21 janvier 2012

Kokopelli en marche pour la Victoire !

1778474754.jpgKokopelli ? Vous vous souvenez ? Non ? Alors relisez cet article, Kokopelli, un Joueur de Flûte Enchantée dans le Rêve de Gaïa.

Hier, j'ai reçu un mail de notre voisin d'Alès, qui m'a fait chaud au coeur ! Lisez plutôt :

Procès devant la Cour de Justice de l'Union Européenne:
Kokopelli en marche pour la Victoire !


Communiqué de Kokopelli du 19 janvier 2012


L’avocat général chargé du dossier Kokopelli devant la Cour de Justice de l’Union Européenne a donné aujourd’hui lecture publique de ses conclusions. Nous avons la joie d’annoncer qu’elles nous donnent entièrement raison !

En effet, le magistrat conclut à l’invalidité de l’interdiction de commercialiser des semences d’une variété non inscrite au catalogue officiel, et ce aux motifs que cette interdiction, portée par la législation Européenne aussi bien que par la réglementation Française, viole le principe de proportionnalité, la liberté d’entreprise, la libre circulation des marchandises, ainsi que le principe de non discrimination. La quasi-totalité de nos arguments ont été retenus !

De plus, l’avocat général n’a pas manqué d’affirmer, au contraire de ce qui était avancé par nos nombreux adversaires (Commission Européenne, Conseil de l’Union Européenne, République Française, Royaume d’Espagne et société Graines Baumaux), que, d’une part, les règles relatives à l’admission des semences au Catalogue Officiel n’ont « aucun rapport avec la santé des plantes », d’autre part, que « il appartient aux agriculteurs de décider des variétés qu’ils cultivent », enfin que cette législation limite excessivement le choix des consommateurs qui n’ont « ni accès aux denrées alimentaires ou autres produits issus de variétés qui ne satisfont pas aux critères d’admission, ni la possibilité de cultiver eux-mêmes ces variétés, par exemple dans leur propre jardin ».

De même, l’avocat général rappelle à juste titre que « le fait que les agriculteurs soient cantonnés à des variétés admises réduit enfin la diversité génétique dans les champs Européens ».

Il en conclut logiquement que « les inconvénients de l’interdiction de commercialiser des semences de variétés non admises l’emportent manifestement sur ses avantages. »

Nous sommes extrêmement satisfaits de ces conclusions et nous avons maintenant l’immense espoir que la Cour suive l’avis de son avocat général et vienne enfin mettre un terme au totalitarisme pluri-décennal de la législation sur le commerce des semences.

Pour plus d’information, voir sur le site de la Cour de Justice de l'Union Européenne (conclusions de l'avocat général disponibles dans plusieurs langues).

Blanche MAGARINOS-REY

Avocate de l’Association Kokopelli.



anti, ravie !

05 janvier 2012

18 milliards d'amende pour Chevron en Equateur

La bataille judiciaire a duré près de vingt ans mais pour une fois, ce sont les défenseurs de l'environnement qui ont gagné. Il y a deux jours, la justice équatorienne a confirmé en appel la condamnation de Chevron-Texaco (second plus gros groupe pétrolier américain) à payer une amende record de 18 milliards de dollars en réparation des pollutions répétées que ce groupe a fait subir à la forêt amazonienne depuis son arrivée dans le pays - nappes phréatiques polluées aux métaux lourds et aux hydrocarbures, pétrole déversé à même le sol à ciel ouvert sur plusieurs centaines de kilomètres carrés, cancers et malformations à répétition pour la population locale exposée, etc.

chevron equateur.jpgEn première instance, Chevron n'avait écopé "que" de 9 milliards mais le juge avait prévu de doubler la peine si la compagnie ne présentait pas d'excuses pour son comportement. Il faut croire que même cela était inacceptable pour les pétropollueurs.

Texaco, filiale de Chevron implantée en Équateur de 1964 à 1990, a bénéficié de concessions sur plus d'un million d'hectares de forêt primaire, un territoire sur lequel vivaient plus de 30 000 indigènes.

La toute première plainte a été déposée par Maria Aguinda, une Indienne quechua de 61 ans, qui vit dans une communauté indienne du nord-est de l'Équateur. Comme elle ne parle pas l'espagnol, c'est son gendre qui a fait office d'interprète dans ses contacts avec la presse internationale.

