13 janvier 2012
Du fond d'un tiroir... - Hommage de Serge Wellens à Robert Notenboom
Photo Serge Wellens d'Olivier Poudoulec
Du fond d'un trou de mémoire
je regarde passer le ciel
où rien ne se passe vraiment
qu'un léger très léger frémissement
pareil au rêve inhabité
d'une eau dormante
Je cherche désespérément
le visage d'un mot nécessaire
qui se défaisant me défait
Il me reste la lenteur
obstinée de son refus d'être
Pour un peu de temps encore
le sillage d'une trace.
Serge Wellens
Serge Wellens est né le 11 août 1927 à Aulnay-sous-Bois (93) de parents artistes de cirque. Sa mère était trapéziste et son père prestidigitateur. Il va à l'école primaire puis fait l'école buissonnière dans un Paris sinistre sous l'occupation. Sa maman lui apprend elle-même à lire et fait de lui un lecteur boulimique.
Là, je ne peux que vous inciter à écouter Serges Wellens dans l'émission radio enregistrée le lundi 9 février 2009 par RCF Accords Charente-Maritime (La Rochelle : 95.5 FM) et diffusée le 16 et 19 avril 2009, un régal.
Si je vous parle de ce poète aujourd'hui, c'est que Robert Notenboom, autre poète que nous aimons beaucoup ici, vient de me faire parvenir quelques courriers ressortis du fond d'un tiroir, hommage à son écriture :



Île de Groix - Résidence de Robert Notenboom

Tous les articles sur Robert Notenboom sur le blog se trouvent ici
Découvrir le dernier recueil de Robert Notenboom : A l'embaumée des fleurs

La prochaine rencontre avec Robert Notenboom aura lieu à Lyon
le 27 janvier prochain
anti
Le poème de Serge Wellens recopié depuis le sympathique blog Lucarne - Mémoire du vent
15:37 Publié dans L'Univers d'Anti | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : livres, poésie, robert notenboom, serge wellens, cirque, roms, nimes et ses alentours
03 décembre 2011
Marché de Noël, Nîmes

Toute la journée, je serai présente sur le stand des Éditions du Puits de Roulle au marché de Noël qui se tiendra place de l'horloge à Nîmes. Kathy Dauthuille fera une séance de dédicace dans la matinée avant de prendre le train, direction chez Sapotille pour une autre séance, de plantation d'arbres cette fois.
Mais profitons de cette occasion pour s'arrêter un peu sur l'histoire de cette horloge de Nîmes et pour ce faire je vous renvoie directement vers le site de Nemausensis ;-)Belle journée à tous,
anti, vive le vent, vive le vent, vive le vent d'hiver !
11:00 Publié dans L'Univers d'Anti | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : livres, editions du puits de roulle, antipode éditions, poésie
02 décembre 2011
Lors... de Claude Monjaux

Décidément, on ne chôme pas aux Éditions du Puits de Roulle ! Aujourd'hui, je suis heureuse de vous présenter un magnifique petit recueil de contes poétiques : Lors... Contes poétiques en Pays d'Oc de Claude Montjaux superbement illustré par Francis Lavigne.

L’auteur
Natif d’Arles, Claude Montjaux garde un souvenir vivace de son enfance passée dans un mas en Camargue. Profondément attaché à cette terre il aime en raconter la vie et les traditions. Devenu Nîmois, c’est en parcourant la garrigue qu’il puise son inspiration et remonte le fil du temps.
L’illustrateur
Francis Lavigne, staffeur ornemaniste, a voué sa vie professionnelle à la création et la décoration. C'est dans un petit village du Tarn qu'il consacre aujourd'hui ses loisirs à la sculpture et au dessin.
Lors... Contes poétiques en Pays d'Oc est né de la rencontre artistique entre ces deux hommes passionnés, dans un souci de partage avec autrui. En seize poèmes et trente-deux illustrations partez à la découverte d’une terre divisée entre Languedoc et Provence, d’une terre partagée par le Rhône, mais plus encore d’une terre de rencontres, d’une terre vivante.
Lors... Contes poétiques en Pays d'Oc, de Claude Montjaux et Francis Lavigne - Format A5 - Papier Arcoprint Edizioni 110 g/m², bouffant légèrement ivoire - ISBN : 978-2-913939-20-0 - Prix : 15 € - Frais de port 2,40 €. Disponible sur le site des Éditions du Puits de Roulle.
Nos dernières publications :
Lucienne, de Jean-Michel Berardi
J'ai treize envies, d'Anna Galore

Rendez-vous demain au marché de Noël
Place de l'horloge
NÎMES
anti
13:45 Publié dans L'Univers d'Anti | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : livres, editions du puits de roulle, antipode éditions, poésie, claude montjaux
17 juin 2011
Robert Notenboom rencontre-lecture

Photo Olivier Föllmi
Les Éditions du Puits de Roulle... "Quand le lien se fait livre..."
vous invitent à la librairie "Quand les livres s'ouvrent"

Aujourd'hui, Vendredi 17 juin 2011
Rencontre lecture dédicace avec Robert Notenboom
47, rue du maréchal Foch
à Lorient
à partir de 18 h 00

