19 mai 2011

Le doux rêve

Parmi les opéras que j'aime à ré-entendre avec grand plaisir, il y a Lucia di Lammermoor, de Gaetano Donizetti.

Extrait :


Lucia di Lammermoor - interprète : Inva Mula


Voici ce qu'on peut lire sur Wikipédia :

Lucia di Lammermoor est un opéra en trois actes de Gaetano Donizetti, sur un livret en italien de Salvatore Cammarano, d'après le roman La Fiancée de Lammermoor de Walter Scott. Il a été créé le 26 septembre 1835 au teatro San Carlo de Naples.

La version française Lucie de Lammermoor, fut créée le 10 août 1839, au Théâtre de la Renaissance à Paris, dans laquelle le compositeur et les librettistes Alphonse Royer et Gustave Vaëz ont apporté d'importants changements.

Annonciateur du romantisme italien, cet opéra est le chef-d'œuvre « tragique » de Donizetti, dont le succès ne s'est jamais démenti.

Les deux passages les plus connus sont la longue « scène de la folie » où Lucia sombre dans une démence irréversible et le grand sextuor de l'acte II, page maîtresse de l'ouvrage qui préfigure les grands ensembles de Verdi. Notons aussi l'air d'Edgardo (ténor) au dernier acte d'une « funèbre beauté », à l'origine d'une nouvelle forme de belcanto.

Argument

L'action se déroule dans l'Écosse de la fin du XVIe siècle. Les familles luttent entre elles, tandis que les guerres entre catholiques et protestants font rage. Les Ashton — depuis longtemps les grands rivaux des Ravenswood — ont pris possession du château de ces derniers, situé près de Lammermoor…

Acte I

Les jardins du château des Ashton

Brève et sombre ouverture. Enrico Ashton se désespère sur le sort de sa famille au bord de la banqueroute auprès du chapelain Raimondo. Il déclare que seul le mariage arrangé de sa sœur avec Lord Arturo pourrait les sauver, mais que Lucia s'oppose à cette idée. Normanno, le veneur d'Enrico, annonce que son refus est dû au fait qu'elle aime Edgardo de Ravenswood, l'ennemi juré d'Enrico. Ce dernier jure de mettre fin aux relations entre sa sœur et son amant.

Près d'un puits dans le parc du château

Lucia attend l'arrivée d'Edgardo en compagnie de sa dame de compagnie Alisa. Lucia confie à cette dernière qu'elle a récemment vu en rêve le spectre d'une jeune femme assassinée par son amant — un Ravenswood — dont le corps serait encore dans le puits. Alisa lui conseille alors d'oublier Edgardo, mais Lucia se moque de cet avertissement. Arrive Edgardo qui annonce à Lucia qu'avant son départ pour la France, il compte demander sa main à son frère. Mais celle-ci l'en dissuade, redoutant une réaction violente de la part d'Enrico. Edgardo, furieux, lui remémore son serment de vengeance contre la famille de Lucia responsable de la mort de son père. Lucia parvient à le calmer et Edgardo part après avoir échangé des preuves d'amour (un anneau) avec sa fiancée.

Acte II

Les appartements d'Enrico

Des mois ont passé sans qu'Edgardo ne donne de ses nouvelles. C'est en fait Enrico qui a donné l'ordre d'intercepter toutes ses lettres. Il a également arrangé un mariage entre sa sœur et Arturo Bucklaw. Les invités et Arturo arrivent au château lorsque Lucia entre, pâle. Elle reproche à son frère son manque d'humanité et lui rappelle qu'Edgardo lui a demandé sa main. Enrico lui montre alors une fausse lettre censée prouver l'infidélité de l'absent. Finalement, Raimondo arrive à convaincre Lucia d'épouser Arturo en invoquant la mémoire de sa mère. Face au chantage du chapelain, elle accepte, mais est bien décidée à se donner la mort une fois le mariage consacré.

Une salle décorée pour accueillir Arturo

Arturo est accueilli par un chœur. Enrico le prépare à la réaction de sa sœur. Cette dernière arrive et, indifférente, signe le contrat de mariage. Edgardo survient, réclamant sa fiancée. S'ensuit un sextuor avec chœur décrivant la tournure particulière des événements. Enrico, Arturo et Edgardo s'apprêtent à se battre lorsque Raimondo montre le contrat de mariage signé de la main de Lucia. Edgardo reprend l'anneau de sa fiancée et s'enfuit en la maudissant. Ce sextuor est l'un des passages dramatiques les plus remarquables de toute l'histoire de l'opéra.