Puis, en 1993, une plainte collective a été déposée par une trentaine de victimes devant un tribunal américain. En 2001, la justice américaine a reconnu la compétence de la justice équatorienne pour instruire le dossier.

L'enquête a démontré que Texaco considérait les zones d'exploitation comme inhabitées et déversait tous ses déchets à ciel ouvert (comme si c'était une excuse). Devant leur accumulation, la compagnie a décidé de les utiliser pour recouvrir les routes empruntées par ses camions, aggravant encore la dispersion de produits toxiques dans l'environnement.

maria-aguinda.jpgBien entendu, Chevron a contesté le jugement, estimant qu'il était « un autre exemple flagrant du biais politique de la corruption de la justice équatorienne qui plombe le dossier ».

Vous avez bien lu, c'est Chevron qui accuse les juges qui lui sont défavorables de corruption à son détriment. Ironique comme ceux qui disposent de profits colossaux et sont prêts à tous les coups tordus pour en amasser encore plus sont prompts à accuser de corruption ceux dont ils empoisonnent et détruisent les richesses naturelles.

Devant le refus de Chevron de payer l'amende et la contre-attaque du groupe pétrolier qui a déposé plainte pour diffamation contre tous les plaignants équatoriens et qui a engagé un recours devant le tribunal international de La Haye, le gouvernement équatorien envisage de confisquer purement et simplement toutes les installations et stations-essence de Chevron sur son territoire. Les avocats équatoriens ont également lancé un appel à tous les pays où Chevron a des activités à porter plainte à leur tour.


Photos :
1 - L'avocat des plaignants, Pablo Fajardo à gauche (R Buendia/AFP)
2 - Maria Aguinda, l'Indienne quechua qui a fait plier Chevron (source web)

08 novembre 2011

Les avions vont voler à l'huile de friture

alaska airlines.jpgAprès les premiers tests réalisés par Virgin Atlantic en 2008 et par KLM en juin dernier, les compagnies aériennes américaines se mettent au biocarburant, motivées notamment par l'intégration du transport aérien au système européen d'échange de quotas d'émissions de CO2 dès 2012.

C'est ainsi qu'un vol United reliant Houston à Chicago a utilisé en début de semaine un mélange composé de 60% de fioul traditionnel et 40% de carburant à base d’algues, produit par l’entreprise californienne Solazyme dont je vous avais parlé de façon détaillée il y a un an.

La compagnie Alaska Airlines va, elle, utiliser sur certains de ses vols moyens-courriers un mélange utilisant 20% d'huile de cuisson usagée. «Nous pouvons utiliser de l’huile végétale ou de l’huile de cuisson, a expliqué Robert Ames, vice-président de la société Dynamic Fuels, qui produira le carburant pour Alaska Airlines. Une bonne image à donner est la graisse de friture produite par McDonald’s.»

Les émissions de gaz à effet de serre des avions devraient être réduites de 10% sur ces trajets. Seul inconvénient : le bio-carburant coûte six fois plus cher que le kérosène. Mais la quantité d’huile pouvant être exploitée laisse espérer une baisse des coûts

L’armée américaine devrait faire voler quarante de ses avions avec un mélange à base de bio-carburants d’ici à 2013. Solazyme espère pour sa part produire 90 millions de litres de carburant à base d’algues par an dès 2014.

Le système de quotas d’émissions européen va contraindre toutes les compagnies aériennes entrant ou sortant de l’Union européenne à racheter l'équivalent de 15% de leurs émissions de CO2 (moyennées sur la période 2004-2006) et devrait leur coûter 380 millions d'euros en 2012.


Cette note reprend de larges extraits d'un article d'Audrey Chauvet (20 Minutes)

05 novembre 2011

La planète n'est pas en danger. L'humanité oui.

Une analyse intéressante de Pierre Barthélémy sur son blog hébergé par Slate, dont je reproduis ici les principaux extraits en vous incitant à aller lire son article en intégralité.

