01 mai 2011

Forain au Petit Palais

Vous connaissez Jean-Louis Forain ?

Je découvre l'artiste et son travail à l’occasion de la rétrospective que lui consacre le Petit Palais et j’aime beaucoup ce trait acéré, que je trouve très moderne et parfois même proche des comics américains (l’affiche de l’exposition est très parlante), et qui rencontre au fil de ses toiles et croquis la douceur impressionniste.






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Présentation de l’exposition extraite du Figaro :


Jean-Louis Forain, un Zorro du crayon au Petit Palais


Première rétrospective de ce peintre incisif
qui fut également caricaturiste au Figaro
au tournant du XXe siècle.



Jean-Louis Forain pousse le trait, pourfend l'injustice, sabre la bêtise satisfaite du plus fort. Il a l'humeur féroce et l'œil à l'affût.

C'est une sorte de Zorro du crayon et du pinceau.

S'il finit à l'Institut, un peu raide dans son habit vert, tandis que Picasso débutant s'entraîne à imiter le «f» bouclé de sa signature, ses débuts sentent le Gavroche.

Fils de peintre en bâtiment, il copie les maîtres du Louvre, ambitionnant les beaux-arts plutôt que les enseignes.






« Devant le décor »
(Source)




Carpeaux le remarque et le prend comme apprenti. Son art de dessinateur, dans les nus, se souviendra des coups de ciseaux dans le marbre.

Une sculpture est endommagée. Carpeaux, féroce dans la colère, promet la porte au coupable.

Forain se dénonce pour sauver un camarade chargé de famille.

Sur le pavé, il cherche la protection d'André Gil, rencontre Verlaine dont il illustre les poèmes et Rimbaud avec qui il partage une chambre «pleine de jours sales et de bruits d'araignée».

Huysmans, son ami le plus proche, le décrit comme «le plus jeune et le plus incisif des impressionnistes».




L'intégralité de l’article du Figaro est ici.




(Source)




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A lire aussi :

L’interview donnée à Connaissances des Arts
par Florence Valdès-Forain,
descendante de Jean-Louis Forain (1852-1931),
et l’une des trois commissaires de l’exposition du Petit Palais



Derrière l’illustrateur acerbe, mondialement connu, perce un vrai peintre, compagnon de route des impressionnistes. […]

Forain a connu la gloire comme illustrateur de journaux. Mais l'artiste que vous montrez au Petit Palais apparaît plus riche et divers.

Le propos de l'exposition est précisément de montrer que par-delà le caricaturiste, il y a un très grand artiste.

Nous l'avons intitulée « La Comédie parisienne ».

C'est le titre du premier de ses recueils, publié en 1892, qui réunit deux cent cinquante dessins de presse.

Il faisait rire les Parisiens, se moquait du bourgeois.





« Au tribunal »
(Source)



Forain peintre est avant tout un peintre de moeurs, il montre les dessous de la société,
d'abord en humoriste, puis en moraliste de plus en plus virulent.

L'exposition se déroule en douze salles montrant l'évolution de son style.

A 27 ans, il participait à la quatrième exposition impressionniste et fut présent à toutes les autres. […]







Très belle exposition à tous !


Miss You

30 octobre 2010

De Nittis au Petit Palais

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© Barletta, Pinacoteca Giuseppe De Nittis





Le Petit Palais à Paris rend hommage au peintre italien Giuseppe De Nittis.

De la nostalgie inspirée par ses Pouilles natales,
aux champs de courses et scènes parisiennes,
Dominique Morel, conservateur en chef,
présente l'élégante modernité de cette oeuvre,
trop longtemps ignorée des Français.

Jusqu'au 16 janvier 2011.



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Autoportrait

À l'apogée de sa carrière, peu de temps avant que la maladie ne l'emporte, à 38 ans,
il pose dans le salon de son hôtel de la rue Viète à Paris,
où il s'est installé avec son épouse Léontine Gruvelle et leur fils en 1880.
© Barletta, Pinacoteca Giuseppe De Nittis

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« Le train qui passe »

De Nittis fonde à Naples, en 1863, l'école de Resina.
En réaction contre la peinture d'histoire, il propose une peinture de paysage,
dépourvue de toute anecdote.

