18 février 2012
Pesticides : 800 000 professionnels vont devoir retourner à l'école
Nous vous parlions dernièrement de la condamnation de deux empoisonneurs (Monsanto et Eternit condamnés, sale temps pour les empoisonneurs). De nombreux lecteurs du blog sont intéressés par un monde plus respectueux de la nature aussi je vous recommande le site : Bioaddict.fr, très riche, dont voici un article tout à fait dans l'air du temps.
Pesticides : 800 000 professionnels vont devoir retourner à l'école, un article de Mathilde Emery.
800 000 professionnels concernés par les produits phytosanitaires, dont les agriculteurs, les distributeurs, et les conseillers, vont devoir suivre obligatoirement une formation ou une évaluation. L'objectif est de réduire le recours aux pesticides, de mieux sécuriser leur utilisation et de diminuer les risques pour la santé et l'environnement.
Beaucoup d'agriculteurs se plaignent de ne pas avoir été, et de ne toujours pas être, bien informés sur la toxicité des pesticides et le bon usage de ces produits. Cette mésinformation, qui n'est pas innocente de la part de certains industriels, a indiscutablement entrainé des utilisations abusives et inconsidérées de pesticides, qui ont ainsi mis, et continuent à mettre notre santé en péril, et la leur aussi. Monsanto vient ainsi d'être reconnu coupable de l'intoxication d'un agriculteur qui avait utilisé le Lasso, un herbicide très puissant.
Dans le cadre du Grenelle de l'Environnement, les ministères de l'Ecologie et de l'Agriculture ont donc mis en place en 2008 le plan " Ecophyto 2018 " avec pour objectif réduire progressivement l'usage des pesticides de 50% d'ici 2018. Ce plan prévoyait une formation adaptée des professionnels avec la remise d'un " certificat individuel produits phytopharmaceutiques " (dénommé Certiphyto) validant la formation (mais ce n'est pas un diplôme). Et il s'inscrit dans le cadre européen d'une utilisation des pesticides compatible avec le développement durable.
800 000 professionnels à évaluer et à former
Plus de 140 000 professionnels ont ainsi pu bénéficier de la formation entre 2009 et 2010. Mais c'est très insuffisant.
Le dispositif Certiphyto a donc été généralisé début janvier 2012 auprès de tous les professionnels qui ont un lien avec les produits phytopharmaceutiques. Et c'est donc 800 000 personnes qui vont devoir se former rapidement : les distributeurs, les conseillers et les utilisateurs professionnels. Ces derniers représentent la catégorie la plus nombreuse notamment composée des agriculteurs qu'ils soient exploitants agricoles ou salariés, sans oublier ceux qui sont dans les dispositifs d'entraide et les professionnels qui travaillent en CUMA ( Coopératives d'Utilisation de Matériel Agricole). Sont concernés aussi les professionnels des entreprises des territoires qui font des travaux agricoles ou forestiers, les entreprises d'application professionnelle, les entreprises du paysage et aussi les entreprises qu'on appelle " les grands comptes " et qui ont un lien avec les pesticides, la SNCF par exemple qui assure l'entretien des voies. Et enfin, les personnes qui travaillent dans les collectivités territoriales devront également être formées. La formation porte sur la réglementation des produits phytopharmaceutiques, la préservation de la santé et de l'environnement et les techniques alternatives.
" Le certificat individuel, va donc devenir obligatoire à court terme pour utiliser à titre professionnel les produits phytopharmaceutiques, les vendre ou conseiller leur utilisation. Et ce certificat, qui concourt à l'agrément des entreprises, sera également obligatoire pour acheter les produits phytopharmaceutiques à usage professionnel" indiquent les ministères de l'Ecologie et de l'Agriculture.
Bien entendu un délai est accordé pour acquérir la formation. Ainsi les personnes en activité dans les entreprises soumises à agrément pour les activités d'application en prestation de service, de distribution ou de conseil à l'utilisation de produits phytopharmaceutiques, auront jusqu'au 1er octobre 2013 pour obtenir le certificat.
Pour les professionnels des secteurs dont les entreprises ne sont pas soumises à agrément la date limite a été fixée au 1er octobre 2014.
Comment obtenir le certificat ?
Plusieurs voies d'accès au certificat ont été retenues afin de répondre à la diversité des professionnels :
La première est celle de la formation d'une durée de deux à quatre jours, sur quatre thèmes : la réglementation, la santé, la protection de l'environnement et les techniques alternatives.
Une deuxième voie est réservée aux personnes qui ont déjà des connaissances avérées en la matière, qui ont suivi des stages, par exemple, ou qui, dans le cadre de leur activité professionnelle, on suivi l'actualité en matière de réglementation, en matière de travaux de recherche, en matière d'évolution de technologie. Pour obtenir le certificat un test suffira. Il portera sur les 4 mêmes thèmes que la formation.
Enfin, bien entendu, les personnes qui ont obtenu des titres ou diplômes depuis moins de 5 ans seront exemptées.
Où s'adresser ?
En pratique la demande de certificat doit être effectuée par téléprocédure en se connectant sur le site www.mon.service-public.fr et en suivant les instructions.
La formation est assurée par les 300 organismes habilités par les DRAAF et accessibles sur les sites des différentes DRAAF ou DAAF.
C'est la DRAAF ou la DAAF qui instruit le dossier. Le directeur de la DRAAF ou de la DAAF délivre le certificat qui est ensuite édité et expédié au bénéficiaire par FranceAgriMer, un établissement public du ministère de l'Agriculture.
Enfin la durée de validité du certificat est de seulement 5 ans, mais elle est portée à 10 ans pour les personnes qui travaillent en exploitation agricole
Nul doute que ces actions de formation et de sensibilisation vont ouvrir les yeux de beaucoup de ceux qui doutaient de la toxicité des pesticides, ou qui ne voulaient pas savoir.
Mathilde Emery
anti
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23 janvier 2012
Humus, Homme, Humilité, Terre
Dans l’immense chaudron des océans, les éruptions continues et les décharges incessantes d’éclairs monstrueux créèrent les briques élémentaires de tous les futurs systèmes vivants. Les acides nucléiques formèrent les premiers brins d’ADN. Il en fut de même pour les acides aminés qui s’enchaînèrent en protéines de plus en plus complexes. Tout cela grâce à un troisième miracle :
aucun de ces assemblages n’aurait jamais pu se faire sans le rôle de catalyseur joué par l’argile.
La première des convergences.