Indien.jpg[...] On a pu constater, au fil des dernières années, une multiplication des campagnes médiatiques pour, je cite, “sauver la planète”. Pour “sauver la planète”, ne mangeons plus de viande car une vache élevée, c’est x hectolitres d’eau, y tonnes de CO2, z flatulences et éructations remplies de méthane. Pour sauver la planète, préférons le vélo à l’auto sur les petits trajets. Pour sauver la planète, isolons bien nos maisons et ne les chauffons qu’à 19°C. Pour sauver la planète, préférons des appareils électroménagers moins gourmands en électricité ou des ampoules basse consommation. Pour sauver la planète, recyclons nos déchets. Pour sauver la planète, lavons-nous moins souvent et nos vêtements aussi. Pour sauver la planète, consommons local. Pour sauver la planète, sortons du capitalisme [...]

A lire tous ces slogans, j’ai envie de dire une chose. Ceux qui les ont écrits se trompent de sauvetage. Ce n’est pas la planète qu’il faut sauver en agissant ainsi, mais bien l’humanité et, plus précisément, si l’on enlève l’hypocrisie, notre style de vie très confortable : je doute en effet que la majorité des humains mangent de la vache tous les jours, roulent en voiture, chauffent leurs maisons, aient quantité de grille-pain, de mixers et de machines à laver. Pour être très clair : la planète n’est pas à sauver parce qu’elle n’est pas en danger. [...] La vie a toujours repris ses droits même lorsque, il y a 250 millions d’années, 96% des espèces marines ont disparu ainsi que 70% des vertébrés terrestres.

Pourquoi ? Parce que ce système naturel qu’est la Terre s’ajuste aux conditions qui lui sont imposées. Dans le cas du réchauffement climatique, la planète retrouvera, dans quelques siècles, un équilibre. Simplement, il sera bien loin de celui que nous connaissons et nos descendants risquent d’y laisser des plumes [...]

Invoquer la sauvegarde de la planète pour inciter les gens à un mode de vie plus respectueux de l’environnement est un argument défectueux. Ne pas expliciter qu’en ayant dépassé les limites de notre biosphère nous mettons en péril la survie même de notre propre espèce s’avère une manière de fermer les yeux sur nos responsabilités et sur les défis qui nous attendent. [...].

C’est bien l’humanité qu’il faut sauver. La planète, elle, se sauvera toute seule.


Pierre Barthélémy
La planète n’est pas en danger. L’humanité oui

04 octobre 2011

Gaz de schiste, abrogation de trois permis

J'y faisais référence hier rapidement, trois permis de prospection de gaz de schiste en France viennent d'être abrogés. C'est une grande nouvelle pour les défenseurs de l'environnement, c'est à dire de la qualité de notre vie à tous. Les permis avaient été accordés à Total et à l'Américain Schuepbach dans le sud de la France, pour une surface totale de prospection de près de 10 000 km2 répartis sur sept départements du sud de la France.

gaz schiste AC.jpgLe danger majeur relevé par les opposants aux gaz de schiste est la technique mise en œuvre pour les extraire de la roche, la fracturation hydraulique. En effet, elle consiste à faire éclater la roche entre 1000 et 3000 mètres de profondeur avec un mélange sous pression d'eau, de sédiments et de produits chimiques dangereux, créant des milliers de fissures qui laissent remonter le gaz jusqu'à la surface, au risque quasi certain de polluer au passage les nappes phréatiques qui peuvent se trouver sur son passage.

Les deux projets de prospection de Schuepbach mentionnaient explicitement qu'ils auraient eu recours à cette technique. Or, la fracturation hydraulique a été interdite en France depuis juillet dernier. Il était donc logique que les permis correspondants soient abrogés.

Le cas est sensiblement différent pour le permis qui avait été accordé à Total. Le rapport du pétrolier indiquait en effet qu'aucun recours à la fracturation hydraulique ne serait mis en œuvre sur le site de 4000 km2 proche de Montélimar où il envisageait de procéder. Mais les alternatives décrites n'ont pas été jugées crédibles par Nathalie Kosciusko-Morizet.

«Total déclare vouloir maintenant chercher des hydrocarbures classiques, donc non gaz de schiste, dans une zone où le potentiel est très limité et alors même que Total se désintéresse de la recherche du conventionnel sur le territoire terrestre français depuis des années», a indiqué la ministre. «Et Total annonce aussi vouloir continuer à rechercher du gaz de schiste avec des techniques qui ne sont pas la fracturation hydraulique, or on sait aujourd'hui que ces techniques ne sont pas opérationnelles».