A l'embaumée des Fleurs, de Robert Notenboom
Chers amis,
« la simplicité n’est pas un but dans l’art, mais on arrive à la simplicité malgré soi en s’approchant du sens réel des choses » disait Constantin Brâncusi, l’un des plus grands sculpteurs du siècle dernier.
La poésie de notre ami, Robert NOTENBOOM, pour qui « tout mot qui n’est pas indispensable est nuisible » relève précisément de cette
simplicité essentielle.
Aussi, une telle rencontre est déjà en esprit source de joie ; elle sera vendredi un vrai bonheur à partager !
Dans l’attente de vous y rencontrer et d’y associer vos amis
anti
12:00 Publié dans L'Univers d'Anti | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : livres, editions du puits de roulle, robert notenboom, poésie
03 juin 2011
À l’embaumée des cœurs

Mardi dernier dès l’aube, chargée de quarante kilos de livres, je me suis rendue à Paris à l’invitation de Robert Notenboom qui avait organisé un après-midi de rencontre à la Librairie Galerie Racine, à deux pas du Dilettante, dans le mythique VIe arrondissement de notre belle capitale. Situé au centre de la ville, sur la rive gauche de la Seine, on y trouve le quartier de Saint-Germain-des-Prés et le jardin du Luxembourg dans lequel se trouve le Sénat. Bien sûr, il y a un peu moins d'établissements universitaires que dans le 5e voisin, mais le 6e réunit des institutions culturelles prestigieuses telles que l'Institut de France, le Théâtre de l'Odéon ou l'École des beaux-arts et surtout c'est le lieu de l'expression du livre par excellence, l’endroit dans lequel se trouvent la plupart des maisons d'édition et de grandes librairies de renom.
Lors de cette journée, j’ai pu faire plus ample connaissance avec Alain Breton qui nous recevait dans sa librairie-galerie. J'avais déjà eu le loisir de le rencontrer il y a quelques années alors que Sapotille exposait de ses encres dans ses locaux. C’est ainsi que j’ai découvert qu’Alain est gourmand et gourmet, et que l’éditeur est avant tout un poète qui maîtrise son domaine de prédilection. Lors du déjeuner, nous avons eu le bonheur de rencontrer aussi Corinne Bonnet qui tient une galerie d’art prometteuse non loin de là, rue Daguerre dans le XIVe arrondissement. Corinne expose peintures et sculptures en privilégiant les œuvres de femmes. En ce moment, vous pouvez découvrir une exposition baptisée «Autour de l’Inde» avec notamment les sculptures textiles d’Anne Valérie Dupont.
L’heure de l’ouverture est vite arrivée et très tôt, amis et lecteurs épris de poésie sont arrivés dans la petite librairie de la rue Racine. L’après-midi s’est effeuillé au gré des lectures, des dédicaces et des échanges à la fois riches et instructifs autour des poèmes de Robert, les premiers venus cédant la place aux nouveaux arrivants au fil des heures que je n’ai pas vues passer. J’ai été émue de rencontrer la délicieuse Monique Notenboom mais aussi de faire la connaissance de Gino, d’Éliane, d’Inès-Marie, de Soiz, de Michèle, d’Heidi, de François et de toutes les personnes présentes dont je n’ai pu retenir les prénoms tant elles étaient nombreuses. Cette journée aura été l’occasion de retrouvailles chaleureuses avec Ghislaine, Livia et Marie-Paule, auteurs de « Voyons voir », avec Tarik Yildiz brillant auteur lui aussi et d’une pause café ponctuée de rire et d’échanges d’idées avec Jean-Gabriel Foucaud.

Le recueil en tant qu’objet a reçu un accueil des plus chaleureux. Le format, les choix éditoriaux de mise en page, papier, illustration, marque-pages ont beaucoup plu. Voilà qui m’a fait chaud au cœur. Je suis tellement heureuse d’avoir fourni aux mots de Robert un écrin pour les recevoir.

Source Photo Eliane Bianchi Weittmann
Pendant cinq heures durant, Robert a enchanté son public avec ses lectures, captivé son auditoire en distillant ses explications de textes, dédicaçant livre sur livre, distribuant ses sourires et nous faisant rire aussi.

La librairie a fermé ses portes en toute fin de journée sans que nous ayons vu le temps s'écouler, les sourires étaient sur tous les visages... Sapotille en personne m'a raccompagnée à la gare tandis que Robert, Monique et quelques amis sont allés poursuivre l’aventure autour d’un dîner bien mérité.

À noter les prochaines rencontres déjà programmées :
Jeudi 9 juin 2011
De 15 h à 19 h
Galerie Dufay-Bonnet
63, rue Daguerre
75014 Paris
Tél :01 43 20 56 06
Vendredi 17 juin
Chantal et Philippe Dufief
Librairie "Quand les livres s'ouvrent"
47, rue du Maréchal Foch
56100 Lorient
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Robert Notenboom sur le blog
Le site des Éditions du Puits de Roulle
Les Editions du Puits de Roulle sur le blog
Le site de la Galerie Dufay-Bonnet
anti
14:00 Publié dans L'Univers d'Anti | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : robert notenboom, editions du puits de roulle, alain breton, stephanie lahana, poésie
18 mai 2011
A l'embaumée des Fleurs, Robert Notenboom


