17 février 2011
Légende, Enescu
Ce n'est ni le manque d'idées, ni l'envie qui me manque de partager avec vous tout plein de choses avec vous en ce moment, mais une tonne de travail ; pour mon plus grand plaisir certes, mais quand même ;-)
Aussi, faute d'heures disponibles pour un article, je vous propose de vous détendre en savourant ce morceau sublime d'Enescu, Légende, dont Anna vous parlait dans sa note de dimanche dernier, si justement intitulée : "La grâce, enfin..."
Musique maestro !
Belle journée à tous,
anti
13:55 Publié dans L'Univers d'Anti, Musique | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : roumanie, pays de l'est, enescu
13 février 2011
La grâce, enfin
Quand on a du mal à nager, avoir quelqu'un qui vous appuie sur la tête n'aide pas. C'est un peu la sensation que j'ai eue vendredi soir, alors que nous étions à la clinique vétérinaire avec Mirou et Santiago, et que j'ai reçu un coup de fil qui a pris le poids d'un coup de massue. J'y ai fait allusion à quelques reprises ces derniers jours, en ce moment, à mon boulot, nous connaissons des temps difficiles. Habituellement, je parviens à séparer mes soucis professionnels de ma vie personnelle mais je dois bien reconnaître que, parfois, la charge devient excessive et rend l'exercice pas évident. C'était le cas vendredi soir.
Aussi, le projet de sortir en ville en début de soirée voir un film au Sémaphore avec notre amie Karine était le bienvenu. Ça a plutôt mal commencé. Nous pensions que le film commençait à 20 h 30, mais c'était en fait à 20 h. Et, bien entendu, quand nous l'avons réalisé, il était justement 20 h. Nous avons décidé d'y aller quand même. Vers 20 h 10, nous avions trouvé une place pas vraiment autorisée pour laisser la voiture et nous nous présentions au guichet du cinéma. Pas de bol, c'était complet.
Il faisait bon dehors. On s'est dit qu'on allait prendre un pot quelque part avant de rentrer. En déambulant dans les ruelles qui environnent le Sémaphore, nous voici devant le Prolé. Ce café est un haut-lieu de Nîmes. Il a été créé en 1908 et il est connu pour être le troquet communiste de la ville - "prolé" pour "prolétaire". Sur les murs, des portraits de Che Guevara accrochés de guingois côtoient des affiches de propagande. Des habitués font la fête à un bout du comptoir, l'ambiance est simple et chaleureuse. Nous commandons deux cafés et papotons un peu avec le patron. Il nous parle des soirées à thème qui se tiennent toutes les semaines et des animations particulières à l'été. De mai à octobre, la salle où nous nous trouvons est fermée au profit d'un bar en plein air dans une cour intérieure qui se trouve juste derrière. On y reviendra.
Nous repartons vers la voiture, sourire aux lèvres et cœur léger, après notre rencontre avec cet homme qui respire la fraternité naturelle.
En passant devant une énorme bâtisse à l'aspect religieux, nous décidons d'aller y jeter un coup d'œil, la porte étant entrouverte. Une demi-heure plus tôt, alors que nous marchions vers le ciné, nous y avons entendu des chants.
Il s'agit d'un oratoire protestant. De format carré au plafond très haut soutenu par une charpente métallique dentelée très XIXe siècle, la salle est immense et légère à la fois.

Après quelques ajustements, ils se mettent à jouer Legend, une œuvre de Georges Enesco, d'une beauté à frémir qui nous transporte. Les deux musiciens sont des virtuoses. Le pianiste a un corps lourd mais des mains fantastiques qui volent sur le clavier avec une aisance apparente qui n'appartient qu'aux meilleurs, ceux dont la maîtrise de leur art est totale. Le trompettiste tire de son instrument des sons d'une délicatesse infinie et d'une précision remarquable. La musique qu'ils jouent semble sortir directement de leurs âmes entremêlées.

L'une des deux personnes qui supervisent la répétition, aussi transportée que nous par l'interprétation exceptionnelle dont nous venons tous d'être gratifiés, nous raccompagne avec gentillesse à la sortie et nous dit que le concert aura lieu aujourd'hui à 15 h. Nous y serons.