José Bové, à la tête du mouvement des anti-schiste, a fait part de sa satisfaction, tout en demandant plus de garanties autour d'autres permis. Pour les 61 autres permis d'exploration toujours en vigueur, dont 12 concernent des hydrocarbures non conventionnels, toutes les compagnies «ont pris l'engagement formel de ne pas recourir à la fracturation hydraulique», a indiqué le ministère.

Jeudi, l'Assemblée nationale doit discuter d'un texte déposé par le PS et les Verts visant à interdire l'exploitation des gaz et huiles de schiste «quelle que soit la technique».


Photo : Manifestation anti-gaz de schiste à Lézan dans le Gard, le 27 août 2011 (A. Chauvet, 20 Minutes)

08 septembre 2011

Carbaryl, le massacre silencieux

La plus grosse catastrophe industrielle de l'histoire - jusqu'à ce jour - s'est produite à Bhopal, en Inde, fin 1984. Dans cette ville se trouvait une usine appartenant à Union Carbide, une multinationale dont les produits le plus connus du grand public sont les piles Ucar (marque dont le nom est directement dérivé de celui de l'entreprise). L'usine en question fabriquait un insecticide, le Sevin, dont le composant principal est le carbaryl, un produit commercialisé depuis 1958.

bhopal.jpgLors de la fabrication de cet insecticide, qui tue indifféremment les insectes nuisibles (par exemple, parasites) et les utiles (par exemple, abeilles), l'un des produits intermédiaires du procédé de synthèse de l'époque était une molécule d'une toxicité effarante, l'isocyanate de méthyle. Elle était manipulée dans des conditions de sécurité quasi inexistantes pour des raisons d'économie.

De multiples rapports écrits par des experts indiens et américains tentèrent d'alerter la direction d'Union Carbide sur les risques de fuite massive de cette substance hors du site de production depuis sa construction en 1978 et jusqu'en 1984. Aucun responsable n'en tint compte, aucune action de sécurisation ne fut prise.

La fuite qui se produisit dans la nuit du 3 décembre 1984 causa 11 000 morts dans les jours qui suivirent. Plus de 500 000 autres personnes furent contaminées et en gardèrent de graves séquelles jusqu'à la fin de leurs jours.

Les victimes souffrirent de suffocations, perte de la vision, vomissements, œdèmes pulmonaires, nécrose des reins et du système digestif, neurodégénérescence, insuffisances cardiaques. La fréquence des mort-nés augmenta de 300% et celle des mortalités périnatales de 200%.

En juin 2010, après vingt-cinq ans de procès en Inde auquel le PDG américain d'Union Carbide ne s'est jamais présenté (il vit une retraite paisible à Long Island), seul des responsables locaux furent finalement condamnés aux peines les plus fortes prévues par la loi en cas de "mort par négligence". Des peines totalement dérisoires par rapport à l'ampleur du désastre : deux ans de prison et une amende de 1500 euros chacun. Ça ne fait pas cher la vie humaine détruite.

bhopal 2.jpg
Le carbaryl n'est pas le coupable direct de cette tragédie. Il n'en a été que le complice. Mais son histoire ne s'arrête pas là.

La plus grosse catastrophe écologique de l'histoire se produit en ce moment, sous nos yeux. Il s'agit de la disparition d'un nombre astronomique d'espèces à un rythme jamais connu auparavant. De nombreux scientifiques pensent qu'elle annonce la sixième extinction massive depuis que la vie est apparue sur Terre. Elle est liée entièrement à la prolifération de l'Homme et à ses conséquences: déforestation, prédation vis à vis des autres espèces, pollution et changement climatique. A une vitesse cent fois plus rapide que dans les cinq extinctions de masse précédentes, 70% des espèces végétales ont déjà disparu et 50% des espèces animales (l'être humain y compris) sont très fortement menacées de disparaître aussi d'ici la fin de ce siècle.