Je suis très heureuse de vous annoncer la sortie du troisième recueil de poésie de Robert Notenboom
À l'embaumée des Fleurs

À l’embaumée des fleurs
La rivière s’élargit en étang
Elle s’éteint en transparence
À l’ombre adoucie des vieux ormes
Et l’eau dormante aux fonds obscurs
Assumée
Calmée
Dans sa pause incertaine avant la mer
Réfléchit mon visage
Détendu
Pour un moment volé au temps
Quatrième de couverture
Né d'une mère allemande et d'un père néerlandais à Paris entre deux guerres, Robert Notenboom a connu une vie mouvementée pendant laquelle il a toujours écrit. Cependant, ce n’est qu’après avoir traversé les souffrances d’une grave maladie qu’il a dévoilé son talent en publiant ses premiers recueils « Du silence à l’éveil » (2009) et « Il n’y a pas d’hiver » (2010).
« La simplicité n'est pas un but dans l'art, mais on arrive à la simplicité malgré soi en s'approchant du sens réel des choses » disait Constantin Brâncuşi, l’un des plus grands sculpteurs du siècle dernier. La poésie de Robert Notenboom, pour qui « tout mot qui n'est pas indispensable est nuisible », relève précisément de cette simplicité essentielle.
Ce troisième recueil, « À l’embaumée des Fleurs », se présente comme un chemin de profondeur et de sensibilité qu'on a hâte d'arpenter pressentant d'y glaner toujours plus de lumière et de paix, malgré les inévitables écueils de la vie.
Robert Notenboom est né en 1931. Il vit sur l’île de Groix depuis vingt-cinq ans.
À l'embaumée des Fleurs, recueil de poésie de Robert Notenboom. Les Éditions du Puits de Roulle 2011. 18,7 x 21 cm. 142 pages. 15 €. Marque-pages offert. SPÉCIAL FÊTE DES MÈRES : 3,50 € de frais de port offerts.
À noter que Robert Notenboom sera présent à Paris le 31 mai 2011 pour une rencontre lecture-dédicace à la Librairie-galerie Racine dans le VIe arrondissent :

La corrida
Il n'y a pas d'hiver
Retrouvez Robert Notenboom sur Facebook
Pour commander via Les Éditions du Puits de Roulle, cliquez là
anti
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22 février 2011
Andrée Chedid
Apaisante ou traumatisante, elle doit marquer de son signe ;
autrement, nous n'en avons connu que l'imposture.»
(Andrée Chedid in « Terre et Poésie»)
En lisant il y a quelques jours l’hommage rendu par Margaux Opinel pour Les Inrocks à Andrée Chedid, j’ai eu envie d’en apprendre un peu plus sur cette poétesse, auteure, résolument tournée vers l’humain, vers l’autre, vers les autres.
Quelle meilleure façon d’aller à sa rencontre qu’en découvrant ses mots ?
« L’hommage des Inrocks »
Romancière, nouvelliste, dramaturge, poète :
Andrée Chedid était tout ça à la fois.
Elle est morte le 7 février à l’âge de 90 ans
et laisse derrière elle une œuvre dense et variée,
toute entière tournée vers l’éternelle quête de l’humanité.
Née au Caire en 1920, Andrée Chedid s’installe à Paris en 1946. Depuis très jeune, elle écrit de la poésie et après avoir publié ses premiers textes en anglais (On the Trails of my Fancy, 1943), elle choisit le français.
Poète du Double pays, titre d'un de ses recueils publié en 1965, son œuvre porte la trace de ce multiculturalisme natif, entre Orient et Occident.
Au travers de la poésie ou du roman (dès 1952 avec Le Sommeil délivré), d’une écriture fluide et dépouillée, elle ne cesse de questionner la condition humaine, les liens qui tissent l’homme et le monde.
En 1998, elle écrivait :
"Je veux garder les yeux ouverts sur les souffrances, le malheur, la cruauté du monde ; mais aussi sur la lumière, sur la beauté, sur tout ce qui nous aide à nous dépasser, à mieux vivre, à parier sur l'avenir."
En plus de soixante ans de carrière littéraire, l’auteur du Sixième jour (1960) et de L'Autre (1969) laisse derrière une vingtaine de romans et de recueils de nouvelles, et son œuvre poétique est réunie dans deux volumes : Textes pour un poème (1949-1970) et Poèmes pour un texte (1970-1991).
Connue aujourd’hui comme mère du chanteur Louis Chedid et grand-mère de Mathieu, alias M, Andrée Chedid occupe une place de choix dans la littérature contemporaine. Elle a reçu de nombreux prix dont le prix Goncourt de la poésie en 2002 et a été faite grand officier de la Légion d'honneur en 2009.
Cette grande dame écrira jusqu’à son dernier souffle - en témoigne la publication en 2010 de son roman Les quatre morts de Jean de Dieu (Flammarion) et du recueil de poèmes L'étoffe de l'univers (Gallimard).