Pour seules structures de ce tableau,
la mélancolie du paysage et le panache de fumée.
© Barletta, Pinacoteca Giuseppe De Nittis

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« Le long de l'Ofanto »

La composition des paysages est souvent panoramique ;
ciel, eau et terre sont peints en étroites bandes parallèles.

Plusieurs études de ciels témoignent du goût de l'artiste
pour les phénomènes atmosphériques et sa sensibilité à restituer l'impalpable.
© Barletta, Pinacoteca Giuseppe De Nittis

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« Pont sur la Seine »

Au Salon de 1876, il expose une vue de la place des Pyramides,
qui plaît beaucoup à Émile Zola. Il y note les transformations du Paris moderne
sans omettre les échafaudages ou les chantiers consécutifs aux destructions
de la Commune et de la guerre de 1870.
© Barletta, Pinacoteca Giuseppe De Nittis

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« Le kimono couleur orange »

Aux côtés d'Edmond de Goncourt et du critique Philippe Burty,
De Nittis devient un amateur passionné d'art japonais.

Ce goût, partagé avec d'autres artistes comme Degas et Manet,
se retrouve dans plusieurs de ses oeuvres.
© Collection particulière

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« La National Gallery à Londres »

À partir de 1873, il effectue des séjours réguliers à Londres,
où il peint l'animation de Westminster, Trafalgar Square et Piccadilly,
avec un grand souci du détail et de réalisme.

Pour le banquier Kay Knowles,
il réalisera une série de paysages influencés par Turner.
© Petit Palais/Roger Viollet

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« Aux courses d'Auteuil, sur la chaise »

Les champs de courses d'Auteuil et de Longchamp deviennent
un des thèmes favoris de De Nittis.

Incomparable interprète des modes féminines,
il a l'occasion, dans ces hauts lieux de sociabilité,
de croquer les élégantes silhouettes parisiennes.
© Barletta, Pinacoteca Giuseppe De Nittis

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« Le salon de la princesse Mathilde »

Par l'intermédiaire de son grand ami Edmond de Goncourt,
le peintre fait la connaissance de la princesse Mathilde,
nièce de Napoléon Ier, qui reçoit dans son célèbre salon de la rue de Berri
écrivains, artistes et musiciens en vogue.
© Barletta, Pinacoteca Giuseppe De Nittis

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« Déjeuner au jardin »

Sur ce tableau, qui fait partie de ses derniers,
De Nittis représente sa femme et son fils en train de déjeuner.

Comme un clin d'oeil, le rond de serviette
posé sur la nappe blanche à droite de l'assiette
évoque discrètement l'artiste absent.
© Barletta, Pinacoteca Giuseppe De Nittis





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Diaporama signé Le Point.fr


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Le site du Musée du Petit Palais


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L’avis de Cosmo sur l’expo


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Et, si vous allez au Petit Palais,
n’hésitez pas à admirer aussi l’expo
« Pierre et Alexandra Boulat » pour RSF
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Belles visites les Vous !

Miss You

22 janvier 2010

William Blake, the Mad Man.

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Hier soir, Kathy nous a montré un très beau livre de Osbert Burdett (Critique d'art, spécialiste de l'art britannique de la fin du XIXe siècle) sur William Blake :

Figure majeure du mouvement romantique, le britannique William Blake (1757-1827) fut à la fois peintre, dessinateur, graveur et poète.

L'artiste s'attachant à illustrer lui-même son Œuvre littéraire, les textes de Blake se développent suivant les lignes de ses gravures et dessins hallucinés, et deviennent, dès lors, de véritables enluminures. Inspiré des thèmes bibliques et prophétiques (Proverbes de l'Enfer, L'Evangile éternel, Les Portes du Paradis, etc.), l'art de Blake mélange subtilement la modernité de son époque et de la révolution romantique au classicisme des thèmes qu'il explore.

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" To see a world in a grain of sand, And heaven in a wild flower,
Hold infinity in the palm of your hand, And eternity in an hour."