Acte III

Une salle de la tour de Wolferag

Enrico rendu fou de rage par l'intrusion d'Edgardo, qui est son rival politique, se rend chez celui ci et le provoque en duel, espérant ainsi en finir avec le jeune homme qui est l'ultime représentant de la famille Ravenswood ennemie des Lamermoor depuis des siècles.

Salle de réception du IIe acte

Alors que se déroulent les festivités du mariage, Raimondo bouleversé surgit soudain et annonce aux invités horrifiés que Lucia a tué Arturo et qu'elle est devenue folle. La jeune fille arrive agarde, echévelée et ensanglantée. Dans la célèbre « scène de folie » (Il dolce suono), elle rêve son avenir, unie avec Edgardo, tandis que le puits du premier acte devient l'autel de leur mariage. Enrico qui revient de chez Edgardo se fait confirmer la nouvelle du meutre d'Arturo et, sans se rendre compte de l'état de sa soeur, la menace d'une peine exemplaire; Raimondo et les invités interviennent à temps et lui font comprendre que la malheureuse n'est déjà plus dans le monde des vivants. Lucia prenant son frère pour son bien aimé Edgardo implore son pardon avant de le prier de veiller sur sa tombe. Après qu'elle se soit effondrée on l'emporte, mourante.

Cette scène de la folie est l'occasion pour l'interprète de Lucia de déployer sa virtuosité et sa technique dans une très belle scène dont le point central, la cadence, a été ajouté par la tradition dès la création.

Les tombes des Ravenswood

Edgardo attend Enrico avec l'intention de se jeter sur l'épée de son ennemi, ignorant le sort tragique de son ancienne fiancée. Il apprend par les familliers des Lamermoor qu'elle va bientôt mourir, et que dans sa démence elle réclame Edgardo. En entendant sonner le glas, il comprend que Lucia est décédée ce qui lui est confirmé par le chapelin Raimondo Bideben. Désespéré il se suicide en se poignardant; il meurt en prononçant le nom de sa bien aimée.



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16 décembre 2010

Flash mob de PAS NOËL

Vu qu'Anna et moi on a programmé la même note mais différemment, je vous laisse quand même découvrir une autre vidéo fort sympathique que j'avais ajoutée ;-)

Après les halles de Valence en Espagne, voici d'autres instants de beauté, des airs d'opéra sortis de nulle part dans des lieux publics. De grands mercis à Catherine (voir note de ce midi ;-)) et Kasimir de nous avoir fait connaître ces liens ;-)


Dia Europeo de la Opera en Pamplona : La Traviata


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Flash mob de Noël - Alleluiah !

Catherine nous a fait parvenir dans la matinée cette vidéo qui a déjà été vue par plus de 21 millions de personnes sur YouTube. Il s'agit d'un flash mob de saison, à l'approche de Noël. Il a eu lieu le 13 novembre dans un centre commercial à l'heure du repas du midi.

Enjoy !



La vidéo a suscitée à ce jour un peu moins de 30 000 commentaires, je ne les ai pas tous lus mais je vais juste vous citer mon préféré :

"Je suis musulman mais je trouve ça magnifique !"

Cette phrase dit tout ce qui est important : peu importe les croyances de chacun, cela nous touche tous. Rien n'est plus émouvant pour nous, les humains, qu'un chœur de voix humaines qui expriment la joie et la ferveur partagées.

05 décembre 2009

Summertime & The Summertime Connection

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Non, oui, je sais, on n'est pas encore en hiver que je vous parle déjà de l'été. Non, mais attendez, c'est pas ce que vous croyez, nan.
Là, je vais vous parler de la Summertime Connection un regroupement de collectionneurs d'enregistrements de Summertime.

Je trouve l'idée excellente. The Summertime Connexion affirme avoir recensé au 1 Novembre 2009 pas moins de 17 513 versions et au moins 31 582 interprétations publiques de cette chanson...

Pour la petite histoire, Summertime est une chanson composée en 1935 par George Gershwin pour son opéra en trois actes Porgy and Bess basé sur la nouvelle Porgy (1925), écrite par DuBose Heyward.



Porgy and Bess raconte l'histoire de Porgy, un noir estropié vivant dans les taudis de Charleston, en Caroline du Sud, qui tente de sauver Bess des griffes de Crown, son mari, et de Sportin’Life, un dealer.

Au cinéma, Porgy and Bess (1959) est le dernier film produit par Samuel Goldwyn. Sidney Poitier (Porgy) et Dorothy Dandridge (Bess) sont doublés par des chanteurs d'opéra. Sammy Davis Jr. joue le rôle de Sportin’Life.

