06 avril 2011

Gaz de schiste : vers l'interdiction

schiste sud-est.jpgLe projet d'exploitation des gaz de schiste en France est en train de réunir une quasi unanimité dans la classe politique. La bonne nouvelle, c'est que tout le monde est contre, de l'UMP au PS, du FN aux centristes, avec bien sûr les écologistes en tête.

Dernier rebondissement : Jean-Louis Borloo, qui avait délivré trois permis d'exploitation de gaz de schiste en mars 2010 alors qu'il était ministre de l'Ecologie vient de déclarer qu'il s'était trompé. Il a déposé lundi une proposition de loi visant à interdire la recherche et l'exploitation de gaz et d'huiles de schiste en France.

Son revirement doit probablement plus à des arrière-pensées électorales, maintenant qu'il se voit présidentiable contre son ex-patron, qu'à une repentance sincère du genre "j'pouvais pas faire autrement quand j'étais sous Sarko". Mais bon, puisque ça va dans la bonne direction, on ne va pas s'en plaindre.

Sa proposition de loi prévoit «l'abrogation de tous les permis exclusifs délivrés» et pour «l'avenir impose la composition d'une étude d'impact et la tenue d'une enquête publique dans les conditions prévues par le code de l'environnement».

Côté UMP, le président du groupe a déjà déposé vendredi dernier une proposition de loi visant à interdire l'exploration et l'exploitation d'hydrocarbures non conventionnels en France. Les socialistes ont aussi déposé un texte allant dans le même sens. Tout cela sera débattu à la mi-mai à l'Assemblée.

Quant à la ministre de l'Écologie, Nathalie Kosciusko-Morizet, elle a confirmé devant les députés qu'il n'y aurait pas d'exploitation de gaz ou d'huile de schiste si les procédés d'extraction restaient aussi dangereux pour l'environnement que ceux actuellement proposés par l'industrie pétrolière.

Un moratoire a été instauré le 11 mars 2011 dans l'attente de rapports prévus pour les prochaines semaines.

07 mars 2011

80 parlementaires contre les gaz de schiste

Quatre-vingts parlementaires de tous bords ont cosigné le 3 mars une motion parlementaire "contre l'exploitation du gaz de schiste" écrite à l'initiative de Pierre Morel-à-L'Huissier (UMP, Lozère) et Pascal Terrasse (PS, Ardèche).

gasland2.jpg
"Nous, parlementaires de toute la France et de tous bords politiques, avons décidé de nous unir afin de porter les inquiétudes de nos concitoyens et des élus locaux de nos territoires quant à l'exploitation industrielle du gaz de schiste", affirme le texte. "A la vue des impacts présents aux États Unis et au Canada (...), il n'est pas concevable qu'une quelconque exploitation de ce gisement soit mise en oeuvre sur l'ensemble des sites français", ajoute-t-il.

"Le manque de transparence évident de la part de l'État et l'incohérence entre le souci de préserver l'environnement et l'annonce de l'exploitation du gaz de schiste nous pousse à réagir", poursuivent les parlementaires.

"La suspension des travaux d'exploration jusqu'aux résultats du rapport sur les enjeux environnementaux de l'exploitation du gaz de schiste n'est pas suffisante. Il faut immédiatement que l'État fasse marche arrière et stoppe toutes les initiatives prises au nom notamment du principe de précaution qui a valeur constitutionnelle (...) Notre détermination est totale, nous ne nous laisserons pas imposer le gaz de schiste!", concluent les parlementaires.

Pierre Morel-à-L'Huissier et Pascal Terrasse ont déjà décidé, courant février, de créer "un comité de surveillance et de précaution sur le gaz de schiste".

Une mission d'information pilotée par les députés François-Michel Gonnot (UMP) et Philippe Martin (PS) devrait rendre un rapport le 8 juin.

Sources : AFP et Sciences2
Illustration : extrait du film Gasland

27 février 2011

No gazaran ! Non à l'exploitation des gaz de schiste

gaz de schiste.jpgNous vous avons déjà alertés ici sur les risques considérables que présente l'exploitation des gaz de schiste. De l'eau du robinet qui prend feu ? Oui c'est possible. Et ce n'est que l'un des nombreux dangers de cette technique incontrôlable d'extraction.

Pour le moment, après le lancement d'un chantier immense en Ardèche, Nathalie Kosciusko-Morizet, la ministre de l'Environnement, a annoncé la suspension de tous les travaux.

Plus de 10 000 personnes, dont José Bové, étaient hier en Ardèche pour dire "Stop au gaz de schiste".

Derrière le slogan "No gazaran", les manifestants se sont rassemblés à Villeneuve-sur-Berg pour marquer leur opposition à l'exploitation de ce gaz emprisonné à 3.000 mètres sous terre. Principales inquiétudes des opposants: la pollution des nappes phréatiques et les dégâts sur les activités rurales et touristiques.

Pour extraire ce gaz, il faut effectivement forer des puits tous les 200 mètres et y injecter des millions de m3 d'eau additionnée de sable et de produits chimiques afin de libérer les particules gazeuses.