Voir le monde dans un grain de sable, Et le Paradis dans une fleur sauvage,
Tenir l'infini dans la paume de vos mains, Et l'éternité dans une heure.

(Source)


Doté d'un imaginaire et d'une originalité sans égal, l'artiste joua de la diversité des médiums afin d'extérioriser, au mieux, les démons qui le hantaient et de plonger, ainsi, le spectateur ou le lecteur dans une profonde mélancolie. C'est toute la vie et l'art de cet artiste incontournable, qu'Osbert Burdett met en lumière au fil des pages de cette monographie.


Magnifique ouvrage qui rappelle The Red Book de C.G. Jung...

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et l'exposition qui s'est tenue au Petit Palais l'an dernier :




William Blake peintre – poète – visionnaire, un article de Catherine de Bourgoing pour Canal Académie.


Blake exprime l’inspiration hallucinée propre au romantisme anglais. A la fois peintre et poète, Blake était graveur de formation, ce qui lui permettait de gagner sa vie en gravant les créations d’autres artistes, le plus souvent pour des livres illustrés.

La poésie onirique des images, comme sa palette résolument neuve, cristallisent les éblouissements d’un œil visionnaire. A l’instar de Newton, l’une de ses plus célèbres compositions, Blake inscrit l’homme dans un cercle céleste au milieu des nuées, le mesure et se mesure à l’univers cosmique à l’aune d’un compas.

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Newton, vers 1795. Estampe en couleur rehaussée à l’aquarelle © Philadelphia Museum of Art


Intransigeant, excentrique, solitaire, Blake proclame avec éclat son exaltation passionnée : L’inspiration et la vision étaient, sont et seront toujours, j’espère, mon Elément, mon Refuge éternel (W. Blake).

En compagnie de Catherine de Bourgoing, nous suivons les grandes étapes de la vie de l’artiste, depuis ses premières années d’éveil jusqu’à son grand âge.

Qui est William Blake, un poète, un peintre, un graveur, un ésotérique, un mystique ? Sans doute, tout cela à la fois.

Les années d’apprentissage

A quatorze ans, Blake devient apprenti dans l’atelier du graveur et éditeur James Basire (1730-1802), ce qui va déterminer sa future carrière de poète et d’artiste. Suite à une importante commande, Basire confia à Blake un premier travail essentiel pour la formation de jeune graveur : il devait reproduire des monuments funéraires à l’Abbaye de Westminster et découvre le « gothic revival ».

Premières visions / Premiers poèmes

1769-70 : Premières visions hallucinées du jeune homme doté d’une grande sensibilité reigieuse. Dès l’âge de douze ans, Blake écrit ses premiers poèmes, dans le goût elisabéthain de l’époque. Il dessine des personnages historiques ou réinventés tels qu’ils lui apparaissent. Par ex. Fantôme d’une puce.

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Fantôme de puce, en pied, vers 1819-1825 © David Clarke, Londres


L’eau-forte en relief et les livres enluminés

1789 : Son frère préféré Robert, mort de tuberculose, lui dicte en songe une nouvelle technique d’eau-forte en relief qui permet de publier ses poèmes illustrés de ses dessins, sans recourir à la typographie.

1791 : L’éditeur Johnson lui assurant une source régulière de revenus comme graveur d’interprétation, Blake peut concentrer ses efforts sur ses livres enluminés. Dans l’atelier de Johnson, Blake rencontre des libres penseurs qui partagent les idées de la révolution française.

1789-1793 : Premiers poèmes « enluminés » à la manière de manuscrits médiévaux : Les Chants d’Innocence… destinés aux enfants, suivis des Chants d’Expérience en 1793.

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Les chants d’Innocence, Frontispice, 1789. Eau-forte en relief et aquarelle, The Wormsley Library, © The Wormsley Library, Grande-Bretagne


Blake l’idéaliste - Premiers livres enluminés prophétiques :

Avec Le Livre de Thel, 1789 ; Le Mariage du Ciel et de l’Enfer, 1790-93 ; Les Visions des Filles d’Albion, 1793 ; Amérique, Prophétie, 1793 ; Europe, Prophétie, 1794, Blake inaugure une série de recueils « prophétiques » allégoriques qui démontrent que l’histoire depuis la création n’est qu’une longue lutte entre la liberté et la tyrannie.