Depuis 1974, on ne peut plus voir ce film : cette année-là, les ayant-droits de George Gershwin ont fait interdire sa diffusion, considérant qu'il trahissait l'œuvre d'origine en en faisant une comédie musicale plus qu'un opéra.



L'œuvre de Gershwin a inspiré de nombreux jazzmen. Miles Davis, sous la direction de Gil Evans, publie sa version de Porgy & Bess en juillet 1958. La même année, Louis Armstrong et Ella Fitzgerald enregistrent pour Verve ce même opéra.



Plus tard, d'autres artistes tels qu'Oscar Peterson, Chet Baker, Keith Jarrett, Herbie Hancock et Joe Pass (1976) donneront leur version de l'opéra.




Histoire de Summertime


Gershwin
a commencé à composer ce morceau en décembre 1933 dans le style negro spiritual.

Il alterne deux couplets de seize mesures et est le plus souvent joué en ré mineur (et parfois joué en si mineur). Les paroles sont de DuBose Heyward et Ira Gershwin.

C'est une berceuse que chante le personnage de Clara dans le premier acte de l'opéra pour endormir son enfant, reprise en contrepoint de la scène de craps, puis, dans l'acte II, toujours par Clara, et enfin, dans l'acte III, par le personnage de Bess.

L'action se situe dans les années 30, en Caroline du Sud. Dans cette Amérique en pleine dépression, les Noirs sont les premières victimes de la misère. Pourtant, dans la cour du quartier Catfish Row, on boit, on chante, on joue, on danse, même.

D'après The Summertime Connection, le numéro 10 000 est un enregistrement de la chanson par Wilfred Klaver en hollandais sous le titre De Landman Gaat (à écouter absolument !!!) Il a exécuté cette version le 8 février 2008 dans l'église de Dirkshorn (Pays-Bas), accompagné par Ruud van Odenhoven (piano) et George Pelupessy (percussion).

Pour terminer, voici ma version préférée, celle de Janis Joplin :



Et d'ajouter cette très belle version de Angelique Kidjo à la demande générale de Valentine ;-)



Très beau week-end à tous ;-)

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P.S. : Ecoutez Gershwin sur Deezer

08 novembre 2009

Parcifal, Wagner

Toujours dans un ambiance beauté/tragédie/Amour, une envie, celle de ré-écouter l'ouverture de Parsifal de Wagner.

J'ai eu l'immense bonheur d'en voir une sublime représentation à l'opéra Bastille en 2003. La mise en scène de Graham Vick était merveilleuse de simplicité et les chanteurs renversants (Albert Dohmen (Amfortas), Clifton Forbis (Parsifal), Kristinn Sigmundsson (Gurnemanz), Katarina Dalayman (Kundry), Willard White (Klingsor)).

Bonne écoute !



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21 octobre 2009

Ryūichi Sakamoto

511154_356x237.jpg Suite à un petit sujet vu ce matin, envie de parler ici de Ryūichi Sakamoto musicien, compositeur, producteur et acteur japonais.

Fils d'un célèbre éditeur (Kazuki Sakamoto), Sakamoto a commencé très tôt le piano et la composition. Il aimait la musique impressionniste, surtout Claude Debussy, ainsi que le pop rock tels The Beatles et The Rolling Stones. Il a suivi les cours de l'Université des Beaux Arts et de Musique de Tokyo, où il a étudié la composition et la musique électronique et ethnique.

Sakamoto a enregistré son premier album de musique électronique en 1978, à l'âge de 26 ans, avec les morceaux Thousand Knives et The End of Asia.

À la même époque, Sakamoto est devenu membre du trio japonais Yellow Magic Orchestra (YMO, synth-rock/synth, J-Pop), avec Haruomi Hosono et Yukihiro Takahashi. Sa musique a été beaucoup influencée par Kraftwerk. D'audience internationale, ce groupe a connu quelques succès dont Computer Game dans le top 20 britannique à la fin des années 70. Il est aussi connu pour Technopolis, Tong Poo et Ongaku.

YMO s'est officiellement séparé fin 1983, mais a sorti début 1984 son dernier album After Service, qui contient l'interprétation de son dernier concert. (En 2007, il a réformé YMO et irrégulièrement sorti des singles et fait des concerts).

insen05.jpg Carrière solo

Sakamoto a collaboré avec David Sylvian sur plusieurs singles, et a participé à la plupart des albums de Sylvian. Il a également travaillé avec Fennesz, Towa Tei (du groupe Deee-Lite), Thomas Dolby, Arto Lindsay, Bill Laswell, Nam June Paik, Youssou N'Dour, Roddy Frame (de Aztec Camera), Iggy Pop, Robin Scott, Alva Noto, Hector Zazou , Cesária Évora et Caetano Veloso.