Tout le reste n’a été qu’évolution.
L’argile… L’Homme descend d’un mélange de terre et d’eau, comme le racontent les mythes fondateurs.
Anna Galore, in Le septième livre
Hier, en travaillant un cours de SVT avec Anghbor, je lui ai parlé de Lydia et Claude Bourguignon, les fondateurs du LAMS qui est un laboratoire d'analyse de sol spécialisé dans l'étude écologique de profil cultural pour restaurer la biodiversité des sols de terroir afin d'améliorer la qualité et la typicité des vins et des denrées agricoles. Si vous avez vu le documentaire de Coline Serreau : "Solutions locales pour un désordre global", vous vous souvenez certainement de ce couple fort sympathique.
Et je suis tombée sur cette vidéo :
dans laquelle Claude Bourguignon nous parle du mot humus qui a donné le mot homme, le mot humilité...
L’humilité, un texte de Philo pour tous
Le terme humilité est à rapprocher du mot humus, qui en est la source étymologique, et qui a donné par ailleurs le terme homme. Cela semble signifier que l’humilité consiste, pour l’homme, à se rappeler qu’il est poussière (ou littéralement : « fait de terre », c’est-à-dire de la matière la plus commune). Cela semble indiquer aussi que l’humilité est une attitude proprement humaine : et de fait, si l’homme n’est pas le seul être dont on puisse dire qu’il fut tiré du limon, il paraît bien être le seul à le savoir.
Mais du coup, il est aussi le seul à pouvoir l’oublier — et pire : à vouloir l’oublier. Au-delà de l’image du matériau (terre, humus), le terme d’humilité renvoie en effet à l’idée d’une provenance étrangère, d’une impuissance à être sa propre origine ; il paraît impliquer aussi, du même coup, l’idée d’une incapacité à s’accomplir par ses seules forces ; en un mot, il s’agirait d’avouer qu’il n’est rien en nous, hormis peut-être nos fautes et nos manquements, que nous puissions nous attribuer à nous-même, à nous seul. Or cette double impuissance n’est pas facile à admettre ; elle semble, à certains, incompatible avec la dignité de l’être humain, et sa reconnaissance constituerait à leurs yeux une intolérable humiliation.
Mais justement, est-ce une même chose d’être humble et d’être humilié ? Être humble, est-ce se rabaisser, se manquer de respect à soi-même ? Cela doit-il conduire, en particulier, à accepter que les autres nous traitent comme « moins que rien » ?
Humilier quelqu’un consiste à nier sa dignité, ou du moins à manifester uniquement ses pauvretés et ses déficiences ; concrètement, cela revient souvent à le réduire à son animalité, ou à sa dimension purement physique : rien de plus humiliant pour un homme, par exemple, que de voir l’accomplissement de ses fonctions organiques privé du secret ou de l’habillage qui l’humanisent. Mais refuser cette humiliation, serait-ce manquer d’humilité ? Et inversement, faudrait-il refuser d’être humble pour échapper à l’humiliation ? Non pas, si humilité et affirmation de sa dignité sont, en vérité, compatibles, voire indissociables. Telle est du moins la position que l’on s’efforce ici de préciser.
D’une part, l’humilité ne consiste pas à se croire dépourvu de dignité, mais à se savoir incapable d’en être soi-même la source, et à se reconnaître impuissant à exister « à la hauteur » de celle-ci. En tant qu’être humain, je suis bien plus qu’un peu de boue (ou d’humus), contrairement à ce que suggère l’étymologie prise au pied de la lettre. Mais ce que je suis de plus, je ne me le suis pas donné à moi-même ; en outre, par mon comportement envers moi-même comme envers autrui, sans doute le trahis-je bien plus souvent que je ne l’honore. Ainsi, autant mon refus de ma dignité ne serait pas une vraie humilité (mais quelque chose qui pourrait être une profonde ingratitude), autant l’humilité véritable se manifeste par l’acceptation du fait que l’aide d’autrui m’est absolument indispensable. L’aide dont j’ai eu besoin pour être, tout simplement, en ce sens que je dois ma venue à l’être, et mon statut d’être pourvu de dignité, à autre chose ou à quelqu’un d’autre que moi-même. L’aide dont j’ai besoin, ensuite, pour tenter de ne pas être trop indigne de ma dignité : car précisément, celle-ci a quelque chose d’infini et d’absolu, qui fait de son plein respect une tâche au-dessus de mes forces — voire des forces humaines en général. Ainsi se préciserait la conciliation évoquée plus haut : être humble, ce n’est pas se considérer comme sans valeur, c’est au contraire voir sa propre grandeur et se sentir petit devant elle.
D’autre part et par conséquent, l’humilité ne saurait conduire à se laisser traiter comme un être sans valeur, et à accepter toutes les humiliations. Nulle incompatibilité entre être humble et exiger le respect : car ce dont j’exige le respect, à savoir ma dignité, c’est aussi ce dont je reconnais ne pouvoir être l’auteur. En ce sens, je demeure effacé et discret (« humble ») lors même que je mets en avant ma dignité d’être humain.
Concluons : il semble particulièrement important de ne pas se tromper sur le vrai sens de l’humilité, car toute erreur à son sujet irait forcément de pair avec une méprise sur le vrai sens de la dignité, et donc sur la juste attitude à avoir envers soi-même comme envers autrui.
A lire et à relire :
le très bel article de Sylvie : La prédation, c'est le viol
Vandana Shiva, la victoire des Neuf Graines
et plus généralement tous les articles regroupés sous le tag
Femmes je vous aime
anti, commençons par retrouver notre lien à la Terre.
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21 janvier 2012
Kokopelli en marche pour la Victoire !
Kokopelli ? Vous vous souvenez ? Non ? Alors relisez cet article, Kokopelli, un Joueur de Flûte Enchantée dans le Rêve de Gaïa.
Hier, j'ai reçu un mail de notre voisin d'Alès, qui m'a fait chaud au coeur ! Lisez plutôt :
Kokopelli en marche pour la Victoire !
Communiqué de Kokopelli du 19 janvier 2012
L’avocat général chargé du dossier Kokopelli devant la Cour de Justice de l’Union Européenne a donné aujourd’hui lecture publique de ses conclusions. Nous avons la joie d’annoncer qu’elles nous donnent entièrement raison !