C’est par les révolutions et par le souffle vital de la poésie que l’homme se libérera de la malédiction engendrée par la chute d’Adam, avec ses guerres, ses oppressions religieuses, l’esclavage, le travail des enfants, l’oppression des femmes…

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Le Petit Nègre (Les chants d’innocence), 1789 © The Fitzwilliam Museum, University of Cambridge


La série des douze grandes estampes

A partir de 1795, Blake produit douze grandes estampes en couleur qui sont aujourd’hui parmi ses plus célèbres Newton, Pity, Hécate….

Il adopte une technique complexe et rehausse ses épreuves avec des pigments liés en une matière colorante épaisse à de la colle animale, mêlée de céruse et de craie. Il cherche à réinventer la fresque de la Renaissance et intitule sa technique « fresque portative ».

1804 : Début de Milton, un Poème (poème enluminé terminé vers 1808) et Jerusalem.

1805 : Commande d’aquarelles pour illustrer le poème de Robert Blair La Tombe : dont La mort du mauvais homme, long poème méditatif sur la mort devenu très populaire au début du XIXe siècle (acquise en 2006 par le Louvre).

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La Mort du mauvais homme fort, 1805.
Plume, encre noire, aquarelle, musée du Louvre, don de la société des Amis du Louvre, 2006, © RMN/Thierry le Mage


Les vingt dernières années, Blake jouit d’une certaine reconnaissance. L’artiste John Linnell (1792-1837) sera un important soutien et commanditaire. Grâce à lui, Blake s’entourera de jeunes peintres, dont Samuel Palmer, George Richmond et Edward Calvert qui formeront le groupe « The Ancients » et considèreront Blake comme leur mentor.

12 août 1827 Blake meurt chez lui à Londres. Il est enterré comme il l’avait souhaité selon le rite anglican. John Constable se préoccupe du sort de Catherine Blake qui devient la gouvernante de Linnell. Elle meurt en 1831 après s’être attachée avec discernement à défendre l’œuvre de son mari. 1863 : La première biographie de William Blake, signée par Alexander Gilchrist, impose la réputation de Blake.

- Catalogue de l’exposition.



A lire aussi, un article du Figaro : William Blake, poète ivre d'eaux-fortes et d'aquarelles.

Petites pensées en plus :

Quand je lis "À l'âge de 3 ans, William Blake (1757-1827) voit un arbre entouré d'anges. Des hallucinations ? Certains le disent, pas lui. Elles lui dicteront des techniques très personnelles d'impression à l'eau-forte (en relief, avec textes gravés en miroir)", je pense à Séraphine, elle aussi, guidée par les anges...

Blake, comme Gustave Doré, a illustré La Divine Comédie de Dante.


« Si les portes de la perception étaient nettoyées, chaque chose apparaîtrait à l'homme comme elle est, infinie. »


« If the doors of perception were cleansed everything would appear to man as it is, infinite. » est une phrase de William Blake tirée de Le Mariage du ciel et de l'enfer.

Cette formule a inspiré le choix du nom de l'essai d'Aldous Huxley, Les Portes de la perception, qui lui-même a inspiré le nom du groupe de rock The Doors.

THE END


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28 juin 2009

Le Petit Palais et le Patrimoine Mondial de l'Humanité.

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La barrière de corail calédonienne est une des plus grandes du monde. Depuis le 7 juillet 2008, 15 000 km de cet édifice sont classés au patrimoine Mondial de l'Unesco. Une preuve que les coraux sont devenus des monuments à protéger à tout prix, à l'heure où la planète chauffe de plus en plus. © Pierre-Alain Pantz


Le patrimoine mondial c'est 885 biens constituant le patrimoine culturel et naturel que le Comité du patrimoine mondial considère comme ayant une valeur universelle exceptionnelle.

Cette Liste comprend 684 biens culturels, 176 naturels et 25 mixtes répartis dans 148 Etats parties. Depuis avril 2009, 186 États parties ont ratifié la Convention du patrimoine mondial.