Jusqu'à présent, Sakamoto ne cesse d'explorer différents styles musicaux.

Aux cours de ses premières années de carrière solo, il continuait dans le style YMO et utilisait beaucoup les synthétiseurs et les sampleurs (dans l'album Illustrated musical encyclopedia ou Futurista). Mais de plus en plus il a augmenté l'utilisation des instruments acoustiques. Dans son album Beauty, il a utilisé des sons de violons, jabisen, guitare acoustique, erhu, et des chanteuses de musique traditionnelle d'Okinawa.

Back to the Basic

Bien qu'au début des années 90 il ait tenté des nouveaux genres de musique comme le rap et la house music, sa tendance pour la musique acoustique et classique perdure. Dans l'album Smoochy, il a commencé à jouer de la bossa nova.

En 1996, dans son album 1996, il a réarrangé son répertoire en trio piano (piano, violon, violoncelle).

En 1998, il n'a utilisé que des instruments acoustiques (piano, guimbarde, etc.) pour enregistrer les œuvres de l'album BTTB (acronyme de Back To The Basic), dont Energy Flow qui a atteint le sommet de classement des single japonais (Oricon chart) en mai et juin 1999.

La même année, il a composé son 'opéra' intitulé LIFE. Ce projet ambitieux traite de la symbiose et plus de 100 artistes ont participé, dont Pina Bausch, Bernardo Bertolucci, José Carreras, le Dalai Lama et Salman Rushdie.

En 2001, il a à nouveau composé son trio avec Jaques Morelenbaum (violincello) et la chanteuse Paula Morelenbaum pour produire deux albums dédiés aux chefs-d'œuvre du compositeur de la bossa nova Antonio Carlos Jobim.

En 2005, il a composé les musiques pour les sonneries du téléphone Nokia 8800.

Il collabore avec Alva Noto avec lequel plusieurs productions voient le jour : Vriion, Insen ( 2005 ), Insen Live ( 2007 ), et Revep Ep ( 2006 ). Elles sont édités par Raster-Noton. Elles résultent d'expériences sonores entre le piano et la machine et ont donné lieu à un concert au Sonar 2006 de Barcelone dont le DVD Insen Live en a été tiré. Leur discographie commune constitue une nouvelle forme d'expérimentation entre le piano et les traitements.

Musiques de films

Il est surtout connu en occident pour ses musiques de films "Furyo" et "Le Dernier Empereur", films pour lesquels il n'a pas seulement composé la bande son mais aussi joué un des rôles principaux (notamment dans Furyo, avec le chanteur David Bowie.)


Sakamoto Ryuichi - Merry Christmas Mr. Lawrence (Live). Musique de Furyo


En plus de tout ce qui précède, je suis impressionnée de découvrir que tant de morceaux de musiques de films aimées sont de lui :


Le dernier empereur


* 1986 : Les Aventures de Chatran (Koneko monogatari) de Masanori Hata



* 1987 : Les Ailes d'Honnéamise (Oneamisu no Tsubasa) de Gainax
* 1990 : La Servante écarlate
* 1990 : Un thé au sahara (The Sheltering Sky) de Bernardo Bertolucci
* 1992 : Talons aiguilles (Tacones lejanos) de Pedro Almodóvar



* 1992 : Les Hauts de Hurlevent (Wuthering Heights) de Peter Kosminsky
* 1993 : Little Buddha de Bernardo Bertolucci



* 1993 : Wild Palms (série TV) d' Oliver Stone et John Maybury
* 1998 : Snake Eyes de Brian de Palma
* 1999 : Tabou (Gohatto) de Nagisa Ōshima
* 2002 : Femme fatale de Brian de Palma



* 2004 : Appleseed de Shinji Aramaki
* 2005 : Shining Boy and Little Randy
* 2006 : Babel d'Alejandro González Iñárritu



* 2007 : Silk de François Girard



Et encore quelques morceaux, pour le plaisir et d'actualité vu ce qu'il tombe ! :


RAIN






Enfin, dernière actualité de Sakamoto, toute fraîche du jour : Alva Noto & Ryuichi Sakamoto with Ensemble Modern

Ce n’est pas la première fois que Carsten Nicolai et Ryuichi Sakamoto collaborent ensemble mais cette fois-ci c’est pour une occasion toute particulière. Après avoir fait leur preuve avec Vrioon et Insen (auxquels on peut rajouter le ep Revep), le duo a été invité pour développer une performance audio-visuelle avec la participation de l’Ensemble Modern dans le cadre du 400ème anniversaire de la ville de Mannheim.