En effet, le magistrat conclut à l’invalidité de l’interdiction de commercialiser des semences d’une variété non inscrite au catalogue officiel, et ce aux motifs que cette interdiction, portée par la législation Européenne aussi bien que par la réglementation Française, viole le principe de proportionnalité, la liberté d’entreprise, la libre circulation des marchandises, ainsi que le principe de non discrimination. La quasi-totalité de nos arguments ont été retenus !
De plus, l’avocat général n’a pas manqué d’affirmer, au contraire de ce qui était avancé par nos nombreux adversaires (Commission Européenne, Conseil de l’Union Européenne, République Française, Royaume d’Espagne et société Graines Baumaux), que, d’une part, les règles relatives à l’admission des semences au Catalogue Officiel n’ont « aucun rapport avec la santé des plantes », d’autre part, que « il appartient aux agriculteurs de décider des variétés qu’ils cultivent », enfin que cette législation limite excessivement le choix des consommateurs qui n’ont « ni accès aux denrées alimentaires ou autres produits issus de variétés qui ne satisfont pas aux critères d’admission, ni la possibilité de cultiver eux-mêmes ces variétés, par exemple dans leur propre jardin ».
De même, l’avocat général rappelle à juste titre que « le fait que les agriculteurs soient cantonnés à des variétés admises réduit enfin la diversité génétique dans les champs Européens ».
Il en conclut logiquement que « les inconvénients de l’interdiction de commercialiser des semences de variétés non admises l’emportent manifestement sur ses avantages. »
Nous sommes extrêmement satisfaits de ces conclusions et nous avons maintenant l’immense espoir que la Cour suive l’avis de son avocat général et vienne enfin mettre un terme au totalitarisme pluri-décennal de la législation sur le commerce des semences.
Pour plus d’information, voir sur le site de la Cour de Justice de l'Union Européenne (conclusions de l'avocat général disponibles dans plusieurs langues).
Blanche MAGARINOS-REY
Avocate de l’Association Kokopelli.

Le site de l'association se trouve ici
A lire sur le blog :
Effet Boomerang chez Monsanto
Les raisons de la colère
Repenser demain
Non aux OGM
OGM : Condamnation de la France
L'arnaque des OGM "sans danger"
Un noël sans OGM
Plus noir que vous ne pensez
Enfin un label "Nourri sans OGM
Monsanto : champs stériles en Afrique du Sud
Graines de discorde ?
Repenser demain
Déclin des abeilles et économie
Le grenier de la planète
Le Round-up, un poison pour vos enfants
Photo Kokopelli Wikipédia, les autres photos proviennent du site de l'association.
Plus ?
Tous les articles regroupés par mots-clefs que vous pouvez retrouver ici
anti, ravie !
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05 novembre 2011
La planète n'est pas en danger. L'humanité oui.
Une analyse intéressante de Pierre Barthélémy sur son blog hébergé par Slate, dont je reproduis ici les principaux extraits en vous incitant à aller lire son article en intégralité.
[...] On a pu constater, au fil des dernières années, une multiplication des campagnes médiatiques pour, je cite, “sauver la planète”. Pour “sauver la planète”, ne mangeons plus de viande car une vache élevée, c’est x hectolitres d’eau, y tonnes de CO2, z flatulences et éructations remplies de méthane. Pour sauver la planète, préférons le vélo à l’auto sur les petits trajets. Pour sauver la planète, isolons bien nos maisons et ne les chauffons qu’à 19°C. Pour sauver la planète, préférons des appareils électroménagers moins gourmands en électricité ou des ampoules basse consommation. Pour sauver la planète, recyclons nos déchets. Pour sauver la planète, lavons-nous moins souvent et nos vêtements aussi. Pour sauver la planète, consommons local. Pour sauver la planète, sortons du capitalisme [...]
A lire tous ces slogans, j’ai envie de dire une chose. Ceux qui les ont écrits se trompent de sauvetage. Ce n’est pas la planète qu’il faut sauver en agissant ainsi, mais bien l’humanité et, plus précisément, si l’on enlève l’hypocrisie, notre style de vie très confortable : je doute en effet que la majorité des humains mangent de la vache tous les jours, roulent en voiture, chauffent leurs maisons, aient quantité de grille-pain, de mixers et de machines à laver. Pour être très clair : la planète n’est pas à sauver parce qu’elle n’est pas en danger. [...] La vie a toujours repris ses droits même lorsque, il y a 250 millions d’années, 96% des espèces marines ont disparu ainsi que 70% des vertébrés terrestres.
Pourquoi ? Parce que ce système naturel qu’est la Terre s’ajuste aux conditions qui lui sont imposées. Dans le cas du réchauffement climatique, la planète retrouvera, dans quelques siècles, un équilibre. Simplement, il sera bien loin de celui que nous connaissons et nos descendants risquent d’y laisser des plumes [...]
Invoquer la sauvegarde de la planète pour inciter les gens à un mode de vie plus respectueux de l’environnement est un argument défectueux. Ne pas expliciter qu’en ayant dépassé les limites de notre biosphère nous mettons en péril la survie même de notre propre espèce s’avère une manière de fermer les yeux sur nos responsabilités et sur les défis qui nous attendent. [...].
C’est bien l’humanité qu’il faut sauver. La planète, elle, se sauvera toute seule.
Pierre Barthélémy
La planète n’est pas en danger. L’humanité oui
13:30 Publié dans Anna bloGalore | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : climat, pollution, biodiversité, ressources naturelles
31 octobre 2011
Sortir du nucléaire pour sortir de la crise
Du 26 au 30 octobre s'est tenu à Calvi la vingtième édition du Festival du Vent, éco-festival exemplaire pour l'environnement. L’écologie, il ne suffit pas d’en parler. Les organisateurs du Festival du vent l’ont bien compris: ici, tout est pensé pour limiter les consommations d’énergie et les impacts sur l’environnement préservé de la baie de Calvi, en Corse. Du merchandising aux prestations techniques, les fournisseurs ont été sélectionnés pas l’association Les amis du vent, dirigée par Carina Orru, épouse de Serge Orru, directeur général du WWF.
Quels sont les thèmes abordés dans le cadre de cet évènement ? Serge Orru répond : "Tous ! L'art, la science, le sport, l'économie, la sociologie, la philosophie. Mais, autour de l'écologie. Nous souhaitons montrer que l'écologie est l'épicentre de notre vie. Être écolo, c'est défendre son environnement immédiat et lointain, mais également prendre part à la lutte sociale, se battre pour les droits humains, pour la parité hommes/femmes, etc."