grenouille morte wiki.jpg
L'exemple le plus récent, parmi des milliers d'autres, est celui de la disparition depuis trente ans de 30 à 40% des amphibiens qui peuplent notre planète. Les amphibiens, ce sont les grenouilles, les crapauds, les salamandres et les tritons. Ils ont pour point commun de respirer, de boire et d'absorber certains éléments minéraux principalement par la peau. On retrouve leurs cadavres par milliers dans des positions parfois surprenantes, comme par exemple ces grenouilles qui semblent assises au bord de leur ruisseau mais qui sont sans vie, comme surprises quasi instantanément par la mort. Ou ces autres qui dérivent en convoi, le ventre à l'air.

grenouilles mortes.jpgOn sait depuis 1998 que ce qui les tue est un minuscule champignon qui bouche leurs pores, ce qui les asphyxient ou provoque des arrêts cardiaques. Sous l'effet de cette mycose fatale, leur peau normalement souple est devenue rigide comme du cuir séché.

Jusqu'en 1938, le champignon n'existait que dans une région très localisée d'Afrique du Sud. Le développement du commerce international a permis sa diffusion en quelques décennies à l'échelle de toute la planète.

Alors que des équipes de biologistes essaient de mettre au point des méthodes qui permettraient de sauver les animaux infectés ou d'éradiquer le champignon qui les tue, d'autres chercheurs ont pu mettre en évidence la raison qui fait que ce désastre ne se produit que depuis trente ans. Pourtant, aussi bien ce type de mycose (nommée chytridiomycose) que les amphibiens existaient depuis bien avant les années 80.

En lisant il y a quelques jours un article consacré à cela, la première question qui m'est venue à l'esprit a été : pourquoi les amphibiens n'ont-ils pas tous succombé à ce champignon depuis déjà des milliers, voire de millions d'années ?

Parce que cette "épidémie" doit tout à l'Homme. On le sait depuis 2006 : le vrai responsable est un pesticide. Pas n'importe lequel. Le carbaryl. Celui-là même qui était produit à Bhopal par Union Carbide.

Plusieurs publications ont démontré que les grenouilles exposées à des doses faibles, en théorie "non dangereuses", de carbaryl voyaient leur système immunitaire s'effondrer et leur sensibilité au champignon augmenter au point de le rendre mortel.

sevin.jpgLe carbaryl est autorisé un peu partout dans le monde comme composant d'un grand nombre de pesticides. Il a été partiellement interdit depuis 2008 en France dans un certain nombre d'entre eux (mais pas dans d'autres) en raison de sa dangerosité incontestable. Rares sont les pays qui l'ont totalement interdit : Grande-Bretagne, Australie, Danemark, Suède, Allemagne et Angola.

Il est actuellement produit par Bayer, au rythme de dizaines de millions de kilos par an.

En 2007, une spécialité vétérinaire a été retirée du marché, le carbaryl qu'elle contenait s'étant révélé cancérogène. Une étude publiée en 2010 aux USA démontre qu'il est responsable d'un nombre élevé de cancers mortels de la peau chez les agriculteurs. Une autre, dès 1981, suspectait son effet dénaturant sur le sperme humain, conduisant ainsi à des fausses couches, des bébés non viables, des malformations ou divers degrés de stérilité.

Malgré ces faits établis, non seulement son usage industriel reste massif, mais il est aussi l'un des insecticides les plus utilisés par les particuliers dans leur jardin.

Et silencieusement, de façon indirecte ou directe, le carbaryl continue à tuer et à empoisonner partout où il passe.


Sources : suivre les liens dans le corps de l'article.
Photos :
- Bhopal : divers sites web d'information
- Grenouilles victimes de la chytridiomycose : Wikipedia et Joel Sartore

20 avril 2011

La crise fait baisser les gaz à effet de serre

Une info intéressante vue sur 20 Minutes aujourd'hui : en 2009, les émissions de gaz à effet de serre ont baissé en Europe comme jamais depuis 1990, sous le simple effet de la crise économique.

"La récession a fait chuter les émissions de gaz à effet de serre (GES) de l'Union européenne de 7,2% en 2009. Cette baisse donne à l'UE une certaine avance sur les réductions qu'elle s'est engagée à réaliser, comme le montrent mercredi des statistiques rendues publiques par l'Agence européenne de l'environnement. «L'ampleur de la récession en 2009 a touché tous les secteurs économiques de l'UE», écrit l’agence dans un rapport. «La consommation de combustibles fossiles a chuté par rapport à l'année antérieure, essentiellement pour ce qui est du charbon».