Très belle journée à vous
08:30 Publié dans Accueil | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : nîmes et ses alentours, roumanie, pays de l'est
20 novembre 2010
Festival Tzig’n’Jazz - Ambassade de Roumanie - Hôtel de Behague
Je vous parlais dernièrement du groupe Taraf de Haidouks, cet ensemble musical rom originaire de Roumanie, eh bien, amis parisiens, sachez qu'il se produit à Paris ce soir, dans le cadre du festival Tzig'n'Jazz.
Du 17 au 21 novembre 2010 se déroulle la 3ème édition Tzig'n Jazz organisée par Alin Predoi et l'Institut Culturel Roumain en collaboration avec l'Ambassade de Roumanie à Paris, véritable joyau du patrimoine de la Roumanie et de la France. A l'affiche, une exceptionnelle programmation qui poursuit la qualité devenue traditionnelle des deux précédentes éditions du festival. Alin Predoi a décidé de mettre à l'honneur cette année le cymbalum, afin de faire découvrir au public parisien un des instruments traditionnels de l'Europe de l'est. Grands noms de la musique tzigane et jazz seront présents pour offrir une vision très large de cet instrument encore méconnu en France. (Source)
Alin Predoi, talentueux pianiste d’origine roumaine, a suivi de brillantes études au conservatoire supérieur de Paris, où il obtient six premiers prix. Il enseigne aujourd’hui dans sa propre école, qu’il a voulue très singulière, puisque son enseignement est basé sur l’oreille, la sensibilité, l’improvisation…il y transmet la musique avec une grande sensibilité.
Ce jeune artiste a eu l’ambition de créer à Paris un évènement culturel franco-roumain d’envergure, pour mettre en valeur le potentiel artistique de la Roumanie.
Ses origines et sa passion pour les musiques improvisées l’ont amené tout naturellement vers le jazz et la musique tzigane. Il en a fait un moment exceptionnel, mêlant swing, sensibilité, improvisation, virtuosité... un grand moment de communion avec le public.
C’est avec talent et une immense énergie qu’il a concrétisé son rêve, et gagné son pari, de faire de ce festival un tremplin pour les jeunes artistes roumains, et le rendez-vous incontournable à Paris des amoureux du jazz et de la musique tzigane.
Dès le début, L’Institut Culturel Roumain a été partenaire du festival pour promouvoir la qualité exceptionnelle du jazz manouche roumain et les valeurs inédites que la Roumanie peut offrir au monde musical européen.
L’Hôtel de Béhague, l’un des plus beaux palais de ParisL’écrivain Henri de Régnier qualifia cet hôtel d’être l’ "un des plus beaux palais de notre ville". Ce lieu fut vendu le 27 mars 1939 à l’Etat Roumain qui y transféra son ambassade qui était auparavant à l’hôtel de Pomar, avenue de Wagram. Le premier ambassadeur qui y résida fut Georges Tataresco.
La grand-mère de Martine de Béhague avait acheté en 1863 le terrain où se trouve aujourd’hui l’ambassade. Elle demanda à Gabriel Hippolyte Alexandre Destailleur (1822-1893), restaurateur de Courances et de Vaux-le-Vicomte, d’y édifier un hôtel de style Louis XV afin de correspondre aux collections du XVIIIe siècle qu’il devait abriter. L’architecte possédait une renommée internationale, il fut lié à la famille impériale et travailla en particulier pour les Rothschild de Vienne, Destailleur possédait une impressionnante collection de dessins d’architecture et d’ornements. Cette connaissance aiguë lui permettait de s’inspirer pour ses œuvres des décors anciens. Il avait aussi coutume de réemployer d’anciennes boiseries et éléments de décor mis sur le marché au moment des reconstructions d’Haussmann.
Le bâtiment, appelé Grand Hôtel, qu’il construisit était destiné à l’usage de Victoire - Félicie de Béhague et à celui de son fils. Il fut réalisé en 1866-1867 et était justement remarquable par l’emploi de lambris anciens. Ce bâtiment était construit parallèlement à l’avenue (no. 24) à laquelle il était relié par un vestibule vitré.
Un Petit Hôtel dévolu à Octave de Béhague, fut ensuite rapidement construit pour une somme supérieure à 400 000 francs. Plusieurs boiseries de sa collection y furent remontées en 1868.