Au moment où la Belgique vient d'annoncer son retrait du nucléaire après la Suisse, l'Italie et l'Allemagne, les points de vue sur le nucléaire de Corinne Lepage, candidate à la présidentielle pour Cap21 et Michèle Rivasi, eurodéputée d'Europe Ecologie ont été recueillis par Audrey Chauvet (20 Minutes).
Sur quels points êtes-vous en désaccord concernant le nucléaire ?
Corinne Lepage: En dehors du nucléaire militaire, aucuns. Michèle dit qu’il faut donner l’exemple et nous débarrasser de l’arme atomique, je réponds que ce serait formidable mais que dans le monde actuel, il serait déraisonnable de priver la France et l’Europe d’une force de frappe nucléaire. Je suis pacifiste, mais réaliste.
Michèle Rivasi: Globalement, nous sommes d’accord, mais nous n’avons pas la même stratégie. Nous voulons sortir du nucléaire et pas tergiverser. Nous sommes pour l’instauration d’un ministère de la transition énergétique, pour l’efficacité énergétique et le développement des énergies renouvelables qui permet de fermer progressivement les centrales. Notre décision politique est plus nette sur ce point.
Pensez-vous que le nucléaire sera un sujet important dans la campagne de 2012 ?
Corinne Lepage: Je porterai ce sujet car il est très structurant sur le plan économique et industriel, et en termes d’organisation du territoire. Ce ne sera pas le seul sujet de la campagne, mais je souhaite en parler de manière économique: la sortie du nucléaire est la seule solution pour une ré-industrialisation de la France et pour sortir de la crise.
Michèle Rivasi: J’en suis persuadée car avec l’audit de la Cour des comptes sur le coût du nucléaire, la construction de l’EPR de Flamanville et la question de la fermeture de Fessenheim, la question énergétique va se poser. Il va falloir que les experts scientifiques soient honnêtes et présents pour éviter une désinformation sur ce sujet.
Quel est le programme de votre parti sur le plan énergétique pour 2012 ?
Corinne Lepage: La mesure phare est de ne plus construire de nouvelles centrales en France pour donner un signal clair en faveur des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique. Cela va créer de l’économie, des emplois, et réduira le coût de l’énergie pour les ménages. Je ne fais pas de fixation sur la date de sortie du nucléaire, mais il faut y arriver progressivement: sept millions de personnes vivent en France à proximité d’une centrale et on sait qu’un accident n’est pas inenvisageable.
Michèle Rivasi: Notre programme se fonde sur une transition énergétique qui, en sortant du nucléaire, permettra de réindustrialiser la France avec des emplois non délocalisables liés à la rénovation des bâtiments, à la recherche et développement pour fabriquer des appareils moins consommateurs d’énergie et au développement des énergies renouvelables. Les accords entre Europe Ecologie et le Parti socialiste passeront par la fermeture des centrales les plus à risque, l’arrêt de l’utilisation du Mox et l’abandon de l’EPR.
Propos recueillis par Audrey Chauvet, 20 Minutes
Photo : Audrey Chauvet - 20 Minutes
17:09 Publié dans Anna bloGalore | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : nucléaire, ressources naturelles, énergies renouvelables
30 septembre 2011
Bâtir Ecologique 2011, c'est ce weekend
Salon National de la Construction Écologique et de l'Habitat Sain
30 septembre, 1er et 2 octobre 2011
La huitième édition du salon Bâtir Écologique ouvre ses portes aujourd'hui à la Grande Halle de la Villette. Salon pionnier, engagé et indépendant, Bâtir Écologique, est depuis huit ans le rendez-vous national de la construction écologique et de l'habitat sain, reconnu pour sa rigueur dans la sélection des exposants et pour la qualité de ses conférences.L'homme et l'environnement au cœur de l'habitat
A l'heure où la crise économique tient le devant de la scène, quelques tristes événements nous rappellent combien nous sommes dépendants des énergies grises ou nucléaires. Les solutions proposées sur le salon Bâtir Écologique apportent des réponses concrètes à la sobriété énergétique, par des approches novatrices de l'habitat, tant dans la démarche globale d'urbanisme que peuvent adopter les collectivités que dans l'organisation de filières comme en témoigne le programme des conférences.
Favoriser l'économie et valoriser les ressources locales
D'autres approches sont possibles, en replaçant l'homme au cœur du dispositif, en travaillant à l'utilisation de matériaux naturels locaux et en valorisant les ressources naturelles. Mais la construction, la rénovation ou la restauration des bâtiments, enjeu majeur des années à venir, ne doit pas se faire à n'importe quel prix. Les exposants, les conférences, les ateliers et les animations de Bâtir Écologique marquent leurs différences par, certes une approche environnementale forte, mais également par une prise en compte permanente de la santé des occupants.
Depuis sa création, il y a huit ans, Bâtir Écologique a souvent été précurseur dans les domaines de la santé, de l'approche environnementale de l'habitat mais également dans la prise en compte des aspects sociaux.
Bâtir Écologique : un salon ouvert à tous
Le vendredi 30 septembre sera dédié aux visiteurs professionnels et élus locaux avec un programme de conférences traitant les thèmes de la copropriété, de l'insertion, de l'écologie urbaine, ou encore d'offre globale de professionnels. Deux cycles d'ateliers, l'un à destination des collectivités territoriales, l'autre tourné vers les techniques constructives sont également organisés.
Les deux jours du week-end sont ouverts à tous les publics.
Au total, plus de 30 conférences et ateliers seront proposés au visiteurs. Des projections permanentes de films en lien avec l'habitat écologique et des démonstrations viendront rythmer les trois jours du salon.
Grande Halle de la Villette / Espace Charlie Parker - 211, avenue Jean Jaurès -75019 Paris
Métro Porte de Pantin
Organisation : OETHICS - Allée de la Croix Verte - 27110 Le Neubourg
Tél. 02 32 35 62 38 - contact@batirecologique.com - www.batirecologique.com
11:30 Publié dans Anna bloGalore | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : ressources naturelles
Abel Granier, écologiste visionnaire
J'ai appris hier par un ami la disparition d'Abel Granier, à l'âge de 95 ans. Authentique visionnaire de la cause écologique, Abel Granier a consacré les plus belles années de sa longue vie à implanter et à développer l'agriculture biologique en Tunisie, pays où il a vécu une grande partie de son existence.
En 1953, Abel et Jane Granier prennent en charge la ferme de Bordj-Tell en zone semi-aride dont les terrains collinaires érodés et ruinés par les monocultures céréalières et les labours incessants ne portent plus que des productions dérisoires entre ravins et sommets pierreux.