Outre une présentation classieuse, la présente édition propose, en plus de la version audio, un dvd contenant une représentation du concert donné pour l’occasion ainsi qu’un documentaire qui retrace le processus de création mené par les deux hommes.

UTP c’est donc la rencontre entre un duo réputé pour ses conceptions de musiques électroniques expérimentales et un ensemble contemporain connu pour ses nombreuses interprétations allant de Steve Reich à Frank Zappa en passant par des collaborations comme celles avec Fred Frith. Ici, les formes abstraites, minimales, étirées et brumeuses ont la faveur des musiciens. L’impression de suspension temporelle est en permanence présente sur le disque et on nous donne le sentiment d’une ballade dans une cité vidée de tous ses habitant et où seuls les ensembles urbains, dressés magistralement, nous font face, inquiétants et complexes.

UTP pour « utopia ». C’est ainsi qu’il faut comprendre le titre de ce disque. Cette combinaison de l’électronique et de l’acoustique reflète assez bien cet état d’esprit. On cherche à occuper l’espace de manière idéale et à lui donner une forme qui mettrait en évidence une certaine idée du beau.

UTP est une œuvre, certes, des plus cérébrale mais par son côté introspectif et monolothique il amène l’auditeur à s’y plonger profondément pour s’en imprégner totalement. C’est une immersion totale dans laquelle on vit au travers des nombreuses variations faites de drones, de glitch et de séquences acoustiques à évocations poétiques. Alva Noto, Sakamoto et l’Ensemble Modern fonctionnent ici en parfaite symbiose et parviennent à leurs fins sans faire appel à la facilité ou à des compositions inabordables. UTP rempli donc ses objectifs (si tant est qu’il en avait vraiment) en nous offrant un idéal musical en dehors des formes habituelles. (Source).



Plus de musique sur Deezer.
Source texte Wikipédia.

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13 octobre 2009

Impepe Yomlingo, Mozart dans les townships

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"La flûte enchantée" de Mozart jouée, après adaptation, par une troupe de musiciens sud-africains traditionnels avec les instruments de leur culture, ça donne un métissage époustouflant, comme je n'en avais pas entendu depuis Lambarena, un CD où des œuvres de Bach étaient jouées et accompagnées par des musiciens africains originaires de lieux qu'Albert Schweitzer a rendu mythiques.

Le spectacle s'appelle « Impempe Yomlingo » et il passe au Châtelet à Paris jusqu'au 18 octobre, après une interprétation traditionnelle de l'oeuvre de Mozart. Il a été créé en 2007 en Afrique du Sud, puis a été joué à Londres avec un gros succès.


En répétition


Voici ce qu'en dit Rue89 :

impepe02.jpgLa troupe se nomme Isango Portobello et rassemble trente trois musiciens, danseurs, chanteurs et choristes; plus un orchestre de douze marimbas et percussions africaines. Ils jouent sans partition. Le chœur et les chanteurs, excellents (ils ne sont absolument pas sonorisés) sont aussi de formidables acteurs, très drôles et d'une gaité communicative.

Les musiciens sont d'authentiques virtuoses, personne ne se prend au sérieux mais chacun est professionnel. Tout est réglé au millimètre près alors que l'ensemble donne une impression de naturel et de spontanéité. Deux heures de pure réjouissance.

Le livret a été adapté en anglais avec des passages en zoulou et swana, la représentation dure deux heures (au lieu de deux heures trente d'habitude). Résultat ? C'est bien du Mozart que l'on entend, pas à la lettre évidemment, mais dans l'esprit complètement.

Le choix de l'œuvre pour une telle transposition est très pertinent. Dans la tradition tsonga, la foudre est causée par des oiseaux que seule la musique d'une flûte peut empêcher de tout détruire. Chez Mozart, la flûte est aussi une métaphore des pouvoirs infinis de la musique.

L'article complet est ici : Impepe Yomlingo, Mozart joué sur marimbas;
Les photos proviennent également du site de Rue89.

28 septembre 2009

Goran Bregovic et Bruno Coulais.

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L'autre jour, il était question de nos musiques de films préférées. C'était rigolo de lire cette note, car je venais de revoir "Les Choristes" avec Gwladys et je voulais faire un article sur ces compositeurs de musiques de films qui m'enchantent, à savoir Bruno Coulais et Goran Bregovic.