Dès 1893, Martine de Béarn fit effectuer des remaniements par Walter-André Destailleur (1867-1940), fils du précédent architecte.
Le Grand Hôtel fut démoli ainsi que les communs du petit qui occupaient une partie de la place du bâtiment actuel. Certains éléments furent en revanche intégrés au nouvel édifice comme l’escalier de bois voisin et la précieuse Bibliothèque Ovale. Pour ces deux ensembles, d’anciennes boiseries furent réutilisées. Le grand escalier de bois harmonise différents rampes du XVIIIe siècle du nord de l’Europe. Il menait aux appartements de la comtesse qui avait aussi aménagé un ascenseur.La Bibliothèque Ovale était un écrin pour la collection de livres précieux et rares d’Octave de Béhague. La plupart des livres ont été vendus aux enchères en 1877, mais la bibliothèque est restée intacte, avec ses superbes panneaux de bois précieux et ses portes délicatement sculptés. Le plafond peint représente l’amie des muses, Aurore, qui mène un char attelé et éloigne les nuages de la nuit. Ce sujet se rencontre fréquemment dans la peinture de plafond baroque. Dans la bibliothèque aménagée par son père, Octave de Béhague, la comtesse de Béarn réunit des livres de luxes et des reliures anciennes confiée à des bibliothécaires de qualité dont le célèbre Paul Valéry.
Le Salon Bleu, permettant d’accéder à la Bibliothèque Ovale aux portes à double battant et à la magnifique serrure du XVIIIème siècle ornée de dragons, comporte encore l’une des deux tapisseries flamandes du XVIIIe siècle, elle aussi, représentant des lavandières. Au centre du Salon se trouve un marbre de " La confiance en Dieu " (1835) d’après Lorenzo Bartolini.Walter André Destailleur aménagea en 1894-1895 le grand escalier tapissé de marbres polychromes à la rampe en fer forgé rehaussé de bronzes dorés. Cet escalier d’honneur inspiré de celui de la reine à Versailles constitue une formule couramment utilisé au XIXe siècle.
Jean Dampt qui bénéficia de son amitié et avec qui elle mena une véritable collaboration, est l’auteur du bas-relief en marbre d’un seul tenant et haut de 4 mètres environ Le Temps emportant l’Amour. Présenté au Salon de 1898, il orne depuis lors le sommet du grand l’escalier.
La salle de bal néo-rocaille, appelée aussi Salon d’Or, qui servait de bureau et de salon de réception à Martine, fut aménagé en 1897.
Cet ensemble restauré il y a quelques années, se distingue par le travail d’intégration de boiseries Louis XV de différentes provenances dû à Florian Kulikowski. L’ensemble révèle l’influence de l’hôtel de Soubise. Les peintures des dessus de portes sont dans le style des compositions florales du XVIIème. Cette salle, dont le plafond représente des nuages peints au naturel, a gardé son grand tapis au point de savonnerie, évalué en 1992, à 1.110.000 FHT, par les spécialistes des ateliers " La Lisse d’Aubusson " de Tours.
Le petit salon octogonal qui, lui est contigu, fut réalisé vers 1903. Quatre charmantes scènes de chasse de la fin du XVIIIème siècle, sont remployées. Ici aussi, un habile travail de raccordement des boiseries permit d’harmoniser l’ensemble. Ce salon conduit à la salle de théâtre et à la salle à manger.
La salle à manger fut réalisée vers 1904 dans le style rocaille comme en témoigne son décor. Cette pièce est ornée de magnifiques marbres polychromes dans le goût versaillais, tout comme le plâtre surmontant la fontaine qui reprend le motif du " Bain des Nymphes " de Girardon. Le plafond est peint en trompe l’œil. La table décorée d’une frise de stalactites est toujours en place. La " Fontaine de Neptune " à double vasque représente un élément typique du XVIIIème siècle et de son goût pour le thème de 1’univers aquatique trouve son écho dans toute la pièce et en particulier dans le tableau qui lui fait face.
Il s’agit d’un fameux Boucher (1703 – 1770) de jeunesse, " La Re - Naissance de Vénus ", qui fit l’objet d’une étude en 1994. Il fut acheté aux environs de 1902-1904, pour 21 000 £., aux descendants de madame Tussaud qui l’avait acquis vers 1848 et exposé dans son musée de cires. L’historien d’art Alastair Laing suppose que cette œuvre fut exécutée vers 1731.