Ils traiteront et réhabiliteront ces terres en utilisant les connaissances de l’histoire de l’Antiquité tunisienne et méditerranéenne pour l’un et l’expérience de la biodiversité locale pour l’autre.
De 1953 à 1960, une forêt de 70 000 arbres est plantée, une oliveraie de 11 000 oliviers est installée, ainsi que des prairies de sulla et luzerne, un programme d’assolements sur 10 ans, la création d'un troupeau de moutons de race et la constitution d'une étable de vaches laitières. De 1965 à 1969, la ferme de Bordj-Tell est considérée comme un modèle agricole pour tout le Nord de la Tunisie. Elle est actuellement louée par l’État à des sous-exploitants.
En 2001 est créée l'Association Abel Granier qui a pour but de pérenniser son œuvre : créer une conscience agronomique dans la société qui ignore trop souvent d’où proviennent les aliments nécessaires à son existence et mettre à profit l’expérience acquise à Bordj-Tell en établissant les moyens d’une formation pratique pour communiquer les procédés culturaux expérimentés avec succès dans la réhabilitation des sols détériorés et fragiles. Ses membres sont répartis entre la France, l'Allemagne, la Suisse et la Tunisie.
Les plantes se nourrissent de la terre et je me nourris des plantes (Diderot)
Pour recréer un sol vivant à partir de terres épuisées par une agriculture intensive peu soucieuse de leur pérennité, il faut rétablir la biosphère en obtenant la réapparition de la matière organique sur un terrain dégradé, en restaurant un milieu favorable aux micro-organismes, partenaires des végétaux, et en assurant l'absorption des intrants et des eaux pluviales.
Seules des plantes soigneusement choisies peuvent rétablir la matière organique. Il existe en effet des plantes pionnières, riches en résidus azotés importés de l'atmosphère par leurs partenaires microbiens, des plantes dont les racines restructurent le sol et assurent la conservation de l'azote et des plantes capables de subir la sécheresse élevée du climat du Maghreb où l'association a l'essentiel de son activité.
A titre d'exemple, la luzerne établie entre les oliviers permet de nourrir des vaches et des chèvres qui assurent une production laitière. La luzerne apporte également de l’azote aux arbres, assure le couvert végétal protecteur pour éviter l’évaporation des eaux d’irrigation et restructure le sol permettant un meilleur enracinement des arbres. Les jeunes oliviers commencent dès lors à entrer en production dès la 3ème année de plantation.
Grâce à Abel Granier, un nombre croissant d'étudiants et de petits exploitants locaux ont appris à réhabiliter de façon écologique leurs sols dégradés et assurer un suivi de leur planning agricole. Son association va désormais poursuivre sa route sans lui pour pérenniser son magnifique travail au service de la Terre et des bienfaits qu'elle nous offre lorsqu'elle est respectée.
Très belle journée à vous

Site officiel : Association Abel Granier
08:30 Publié dans Accueil, Nature | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : ressources naturelles, biodiversité
29 septembre 2011
Vandana Shiva, la victoire des Neuf Graines
J'ai lu, que dis-je, j'ai dévoré le weekend dernier un livre passionnant de Lionel Astruc préfacé par José Bové. Il retrace les combats et les victoires de Vandana Shiva contre le pillage de la biodiversité, en particulier dans son pays, l'Inde.
Vandana Shiva est née en 1952 dans l'Uttar Pradesh, au nord de l'Inde, dans les contreforts de l'Himalaya. Son père, initialement ingénieur dans l'armée avec salaire confortable, avait tout plaqué pour devenir un modeste garde-forestier par amour pour sa mère, femme cultivée ayant choisi de devenir agricultrice par conviction philosophique. Très influencée par l'exemple de Gandhi qui filait son propre coton pour se vêtir, elle donnait à ceux qui s'étonnaient de son choix la même réponse que lui : "Pourquoi d'autres devraient-ils le faire à ma place?".
Le grand-père de Vandana a succombé à une grève de la faim lorsqu'elle avait 4 ans. Pour lui, l'instruction était la base de l'émancipation et il refusait l'idée dominante à cette époque interdisant aux femmes de suivre des études. Avec l'appui de tout son village, il avait alors cessé de se nourrir et de boire pour obtenir l'ouverture d'une école pour filles là où il vivait. Les dignitaires cédèrent, malheureusement trop tard pour qu'il puisse voir sa victoire. Aujourd'hui, l'école Chotty Ram existe toujours et accueille 3000 jeunes filles.
L'impasse du nucléaire
Vandana Shiva, profondément motivée par ces influences fortes, se lança dans des études brillantes et apprit la relativité et la mécanique quantique avec un professeur particulier pendant qu'elle suivait les cours de son collège. Arrivée à l'âge de 20 ans, elle était considérée comme une physicienne de haut niveau et grâce à l'obtention d'une bourse prestigieuse, devint au début des années 70 la seule femme employée à la Commission de l'énergie atomique indienne, aux côtés de l'élite du domaine. Jusqu'au jour où sa sœur Mira, qui s'était lancée dans la médecine, lui posa la question : "Sais-tu quels risques tu cours avec ce travail ? Sais-tu par exemple à quel niveau de radiations tu t'exposes ? Sais-tu que tu peux un jour accoucher d'enfants déformés si tu continues ?"
Avec une sincérité totale, Vandana alla directement poser ces questions à ses collègues, qui lui répondirent des banalités. Elle raconte encore aujourd'hui : "Je ne supporte pas que l'on fasse obstruction au progrès de la connaissance ! J'ai été profondément choquée mais aussi effrayée de voir que cette discipline en laquelle je croyais tant pouvait être à ce point instrumentalisée." Elle claque la porte de la Commission et quitte l'Inde pour le Canada, où elle se lance dans des études théoriques sur la mécanique quantique.
Enlacer les arbres
Elle avait entretemps rejoint un mouvement de femmes indiennes nommé Chipko, ce qui signifie "enlacer les arbres". Ce mouvement s'était créer spontanément en 1973 dans certains villages pour s'opposer à la déforestation de leurs terres menée par certaines firmes. Les femmes encerclaient de leurs bras les arbres par groupes de trois, malgré les intimidations et parfois les coups.