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A lire aussi le portrait que lui consacre Le Monde
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Quelques uns de ses mots
« Je m’écris »
J'interprète une page de vie
J'en use comme plaque de cuivre
J'ai la grène de plaisirs
Je la crible d'années
Je la saisis en verte saison
Je la racle de nuit d'hiver
Je la ronge en creux d'angoisses
Je m'y taille espace libre
Je l'attaque en matière noire
Je progresse d'épreuves en épreuves
Je la creuse en vaines morsures
Je la burine d'émotions
Je l'entame
Pour nier le temps
Je m'écris pour durer
(in Rythmes)
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(Source photo)
Je cherche le lieu fidèle, la trame,
Le secret des secrets à senteur d'océan,
Le latin insensé où les ruisseaux foisonnent
La lueur rebelle et la fleur du temps...
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Avec mon sang aux mille oiseaux
J'ai marché tout au long de la terre
J'ai renié le temps
J'ai su parler à l'étranger
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« La poésie -par des voies inégales et feutrées-
nous mène vers la pointe du jour
au pays de la première fois. »
(Andrée Chedid in « Terre et Poésie»)
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« Rebelle »
Je me révolte
Contre moi-même
Je suis en fronde
En jacquerie
Je m’insurge
Contre la vie
Je résiste
Et me rebelle
Je brandis
Mes étendards
Je rejette
Ce monde
Voué à mort
Et vieillesse
J’approuve
Nos temps étoilés
Ces temps lumineux
Où nos regards étincellent
Ces temps offerts
Entre un miracle
Et l’autre
Ces temps d’amour
Et de partage
Où l’on bondit
D’île en île
Bravant la nuit.
(Poème offert par Andrée Chedid à Gérard Trougnou)
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« Petite terre, vaste rêve »
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La plupart des extraits et poèmes
repris dans cette note proviennent
du site Cave à Poèmes.org,
qui consacre à Andrée Chedid une très jolie page.
Miss You
11:15 Publié dans Miss Terre et bouts de blogs | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : poésie
14 août 2010
Les discriminations envers les gens du voyage
Kathy Dauthuille dédicace son livre hommage au peuple Rom "Les Voyageurs au Sang d'Or", demain Dimanche 15 août, aux Saintes Maries de la Mer, à la librairie Michel située à deux pas de l'église abritant Sainte Sara.
Ce roman voyage partout en France et en Europe. Vous êtes de plus en plus nombreux à vouloir porter un autre regard sur celles et ceux que l'on nomme Les gens du Voyage, particulièrement depuis le début des vacances scolaires d'été qui a été marqué par un durcissement des actions menées par le gouvernement français à leur encontre. Parallèlement, ces mêmes évènements ont permis de mettre en lumière ce peuple méconnu de bien des sédentaires et de pointer du doigt les violences en tout genre qu'ils subissent.
Souvenez-vous de la lettre de la Dame du Voyage... Pour mieux nous rendre compte de ces pressions, je vous propose de visionner ce film pédagogique de 16 minutes diffusé à 30 000 exemplaires pour informer les gens du voyage sur leurs droits et les recours en cas de discrimination, suivi de sa transcription :
Manouches, Gitans, Roms, Yeniches… Malgré la richesse et la diversité de leur culture, nous avons pris l’habitude de les appeler communément les Gens du voyage. Leur véritable point commun réside peut-être dans leur histoire, et dans leur difficulté à accéder à un emploi, à un logement ou un service, dans les mêmes conditions que les autres.
« C’était avec mes collègues, j’ai voulu m’inscrire dans un club de foot. On m’a répondu : « Il y a trop de gitans dans le club. »
Je suis allé me renseigner auprès du Président du club : « Oui, c’est vrai, il y a trop de Gens du voyage au club, on ne peut pas vous prendre. » Deux mois plus tard, quand je suis retourné les voir, quatre personnes que je ne connaissais pas avaient été inscrites.
Dans la boîte de nuit, juste devant, l’un de nous a voulu y rentrer… : « Ah non non, les manouches c’est interdit ici… »
A la déchetterie, on avait demandé du boulot, on nous a répondu qu’ils prenaient pas les Gens du voyage, je ne sais pas pourquoi…
On demande s’il y a du travail… Ils nous disent : « Ah oui, on cherche un manœuvre, on va embaucher un petit jeune… »
Mais quand on se présente et qu’ils voient qu’on est manouche, ils nous disent : « Ah non, j’ai déjà pris quelqu’un d’autre… »
C’est tout le temps comme ça !
On veut être assurés, on veut assurer nos caravanes… Ils ne veulent plus. Parce qu’ils ne veulent plus assurer une caravane qui peut être sinistrée. Et pourtant on doit s’assurer, c’est logique…
Quelquefois, certains d’entre nous reçoivent des lettres qui annoncent la résiliation de leur assurance… Ils ne savent pas pourquoi.
Alors si les gens du voyage veulent partir, ils ne peuvent pas puisque leur caravane n’est pas assurée ! »
Ces situations sont discriminatoires. Une discrimination est une différence de traitement en raison d’un critère interdit par la loi.
Ces personnes ont été défavorisées par rapport à d’autres, uniquement parce qu’elles étaient des Gens du voyage,
c’est-à-dire en raison de leur origine.
La loi interdit également 17 autres critères de discrimination tels que l’âge, le sexe, la situation de famille, l’apparence physique,
le handicap ou encore l’état de santé.
La discrimination peut de produire dans l’accès à un emploi, à un logement, à l’éducation, aux biens et services privés,
ou aux services publics.
* * * * *
« L’institutrice, très gentille, m’a dit : « Moi, j’accepte de vous la prendre. Maintenant, le plus dur, ça va être de convaincre Monsieur le Maire. » Donc j’ai été voir Monsieur le Maire qui m’a dit : « Je suis désolé, je ne peux pas ouvrir la brèche à ces gens-là, parce que si je vous prends la vôtre, après tout le monde voudra les mettre, et moi je ne veux pas. »
Ils disaient que l’école était pleine, que toutes les classes étaient complètes, mettons 24 enfants par classe, que c’était complet, et du coup ils refusaient mes enfants. Alors que ce n’était pas vrai…
Au contraire, ils ne demandent pas mieux que d’avoir des enfants, pour ne pas fermer l’école.
J’ai appris qu’ils avaient fermé la classe maternelle parce qu’il leur manquait trois enfants. Alors ils ont pris nos enfants. Mais ils n’ont rien appris pendant trois mois, ils ne leur ont même pas donné de devoirs, ils n’ont fait que des dessins.
C’est toujours pareil, un gitan, on le met derrière et on ne s’en occupe pas.
Un gitan a besoin d’apprendre à lire et à écrire, comme tout enfant normal. C’est même un devoir, on est obligé de les mettre à l’école jusqu’à 16 ans. Qu’on soit gens du voyage ou n’importe quoi, ils n’ont pas le droit de refuser nos enfants. »
Face aux discriminations, il est important de réagir pour faire valoir ses droits.
* * * * *
« Moi je suis passée directement par la directrice, et il n’y a pas eu de problème. Elle me l’a inscrit et il a fait deux ans là-bas.
J’ai fait appel à un inspecteur de l’académie, je suis allée mettre le foutoir à la mairie, et il a accepté mes enfants à l’école.
Il existe aujourd’hui un organisme indépendant, dont le but est d’aider les victimes de discrimination.
Il s’agit de la Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations et pour l’Egalité, la HALDE.
La HALDE peut traiter des réclamations et aider les victimes à faire valoir leurs droits, y compris
lorsque l’auteur de la discrimination est une Institution publique.
Ici, un Maire a refusé l’inscription scolaire de plusieurs enfants. Avec le soutien de l’Association locale,
les familles ont décidé de saisir la HALDE.
« Le Maire dit que les enfants ne peuvent pas être inscris à l’école, car les parents, les familles, résident sur des terrains inondables.
