoqués par une agriculture intensive peu respectueuse de notre environnement. Pas seulement un coup de poing médiatique, mais aussi l'occasion de proposer des solutions et d'ouvrir un dialogue.
Notre agriculture est malade. Nous importons des OGM pour alimenter notre bétail alors que nous nous interdisons d'en cultiver et que le consommateur n'en veut pas. Des tonnes de lisier, issues des déjections des élevages industriels , provoquent, en augmentant le taux de nitrates dans l'eau, des marées d'algues vertes. L'emploi massif de pesticides dangereux contribue au déclin des abeilles et des autres pollinisateurs. La France est le 1er consommateur européen de produits phytosanitaires.


Nous lançons également une pétition pour l'interdiction des pesticides les plus dangereux et l'application pleine et entière du plan Ecophyto 2018. Pour la signer, cliquez sur ce lien !

15:20 Publié dans Colère, Nature | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : ogm, pollution