Les émissions de GES des vingt-sept sont tombées à l'équivalent de 4,60 milliards de tonnes de dioxyde de carbone en 2009, contre 4,96 milliards de tonnes en 2008. La chute de 7,2%, soit 354 millions de tonnes, équivaut en gros aux émissions de l'Espagne ou de la Pologne pendant un an. Cette baisse est plus marquée que tout autre recul annuel depuis 1990, date à laquelle les pays industrialisés ont entrepris de collecter des statistiques sur les émissions de GES."


Source : Diminution des émissions de gaz à effet de serre dans l'UE en 2009 (20 Minutes)

06 avril 2011

Gaz de schiste : vers l'interdiction

schiste sud-est.jpgLe projet d'exploitation des gaz de schiste en France est en train de réunir une quasi unanimité dans la classe politique. La bonne nouvelle, c'est que tout le monde est contre, de l'UMP au PS, du FN aux centristes, avec bien sûr les écologistes en tête.

Dernier rebondissement : Jean-Louis Borloo, qui avait délivré trois permis d'exploitation de gaz de schiste en mars 2010 alors qu'il était ministre de l'Ecologie vient de déclarer qu'il s'était trompé. Il a déposé lundi une proposition de loi visant à interdire la recherche et l'exploitation de gaz et d'huiles de schiste en France.

Son revirement doit probablement plus à des arrière-pensées électorales, maintenant qu'il se voit présidentiable contre son ex-patron, qu'à une repentance sincère du genre "j'pouvais pas faire autrement quand j'étais sous Sarko". Mais bon, puisque ça va dans la bonne direction, on ne va pas s'en plaindre.

Sa proposition de loi prévoit «l'abrogation de tous les permis exclusifs délivrés» et pour «l'avenir impose la composition d'une étude d'impact et la tenue d'une enquête publique dans les conditions prévues par le code de l'environnement».

Côté UMP, le président du groupe a déjà déposé vendredi dernier une proposition de loi visant à interdire l'exploration et l'exploitation d'hydrocarbures non conventionnels en France. Les socialistes ont aussi déposé un texte allant dans le même sens. Tout cela sera débattu à la mi-mai à l'Assemblée.

Quant à la ministre de l'Écologie, Nathalie Kosciusko-Morizet, elle a confirmé devant les députés qu'il n'y aurait pas d'exploitation de gaz ou d'huile de schiste si les procédés d'extraction restaient aussi dangereux pour l'environnement que ceux actuellement proposés par l'industrie pétrolière.

Un moratoire a été instauré le 11 mars 2011 dans l'attente de rapports prévus pour les prochaines semaines.

20 mars 2011

Sortir du nucléaire, le plan des écologistes

eolienne nucleaire.jpg
Les évènements survenus au Japon ont remis au cœur des débats les dangers présentés par l'énergie nucléaire. La France possède le deuxième plus gros parc de centrales nucléaires du monde et notre électricité en dépend à 80%. Peut-on sortir du nucléaire ? Est-ce réaliste ?

Éric Besson, ministre de l'Industrie et de l'Énergie, a mis les écologistes au défi de le démontrer : "Il faut que ceux qui prônent la sortie du nucléaire disent exactement comment ils entrevoient cela et surtout quelles seraient les conséquences économiques, financières, sociales pour les Français".

Le Post a collecté sur divers médias les réactions et propositions de quatre leaders écologistes : Cécile Duflot, Daniel Cohn-Bendit, Noël Mamère et Yves Cochet. Voici l'essentiel de leurs réponses.

duflot.jpgUn plan sur 20 ou 25 ans

Les leaders écologistes s'accordent sur un délai de 20 à 25 ans pour que la France puisse se passer du nucléaire, de manière progressive et en jouant sur plusieurs élements en même temps.

"Le risque de l'exploitation du nucléaire est tellement extrême qu'il faut choisir de développer d'autres énergies - comme les énergies renouvelables- et pousser simultanément à une politique d'économie d'énergie", a résumé la secrétaire nationale d'Europe Ecologie-Les Verts, Cécile Duflot, mardi, sur France Info.

Fermer ou ne pas prolonger la vie des centrales actuelles

"La priorité est de ne pas prolonger la vie des centrales actuelles et de 'mettre le paquet' sur une alternative", indique Noël Mamère, dans un chat au Monde.fr.