Ça concernait des enfants qui étaient inscrits aussi bien en maternelle qu’en primaire. On leur a un petit peu expliqué à quoi correspondait la HALDE ; qu’on pensait qu’il y avait discrimination dans le refus de scolarisation des enfants par le Maire. Les familles, n’ayant rien à perdre, ont dit : « Oui, on essaye. »
Avec leur accord, on a repris la situation, l’historique, on a décrit ce qui s’était passé et on a saisi la HALDE de cette requête.
La délibération de la HALDE est intervenue en mars 2007, donc relativement rapidement puisqu’elle avait été saisie fin 2006. La HALDE a donné raison aux familles : il y avait bien discrimination et abus de pouvoir dans le refus de scolarisation de ces enfants-là.
C’était important car cela donnait aux familles une notion d’espoir : on reconnaissait ce qu’elles avaient subi, qu’il y avait discrimination. Cela ne solutionnait pas les problèmes au quotidien, aujourd’hui la vie est encore compliquée, notamment d’un point de vue matériel, mais c’était quand-même une lueur d’espoir qui donnait envie de continuer à se battre et de dire : « On a quand-même des droits. Les enfants peuvent et doivent aller à l’école. »
Dans la lutte qui a été menée pour la scolarisation des enfants, avec le soutien de la HALDE, cela a
été quand-même très positif parce que cela leur a donné conscience qu’ils avaient certains droits.
A partir de là, ils sont devenus très revendicatifs sur d’autres sujets en disant : « C’est notre droit. »
Ils se révoltent d’autant plus qu’ils voient bien qu’ils sont victimes de discrimination.
Certains textes de lois ou certains comportements peuvent engendrer indirectement des discriminations.
Par exemple, une loi française impose aux Gens du voyage un livret de circulation.
* * * * *
« C’est un carnet de circulation avec la photo, les empreintes, la mesure, la commune de rattachement, comment je m’appelle, ma date de naissance, qui était mon père, qui était ma mère… Et il faut le signer tous les trois mois.
Vous savez, elle est là, la discrimination. Suivre la personne où elle va… Elle n’est même pas libre. On est en France, pourtant !
Il y a les cartes d’identité, mais nous, on est obligé de se présenter à la gendarmerie ou au commissariat tous les trois mois pour aller signer le carnet de nomade qu’ils nous ont donné. C’est nul, parce que ça fait 800 ans qu’on est en France, et on est toujours considéré comme des immigrés. C’est pas normal. On appelle cela de la discrimination.
Mon fils a voulu s’inscrire à l’ANPE, aux ASSEDICS, parce que comme il est RMIste, il est obligé de s’inscrire. Nous, comme on est des Gens du voyage, on a un livret de circulation… Ils lui ont refusé l’inscription parce qu’il n’avait pas de carte d’identité.
Oui, on demande une carte d’identité. Mon fils faisait du karaté, et on voulait prendre les carnets forains. Pour eux le livret de circulation n’était pas valable comme une carte d’identité.
J’ai voulu une carte d’identité, que j’ai demandée plusieurs fois. Ca m’a été refusé, je n’avais pas le droit. Un jour j’ai été à la préfecture, et je leur ai donné tout ce que j’avais : une carte d’électeur, une carte de sécu, un portable, une facture de portable… On m’a dit que c’était valable, qu’ils n’avaient aucun droit de m’interdire une carte d’identité. Et pourtant, ils refusent toujours.
La loi impose aux Gens du voyage un délai de rattachement de trois ans à la même commune avant qu’ils ne puissent s’inscrire sur les listes électorales, alors que tout autre citoyen est soumis à un délai de six mois.
« La carte électorale, je ne peux pas l’avoir, car je n’ai pas de domicile fixe. Combien de personnes sont sans domicile fixe et ne peuvent pas voter ? On aimerait bien pouvoir voter, mais on ne peut pas… En plus, il faut un certain nombre d’années domiciliées pour avoir la carte électorale…
Les discriminations faites aux Gens du voyage peuvent apparaître dans le logement. Par exemple,
certaines communes ne respectent pas l’obligation de construction d’aire d’accueil, ou exercent leur
droit de préemption de manière abusive.
* * * * *
« Ceux qui ont des terrains peuvent rester, mais ceux de passage doivent aller dans les terrains de passage. Mais ils sont toujours pris. Alors ceux qui veulent stationner doivent continuer à rouler pour trouver une place. Ce n’est pas évident.
Normalement, depuis 1990, dans le schéma départemental, des places auraient dû être prévues. Les communes, et surtout les préfectures, ont reçu des subventions. Mais cela n’a pas été fait.
Et pourtant c’est dans la loi, ils sont obligés.
Du coup, nous, quand on veut partir, on n’a pas de place. Alors où aller ? On rentre donc sur des terrains tels que celui-ci, des endroits qui ne nous sont pas réservés. On rentre sans rien casser, sans commettre d’infraction, et une fois dedans, on négocie.
Quand il n’y a pas de place, on est verbalisé.
Il faut que les gens sachent que ce n’est pas de notre faute, et que c’est la loi qui n’est pas appliquée. Sinon, on ne serait pas hors-la-loi.
La solution, c’est que les Gens du voyage se mettent en famille sur des terrains à eux. Qu’à quatre ou cinq familles, ils construisent une maison familiale.
Avoir un port d’attache, cela leur permet de voyager encore plus facilement : ils sont reconnus, ils ont des droits. C’est une revendication légitime de tout peuple qui a droit à l’existence.
On en a trouvé plusieurs, mais les agences ont refusé de vendre, parce qu’on était des Gens du voyage.
J’ai acheté un terrain pour en avoir un à moi, pour que mes gosses puissent aller à l’école à côté. Ca fait deux ans, je n’habite même pas dessus, ils ont porté plainte, ils ont fait des pétitions.
On allait là-bas, ils nous disaient : « Ah non, ils ne veulent plus vendre, les gens, ils sont en train de divorcer, ou ils sont en vacances, ou ils l’ont retiré de la vente. »
« Mais il y a toujours le panneau. » « Mais non, on va l’enlever, c’est le panneau de l’agence, ce n’est plus à vendre. » Ou « Ca y est, c’est vendu. » Alors que ce n’est pas vrai. Toujours des coups comme ça.
J’étais à la recherche d’un appartement, j’ai rempli mes dossiers à l’OPAC, au Toit Familial, je n’ai pas eu de réponse. J’ai pris le journal, je suis allée voir des particuliers, rien que le fait de me regarder, de m’entendre parler… Oui, on vous rappelle, et je n’avais jamais de réponse, là aussi.
J’ai demandé au Maire de me mettre le courant, il n’était pas d’accord. Il m’a dit : « Par contre, si EDF veut bien le mettre… »
J’ai été voir EDF, j’ai fait toutes les démarches, EDF est venu me mettre le courant. J’ai payé la facture, près de 200 €, pour faire mettre le courant, ils l’ont prélevée sur mon compte. Au bout d’une semaine, le Maire a été porter plainte pour faire enlever le courant. Vous trouvez ça normal, vous ?
J’ai acheté le terrain, mais le Maire ne veut rien savoir. Pourtant, on a droit au courant et à l’eau provisoires. Il m’a demandé : « Comment avez-vous fait pour trouver ce terrain ? » Je lui ai répondu : « Par le bouche à oreille. » Il me dit : « Mais vous ne pouvez pas acheter ailleurs ? »
Pourtant on a des droits, nous aussi, on est comme eux.
Après on perd confiance, dans la loi, dans tout.
On baisse vite les bras, au lieu de foncer. Pourtant, je suis une battante.
Moi, j’essaie de chercher un peu à droite à gauche des lois qui sont pour nous, en fin de compte.
Depuis l’an 2000, une directive européenne interdit les différences de traitement fondées sur un motif lié à l’origine.
En 2004, la France adopte une nouvelle loi qui précise que chacun a droit à un traitement égal, quelle que soit son origine.
Cette protection concerne l’emploi mais aussi l’accès à tous les services publics, et l’accès aux biens, notamment le logement, l’assurance, le service bancaire, la santé et l’éducation.
En même temps, la France crée une Autorité indépendante pour lutter contre toutes les discriminations, la HALDE, qui a pour mission de promouvoir l’Egalité, mais aussi de traiter les réclamations des personnes qui s’estiment victimes de discrimination.
Frédérique Hast, Juriste à la HALDE
* * * * *