C'est de cette époque que provient une conviction profonde de Vandana : à ses yeux, les seuls "experts reconnus" de la Nature sont les paysans et en particulier les femmes qui connaissent chaque graine, chaque plante, chaque arbre, chaque écosystème dans tous leurs détails. En Inde, les femmes travaillent trois fois plus longtemps que les hommes dans une ferme et elles sont, là-bas comme ailleurs, les plus conscientes des nécessités fondamentales de la vie.
Ainsi est né le concept d'écoféminisme, central au reste de son action.
A peine sa thèse en mécanique quantique soutenue dans l'Ontario en 1978, elle revient en Inde pour agir au quotidien aux côtés de Chipko. Son premier succès est remporté contre une industrie minière qui détruit des collines et pollue gravement l'eau près de son village natal. Elle réunit tellement de données démontrant la nocivité des carrières en question qu'elle parvient à traîner l'entreprise minière en justice devant le Cour suprême de l'Inde et à la faire condamner. Le verdict stipule que "quand le commerce détruit la vie, alors ce commerce doit cesser et la vie continuer."
Les neuf graines
En 1987, elle assiste à un séminaire dont les médias n'ont jamais parlé. Il se tient à Bogève, village minuscule de Haute-Savoie. Il rassemble des représentants d'entreprises, d'associations, ainsi que des activistes et des scientifiques venus d'une vingtaine de pays, qui s'intéressent à l'impact des biotechnologies sur la santé et l'environnement dans le tiers-monde. Il s'agit du premier de tous les débats mondiaux sur les organismes génétiquement modifiés et la question des brevets sur le vivant.
Ce qui va lancer le vrai combat de Vandana Shiva, ce ne sont pas les déclarations des activistes mais des industriels présents. Ces derniers évoquent leurs plans pour développer les OGM et prendre le contrôle des semences par le dépôt massif de brevets. Ils ajoutent qu'une concentration de leurs entreprises sera indispensable pour qu'il ne reste que quelques multinationales hyper-puissantes. C'est exactement ce qui s'est produit dans les années qui ont suivi, avec entre autres le rachat de de presque tous les semenciers de la planète par Monsanto.
Dans l'avion qui la ramène en Inde, Vandana essaie de résumer les choses avec un graphique. Elle voit dans l'histoire récente de l'humanité trois révolutions majeures : la révolution industrielle, la révolution chimique et celle qu'elle entrevoit, la révolution des graines. Elle va poser les bases de son combat en ces termes : de quel droit allait-on empêcher les paysans de reproduire eux-mêmes leurs semences ? Et pourquoi devraient-ils payer ce que la Terre leur offre gratuitement ?
Dans les mois et les années qui suivent, elle va créer et donner de l'ampleur une association qu'elle nomme Navdanya, ce qui signifie en hindi les neuf graines mais aussi le don renouvelé. Ce nom fait référence à une coutume paysanne. Pour savoir quelles semences planter pour la saison à venir, ils plantent neuf graines dans un pot le premier jour de la saison et regardent celles qui se développent le mieux au bout de neuf jours.
Le but de Navdanya va être de collecter, protéger et reproduire les multiples semences anciennes connues de tout temps par les paysans et de faciliter leur diffusion à qui en veut, plutôt que de recourir aux semences industrielles de bien moindre qualité et qui, de plus, rendraient les paysans esclaves des multinationales. Ils sont aujourd'hui plus de 500 000 à bénéficier en Inde de ce système d'échange basé sur le partage.
Les autres combats
Vandana Shiva est rapidement devenue l'une des altermondialistes les plus connues, aux côtés de José Bové, Teddy Goldsmith (créateur en 1969 de la revue The Ecologist), Maude Barlow qui lutte depuis 1990 sur la préservation de l'eau et le rôle central de la femme, et Jerry Mander, auteur de nombreux livres contre la croissance depuis les années 70. Ils ont mené plusieurs combats ensemble, faisant plier Coca-Cola qui implantait des usines polluantes en Inde ou manifestant contre l'OMC à Seattle en 1999.
Le livre sur Vandana raconte bien d'autres histoires, plus passionnantes et porteuses d'espoir les unes que les autres, en particulier sur le rôle de Darwan, jeune assistant de Vandana devenu son plus proche second grâce à ses réussites remarquables auprès de paysans à qui il a redonné non seulement leur savoir ancestral mais leur dignité, après une vague de suicides effarante dans leurs rangs (40 000 en 20 ans), liée à la diffusion de semences industrielles et de pesticides qui finissaient par ruiner des familles par dizaines de milliers.
Je vous en recommande la lecture avec la plus grande force.
Très belle journée à vous
Vandana Shiva, victoires d'une Indienne contre le pillage de la biodiversité
Un livre de Lionel Astruc, préfacé par José Bové.
Editions Terre Vivante www.terrevivante.org
Prix : 18 €, 190 pages
ISBN 978-2-36098-043-7
Vandana Shiva sur Twitter : http://twitter.com/#!/drvandanashiva
Le site de Navdanya : http://www.navdanya.org
Les photos qui illustrent cet article sont tirées du livre.
07:01 Publié dans Accueil, Coups de coeur, Nature | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : ressources naturelles, biodiversité, femmes je vous aime, ogm, monsanto
21 septembre 2011
Ressources annuelles de la Terre épuisées fin septembre
Depuis les années 70, les besoins annuels des hommes se sont mis à dépasser les ressources naturelles générées par la Terre sur la même période. Et depuis, cela s'est aggravé tous les ans. En 2000, la date du dépassement s'est produite début novembre. En 2011, elle aura lieu d'ici fin septembre.
La conséquence est que nous consommons "à découvert" de plus en plus tôt ce que notre planète peut nous fournir comme stock.
Cela signifie que pour terminer l'année, il va falloir que nous augmentions la sur-pêche ce qui va faire empirer la baisse des stocks de poissons dans les océans, que nous allons devoir couper plus d'arbres qu'il n'en est replanté et que nous allons rejeter plus de CO2 que ce que notre planète peut absorber.
«C'est comme avoir dépensé son salaire annuel trois mois avant la fin de l'année, et grignoter ses économies année après année», explique dans un communiqué le président de Global Footprint Network, Mathis Wackernagel.
La date exacte, cette année le 27 septembre, ne peut être en réalité calculée au jour près mais elle est indiquée de façon symbolique par un organisme nommé Global Footprint Network (un réseau basé aux US, en Belgique et en Suisse qui analyse notre empreinte écologique globale).