En 1897-1898, une grande salle de concert et de théâtre, privée, rebaptisée Salle Byzantine, devint réalisable avec la possibilité d’achat d’un terrain contigu donnant sur la rue Saint Dominique. Ce fut Gustave - Adolphe Gerhardt (1843 - 1921) qui réalisa cette salle. Gerhardt, grand Prix de Rome d’architecture, auteur de nombreux hôtels particuliers et restaurateur du Collège de France, reprit, suivant vraisemblablement les désirs de la comtesse elle-même, le plan basilical antique et la disposition des églises byzantines.Le théâtre était aussi musée : différents témoignages indiquent, par exemple, que des instruments de musique et des peintures y étaient exposés.
En 1900, " Le Monde Musical " annonçait que la salle pouvait accueillir 600 visiteurs et qu’elle possédait un grand orgue. Cet orgue existe encore partiellement et constitue l’un des rares exemples d’orgue profane parisien, encore existant, du début du siècle.
La Salle Byzantine fut le lieu d’événements majeurs pour l’histoire du théâtre : le metteur en scène Adolphe Appia y effectua sa première représentation en 1903 et le fameux couturier Mariano Fortuny, surnommé par Proust – " le fils génial de Venise "- y inaugura un système de coupole de toile repliable donnant au spectateur l’illusion de la profondeur. Celle de l’hôtel, toujours en place derrière l’arc scénique, porté par quatre colonnes de porphyre, possède une hauteur de 15 mètres. Un tel appareil fut installé, en 1922, à la Scala de Milan. Le système d’éclairage électrique était lui aussi absolument novateur. De nombreuses autres représentations y eurent lieu. Martine de Béhague pouvait assister aux représentations depuis la Salle du Chevalier. Ce studiolo mêlant un art nouveau mesuré et l’inspiration médiévale donnait au moyen d’une grande baie sur la salle de théâtre.
Musique et mondanité
Durant trente ans, la comtesse de Béarn reçut chez elle une société choisie.
La comtesse de Béarn invitait volontiers des compositeurs contemporains à diriger leurs œuvres. Ainsi, le 15 janvier 1902, le compositeur allemand Friedrich Gernsheim dirigea une symphonie dont il était auteur. Le 21 janvier 1903, Widor dirigea un orchestre pour un " charmant five o’clock musical ".
Le 6 avril 1905, Gabriel Fauré y dirigea son Requiem " avec un énorme succès " et la comtesse Potocka interprèta un concerto de Mozart accompagnée par un orchestre que dirigea Widor. En décembre de la même année, " quelques amis " sont conviés " à une réunion musicale pleine d’intérêt " au cours de laquelle ils peuvent entendre un " excellent orchestre " dirigé par Camille Chevillard.
La comtesse de Béarn semblait également ouverte à des répertoires qui sortent des sentiers battus. Ainsi, le 25 avril 1920, la compagnie de La Petite scène y donna une représentation devant les membres de la Revue critique. Le programme comporte des extraits de " L’idylle sur la paix " de Lully, d’ " Isabelle et Gertrude " de Blaise et Gluck et des " deux chasseurs et la laitière " de Duni. L’orchestre et les cœurs sont dirigés par Félix Raugel.
La salle byzantine accueillit aussi des concerts de charité, au bénéfice de l’Union mutualiste des femmes de France et des pauvres de Paris. Isadora Duncan y dansa en 1909.
Les derniers travaux dans l’hôtel eurent lieu au début du siècle. En 1902, la façade sur le jardin, inspiré par la colonnade du Louvre, fut exécuté par Walter - André Destailleur.Des miroirs, au lieu des perspectives peintes utilisées au XVIle siècle, permettaient au visiteur d’observer le reflet de l’hôtel et du jardin dans la grande arcade du portique de goût rocaille qui orne toujours le fond du jardin. Un lion de Georges Gardet, sculpteur contemporain de Martine de Béhague, est couché non loin de ce théâtre d’eau conçu par l’architecte Gonse.