La HALDE a le pouvoir d’enquête. Elle peut aider toute victime à prouver une discrimination. Par exemple, elle
peut exiger des documents que la victime n’a pas pu obtenir d’une administration, d’un employeur, ou autre.
Elle peut aussi questionner toute personne mise en cause. S’il y a bien discrimination, la HALDE peut proposer
une médiation, afin de trouver un accord.
Elle peut aussi proposer une transaction pénale, c’est-à-dire demander une indemnisation et faire payer une
amende à celui qui a discriminé.
Elle peut aussi saisir le Procureur de la République, ou intervenir devant le tribunal, dans l’hypothèse
où la victime décide d’aller devant le juge.
De manière générale, elle peut recommander de cesser toute pratique discriminatoire,
de la modifier, ou même de modifier un texte de loi.
Pour se renseigner, il suffit de composer le 08 1000 5000. Toute personne qui s’estime victime d’une discrimination
peut saisir directement la HALDE.
Elle peut aussi le faire avec l’aide d’un parlementaire, ou d’une association.
Pour saisir la HALDE, c’est très simple et c’est d’ailleurs gratuit. Vous pouvez écrire un courrier au
11, rue Saint-Georges, à Paris 9e,
ou vous pouvez aussi remplir un formulaire sur notre site, le site de la HALDE, au www.halde.fr.
Faire un recours à la HALDE, dans une situation de discrimination, bien sûr qu’on le refera,
que ce soit pour un problème de scolarisation, ou un problème d’accès aux droits aux comptes,
par exemple, ou un problème d’accès à la santé.
Le problème, c’est qu’on ne peut pas tout faire tous seuls, il faut aussi rencontrer des personnes
victimes de discrimination ayant envie de se battre. Nous, on pourra les accompagner.
Il faut qu’on s’exprime, et qu’on bouge. Si on reste dans notre coin, ça ne changera jamais. Ce sera toujours pareil.
On y a droit, on fonce, il ne faut pas avoir peur de foncer ! Il ne faut pas… Moi je suis une fonceuse. J’essaye.
Nous, ce qu’on peut faire faire avec vous, c’est un recours à la HALDE. Si vous le voulez, on peut vous aider et être le lien entre la HALDE et les familles, les ou la personne qui subit une discrimination. Mais on ne peut pas le faire tous seuls.
www.halde.fr
anti
16:39 Publié dans L'Univers d'Anti, Tous des humains | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : livres, roms, gens du voyage, poésie, édition, editions du puits de roulle, saintes maries de la mer, les voyageurs au sang d'or, kathy dauthuille
28 juillet 2010
Poèmes de la Dame du Voyage