Voici ce que l'on peut lire sur le site internet de l'UNESCO :

Notre patrimoine mondial

Le patrimoine est l’héritage du passé dont nous profitons aujourd’hui et que nous transmettons aux générations à venir. Nos patrimoines culturel et naturel sont deux sources irremplaçables de vie et d’inspiration. Des lieux aussi extraordinaires et divers que les étendues sauvages du parc national de Serengeti en Afrique orientale, les Pyramides d’Egypte, la Grande Barrière d’Australie et les cathédrales baroques d’Amérique latine constituent le patrimoine de notre monde.

Ce qui rend exceptionnel le concept de patrimoine mondial est son application universelle. Les sites du patrimoine mondial appartiennent à tous les peuples du monde, sans tenir compte du territoire sur lequel ils sont situés.

564017768.jpg L’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) encourage l’identification, la protection et la préservation du patrimoine culturel et naturel à travers le monde considéré comme ayant une valeur exceptionnelle pour l’humanité. Cela fait l’objet d’un traité international intitulé Convention concernant la protection du patrimoine mondial, culturel et naturel, adopté par l’UNESCO en 1972.


La mission de l'UNESCO en faveur du patrimoine mondial consiste à :

* encourager les pays à signer la Convention du patrimoine mondial et à assurer la protection de leur patrimoine naturel et culturel;
* encourager les Etats parties à la Convention à proposer des sites sur leur territoire national pour inscription sur la Liste du patrimoine mondial;
* encourager les Etats parties à élaborer des plans de gestion et à mettre en place des systèmes de soumission de rapports sur l'état de conservation des sites du patrimoine mondial;
* aider les Etats parties à sauvegarder les sites du patrimoine mondial en leur fournissant une assistance technique et une formation professionnelle;
* fournir une assistance d'urgence aux sites du patrimoine mondial en cas de danger immédiat;
* appuyer les activités menées par les Etats parties pour sensibiliser le public à la préservation du patrimoine mondial;
* encourager la participation des populations locales à la préservation de leur patrimoine culturel et naturel;
* encourager la coopération internationale dans le domaine de la conservation du patrimoine culturel et naturel du monde.

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Ce que l'on sait moins, c'est qu'à l'origine de tout ça, il y a une exposition qui a eu lieu au Petit Palais. En 1967, l'égyptologue Christiane Desroches Noblecourt monte l'expostion "Les trésors de Toutankhamon", dans le but d'aider au sauvetage des temples de Nubie, dont le Temples d'Abou Simbel, menacés de disparition par la mise en place du Haut barrage d'Assouan.

Le concept de « patrimoine de l'humanité » émerge alors.

Voici ce qu'on trouve comme information sur Wikipédia :

1027505.jpeg Sauvetage des monuments de Nubie

La construction du nouveau barrage d'Assouan allait devenir la grande affaire de sa vie. Le premier barrage, inauguré en 1902, dont la capacité d’un milliard de mètres cubes s'était avérée insuffisante, avait été rehaussé en 1912, puis en 1934. Pierre Loti s’en était ému : « la plupart des temples antiques de la Nubie seront aussi dans l’eau [...] Mais cela permettra de faire de si productives plantations de coton ! ». La capacité du barrage ne suffisant pas aux besoins d’une population toujours plus nombreuse, le gouvernement dirigé par Gamal Abdel Nasser décide en 1954 d’édifier un barrage d’une capacité de 157 milliards de mètres cubes, long de 500 kilomètres et qui recouvrira même des terres au Soudan. C’est un projet « pharaonique ».

Cette fois, ces monuments vont purement et simplement être engloutis et perdus à tout jamais, parmi lesquels les temples d’Abou Simbel. L’Unesco demande aussitôt à Christiane Desroches Noblecourt, conservateur des Antiquités égyptiennes du Louvre, héritière donc de Jean-François Champollion, d’établir un inventaire de tous les monuments menacés. En second, il faudra trouver les fonds nécessaires à une aussi colossale entreprise.