En contrebas, la plaine de Mirabel, des fermes, des vignes, des cultures, un camping. Au loin, les montagnes si chères à Jean Ferrat. Ici, "ils risquent de forer deux puits" et d'ériger une torchère, pour brûler les gaz, explique Guillaume Vermorel, spéléologue et l'un des initiateurs du rassemblement.

gaz du schiste 2.jpeg"Ils"? Les industriels Schuepbach Energy et GDF-Suez qui ont obtenu un permis pour explorer 930 km2 autour de Villeneuve. Deux autres permis, dits de Nant (Aveyron) et Montélimar (Drôme), ont été accordés en mars 2010 par les services de l'ancien ministre de l'Environnement, Jean-Louis Borloo.

Devant la fronde grandissante des élus locaux et régionaux, des riverains et des écologistes, Nathalie Kosciusko-Morizet a annoncé début février la suspension des travaux d'exploration dans l'attente des conclusions d'une mission d'évaluation des enjeux environnementaux, en juin.

Pour appuyer leur combat, les différents collectifs départementaux se sont par ailleurs constitués samedi matin à Valence en coordination nationale.

Dans la foule, Alain Gibert, maire écologiste de Rocles, estime qu'"il se passe la même chose qu'avec les OGM: les populations ne sont pas consultées". Et les maires non plus. Alors, dans sa commune ardéchoise de 240 habitants, il a pris, comme contre les OGM, un arrêté pour interdire l'exploitation de ce gaz.

A ce jour, la préfecture ne l'a toujours pas contesté. Et la culture des OGM est toujours interdite en France.

Source : AFP
Photos : Yan Doublet - Le Devoir (1) et AFP (2)

21 février 2011

Les pétroliers à l'assaut du Groenland

iceberg-2002.jpgLes géophysiciens estiment que plus d'un cinquième des réserves d'hydrocarbures encore non découvertes dans le monde se situent au nord du cercle polaire. Localisées majoritairement en mer, elles représenteraient 13% des ressources planétaires de pétrole et 30% des réserves de gaz naturel.

Plusieurs compagnies pétrolières, dont Shell et d'autres moins connues, ont déjà commencé à forer au large du Groenland, avec la bénédiction du gouverneur local. En effet, le gouvernement groenlandais y voit l'occasion d'accéder à l'indépendance vis-à-vis du Danemark. Les Inuits vivent à l'heure actuelle essentiellement de la pêche et de subventions danoises. «Le pétrole représente le plus grand potentiel pour nous rendre indépendant économiquement», juge Ove Karl Berthelsen, ministre des Ressources minérales.

Les lobbies pétroliers ont été extrêmement actifs depuis quelques années pour tenter de discréditer le fait que le climat se déréglait en raison principalement des émissions de CO2 dues à la pollution. Là, changement de registre, non seulement ils en reconnaissent la réalité, mais ils pensent que le réchauffement climatique va «transformer cette région en un Eldorado», en réduisant suffisamment la banquise pour faciliter la logistique de leurs forages.

Greenpeace dénonce bien entendu ce raisonnement totalement suicidaire, puisque de tels forages ne vont faire qu'aggraver de façon dramatique un dérèglement qui menace à court terme la survie de toute la planète. Avec une myopie et un cynisme effarants, le chef du gouvernement répond que «Greenpeace, comme dans ses campagnes contre la chasse aux phoques, freine encore une fois les possibilités d'assurer un meilleur avenir» aux Inuits du Groenland.


Cette note est basée sur une dépêche de l'AFP. Photo Wikipedia

15 décembre 2010

L'hydrogène va-t-il remplacer le pétrole ?

Avec le tarissement d'ici quelques décennies des différents gisements de pétrole, un nombre croissant d'industriels, d'ingénieurs et de chercheurs ont pris l'enjeu technologique et économique à bras le corps pour être à même de proposer le plus rapidement possible des solutions de remplacement.

En ce qui concerne l'automobile, il y a, bien sûr, les avancées réalisées dans le domaine des moteurs électriques mais les inconvénients pratiques non résolus à ce jour restent une autonomie limitée à environ 150 km par plein et une recharge des batteries très longue (cette dernière peut cependant être palliée par un système d'échange standard dans les stations-service).

Les autres fronts sur lesquels l'innovation progresse pour propulser les moteurs à la place du pétrole sont les bio-carburants et, le plus avancé, l'hydrogène.

Une entreprise anglaise, ITM Power, vient de présenter un nouveau système de recharge rapide de ce gaz très léger et facilement stockable.

650 kilomètres par plein avec un carburant extrait de l'eau

hydrogene voiture.jpgGrâce à dix années de recherche sur la manière de générer et stocker de l'hydrogène, ITM a développé plusieurs machines, de tailles différentes et aux usages variés (chauffage, électricité domestique, laboratoires, etc.).

Elles transforment l’eau en hydrogène grâce à une membrane en plastique très fine à travers laquelle passe du courant électrique. De tels moteurs sont parfois appelés aussi des moteurs à eau mais la dénomination est impropre.

Le plein peut être fait en trois à cinq minutes. La batterie du moteur à hydrogène est, de plus, nettement plus petite et moins polluante que celles prévues pour les moteurs électriques.

Le seul rejet dans l'atmosphère est de la vapeur d'eau

Bien que la vapeur d'eau soit un gaz à effet de serre, elle ne présente pas de potentiel de réchauffement global (PRG). En effet, la vapeur d'eau en excès réside moins de 2 semaines dans l'atmosphère, dont elle est éliminée par précipitation. Sa contribution au réchauffement est, de ce fait, négligeable.

La technologie mise en œuvre pour extraire l'hydrogène de l'eau a encore besoin d'être optimisée mais a l'avantage d'être opérationnelle dès aujourd'hui avec de très bons résultats.