Lors du dernier pèlerinage gitans des Saintes Maries de la Mer, Kathy Dauthuille et moi étions présentes pour présenter "Les Voyageurs au Sang d'or" à l'exposition qui se tenait au relai culturel. Cette exposition était organisée par l'association saintoise des gitans et de leurs amis, dont la présidente est Madame Thérèse Chevalier.
Nous vous avons déjà parlé des merveilleuses rencontres que nous avons faites là-bas ainsi que de l'accueil chaleureux que nous avons reçu (Voir les autres articles ici). Aujourd'hui me revient une anecdote. En visitant l'exposition, juste après la partie consacrée à l'histoire des Roms, je suis tombée sur une lettre, là, affichée au mur et j'ai pleuré en la lisant. Cette lettre, la voici :
Elle était signée Françoise Gaspard. Nous avons rencontré cette femme, extraordinaire de gentillesse et de simplicité, qui est l'auteur d'un livre : Mes cris par mes écrits. Poèmes de la Dame du Voyage.
La Dame du Voyage est une grande dame.
Aujourd'hui
est un grand jour
Je l'attendais
depuis toujours,
Ces larmes que
j'ai tant versées
sont imprimées
sur des feuilles de papier.
De mon stylo
Elles ont coulé,
Dans un livre,
Elles sont arrivées,
Maintenant,
Elles chantent,
Elles dansent
Elles sonnent
Et aujourd'hui,
Je réalise
Et plus rien
Ne m'étonne.
Thérèse, c'est Thérèse Chevalier qui a joué un rôle très important dans la naissance de ce livre. Je ne peux que vous inviter à découvrir cette histoire en vous procurant dès que possible Mes cris par mes écrits. Poèmes de la Dame du Voyage (Imprimer le bon de commande), et en en lisant les extraits disponibles avec Google en CLIQUANT ICI. Vous y découvrirez un monde, une âme, et laquelle ! celle de la Dame du Voyage.
Et pour finir, ce texte de Patrick Sébastien, écrit suite au drame qui s'est déroulé sur une plage italienne l'été 2008 où deux fillettes roms se sont noyées sous les yeux des touristes...
Y a-il un Dieu là-haut pour leur donner un toit ?
Un sourire une épaule, juste le minimum,
pour réparer un peu ce que casse les hommes.
Deux enfants en pâture, sous un soleil de plomb.
Deux enfants en couleur qui vendaient des bonbons.
Mais deux enfants d’ailleurs, des migrants, des oiseaux.
Alors, bien entendu pas de larmes, pas de mots.
Vous la voyez enfin, l’odieuse indifférence ?
Et qui va le briser ce putain de silence ?
Bien sûr que ça dérange, bien sûr qu’on compatit,
Bien sûr, c’est révoltant, mais qu’est ce qu’on a fait depuis ?
Et si c’étaient les miens et si c’étaient les vôtres ?
Il n’y a pas d’innocent, tout est de notre faute
Il suffit de changer le regard que l’on porte,
De se regarder moins, pour enfin voir les autres.
Ce ne sont que des mots, dans un téléviseur,
Au milieu de la fête, des guitares, des couleurs.
Ce ne sont que des mots, mais s’ils pouvaient un peu, changer
Votre regard, vous vous sentiriez mieux.
N’ayez pas peur de l’autre, n’ayez peur que de vous, peur d’oublier parfois
de plier les genoux pour s’approcher plus près du plus petit que soi.
C’est plus dur de croiser que de tendre les bras.
Ne soyez plus les chiens qui aboient sans raison,
A chaque caravane, à chaque autre façon.
Pour ceux qui nous ressemblent, aimer, c’est déjà ça ;
Mais c’est beaucoup plus fort d’aimer ce qu’on n’est pas
Patrick Sébastien, 22 décembre 08
anti
Photos Anna Galore
11:07 Publié dans L'Univers d'Anti, Tous des humains | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : livres, roms, gens du voyage, poésie, édition, editions du puits de roulle, saintes maries de la mer
27 juillet 2010
« Voix vives » à Sète
Grande fête de la poésie méditerranéenne contemporaine, le Festival VOIX VIVES de Méditerranée en Méditerranée accueille pendant neuf jours au mois de juillet plus de 100 poètes et des artistes venus de toutes les Méditerranée : Méditerranée latine, d’Afrique, des Balkans, d’Orient ou encore de celle que l’Histoire a « exportée » dans le monde (Amérique du Sud, Amérique centrale, Afrique de l’Ouest, Francophonie…).
Une invitation singulière et unique faite au public de découvrir une création poétique issue d’une culture commune à tout l’Occident, celle de la Méditerranée, dans laquelle chacun peut reconnaître autant ses propres racines que celles de ses voisins.
Une vaste plateforme ouverte aux poètes venus de toutes les rives, une représentation simultanée de tous les pays de la Méditerranée comme autant de passerelles entre les cultures et les peuples, une pluralité des lectures et des rencontres comme autant de partage d’une parole poétique plurielle.
Au cœur de Sète, ville de Paul Valéry et de Georges Brassens, le quartier historique s’ouvre tout entier pour accueillir la poésie (jardins publics et privés, places, rues, chapelle du Quartier Haut, parvis de l’église Saint-Louis ou du lycée Paul Valéry…) de la même manière que le font les lieux prestigieux de la ville (Théâtre de la Mer, phare du Môle Saint-Louis, Brise-lame, mont Saint-Clair) et, bien sûr, les bateaux.
Musiciens, conteurs, comédiens, chanteurs, chorégraphes accompagnent les poètes dans plus de 400 lectures et spectacles poétiques et musicaux. Des performances, des spectacles de rue, des « guinguettes » proposent des animations insolites en même temps qu’ils offrent des espaces de détente et de repos.