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Commençons par Goran Bregovic aujourd'hui puisque nous sommes allées l'écouter hier soir lors de son passage au théâtre de Nîmes, accompagné de son orchestre pour mariages et enterrements.

C'était absolument grandiose ! Petit aperçu :



Donc hier, il était accompagné de 2 chanteuses bulgares et 6 musiciens. A neuf, ils ont enchanté la salle avec nombre de reprises de ses musiques de films. Le percussionniste et chanteur était absolument renversant. Bien que connaissant la plupart des morceaux, je n'avais jamais remarqué à ce point, la ressemblance frappante avec certains chants maghrébins.

J'ai découvert Goran Bregovic il y a de cela quelques années avec le film déjanté de Kusturica "Underground" (Palme d'or à Cannes 1995).

Un véritable coup de foudre pour la musique ! J'ai acheté la B.O. direct ! Enfin, non, on me l'a offerte ;-)

On y trouve le fameux morceau Kalasnjikov :



Une magnifique composition pour et interprétée par Cesaria Evora :



et bien d'autres trésors. C'est toujours une surprise pour moi d'entendre la musique souvent enthousiaste de Bregovic sur les images et histoires si dures de Kusturica.

Puis, il y a eu Le temps des Gitans (repris en opéra à la Bastille en 2007 ;-)). Ederlezi. Chant lancinant, tellement beau !!!



En voici les paroles :

Ederlezi

Same amala oro kelena
Oro kelena dive kerena
Sa o Roma
(Amaro dive
Amaro dive, Ederlezi
Ej... ah... )
Sa o Roma, babo, babo
Sa o Roma, o daje
Sa o Roma, babo, babo
Ej, Ederlezi
Sa o Roma, daje

Sa o Roma babo, E bakren cinen.
A me coro, dural besava.
A a daje, amaro dive.
Amaro dive erdelezi.
Ediwado babo, amenge bakro.
Sa o Roma, babo. E bakren cinen.
Eeee...j, Sa o Roma, babo babo, Sa o Roma daje.
Sa o Roma, babo babo, Erdelezi. Erdelezi, Sa o Roma Daje.
Eeee... Sa o Roma, babo babo, Sa o Roma daje. Sa o Roma, babo babo, Eeee...
Erdelezi, Erdelezi.
Sa o Roma Daje

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Et la traduction :

Tous les Rroms, papa, sacrifient les moutons
mais moi, pauvre tambour, je dois surveiller de loin

Tous les Rroms, maman, (c'est) notre jour de fête
Notre jour de fête, Ederlezi

Papa, un mouton pour nous.
Tous les Rroms, papa, sacrifient les moutons

Eeee...j / Tous les Rroms maman,
Tous les Rroms, papa, papa

Ederlezi, Ederlezi,
Tous les Rroms, maman.

Tous mes amis, dansent ensemble
Dansent ensemble, ils fêtent ce jour.

Tous mes amis, dansent ensemble
Dansent ensemble, la danse rrom.

Tous les Rroms, maman, (c'est) notre jour de fête
Notre jour de fête, Ederlezi

Tous les Rroms, maman, passent la journée dehors
Tandis que moi je reste à la maison



Et la petite histoire :

Ederlezi est le nom tsigane de la fête serbe de la Saint George. Elle est célébrée le 6 mai. La Saint Georges ne se fête pas de la même manière ni le même jour pour tous les Tsiganes. Le nom Ederlezi vient du turc Hidirellez, nom des vacances annonçant le début du printemps, se produisant environ 40 jours après l'équinoxe de printemps. Les slaves des Balkans y ont ajouté la dimension chrétienne du jour de la Saint George.

Hidrellez est un jour très important en Anatolie. Le mot lui-même est très significatif ; il est la combinaison des noms de deux prophètes : Hizir et Ilyas. Hidrellez signifie la renaissance de la nature et est aussi considéré comme le début de l'été.

Selon les croyances anatoliennes, Hizir et Ilyas seraient deux prophètes - et amis - qui auraient bu l'eau de l'immortalité. Ils se seraient fait la promesse de se revoir à nouveau chaque nuit du 5 mai, pour chaque année redonner vie à la nature.

* Hizir est le protecteur des plantes et des gens pauvres ; il apporte l'abondance partout où il va
* Ilyas est le protecteur des eaux et des animaux ; il redonne la santé partout où il va.

Les gens croient que les voeux formulés cette nuit là seront honorés ; que les malades seront soignés, et que ce sera la fin des malchances... Il y a également de nombreux rituels : certains mettent une pièce dans un tissus rouge et l'accrochent à une rose. Au matin, cet argent est remis dans le porte-monnaie, et est sensé apporter l'abondance.