Le jardin était le règne d’une réelle fantaisie. Haies interrompues de buis soulignant les pelouses, clématites, chèvrefeuilles et roses qui semblaient s’épanouirent avec nonchalance sur la ferronnerie de l’escalier, thermes aux visages graves, fontaine et statues dites antiques, sarcophage disparaissant sous les fougères, nombreux arbres apporta ont leur ombre et leur fraîcheur permettaient au jardin de pallier ses petites dimensions par la multiplicité des points de vue qui y étaient ménagés.
En 1904, la façade néo-byzantine de la salle de théâtre, fut masquée par une autre inspirée du XVIIe siècle. L’entrée se fit dès lors par la rue. Le vestibule fut ponctué de colonnes à bossages rustiques. Le visiteur pouvait accéder soit à la Salle Byzantine débutant au premier étage, soit au grand escalier et au jardin. Ganymède, une très belle œuvre en marbre de style néo-classique du sculpteur Odoardo Fantacchiotti, y accueille le visiteur.
Les contemporains de Martine de Béarn ne s’y trompèrent pas et reconnurent le faste exceptionnel de l’hôtel de Béhague qu’elle avait marqué de ses idées dès sa jeunesse ; Rodin en 1901 la remercia de l’avoir accueilli dans son "musée vivant où tout était animé et dans l’ordre et la grâce des choses qui peuvent vous entourer".
Note :
Texte adapté à partir des recherches de Laure Stasi, historienne d’art.
Photos de l’Hôtel de Béhague réalisées et mises à notre disposition par Florin et Mariana Dragu.
Source internet : Ambassade de Roumanie
Belle journée,
anti
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07 novembre 2010
Sarkozy, pourquoi n'aimes-tu pas les Roms ?
"Hey, hey, Sarkozy, why don't you like the Gypsy ?"
C'est le refrain de la nouvelle chanson de Vama, groupe roumain qui dépote un max.
Hey, hey, Sarkozy, pourquoi n'aimes-tu pas les Roms ? Pourtant, ils sont beaux, drôles, créatifs, plein d'énergie, ils aiment les enfants et la famille, bref un exemple à suivre par tous.
Le chanteur du groupe, Tudor Chirilă, originaire de Bucarest, est une star en Roumanie. Le rappeur qu'on voit vers la fin est Ralflo, il ajoute quelques mots bien sentis sur les expulsions et la police des frontières. Le titre de la chanson : "Sarkozy versus Gypsy".
Michto, michto !
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31 octobre 2010
Taraf de Haidouks
Taraf de Haidouks ? Ça ne vous dit rien ? Non ? Et pourtant, vous connaissez sûrement ;-)
Alors ? Envie d'en savoir plus ? C'est parti ! Amis de la musique slave et tzigane, vous allez vous régaler !
Ensemble musical rom originaire du village de Clejani (700 habitants) à quelque 30 kilomètres au sud-ouest de Bucarest, le Taraf de Haïdouks (littéralement : "bande de brigands") est connu dans sa Roumanie d’origine sous le nom de "Taraful Haiducilor". Il a rencontré un succès phénoménal dans le monde entier depuis sa création au tournant des années 90, peu après la chute du dictateur Nicolae Ceausescu, sous l’impulsion de deux producteurs belges Stéphane Karo et Michel Winter.
Mais dès 1986, à l’initiative de l’ethnomusicologue suisse Laurent Aubert et le conseil scientifique de l’ethnomusicologue roumaine Speranţa Rădulescu, sont réalisés à Bucarest les tout premiers enregistrements des musiciens du village de Clejani dont certains d’entre eux deviendront membres du Taraf de Haïdouks.
Composé d'une douzaine de lăutaris (chanteurs et musiciens traditionnels) de tous âges, nés dans la misère et la musique, cet orchestre flamboyant regroupant violons, accordéons, contrebasse et cymbalums dans la grande tradition tsigane, a accumulé en quelques années tournées mondiales et disques à succès : Musique des Tsiganes de Roumanie en 1991, Bandits d’honneur, chevaux magiques et mauvais œil en 1994 (considéré par certains spécialistes comme le meilleur opus de musique tsigane jamais enregistré), Dumbala Dumba en 1998, Band of Gypsies en 2001.