Le 8 mars 1960, Christiane Desroches Noblecourt, en compagnie de Sarwat Okasha, le ministre égyptien de la culture, lance un appel solennel à la solidarité mondiale depuis la tribune de l’UNESCO. En plus des quatorze temples qu’il faut déplacer, il s’agit de procéder à des fouilles de toute urgence, sur des sites qui seront recouverts par des dizaines de mètres d’eau et qui n’ont été que très peu étudiés en détail.

André Malraux, alors ministre d’État des Affaires culturelles, intervient rapidement :

« Le pouvoir qui en fit surgir les colosses aujourd'hui menacés, les chefs-d'œuvre du musée du Caire,
nous parle d'une voix aussi haute que celle des maîtres de Chartres, que celle de Rembrandt.

Votre appel n'appartient pas à l'histoire de l'esprit parce qu'il vous faut sauver les temples de Nubie, mais parce qu'avec lui, la première civilisation mondiale revendique publiquement l’art mondial comme son indivisible héritage.

Il n'est qu'un acte sur lequel ne prévalent ni l'indifférence des constellations ni le murmure éternel des fleuves :
c'est l'acte par lequel l'homme arrache quelque chose à la mort. »




En pleine guerre froide, cinquante pays vont contribuer à sauver ces monuments qu’on classe au patrimoine de l’humanité, car ils font partie de l’héritage de toutes les nations. Philaé, Kalabcha, Ouadi es-Séboua, Dakké, Derr et d'autres sites sont déplacés, dont les plus médiatiques sont les temples d'Abou Simbel.

Le temple d'Amada est un cas plus délicat à cause des reliefs miniatures et bien peints. Le découper en blocs est irréalisable, car les peintures n’auraient pas résisté. Voyant que tous acceptent l'idée de voir ce temple englouti par les eaux limoneuses du lac Nasser, Christiane Desroches Noblecourt s’écrie : « La France le sauve ! ».

Elle demande à deux architectes de lui proposer une méthode pour déplacer le temple en un seul bloc. Ceux-ci pensent qu’il faut mettre le temple en précontrainte, le déposer sur des rails, le transporter par piston à quelques kilomètres de là, en un lieu plus haut de soixante mètres. Avoir une idée est une chose ; s’en donner les moyens en est une autre.

À cet effet, Christiane Desroches Noblecourt demande une entrevue avec Charles de Gaulle, qui ignore l’engagement qu’a pris l’égyptologue au nom de son pays. Lorsqu’il l’apprend, il se raidit : « Comment, madame, avez-vous osé dire que la France sauverait le temple, sans avoir été habilitée par mon gouvernement ? ».

Décontenancée, le conservateur ne trouve son salut que dans l’attaque : « Comment, Général, avez-vous osé envoyer un appel à la radio, alors que vous n’aviez pas été habilité par Pétain ? »

Le général sourit et le temple d’Amada est sauvé par la France, comme le conservateur du département égyptien du Louvre s’y était engagée.

Il faudra vingt ans pour mener à bien ces sauvetages, et ces vastes chantiers peuvent être qualifiés de pharaoniques par leur démesure, et l’inscription du petit temple de Néfertari s’y applique à merveille : « Jamais pareille chose ne fut faite auparavant ».

Le sauvetage des monuments de Nubie va avoir des conséquences inattendues. La première est une amélioration des rapports franco-égyptiens, après la désastreuse intervention du Canal de Suez, qui se traduit en 1967, par l’organisation d’une exposition Toutânkhamon au Louvre, avec 1 240 000 visiteurs, ce qui constitue alors un record jusqu’en 1993.

En 1976, suivra l’exposition Ramsès II à Paris (1 200 000 visiteurs), accompagnée du sauvetage de la momie du plus connu de tous les pharaons, et celle d'Amenhotep III, en 1993, beaucoup moins fréquentée, ce qui est injuste pour ce glorieux souverain, victime d’une moins grande médiatisation.

Enfin, dernière conséquence pour le Louvre, le gouvernement d'Anouar el-Sadate, qui a succédé à Nasser, décédé deux ans plus tôt, en remerciement de sa contribution au sauvetage des monuments de Nubie, offre le buste d'Amenhotep IV, plus connu sous le nom d’Akhénaton.