Trois constructeurs - Honda, Chevrolet et Toyota - ont déjà lancé leur modèle de voitures à hydrogène. ITM prévoit que plus de 500.000 véhicules à hydrogène seront produits dans le monde d'ici 2020. En Allemagne, toutes les stations services seront équipées de pompes à hydrogène d'ici 2015.

Enfin, ITM Power est actuellement en train de développer un module de petite taille qui permettrait de recharger sa voiture à la maison. Avec de l'eau.


Les principaux éléments de cette note proviennent d'un article d'Audrey Chauvet dans 20 Minutes et de Wikipedia
Photo : ITM

02 décembre 2010

Globalmag, Arte. Le fond de l'air est vert !



Une découverte pour moi, celle de cette émission d'Arte : Global Mag. Du lundi au jeudi, Émilie Aubry tient la chronique planétaire de l’environnement.

Dynamisme, interactivité, proximité : Global mag, le magazine malin qui prend le pouls de la planète et fait de la défense de l’environnement l’affaire de tous, adopte un rythme quotidien. Du lundi au jeudi à 13h30, Émilie Aubry nous emmène à l’autre bout du monde ou au coin de la rue pour ausculter les maux du Village global et, surtout, pour imaginer ensemble comment nous pouvons y remédier.

Au programme : des reportages au bout du monde et des rubriques insolites, de l'insolence et de l'esprit pratique. Global fait vivre au quotidien la devise « penser global, agir local ».


Un programme alléchant réalisé grâce à la collaboration d'une communauté toujours plus nombreuse d’Eco’respondants qui participe à la rédaction de ce site. Professionnels engagés, bloggeurs militants ou simples curieux du web et de la planète, ils apportent leur vision du monde et leurs témoignages.

Qui sont-ils vraiment ?

hl
Hélène Seingier

« Journaliste successivement chez RFO, Ripostes, Phosphore et l’AFP, j’ai rejoint l’équipe de Global en 2009 pour étoffer la dimension web du magazine. En parallèle, j’ai passé une année de volontariat en Inde, écrit un livre sur l’insertion par le travail, co-écrit un documentaire sur le conflit en République Démocratique du Congo, donné des coups de pouce au commerce équitable et à l’entrepreunariat social… Autant d’expériences qui ont développé mon intérêt pour la planète et ses bientôt 7 milliards de locataires. »



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Alban Fischer


« Journaliste, blogueur, cofondateur des sites Blogtrotters, blog de reportage participatif à travers le monde et d’Ecotidien, blog sur les nouvelles tendances de consommation, tous deux diffusés par Yahoo ! C’est grâce à ces aventures numériques (Tchad, Tuvalu, Kirghizistan…) que j’ai pris conscience des répercussions globales de nos comportements locaux. En 2008 j’ai posé mes valises chez Global mag, où je suis, entre autres, chargé des prolongements online de l’émission. »



Anne
Anne-Sophie Novel


« Docteur en économie politique, passionnée par les médias et bloggeuse, j’ai fondé en 2007 le projet EcoloInfo.com. Je cherche sans cesse à promouvoir l’information de l’écologie et du développement durable auprès du plus grand nombre. Auteur d’un livre sur les locavores récemment paru aux éditions Eyrolles, et qui a son prolongement sur le web, je travaille également à temps partiel pour la maison Deyrolle. »
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Salome
Salomé Kiner

« Parisienne mais pas figée, j’abandonne volontiers mon scooter pour aller voir ailleurs. De l’Asie à l’Islande, de la Carélie aux Balkans en passant par les Amériques, j’ai deux amours : les livres et les horizons. Aussi, léger, fidèle et polyglotte, le Web est mon outil préféré. »

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Aurélien-Francisco-Barros-petit.jpgAurélien Francisco Barros

« Je suis un amoureux de l’image : je tourne l’émission de cinéma « Lumière et caméra » sur TV5 Monde, produis et réalise des programmes audiovisuels et dévore tous les films qui me tombent sous la main. Mais à cette passion se mêle celle de l’environnement : j’ai consacré un documentaire au rapport entre homme et nature dans le Nordeste du Brésil, « Base zéro », et suis associé dans une société de production audiovisuelle tournée vers le développement durable. »

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Mickael Poillion

« 32 ans, deux petits garçons, je suis habitant du Nord-Pas-de-Calais et paysan dans la région naturelle du Ternois. Je travaille en famille sur une exploitation type « polyculture-élevage » et suis très préoccupé de l’impact de mon activité sur mon territoire et ses ressources naturelles. Nous sommes en réflexion permanente pour minimiser cet impact en conservant une activité rémunératrice et ancrée dans son territoire. Je partage ces réflexions sur le net depuis octobre 2009 par l’intermédiaire d’un blog : « Tu seras paysan mon fils ». »

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Frédérique Chartrand


« Folle de cuisine bio et maman écolo épanouie, j’ai fait de ma passion, l’écologie, mon métier. Je suis la fondatrice du site Internet LeCoinBio.com, un Web magazine sur le mode de vie bio et une boutique en ligne généraliste de produits biologiques et écologiques. »