Aujourd'hui, ce jour est surtout connu comme l'occasion de faire des grands picnics dans la nature... (Source Tous aux Balkans)

Voir aussi http://centraleasteurope.bbfr.net/tziganes-du-monde-f13/coutumes-roms-t191-90.htm

Pour en savoir plus sur le musicien et compositeur de "Le Temps des Gitans", "Arizona Dream", "La reine Margot", "Underground", "Le Lièvre de Vatanen", "Tuvalu", "Toxic affair" et rock-star en Yougoslavie avec son groupe Bijelo dugme : lire Wikipédia.



Enfin, pour le plaisir des yeux : plein de photos géniales de concert.

Et Bruno Coulais dans tout ça ? Bruno Coulais, c'est là ;-)

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03 juin 2009

Don Giovanni à Rennes

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J'en ai parlé sur la note de Miss "Tous à l'opéra", c'était hier à Rennes : Don Giovanni de Mozart, retransmis sur grand écran devant l'Opéra. En revanche, ce que j'ignorais, c'est que l'œuvre était diffusée simultanément dans 39 pays ! Si c'est pas une vraie volonté de rendre vraiment l'Opéra accessible à tous ça ! Trop bien ! (Merci Sylvia pour l'info ;-))

L'Opéra de Rennes propose, en partenariat avec de nombreux partenaires dont l'université Rennes 2 qui réalisera un "making of" du projet, Don Giovanni, le chef d'œuvre de Mozart en direct de l'Opéra, sur grand écran place de la Mairie, mardi 2 juin 2009 à 20h.

Dans le cadre de sa politique d'ouverture au plus grand nombre, l'Opéra de Rennes mène une expérience totalement inédite en France avec la retransmission en direct et en plein air, sur la Place de la Mairie de Rennes du chef d'œuvre de Mozart : Don Giovanni.

Programmé à l'Opéra, cet événement est assorti d'une première mondiale avec la diffusion en simultanée de l'œuvre en 3D et son spatialisé HOA dans les salons de l'Hôtel de ville de Rennes, ainsi qu'à Paris à la Géode et à Brest à la Carène avec le soutien d'Orange et du Pôle de compétitivité Images & Réseaux.


CREA / Université Rennes 2 : un Making of pour rendre compte au plus grand nombre des enjeux technologiques

Membre du Pôle de compétitivité Images & Réseaux, partenaire à plusieurs reprises de France Télécom - Orange Labs sur des opérations centrées sur le son multicanal, partenaire également de Radio France dans le domaine de la formation au sein de la licence professionnelle CIAN (Convergence Internet Audiovisuel Numérique), l'Université Rennes 2 mobilisera les compétences artistiques et son savoir- faire en ingénierie au service de ce projet exceptionnel.

La programmation de Don Giovanni, le chef d'oeuvre de Wolfgang Amadeus Mozart, à l'Opéra de Rennes sera l'occasion d'une expérience rare : juxtaposer une représentation d'opéra et sa retransmission en direct en de multiples lieux par l'utilisation des technologies les plus avancées dans les domaines du son et de l'image .

En se plaçant au cœur de cet évènement inédit, les équipes du Centre de Ressources et d'Etudes Audiovisuel (CREA) de l'Université Rennes 2 se proposent de rendre compte au plus grand nombre, des enjeux technologiques d'une étonnante convergence entre culture artistique et culture scientifique. La Haute Définition, la troisième dimension et la spatialisation des sons modifient radicalement le rapport entre l'écran et le spectateur en projetant la perception et l'écoute dans l'action dramatique.

Ce film témoignage à la croisée du documentaire scientifique et du "Making Of" profitera de la mise en œuvre de ces dispositifs technologiques complexes pour dialoguer avec l'ensemble des acteurs, ingénieurs et artistes, afin de mettre en évidence le positionnement de la Bretagne à l'avant garde des réalisations audiovisuelles haut de gamme.

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Don Giovanni, un événement populaire

Pour la première fois, l'Opéra de Rennes se projette dans sa ville, en diffusant l'un de ses spectacles sur un grand écran posé en plein cœur de l'espace urbain, place de l'Hôtel de Ville, mais aussi dans des lieux de convivialité de Rennes. A l'autre bout de la région, Don Giovanni sera également diffusé à Brest.

Pour la première fois, un classique de l'opéra est diffusé en live en trois dimensions et dans une réalisation sonore spatialisée sans précédent, grâce aux innovations du groupe France Télécom - Orange et de Radio France, à l'intérieur de l'Hôtel de Ville de Rennes, sonorisé par Cabasse, mais aussi à la Géode et à la Carène à Brest.