"Qu’est-ce que ça veut dire sortir du nucléaire en France ? C’est décider de ne pas renouveler le parc nucléaire et de ne pas prolonger les centrales", renchérit Daniel Cohn-Bendit dans une interview à Libération, publiée mardi.

cochet.jpgFaire la chasse au gaspi et améliorer l'efficacité énergétique

Pour Yves Cochet, la France peut diviser par deux sa consommation d'électricité, en baissant la part consommée dans les trois secteurs les plus gourmants en la matière : l'industrie, le résidentiel et le tertiaire. Sachant qu'au total, la France consomme annuellement environ 450 milliards de kilowatt-heure d'électricité, selon l'ex-ministre de l'Environnement.

- l'industrie : le potentiel d'économie de l'électricité est à peu près de 40 % dans ce secteur, selon Yves Cochet. Comment ? En améliorant les moteurs et en jouant la production de chaleur, l'éclairage et les ondes.

- le résidentiel : On peut y faire 60 % d'économie en mettant en place des diodes électroluminescentes pour éclairer les habitats. Pour les appareils électroménagers, on peut également améliorer la performance de ces appareils. Il faut aussi supprimer les chauffages électriques au maximum, qu'ils servent à chauffer les habitats ou l'eau.

- le tertiaire : possible d'économiser 50 % d'électricité dans ce domaine. Comme dans le résidentiel, possible de faire des économies sur les chauffages, sur les ordinateurs...

Avec les mesures qu'il propose, et qui passent par une politique de sobriété, le total d'électricité nécessaire serait donc d'environ 225 milliards de kilowatt-heure.

Pour que la France puisse se passer, en 2035, de ces 225 milliards de kilowatt-heure restant, Yves Cochet prône le développement de cinq ou 6 filières renouvelables.

cohn-bendit.jpgDévelopper d'autres énergies (photovoltaïque, éoliennes...)

"Il faut développer les énergies alternatives pour avoir de moins en moins besoin du nucléaire", propose Daniel Cohn-Bendit.

"Il faut mettre le paquet sur les énergies renouvelables, sur la recherche et le développement dans ces secteurs, qui restent très largement inexploités dans notre pays, à cause de la prééminence du nucléaire", selon Noël Mamère.

Yves Cochet présente sur Le Post, les cinq ou six filières d'énergies renouvelables et leurs objectifs.

- le gros hydraulique : conserver, voire développer les grands barrages (objectif de produire 70 TWh en 2035).

- le micro hydraulique : avec des petits barrages dans des ruisseaux ou des torrents, en prenant soin de ne pas perturber l'écosystème (objectif de 5 TWh).

- l'éolien : développer cette filière (objectif de passer de 10 à 100 TWh).

- le photovoltaïque : développer cette filière (objectif de passer de 5 à 20-25 TWh).

- la biomasse : possible de produire de l'électricité avec la combustion du bois (objectif de passer de 5 à 20 TWh).

- la géothermie profonde : tirer de la chaleur en allant la chercher dans le sol.

Combien coûte ce plan ?

300 milliards d'euros, selon Yves Cochet. Pour comparer, il souligne qu'entre 350 et 400 milliards ont été investis dans le programme électro-nucléaire en France, depuis 1973.

Sans nucléaire, l'électricité serait-elle alors plus chère ?

C'est l'argument massue des pro-nucléaires. "C'est grâce au nucléaire que nous avons une électricité 40% moins chère que la moyenne des autres pays européens", selon Eric Besson.

mamère.jpgLes écolos rejettent cet argument. "L'électricité coûtera au contraire beaucoup moins cher car si on est vertueux et qu'on arrive à moins consommer, on dépensera moins en énergie", assure Yves Cochet.

"L'argument des tarifs est faux, parce que tronqué", affirme de son côté Noël Mamère. "Même certains ingénieurs pro-nucléaire reconnaissent que le prix de l'éolien ou du photovoltaïque est à peu près le même que celui du nucléaire. Pourquoi ? Parce que l'on n'intègre pas le coût du traitement des déchets nucléaires, les subventions de l'État visant à l'exportation de notre électricité, ni surtout, le coût du démantèlement d'une centrale, qui n'a jamais été vraiment évalué."