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Romain Talva


« Ingénieur chimiste de l’environnement de formation, je suis gérant de l’entreprise Ökoté, qui se veut un catalyseur d’idées vertes. Je suis donc coach écolo depuis juin 2009. J’ai aussi fondé un concept shop écolo à Orléans, où les curieux peuvent trouver tous les accessoires du quotidien en version écolo (cosmétiques, économiseurs d’eau, jouets en bois, déco écolo…) . Tout ça pour quoi ? Pour aider les autres à trouver leur propre style de vie en intégrant des pratiques éco-responsables. »

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Thomas Bout


« Je suis un éditeur presque senior (40 ans) dans une maison d’édition plus que junior (1 an) : les éditions de la Rue de l’échiquier. Le Web, je suis tombé dedans alors que j’étais coopérant dans le pays de Nokia, en Finlande, au tout début des années 1990. Quant à la planète… “elle tourne monsieur, elle tourne…” et je vis dessus. »

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Anne Saurat-Dubois petit
Anne Saurat-Dubois


« Journaliste passionnée d’économie, j’ai travaillé à de nombreuses reprises aux Echos. Je viens de rentrer dans le métier. J’ai lancé dans mon école, le CUEJ, le premier média en ligne pour une école de journalisme : www.adej.fr. Passionnée d’équitation, de voyages, de politique, et passionnée tout court, j’ai été très marquée par mes voyages humanitaires. »

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Maxime Vautier
Maxime Vautier


« Je devais être Breton, têtu et fier. Sauf que deux semaines après ma naissance, ma mère nous installait en plein coeur de Paris ! Je veux devenir footballeur, mais ce doux rêve me place dès 16 ans devant mon premier échec. Qu’à cela ne tienne, je décide de devenir journaliste sportif. J’intègre une école de journalisme et deviens de plus en plus soucieux de l’état de notre planète. C’est donc chez Global Mag que j’atterris pour apprendre mon métier. Et tenter de sensibiliser aux problèmes écologiques. Un brin plus utile qu’une interview de footballeur… »

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Alexis Danan
Alexis Danan


« Agé de 21 ans et étudiant à Sciences Po Paris, je suis un mordu du net. Face aux portes intimidantes du marché du travail, Internet me donne l’occasion de mieux m’y positionner et de déconstruire mes craintes les plus tenaces. Vaste espace de connaissances et de réflexion, le web est aussi une fenêtre béante sur tout ce qui est « hors de mes limites physiques naturelles». En toute humilité, je milite pour la généralisation d’une utilisation « éclairée » et intelligente de cette interface unique entre les mondes qui fabriquent le nôtre ! »

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29 novembre 2010

Les villes en transition

TTTlargelogo_02.jpgAlors que de nouvelles négociations climat s’ouvrent à Cancun (Mexique) et que peu en attendent quoi que ce soit de concret, France-Info a consacré aujourd'hui un reportage à ceux qui, loin des sommets internationaux, n’ont pas renoncé aux enjeux du changement climatique et de la raréfaction inéluctable du pétrole.

C’est le cas des villes en transition, c'est à dire les villes de l'après-pétrole. Elles sont près de 400 dans le monde aujourd’hui. L’initiative est partie de Totnes (Royaume-Uni).

Je reproduis ci-dessous de larges extraits de l'article de Wikipedia consacré à ce sujet extrêmement riche.

Qu'est-ce qu'une ville en transition ?

Une ville en transition est une ville dans laquelle se déroule un processus impliquant la communauté et visant à assurer la résilience (capacité à encaisser les crises économiques et/ou écologiques) de la ville face au double défi que représentent le pic pétrolier et le dérèglement climatique.

Ce processus a été développé en 2005 par les étudiants du cours de soutenabilité appliquée de l'université de Kinsale (Irlande) sous la direction de Rob Hopkins, formateur et enseignant en permaculture. La première mise en application a été initiée en 2006 dans la ville de Totnes au Royaume Uni. Depuis, le mouvement est devenu international et compte plusieurs centaines d'initiatives officielles.

Une vision optimiste et communautaire de l'avenir

L'originalité du mouvement des initiatives de transition sur les mouvements écologistes ou sociaux existants tient en plusieurs points.

Tout d'abord, la vision de l'avenir est résolument optimiste. Les crises sont vues comme des occasions de changer radicalement la société actuelle.

La deuxième originalité est que le mouvement concerne la communauté dans son ensemble car c'est cette dernière qui doit porter le changement. L'action ne doit pas exclusivement venir des gestes individuels quotidiens, ni des instances politiques via la législation.

C'est pourquoi le mouvement des initiatives de transition est apolitique et ne choisit pas les confrontations (manifestations et autres).

De plus, le mouvement a développé une théorie psychologique inspirée de celle des traitements des dépendances toxicologiques pour tenter de traduire le désespoir ou le déni souvent consécutifs à la découverte du pic pétrolier et de notre dépendance au pétrole, en actions concrètes. Cette originalité semble à la source du succès que connaît le mouvement des villes en transition.

pic petrolier detail.jpgLa descente énergétique

Les initiatives de transition s'intéressent aux réponses à apporter pour résister aux différentes crises, notamment celle engendrée par le pic pétrolier. Aussi, plus que le pic lui même, c'est le futur énergétique dicté par la déplétion de pétrole qui intéresse les groupes de transition.