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Sources Wikipédia, Unesco. Les trésors de Toutankhamon. Photo Récif Corallien. Photo Pyramides Ramses. Photo Petit Palais, Wikipédia. Photo et biographie de Christiane Desroches Noblecourt. Buste d'Amenhotep IV, Wikipédia.

Ailleurs sur le blog sur certains sites du Patrimoine Mondial :
Persépolis., Îles Lofoten, palais de l’Alhambra,
Le corail,
L'île aux musées de Berlin, Le Cirque de Gavarnie.

Sur l'Égypte :
Bonaparte et l'Egypte. Feu et Lumières., Les portes du ciel au Louvre, Un musée sous la mer, Au pays des pharaons noirs , L'oeil d'Amenophis III, Coup de coeur à Djeser Djeserou, Les enfants de Toutankhamon,
Auguste & Agrippa (Nîmes et l'Egypte)
, Ouroboros, Michel Rauscher en Egypte, Imhotep.

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A écouter absolument, l'émission de la Grande Loge de France de Mai 2005 : "Christiane Desroches-Noblecourt à propos de son dernier ouvrage le « Fabuleux héritage de l’Égypte »." (Livre dont je reparlerai puisque Kathy me l'a gentiment prêté dernièrement ;-))

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10 mai 2009

Trésors cachés du Mont Athos

Pour les amoureux de la Grèce, pour les lecteurs de l’Oracle della luna, pour les amateurs de l’art religieux, pour en savoir un peu plus sur ce monde qui nous entoure, pour le plaisir des yeux…


Le Mont Athos et l'Empire byzantin,
Trésors de la Sainte montagne
au Petit Palais
Jusqu’au 5 juillet 2009


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Pour la première fois, un ensemble considérable des trésors du Mont Athos (icônes, peintures, objets...) est présenté au public en dehors de la Grèce.

Et pour un bon nombre d'oeuvres, pour la première fois, en dehors du Mont Athos !

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Il s’agit d’une exposition exceptionnelle qui satisfera enfin la légitime curiosité des visiteurs à l’égard des richesses de ces sanctuaires inaccessibles.

Le Mont Athos est un endroit mystérieux. En une magnifique péninsule s’avançant dans la mer Egée, il abrite depuis plus d’un millénaire des moines orthodoxes épris de silence et d’isolement par rapport aux agitations du monde.

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Si de rares visiteurs masculins ont le privilège d’être accueillis en sa vingtaine de monastères, aucune femme ne peut s’y rendre.

A travers les siècles, de nombreux trésors historiques, artistiques et spirituels s’y sont accumulés depuis les chartes jusqu’aux icônes, en passant par les pièces d’orfèvrerie et les manuscrits enluminés.



Diaporama de l'exposition





Autour de la visite, un joli programme


Pour les adultes

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Une journée dans l’univers de l’icône

Présentation de la collection d’icônes du Petit Palais. Grâce à la donation de Roger Cabal, le Petit Palais possède actuellement le plus important fonds public français d’icônes. Nées de la tradition orthodoxe et datées du XVe au XVIIIe siècle, ces icônes sont grecques ou russes. La présentation de cette collection sera complétée par la visite exceptionnelle de l’atelier de peinture d’icônes installé au Petit Palais et mis en œuvre par l’association Paris-Ateliers. A partir de l’observation des travaux en cours, le professeur abordera la technique de l’icône et répondra à vos questions.


Visite littéraire : Voyage en terre secrète

L’inaccessible Mont Athos et les trésors sacrés que renferment ses monastères ont toujours fasciné. Quelques rares voyageurs et savants admis sur cette terre secrète ont livré de vibrants récits de leur voyage ou des découvertes incomparables d’œuvres et de manuscrits qu’ils y ont faits.


Pour les enfants

Mille couleurs pour une image

Les enfants s’inspirent des manuscrits enluminés présentés dans l’exposition pour créer leur propre illustration en couleur à la gouache.

En jaune et or
Au regard des peintures anciennes (icônes) présentées dans l’exposition, les enfants s’initient à la peinture à l’œuf.