De grands concerts et des récitals (Théâtre de la Mer, Jardin du Château d’eau) se mêlent aux lectures et aux créations proposées par les poètes et les artistes tandis que le Quartier Haut, riche en ateliers d’artistes, est ouvert aux plasticiens et aux installations en extérieur.
Au cœur du Festival, La Place du Livre permet aux éditeurs et aux libraires de proposer les recueils des poètes invités ainsi qu’un panorama de la poésie contemporaine. Des animations permanentes sont programmées par le Festival et par les éditeurs : rencontres, lectures quotidiennes, dédicaces…
De la voix des poètes issus d’une Méditerranée à la fois une et multiple, retentit une parole de liberté, de regards sur le monde, de questionnements, de rencontres entre les cultures, de joie du partage.
Directe, synthétique, ronde ou crue, murmurante ou hurlante, la parole des poètes révèle d’emblée les évidences que parfois on ne sait ou n’ose formuler. Evidences enfouies dans le quotidien qui aveugle, sous la crainte qui jugule le dire.
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Parce que la parole des poètes crie
toutes les vérités, tous les drames, tous les bonheurs, les nôtres, ceux des autres, ceux de l’autre,
elle est nécessaire.
Comme peut l’être l’eau
à une terre desséchée, à un corps meurtri, à une bouche assoiffée.
Maïthé Vallès-Bled
Directrice du Festival
(Fondatrice et directrice du Festival de Lodève de 1998 à 2009)
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Source du texte
et
Crédit photos canal à Sète ; plage de Sète
Miss You
13:45 Publié dans Miss Terre et bouts de blogs, Raconte-moi une histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : poésie, nîmes et ses alentours