Le concept de descente énergétique (energy descent) est défini par Rob Hopkins comme « le déclin continu de l'énergie nette sur laquelle se base l'humanité, qui est le reflet de la montée énergétique qui a pris place depuis la révolution industrielle. La descente énergétique se réfère également au scénario d'un futur dans lequel l'humanité s'est adaptée avec succès au déclin des énergies fossiles disponibles et est devenue plus locale et autosuffisante. C'est un terme privilégié par ceux qui voient le pic énergétique comme une possibilité vers un changement positif, plutôt que comme un désastre inévitable ».

Un double défi

Le pic pétrolier et le dérèglement climatique sont deux problèmes majeurs et qui nous concernent dès à présent. Ils ont en commun notre dépendance aux combustibles fossiles, et en particulier au pétrole. Alors que le dérèglement climatique nous incite à changer nos modes de vie, le pic pétrolier nous l'impose. Ne pas prendre les deux problèmes ensemble conduit à préconiser des solutions que l'on ne peut ou ne devrait pas appliquer.

transition-towns.gifLes initiatives de transition

Le mouvement des initiatives de transition s'intitulait à l'origine "villes en transition" (Transition Towns). Pour faire face à la diversité des différentes structures dont s'occupaient les différents groupes de transition (villes, villages, îles, districts, zones géographiques diverses, etc.), le mouvement a été renommé mouvement des "initiatives de transition" (Transition Initiatives).

« Le mouvement de transition est un mouvement international qui vise à inspirer, à catalyser et à soutenir les réponses des communautés face au pic pétrolier et au changement climatique. C'est un mouvement qui a une vision positive, centré sur l'élaboration et la mise en œuvre de solutions. »

L'objectif de toute initiative de transition est de définir et mettre en œuvre un «plan d'action de descente énergétique» (PADE) propre à sa communauté, qui dessine une vision à 20 ans de ce que peut être un lieu de vie où la dépendance aux énergies fossiles est minimum et la résilience maximum.

Pour ce faire, le PADE décrit, pour différents domaines comme l'alimentation le transport ou la santé, les étapes de la transition permettant de remplir les objectifs fixés. C'est dans le but d'aider les communautés souhaitant élaborer et mettre en place un PADE que le réseau des initiatives de transition a conceptualisé à partir des expériences des initiatives pionnières, un ensemble de principes directeurs formant une sorte de fondement théorique; un ensemble d'étapes qui structurent une initiative de transition dans le temps; ainsi qu'un ensemble de techniques pratiques.

Les principes

Le concept de ville en transition est basé sur un ensemble de principes qui se veulent facilement compréhensibles, et qui le distinguent des autres mouvements alternatifs.

1 - Vision

On ne peut tendre vers un objectif que si on peut visualiser comment ce sera si l'on y parvient. Ce concept de vision se trouve au cœur du plan de descente énergétique, qui contient des actions étalées sur les vingt années à venir. Cela diffère de la plupart des courants écologistes traditionnels qui dressent un avenir sombre qui a pour conséquence de déprimer les gens et de leur faire croire qu'ils sont impuissants à agir.

transition-town-movement.jpg2 - Inclusion

Les défis et les conséquences du pic pétrolier et du dérèglement climatique nécessitent la participation de la société dans son ensemble. Tous les secteurs d'activité et tous les acteurs de la ville sont concernés et mis à contribution pour concrétiser la transition : citoyens à l'origine de l'initiative, associations, organisations professionnelles, administrations, enfants, actifs et retraités, dans les domaines énergétiques et économiques conventionnels ou plus inattendus comme la santé, l'éducation, l'immobilier, le tourisme ou encore les ressources maritimes.

Contrairement aux ONG et aux associations écologistes, les mouvements de transition placent leur action au cœur de la communauté, et ne visent pas une action de lobbying auprès des instances politiques (locales, nationales ou internationales) en vue de changer la législation.

3 - Éveil des consciences

Une des premières actions des villes en transition est d'informer le public aux enjeux du pic pétrolier et du dérèglement climatique.

4 - Résilience

La résilience est la capacité des systèmes à retrouver leur équilibre après une perturbation. Dans le cadre des villes, la résilience est la capacité d'une ville à ne pas s'effondrer aux premiers signes d'une pénurie de pétrole ou de nourriture.

La notion de résilience est différente de celle de soutenabilité, qui est la seule généralement mise en avant. Par exemple, une communauté qui récupère les déchets pour expédier au centre de tri réduit sa pression sur l'environnement, mais ne devient pas plus résiliente pour autant. Elle pourrait augmenter cette dernière en transformant localement ces déchets en matériaux d'isolation.

Transition_towns_talk_014.jpg5 - Compréhension psychologique

Une des principales barrières au passage à l'action est un sentiment d'impuissance, de solitude ou d'accablement que les catastrophes écologiques provoquent souvent. Le modèle des villes en transition utilise la compréhension de la psychologie en formulant une vision positive, en offrant des espaces rassurants où les personnes peuvent exprimer leurs craintes, et en valorisant les actions déjà effectuées en incluant dans le processus autant d'occasions de célébrer les succès que possible.

Les fondateurs du mouvement de transition analysent les raisons de l'inaction des gens conscients des dangers écologiques de leur mode de vie en faisant le parallèle entre la dépendance au pétrole et les études psychologiques des comportements face à la dépendance toxicologique.

Solutions crédibles et appropriées

Une fois que les dangers du pic pétrolier et du dérèglement climatique ont été exposés au public, les initiatives de transition doivent laisser la possibilité aux gens de chercher des solutions pertinentes à une échelle appropriée, et ne pas se limiter aux solutions comme "éteindre les lumières en sortant de la pièce".