Suivant les techniques de calcul, on peut estimer qu'il nous faudrait entre 1,2 et 1,5 Terre pour assumer nos besoins sans tirer sur les réserves. Ce n'est qu'une moyenne, certains pays étant très largement au-dessus alors que d'autres sont bien en-dessous. L'an dernier, le WWF avait souligné que si tous les Terriens consommaient autant que les États-Unis ou les Émirats Arabes Unis, il nous faudrait 4,5 fois la Terre pour y faire face alors que si nous étions alignés sur l'Inde, moins de la moitié des ressources du globe suffirait largement.
«Alors que nous cherchons à reconstruire nos économies, c'est le moment de nous présenter avec des solutions qui resteront opérationnelles et pertinentes dans le futur», ajoute Mathis Wackernagel. «Une reconstruction à long terme ne peut réussir que si elle est conduite avec une réduction systématique à notre dépendance aux ressources.»
Un constat et une analyse qui rejoignent en tous points le point de vue de Pierre Rabhi, mis en ligne par Anti ce matin sur le blog.
Sources : Global Footprint Network, AFP
Illustration : AG, montage réalisé à partir de Google Earth (Terre) et de amagalerie.com (ceinture)
13:30 Publié dans Colère | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : ressources naturelles
La croissance n'est pas la solution : elle est le problème
En cette période pré-électorale et de crise de surcroît, voici un texte de Pierre Rabhi qu'il fait bon de lire et de relire.
La croissance n'est pas la solution : elle est le problème
Une texte de Pierre Rabhi
POUR UNE INSURRECTION DES CONSCIENCES
La croissance est devenue une idole devant laquelle économistes, médias et politiques se prosternent. C'est pourtant une croyance irréaliste et dangereuse. Une croissance matérielle infinie sur une planète aux ressources
limitées est bien sûr impossible. Le culte de la croissance économique est à la base de la plupart des maux dont nous souffrons. En fait, la croissance n'est pas le remède, elle est le problème. Ce principe produit un système qui fait de chaque nation une entreprise compétitive en guerre économique contre les autres nations et de chaque individu un ennemi de son voisin. Cette guerre, aux conséquences humaines et écologiques catastrophiques, touche d'abord les plus faibles, chez nous en France, par la précarité puis par l'exclusion. Elle augmente l'injustice dans les pays riches et encore bien davantage dans les pays pauvres au sud de la planète. 20% de la population de la planète, les pays riches, dont la France, consomment 80 % des ressources naturelles de la Terre.
Les changements climatiques, liés aux activités humaines, sont maintenant scientifiquement démontrés. La capacité de notre Terre d'absorber la pollution atteint sa dernière limite.
D'autres façons de penser et de pratiquer les échanges et l'économie existent, et sont mises en pratique avec succès dans de nombreuses contrées du globe.
L'argent produisant de l'argent, la spéculation monétaire, est une illusion aussi dangereuse qu'une bombe à retardement. Les vraies richesses ne sont pas virtuelles. Elles sont tangibles et résultent également de la créativité humaine.
En France, comme dans tous les pays riches, nous devons apprendre à consommer mieux pour consommer moins.
Le temps de la décroissance soutenable est venu
Se libérer de la société de surconsommation
La publicité envahit chaque jour d'avantage l'espace public, nos domaines privés, jusqu'à notre imaginaire. Elle tente de nous imposer l'idée que le bonheur se trouverait dans une consommation sans limite. Mais alors quel sens pour l'existence ? Comment s'accomplir comme être humain quand nos vies sont réduites à une acquisition effrénée d'objets et de services ? L'explosion des banlieues et la montée de la violence, la surconsommation de médicaments antidépresseurs, le mal vivre de nombre d'habitants des pays riches, tous ces phénomènes trouvent une large part de leur origine dans ces messages qui propagent une fausse idée de la vie. Rompre avec cette idéologie est une étape indispensable pour nous diriger vers une société plus humaine. Privilégier un esprit critique et constructif, vivre sobrement, en favorisant une vraie convivialité dégagée de l'accumulation des marchandises, conditionnent notre capacité à vivre de façon véritablement désirable et responsable sur notre planète.

Le modèle dominant
Concentration et spéculation. Épuisement et dissipation des ressources.Destruction de la biosphère et de l'humain.
Le temps, c'est de l'argent. La Terre nous appartient.

La logique du vivant
Renouvellement, pérennité, échange, dynamique entre les espèces vivantes. Le temps, c'est de la vie.
Nous appartenons à la Terre.
Produire et consommer localement
Nous assistons à une confiscation graduelle et sournoise de la capacité des peuples à se nourrir eux-mêmes. Ce constat est la cause d'injustices et de violences génératrices d'une insécurité planétaire. Les biens communs de l'humanité comme la terre, l'eau, les semences sont accaparés au profit de quelques puissances financières. Ils sont, soit soumis à l'abandon, à l'érosion et à la pollution, soit dissipés comme les semences, au profit de firmes multinationales qui leur substituent des productions incertaines et dangereuses comme les Organismes Génétiquement Modifiés.
L'alimentation est aujourd'hui l'objet de transports incessants et inutiles rendant des populations entières dépendantes des seules lois du marché. Elle parcourt des milliers de kilomètres avant d'être consommée. Cette pratique absurde engendre ainsi de multiples pollutions, alors que la nourriture pourrait être produite sur place, et sur des structures à échelle humaine par des paysans qui ne demandent qu'à le faire dans des conditions viables.
L'agriculture non productiviste doit être respectueuse des équilibres de la terre, de la nature et des consommateurs à qui elle fournit des denrées de haute qualité.
Cultiver son jardin, développer des potagers communautaires, favoriser les échanges ville-campagne, les associations « producteurs/consommateurs » sur des bases humaines et économiques saines, sont des actes politiques de résistance pacifique.
Produire et consommer localement devrait être le grand mot d'ordre planétaire
Cela signifie pour la France comme pour tous les pays du monde une nouvelle politique de ménagement des territoires et de l'urbanisation.
Santé de la terre, qualité de l'alimentation et santé humaine sont indissociables
Cela ne veut pas dire pour autant, et bien au contraire, renoncer aux échanges solidaires entre les régions et les peuples, seuls en mesure de répartir les biens de la terre et de stimuler la créativité humaine pour le bien-être du plus grand nombre.
Désormais, autonomie et solidarité doivent se conjuguer en tous lieux et en toutes choses
Le progrès en question
Il serait absurde de nier la réalité du progrès dans de nombreux domaines de la connaissance et dans leurs applications concrètes, mais il est tout aussi déraisonnable de transformer le progrès en idole. Toute évolution technique n'est pas forcément un progrès humain et le nouveau n'est pas une valeur en soi. Plus n'égale pas mieux.