Pour les sourds et malentendants

Possibilité d'une visite en lecture labiale


Plus sur le site du Musée



L’art au Mont Athos




Les anciens manuscrits

Les monastères athonites avaient des scriptoria (ateliers de calligraphie) pendant presque toute la période d'Athanase l'Athonite, dont la constitution (la "Typicon") pourvoit aux besoins en postes de calligraphes du monastère de Lavra. Cependant, de nombreuses collections de manuscrits anciens ont subi des dommages pour diverses raisons.

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La première raison est le feu qui a frappé tous les monastères du Mont Athos à une époque ou une autre. La seconde cause concerne les pillards. Les Turcs détruisirent fréquemment des documents afin de profiter de l'or ou de l'argent de la couverture des reliures. Il a été calculé que, en 1822, les soldats turcs détruisirent quelques 1000 parchemins manuscrits pour faire des cartouches.

La troisième raison est le pillage par les collectionneurs européens. Il n'y a pas de grande bibliothèque en Europe qui ne contienne des manuscrits athonites. D'après une grossière estimation il y a 15 250 manuscrits grecs au Mont Athos et 800 d'entre eux sont illustres. Les manuscrits illustres datent du Xème siècle.

Un grand nombre de bibliothèques du Mont Athos contiennent des Chrysobulles impériaux (décrets impériaux avec des sceaux en or).



Les peintures murales

Les peintures murales sont la partie principale de l'héritage artistique de la Montagne Sainte, ou toutes les tendances à partir XIIème siècle sont représentées.

Les premières peintures murales apparaissent au monastère de Vatopedi. Elles représentent les apôtres Saint Paul et Saint Pierre. La même tendance et représentation est retrouvée dans les vestiges des peintures du monastère de Ravdouhou. C'est un ancien monastère du XIIème siècle qui est maintenant une dépendance du monastère de Pantokratoros.

Ensuite viennent des peintures du XIVème siècle, elles sont de la période caractéristique de l'école Macédonienne. Il doit être précisé, que bien que la Macédoine est une région géographique, il en n'est pas de même pour le centre de l'école Macédonienne. C'était une simple tendance artistique, certaines de ces peintures ont été trouvées dans les principales églises de Karyes, et dans les églises des monastères de Vatopediou et de Chelandariou.

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Les mêmes commentaires peuvent être faits au sujet des peintures murales du XVIème siècle qui appartiennent à l'école de Crète. Des travaux de cette période ont été trouvés dans les monastères de Megiste Lavra, Stavroniketa, Koutloumousiou, Xenophontos, Dionysiou, Agiou Pavlou et Iveron.

Quelques spécialistes considérent ces deux écoles comme les deux principaux pôles. Toutes les peintures, peintures murales et icones portatives réunies, jusqu'au milieu du XVIème siècle sont proches de l'un de ces deux pôles. Ce n'est qu'avec ce point de vue que nous pouvons dire qu'une peinture appartient à une de ces écoles.

Après le milieu du XVème siècle, les illustrations sont en baisse, à cause des difficiles conditions économiques des monastères. Aucun établissement dans la Sainte Montagne n'avait les moyens d'inviter un maitre de la peinture. Un renouveau est observé à partir du XVIIIème siècle appelé l'art populaire. Nous retrouvons cet art dans les monastères de Xenophontos, Docheiariou, Gregoriou, Koutloumousiou, Pantkratoros, Philotheou, Katakalou, Xeropotamou et Esphigmenou.



Les icônes

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Un élément indispensable du culte Chrétien Orthodoxe est la présence d'icônes sacrées.

Cet élément est rencontré dans tous les lieux de culte, les églises, mais aussi dans les maisons de tous les Chrétiens. Cette tradition vient du développement de l'icônographie démarrant au Ier siècle.

L'effort de préservation, du fait du respect concentré sur ces icônes, provoqua en Grèce une accumulation d'un grand nombre de ces icônes. La plus vieille d'entre elles date du XXème siècle, mais la majorité est du XIVème siècle ou plus tard. D'après une grossière approximation, il doit y avoir au Mont Athos à peu près 18 000 icônes portatives. Les styles artistiques des icônes suivent la même chronologie que les peintures murales.

Plus sur l’histoire et la vie monastique du Mont Athos.

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