Ceci est très important car les gens ne conçoivent en général que deux types de réponses : la réponse individuelle chez soi, et la réponse gouvernementale à l'échelle nationale.

Les initiatives de transition explorent le niveau intermédiaire, celui des communautés.

Transition-Town-Training.jpgLes étapes

Les étapes de la transition peuvent servir de guide de route à une nouvelle initiative de transition. Elles ont été élaborées pour maximiser les chances de succès d'une initiative, et la rendre plus efficace.

1- Former un groupe de pilotage temporaire

Le groupe de pilotage se compose d'environ une demi-douzaine de personnes, et permet d'initier une transition. Les personnes formant ce groupe doivent bien maîtriser (ou se former sur) les notions de pic pétrolier et de dérèglement climatique, ainsi qu'avoir une bonne idée du mouvement des initiatives de transition. Ce groupe va prendre en charge les étapes suivantes jusqu'à la création des groupes de travail.

2 - Sensibiliser

La sensibilisation permet d'introduire les notions de pic pétrolier et de dérèglement climatique, ainsi que de descente énergétique et de résilience, à la communauté (grand public, décideurs économiques, instances politiques). Cette sensibilisation peut prendre plusieurs formes (articles de presse, interventions dans des écoles, etc.), mais c'est en général les projections avec conférence et débats qui sont le plus privilégiées.

Les débats permettent aux gens d'exprimer leurs angoisses au sujet de ce qu'ils ont appris, pour ne pas qu'ils s'enferment dans le déni ou la dépression.

3 - Lancer un «grand déchaînement»

Lorsque la communauté est suffisamment sensibilisée (ce qui prend en général de 6 mois à un an après la première projection) et que des contacts avec d'autres groupes (associations environnementales ou sociales, etc.) ont été liés, le groupe de pilotage organise un «grand déchaînement» (Great Unleashing). Cet événement va permettre de catalyser toutes les craintes et les attentes des gens pour trouver et mettre en œuvre des solutions.

Rob Speaks.JPG4 - Former des groupes de travail

Les groupes de travail se focalisent sur divers aspects de la vie quotidienne de la communauté : alimentation, déchets, énergie, éducation, jeunesse, économie, transports, eau, municipalité, etc.

Ces groupes ont leur propre façon de fonctionner. De manière générale, le déroulement d'une initiative de transition ne peut pas être contrôlé, car il dépend intrinsèquement des désirs de la communauté. Chaque membre d'un groupe est choisi, et l'ensemble de ces membres forme le nouveau groupe de pilotage, qui se réunit régulièrement pour faire le point.

Le travail combiné des groupes doit permettre la rédaction d'un plan d'action de descente énergétique.

5 - Rédiger un «plan d'action de descente énergétique»

Le plan d'action de descente énergétique (PADE) se base sur les travaux des différents groupes et organise les résultats en une vision unifiée à moyen terme (15 à 20 ans) ainsi que les étapes à effectuer à certaines dates pour y parvenir. Le PADE se base également sur un état des lieux des ressources de la commune (circuits de distributions, ressources naturelles, etc.) et prend en compte la politique actuelle mise en place.

Le PADE n'est pas une fin en soit. Une fois rédigé, il faut le mettre en œuvre et prendre en compte les retours d'application (difficulté imprévue, changement de contexte politique, social ou économique, etc.). C'est à ce moment seulement que commence véritablement la transition de la communauté vers un futur plus résilient.

Exemples d'actions concrètes

Un certain nombre de projets, à l'initiative d'un groupe de transition ou non, trouve généralement sa place dans les différentes expériences de transitions initiées à ce jour. Ces projets peuvent concerner des sujets aussi différents que les transports, l'éducation, la santé, l'énergie où l'alimentation.

Totnes Pounds for sale.jpg- Économie

L'action qui a eu le plus grand retentissement pour la transition de Totnes est la création d'une monnaie locale, le «Totnes Pound». Une telle monnaie a pour but de relocaliser les échanges économiques, et d'éviter la fuite de la richesse.

De nombreuses monnaies locales existent, on en dénombre plusieurs dizaines en cours ou en projet en Allemagne et en Angleterre. Il existe en Suisse, le système du WIR depuis 1930 (1700 millions d'euros d'échanges en 2007) et les Berkshares dans le Vermont (USA) depuis 2006 (1 millions de billets en circulation). Ces actions sont encouragées par les acteurs locaux : élus, banquiers, et bien sûr entreprises et commerçants. Un système existe en France, le Sol (pour solidaire) à Grenoble.

Des monnaies locales «fictives» existent également dans les systèmes d'échange local (SEL). Ces systèmes permettent l'échange de biens ou de services sans passer par une monnaie réelle, seul un système de points étant mis en place pour pouvoir quantifier la valeur des échanges.

- Alimentation

L'alimentation occidentale est fortement dépendante des énergies fossiles, et une transition dans ce domaine est donc inéluctable. La résilience dans le domaine de l'alimentation passe par une relocalisation et des modifications de la production agricole.

Ainsi des projets pourront avoir comme objectif de développer des potagers ruraux ou urbains, individuels ou collectifs (jardins familiaux, jardins communautaires), la plantation d'arbres, ou le partage de graines, pour augmenter les savoirs, les pratiques et l'auto-production au sein de la communauté.