Les nouvelles armes chimiques ou bactériologiques, la bombe à neutron etc., sont-elles un progrès ? Devons-nous être fiers que la France soit dans le peloton de tête des exportateurs d'armes et de centrales nucléaires ? Pouvons-nous nous enorgueillir de répandre sur toute la planète nos hypermarchés ? Une société réellement démocratique doit garder le choix et la maîtrise de sa science et de sa technique. Ce n'est ni aux scientifiques, ni aux firmes, de décider de notre avenir. L'automobile, la grande distribution ou l'agriculture productiviste, considérées comme des progrès en soi, ont provoqué plus de problèmes réels, dont on commence à mesurer l'ampleur aujourd'hui, que de libérations attendues. Il est reconnu que la réparation des dégâts produits par ces types de progrès coûtera bien plus cher que les bénéfices que nous en avons tirés.
Respecter la vie sous toutes ses formes
Base d'une autre éducation et d'une autre culture
Nous savons que la culture de certains peuples montre les signes d'une gratitude à l'égard des ressources vivantes que leur offre la nature. Nous sommes bien loin de cette attitude. Les exactions et les souffrances que l'être humain inflige aux créatures qui accompagnent son destin ne sont plus tolérables. Il n'est plus possible de voir la condition animale située soit dans l'excès d'adulation soit dans la cruauté la plus injustifiable. La logique du vivant que nous préconisons nous fait obligation de considérer toute créature vivante comme représentative d'un ordre à respecter pour lui-même, mais aussi dans notre propre intérêt bien compris. Toutes les injustices et exclusions inadmissibles que subissent nos semblables ne doivent pas nous faire oublier celles que nous infligeons à d'autres espèces que la nôtre. La vie sur terre est un tout qu'il faut protéger, soigner et aimer.
L'enthousiasme d'apprendre
Il ne peut y avoir de changement d'orientation de la société sans changement de l'éducation.
Comme en économie, il nous faut renoncer à la compétitivité en éducation pour instaurer la complémentarité, la réciprocité, la solidarité entre les enfants. La peur d'échouer doit faire place à l'enthousiasme d'apprendre. Cette option n'est pas seulement morale, elle est profondément réaliste.
Le rapport à la nature doit être enseigné à tous les âges. Il est indispensable, car il permet de comprendre la complexité, la fragilité et la cohérence des fondements de la vie.
Mais il serait tout aussi insensé de se défausser de nos responsabilités sur les nouvelles générations. La meilleure éducation que nous pouvons donner à nos enfants est l'exemplarité de notre capacité à remettre en cause nos choix de vie. Elle est aussi l'affirmation de notre volonté à faire évoluer notre société.
Le désir de se comprendre et de partager
Comme la biodiversité, la culture est le bien commun des habitants de la planète. La diversité des cultures et des peuples est le gage inaliénable de tout désir d'humanisation. Cette diversité nous permet de nous émerveiller devant la différence des réponses à des questions identiques. Notre capacité à cultiver notre singularité culturelle est la promesse d'avoir l'aptitude à émouvoir et enrichir ceux que nous accueillons, comme elle est la faculté d'être émus et enrichis par ceux que nous recevons.
Le pouvoir est entre nos mains
La démocratie représentative, celle qui limite le rôle des citoyens aux périodes électorales, est une démocratie inachevée. Nous avons des institutions favorables à l'épanouissement de la démocratie, mais nécessitant une citoyenneté plus active et participative pour la faire évoluer.
Depuis quelques années, les femmes et les hommes politiques reconnaissent eux-mêmes la faiblesse de leur marge de manoeuvre face aux intérêts des lobbies économiques et aux pressions des corporatismes. Cet aveu nous renvoie à la réalité de notre responsabilité et de notre pouvoir : c'est avant tout en nous changeant nous-mêmes et en choisissant des projets de vie en accord avec notre conscience que nous pouvons changer la société. L'engagement politique de Pierre Rabhi n'est pas un appel à une illusoire prise du pouvoir formel. La réalité du pouvoir de transformation du monde appartient à chacune et chacun d'entre nous, dans nos actes quotidiens et dans nos choix qui les commandent.
Le féminin au cœur du changement
Dans sa globalité, la société est dominée par un modèle masculin outrancier. Sur la scène du monde, les femmes sont les victimes, plus que les actrices, des violences et des tragédies qui s'y déroulent. Elles sont plus enclines à protéger la vie plutôt qu'à la détruire. Le courage dont elles font preuve dans les circonstances les plus difficiles témoigne d'une énergie et d'une obstination qui les font aller à l'essentiel pour répondre aux exigences de survie. Plus que jamais, il nous faut entendre le féminin, les femmes, mais aussi la part féminine qui existe en chaque être humain. Cela va bien au-delà de la simple parité. Le destin collectif de notre pays comme de l'humanité est désormais lié à l'équilibre des influences entre le masculin et le féminin.
Remettre les pieds sur Terre
Notre civilisation tourne actuellement à l'envers. De plus en plus déconnectée de la réalité physique et sensible de la planète, fascinée par les promesses d'un univers virtuel, aveugle face à la guerre qu'elle mène contre la nature et donc à elle même, elle ne parvient plus à se fixer d'autre but que la gestion dans l'urgence du quotidien. Apporter des solutions superficielles à un problème beaucoup plus profond présenterait tous les risques d'amplifier nos difficultés. Notre système n'est pas réformable comme tel. Nous devons donc inverser radicalement sa logique. Partir de la réalité concrète et de l'état présent de notre petit vaisseau spatial, la planète, pour imaginer ensemble les conditions réelles d'un avenir désirable pour tous. Avenir à bâtir sur un projet de réconciliation de l'être humain avec lui-même, les autres et la nature.
Tel est le devoir d'espérance et de responsabilité auquel nous convie l'engagement politique de Pierre Rabhi. C'est la ligne d'horizon la plus réaliste qui soit parce qu'elle est la plus poétique et la plus politique qui puisse être !
Une texte de Pierre Rabhi, source SOS Planete.

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Les Amanins, une autre vision de la culture
Solutions locales pour un désordre global
Severn, la voix de nos enfants
Nos enfants nous accuseront
anti
11:03 Publié dans L'Univers d'Anti | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : pierre rabhi, ressources naturelles, développement durable, énergies renouvelables, nimes et ses alentours