Quelles conséquences pour l'emploi dans l'industrie nucléaire ?

Pour Cécile Duflot, le projet de sortie du nucléaire des écolos consiste "à la fois à former et à développer une industrie des énergies renouvelables, qui permet la reconversion professionnelle et de maintenir l'emploi, voire d'en créer dans l'industrie des énergies renouvelables".

"Investir dans les économies d'énergie et l'efficacité énergétique, comme dans la recherche et développement sur les énergies renouvelables, c'est créer des emplois non délocalisables, et donc revitaliser l'économie", estime de son côté Noël Mamère.

"La France doit devenir championne du démantèlement de centrales nucléaires et exporter son savoir-faire en la matière", estime Yves Cochet.

Quels efforts demandés à la population ?

"Nous sommes dans une société de gaspillage et il est possible de s'orienter de manière forte vers une société de sobriété énergétique par la voie démocratique et consentie", souligne Noël Mamère.

"Le comportement doit être vertueux. Cela nécessite un effort citoyen mais la technologie peut aussi nous aider, avec par exemple des systèmes de lumière reliés à des détecteurs de présence. La fiscalité peut aussi inciter les gens à aller dans ce sens", pense Yves Cochet.


Source : Voici le plan des écolos pour sortir la France du nucléaire en 2035 (Le Post)
Photos prises sur le web, sauf la première de moi

27 février 2011

No gazaran ! Non à l'exploitation des gaz de schiste

gaz de schiste.jpgNous vous avons déjà alertés ici sur les risques considérables que présente l'exploitation des gaz de schiste. De l'eau du robinet qui prend feu ? Oui c'est possible. Et ce n'est que l'un des nombreux dangers de cette technique incontrôlable d'extraction.

Pour le moment, après le lancement d'un chantier immense en Ardèche, Nathalie Kosciusko-Morizet, la ministre de l'Environnement, a annoncé la suspension de tous les travaux.

Plus de 10 000 personnes, dont José Bové, étaient hier en Ardèche pour dire "Stop au gaz de schiste".

Derrière le slogan "No gazaran", les manifestants se sont rassemblés à Villeneuve-sur-Berg pour marquer leur opposition à l'exploitation de ce gaz emprisonné à 3.000 mètres sous terre. Principales inquiétudes des opposants: la pollution des nappes phréatiques et les dégâts sur les activités rurales et touristiques.

Pour extraire ce gaz, il faut effectivement forer des puits tous les 200 mètres et y injecter des millions de m3 d'eau additionnée de sable et de produits chimiques afin de libérer les particules gazeuses.

En contrebas, la plaine de Mirabel, des fermes, des vignes, des cultures, un camping. Au loin, les montagnes si chères à Jean Ferrat. Ici, "ils risquent de forer deux puits" et d'ériger une torchère, pour brûler les gaz, explique Guillaume Vermorel, spéléologue et l'un des initiateurs du rassemblement.

gaz du schiste 2.jpeg"Ils"? Les industriels Schuepbach Energy et GDF-Suez qui ont obtenu un permis pour explorer 930 km2 autour de Villeneuve. Deux autres permis, dits de Nant (Aveyron) et Montélimar (Drôme), ont été accordés en mars 2010 par les services de l'ancien ministre de l'Environnement, Jean-Louis Borloo.

Devant la fronde grandissante des élus locaux et régionaux, des riverains et des écologistes, Nathalie Kosciusko-Morizet a annoncé début février la suspension des travaux d'exploration dans l'attente des conclusions d'une mission d'évaluation des enjeux environnementaux, en juin.

Pour appuyer leur combat, les différents collectifs départementaux se sont par ailleurs constitués samedi matin à Valence en coordination nationale.

Dans la foule, Alain Gibert, maire écologiste de Rocles, estime qu'"il se passe la même chose qu'avec les OGM: les populations ne sont pas consultées". Et les maires non plus. Alors, dans sa commune ardéchoise de 240 habitants, il a pris, comme contre les OGM, un arrêté pour interdire l'exploitation de ce gaz.

A ce jour, la préfecture ne l'a toujours pas contesté. Et la culture des OGM est toujours interdite en France.

Source : AFP
Photos : Yan Doublet - Le Devoir (1) et AFP (2)

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