Concernant les circuits d'alimentation, les projets visent à relocaliser la production et à raccourcir les circuits de distribution. C'est le cas avec la création de marchés de producteurs, d'AMAP ou de coopératives d'achat.

Les pratiques agricoles doivent également évoluer vers une agriculture plus respectueuse vis-à-vis de l'environnement et moins consommatrice d'hydrocarbures.

Poster-CubanTTSbS.jpg- Transports

Multiplier les circuits courts pour favoriser l'activité locale et limiter la consommation de pétrole liée aux transports. (AMAP, filière bois énergie ...), amplifier les relocalisations économiques.

Se déplacer autrement : covoiturage et même autopartage (partage d'une voiture pour plusieurs personnes), transports en commun, transformation de routes en vélo-routes.

- Énergie

La consommation d'énergie est impactée par tous les autres domaines. Ainsi, une agriculture biologique, le choix des transports en commun, de produits locaux et de saison diminue l'empreinte énergétique au niveau local comme global.

Le scénario Négawatt propose une réduction de l'empreinte énergétique sur la période 2000-2050 suivant trois axes : sobriété, efficacité et utilisation d'énergies renouvelables.

- Recycler et échanger : développer le compostage (éventuellement collectifs) pour utiliser ses déchets verts et produire localement engrais naturel et pesticides biologiques (par exemple le purin d'ortie), favoriser la réutilisation (emmaus, brocantes, braderies, puces, dons).

Influence de la permaculture

L'influence de la permaculture est prégnante dans le concept des villes en transition. Rob Hopkins, l'initiateur du mouvement, enseigne la permaculture depuis plus de 10 ans.

La permaculture est une science de conception visant la création de lieux de vie humains soutenables. Lorsqu'il découvrit la réalité du pic pétrolier, le premier réflexe de Rob Hopkins fut de se servir des principes de la permaculture pour organiser une réponse. Il s'appuya notamment sur les travaux de David Holmgren, co-fondateur de la permaculture.

L'idée centrale des villes en transition, la résilience, est directement inspirée des écosystèmes naturels. En effet, ces derniers ont, contrairement à nos champs cultivés, la propriété d'être stables, diversifiés, de consommer un minimum d'énergie, d'être autonomes (cycles fermés) et de ne pas produire de pollution (grâce à la forte interconnexion de ses éléments : les déchets d'un système sont utilisés par d'autres systèmes).

C'est un modèle parfait pour des systèmes humains devant drastiquement réduire leur consommation d'énergie et leur émissions de CO2 (et d'autres polluants). L'apport de la permaculture est d'offrir une base philosophique ainsi que des principes généraux et des exemples concrets de mise en œuvre de systèmes basés sur les caractéristiques souhaitables des systèmes naturels.

manueldetransition1.0.jpgListe des initiatives francophones

Voici la liste des initiatives francophones de transition. Il n'y a pour l'instant aucune initiative officielle.

Belgique :

- Région de Bruxelles
- Ville d'Ottignies-Louvain-la-Neuve

France :

- Ville de Grenoble
- Ville de Lyon
- Ville de Saint Quentin en Yvelines
- Région de Trièves
- Ville de Sucy-en-Brie

Québec :

- Municipalité et ville-centre de Coaticook
- Ville de Sutton
- Transition Québec centre-ville

Un programme de recherches vise à travailler sur les transitions de la ville post carbone aux horizons 2030-2050 pour les villes françaises.

Mouvements similaires et amis

D'autres mouvements ont traité les mêmes problématiques que le mouvement des villes en transition, c'est le cas notamment de l'association Oil Depletion Analysis Centre au Royaume-Uni et l'ONG Post Carbon Institute aux Etats-Unis.

Lorsqu'une ville est déjà le siège de plusieurs associations environnementales, la difficulté est de travailler en partenariat avec ces initiatives, en leur faisant comprendre que l'initiative des villes en transition n'est pas en concurrence, mais peut servir de cadre plus général dans lequel l'expertise et la connaissance de ces associations ont toute leur place. Des associations comme les amis de la Terre, ATTAC ou des initiatives comme Slow Food ou le réseau Cocagne sont des partenaires privilégiés pour une initiative de transition.

awareness3.jpgDécroissance

Le mouvement de la décroissance (ou de l'après-développement) est en France celui qui pourrait se rapprocher le plus des initiatives de transition. Les points communs sont en effet nombreux : décroissance énergétique, relocalisation de l'économie, diminution de l'empreinte écologique, réappropriation des savoirs et des techniques, simplicité volontaire, ...

Dans certaines villes, le mouvement pour la décroissance est à l'origine de nombre d'initiatives (AMAP, SEL, ...) dans la droite ligne du concept des villes en transition.

La décroissance ne possède pas la philosophie permaculturelle sous-jacente dans les initiatives de transition. Cette dernière offre un cadre conceptuel fort, affiné et appliqué depuis plus de 30 ans, et notamment la compréhension des écosystèmes naturels et leur transposition à des systèmes anthropiques.

Ces différences montrent toute la légitimité des villes en transition, qui offrent une nouvelle vision et de nouveaux outils.


Sources :
Ville en transition (Wikipedia)
Totnes, première ville de l’après-pétrole (France-Info)

Illustrations provenant de divers sites web consacrés aux villes en transition.