Pour la première fois, Don Giovanni, le chef d'œuvre de Mozart, s'invite dans 39 pays d'Europe grâce à la chaîne Mezzo, en même temps que sur les chaînes locales de Rennes et du Grand Ouest, avec TV Rennes 35 et les chaînes locales du GIE Grand Ouest Télévisions. Il sera également présent sur les ondes de France Bleu Armorique et dès le lendemain sur France Musique.com.

Pour la première fois, les mondes de l'opéra et de l'audiovisuel s'unissent à celui des nouvelles technologies, avec à sa tête le pôle de compétitivité Images et Réseaux, pour réaliser un événement qui touchera plusieurs millions de spectateurs dans l'Europe entière.

(Source Université de Rennes 2)

Extrait vidéo

Dossier de presse

Infos sur Mezzo

Une séance en 3D est organisée le 22 juin au cinéma de Cesson-Sévigné. Réservation à partir du 3 juin à la billetterie de l'Opéra.

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10 mai 2009

De gammes et d'âmes

Encore une bien belle journée que celle d' hier. En fait, la plupart de nos journées sont belles. Il en faut vraiment beaucoup - et du sérieux - pour que ce ne soit pas le cas.

1772696082.jpgAprès un réveil tardif (vers 10h30, ce qui est tard pour moi), j'ai mis les dernières retouches à mon chapitre 11. Même si l'autosatisfaction est quelque chose dont je me méfie, je vais me risquer à dire que ces nouvelles pages marquent un pas en avant dans mon écriture. Je veux parler, plus exactement, de la façon dont j'ai décrit l'évolution graduelle des sentiments de Tony. Il s'agit d'un Rom vivant aux Saintes Maries. Il s'inspire en partie du personnage joué par Tchavolo Schmitt dans Swing, le film de Tony Gatlif. Il est l'un des deux protagonistes principaux de La veuve obscure avec Delia, jeune femme autour de qui tourne toute l'intrigue, dont je ne dirai pas beaucoup plus pour le moment. J'ai l'impression que je n'ai jamais su auparavant dépeindre aussi bien l'âme d'un homme, imprégné par l'histoire de son peuple, dont la générosité de coeur n'empêche pas les faiblesses et les zones d'ombre comme on en a tous. Empêtré dans ses sentiments et ses peurs, il se retrouve en position d'être le seul espoir de la jeune femme sur qui pèse une menace effrayante. Il n'a rien d'un héros et il va devoir se comporter comme tel.

En tout cas, il me tarde de connaître la suite de mon livre ! Ben oui, je suis la première personne à le lire et ne sais pas encore comment ça va tourner, tout ça, puisque j'écris au fur et à mesure que les idées surgissent, sans plan pré-établi. Mais c'est aussi ce qui permet de laisser l'intrigue se développer sans qu'aucun indice ne laisse au lecteur la possibilité d'imaginer la suite - puisque moi-même je l'ignore au moment où j'écris la scène en cours.

Bon, je ne veux pas dire par là que je trouve mon niveau d'écriture renversant, bien sûr, mais je crois avoir réussi à rendre vrai un personnage complexe tel que je n'aurais jamais su le faire dans mes premiers livres. Mon sentiment est que je dois cela, très banalement, à mon expérience qui se renforce avec le temps. J'en faisais part à Anti hier matin : d'une certaine manière, le blog lui-même y contribue par le fait que j'écris tous les jours un mot d'accueil, ce que je compare à un musicien qui fait des gammes pour assoir sa technique.

A propos de gammes, de toutes les façons de montrer les âmes mais aussi de les transporter, la musique est certainement l'une des plus puissantes et l'une des plus ancestrales. Ne parle-t-on pas d'harmonie pour qualifier un paysage superbe ou une relation humaine heureuse ? Comme pour prolonger cette réflexion, Anti m'a fait découvrir le DVD d'une superbe interprétation de La Traviata, dont la mise en scène est géniale et les chanteurs, Anna Netrebko et Rolando Villazon, tout simplement magnifiques. Elle en a mis un extrait dans son premier commentaire sur Tous à l'Opéra. Le revoici ici :



L'après-midi a été agréablement animée par le film Incognito et la soirée s'est poursuivie en musique, toujours avec La Traviata que nous n'avions pas eu le temps de voir en entier dans la matinée.

Très belle journée à tous


La photo de Tchavolo Schmitt vient de l'une de ses affiches, trouvée sur le web

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