Site français sur les villes en transition : Villes en transition

13 octobre 2010

L'avenir est dans les algues

solazyme-logo.gifJonathan Wolfson est le fondateur et patron de Solazyme, une entreprise de biotech californienne créée en 2003 qui met au point des procédés permettant de tirer des algues aussi bien de l'huile végétale comme une alternative à l'huile de palme que des biocarburants visant à remplacer purement et simplement les produits pétroliers.

Et le moins qu'on puisse dire, c'est qu'il est pris au sérieux.

L'US Navy lui a déjà commandé 75 000 litres d'algocarburants en septembre dernier et a annoncé qu'elle souhaitait atteindre 50% d'énergies renouvelables d'ici 2020, afin de supprimer sa dépendance énergétique actuelle envers les pays producteurs de pétrole.

Les multinationales Chevron (pétrole) et Unilever (produits d'entretien, cosmétiques dont les savons Dove, alimentaire dont les glaces Magnum) sont parmi ses investisseurs, aux côtés d'autres groupes agroalimentaires, de Richard Branson et de la banque d'affaires Morgan Stanley. Près de 100 millions d'euros ont ainsi été investis pour développer le procédé inventé par Solazyme pour produire en grande quantité et de manière durable du biodiesel, des huiles alimentaires et cosmétiques.

article_wolfsonphoto.jpgDans une interview donnée à 20 Minutes, Wolfson a déclaré : «De nombreuses entreprises ont apporté des fonds: Unilever, mais aussi de grands groupes agroalimentaires et des producteurs d’huile végétale».

Ce qu’ils espèrent en investissant dans les algues, c’est pouvoir remplacer l’huile de palme par une huile moins nocive pour la santé et l’environnement: «Nous menons des recherches depuis deux ans avec Unilever pour développer de nouvelles alternatives durables aux huiles végétales. Dans un premier temps, ce sera pour les cosmétiques et les produits d’hygiène corporelle. Les algues peuvent réellement améliorer la qualité des approvisionnements».

solazyme2.jpgL'huile de palme est en effet loin d'être un produit idéal. Non seulement elle est extrêmement riche en acides gras saturés nocifs pour la santé, mais sa production a un impact écologique désastreux. Elle reste pourtant massivement utilisée par les industriels du monde entier en raison de son très faible coût. Wolfson est, lui, convaincu que «les algues peuvent devenir compétitives avec l’huile de palme! Et elle le seront de manière beaucoup plus pérenne».

Le procédé de Solazyme est basé sur la fermentation de déchets végétaux grâce à l’action des algues. Dans le cadre du partenariat signé avec Unilever, il est prévu «de pouvoir produire de l’huile d’algues en grande quantité d’ici à 2012 ou 2013».

L'opération de fermentation se réalise dans des silos qui peuvent être installés n'importe où. Solazyme a conclu un autre partenariat, cette fois avec Colombia Ecopetrol, une des plus grosses entreprises colombiennes, qui produit actuellement de la canne à sucre et souhaite s’orienter vers la production de biodiesel et de carburants renouvelables.

Jonathan Wolfson vient de nommer au poste de vice-président pour la partie Carburants Cameron Byers, un ex-dirigeant de BP. Plus que jamais, les carburants de demain ne seront plus noirs mais verts.


Photo de Jonathan Wolfson : 20 Minutes
Autres illustrations : site web de Solazyme

05 octobre 2010

Bientôt, 600 éoliennes au large de la France

éoliennes.jpgL’appel d’offres pour le premier parc éolien en mer sera lancé avant la fin du mois. Il porte sur une dizaine de sites le large des côtes françaises, qui seront dévoilés à cette occasion. La Normandie et la Bretagne sont sur les rangs. Le parc totalisera 600 éoliennes qui produiront en tout 3 gigawatts par an à partir de 2015.

Un représentant du ministère du Développement durable a précisé : «La différence principale entre une éolienne terrestre, et une éolienne maritime, porte sur la taille et la puissance. Une éolienne en mer tournera 3 000 heures par an en moyenne, 40% de plus qu’une éolienne à terre.»

Pour les sites retenus en mer Méditerranée et en Atlantique, de nouvelles techniques devront être développées en raison de la profondeur des eaux, bien plus importante qu'en mer du Nord, par exemple.

Le parc éolien français a dépassé les 4,5 gigawatts cette année, ce qui représente une augmentation de +84,5% en deux ans.

Chaque année, plus de 1 GW supplémentaire est raccordé au réseau, c'est à dire l'équivalent d’une centrale nucléaire.


Les principaux éléments de cette note proviennent d'un article de 20 Minutes
Photo : www.developpementdurable.com

23 septembre 2010

Parc éolien géant en Angleterre

thanet.jpgAujourd'hui a été inauguré au large de Thanet, dans le sud de l'Angleterre, le plus grand parc éolien au monde. Il a été construit par un groupe suédois, Vatenfall. Il totalise actuellement cent turbines - de quoi alimenter 240 000 foyers - et sera progressivement porté à 341 turbines d'ici quatre ans.

Le district de Thanet est particulièrement actif dans la lutte contre le réchauffement climatique et pour la protection de l'environnement, avec un plan global très détaillé qui touche à tous les aspects de la vie quotidienne, depuis la production d'énergie jusqu'au retraitement des détritus, en passant par les transports et la préservation des espaces naturels.

La Grande-Bretagne dispose à ce jour de 250 parcs éoliens dont une douzaine en mer. Leurs 3000 turbines produisent un total de 5 gigawatts, c'est à dire la consommation électrique de l'Écosse.


Photo : frogdog / flickr

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