Saisi par l'authenticité de son univers, le cinéma s'est très vite intéressé à l'orchestre, Tony Gatlif en 1993 l'intégrant à son film Latcho Drom et Marta Bergman et Frédéric Fichefet réalisant un diptyque documentaire à son sujet : La Ballade du serpent - Une histoire tzigane (1991) et Clejani en 2005. Le groupe a enregistré en 2007 un nouvel album Makarada promenade joviale sur les traces de Bartók, Manuel de Falla, Albéniz et Khatchaturian qu’ils revisitent en toute innocence et avec leur inimitable talent.En 2002, le taraf a perdu Nicolae Neacşu, le grand violoniste, vétéran du groupe. Le journal Libération lui a rendu cet hommage : « On ne verra plus s'avancer à petits pas, au-devant du public, le musicien Nicolae Neacşu , qui jouait du violon sans toucher les cordes, selon une technique "magique" qui avait fait sa célébrité. Le doyen du groupe Taraf de Haidouks est mort dans son village de Clejani, Roumanie. A 78 ans, après plus de 100 concerts dans le monde et quatre albums pour le label belge Crammed, il était devenu un emblème de la musique tsigane ». Privés du formidable Nicolae, les brigands de Clejani poursuivent leur success story : sur toutes les scènes mondiales, ils soulèvent le public et continuent à avoir pour port d’attache leur village perdu de Bucovine.
Lire l’étude de Dejana Milanovic et Jean-Marc Potterie « Taraful Haiducilor ou Taraf de Haïdouks » - Institut national des langues et civilisations orientales (INALCO)
Écouter sur Mondomix
Écouter sur Myspace
Lire Nicolae Neacşu, Romanian Gypsy violinist who conquered the west by Garth Cartwright - THE GUARDIAN - 16 September 2002
Source : MUSIQUE KLEZMER & CO. Site consacré à la musique Klezmer et ses connexions Rom et balkaniques : musiciens du monde entier, liens pour des partitions gratuites, dates de concerts, stages, festivals. Écoute en ligne et nombreuses banques de données...
Et, bientôt à découvrir, un documentaire qui devrait bientôt sortir en France Iagalo
Extrait du film "IAGALO" de Paul Tanicui, Nicu Mihali, Dobrica Lospa. Caliu, premier violon du Taraf de Haidouks raconte l'histoire de leur expérience dans la maison de Johnny Depp à L.A.
Sur le blog, à lire aussi :
Goran Bregovic
Encore plus sur Goran Bregovic
les roms
la Roumanie
anti
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07 septembre 2010
Les Roms manifestent à Bucarest contre la politique d'expulsions de la France
Les Roms manifestent à Bucarest contre la politique d'expulsions de la France
(par Luca Niculescu - Source RFI)
Des dizaines de Roms sont sortis ce lundi 6 septembre dans les rues de Bucarest pour protester contre la politique de la France d'expulsion des membres de leur communauté, tout en demandant au gouvernement roumain de faire davantage pour lutter contre la discrimination et la pauvreté des Roms en Roumanie.
« Liberté, égalité, fraternité » – c’est en scandant la devise de la République française que les Roms ont protesté devant l’Ambassade de France à Bucarest. Vêtus de t-shirts blancs sur lesquels on pouvait lire « Rom = citoyen honnête », les représentants d’une vingtaine d’associations des Roms ont ainsi critiqué la politique de rapatriement menée par la France. « C’est hypocrite de dire qu’il s’agit de rapatriement volontaire » – s’exclame Florin Manole, l’un des manifestants. « En réalité ce sont des expulsions masquées quand il ne s’agit pas d’expulsions tout court ».
Mihai, 38 ans, t-shirt blanc et veste noire, vient d’en faire les frais. « J’ai été expulsé récemment » – raconte-t-il dans un excellent français – « je rendais visite à un ami dans un campement des Roms, quand la police est arrivée. “Contrôle de routine” on nous a dit. Et on m’a expulsé illico car, soi-disant, mes papiers n’étaient pas en règle. Mais je vivais depuis près de 10 ans en France, j’avais un travail et un logement, je n’habitais pas dans un campement illégal. » Que compte-t-il faire ? « Retourner en France, bien évidemment, réplique-t-il. La France est mon deuxième pays, même si je n’aime pas la politique de Nicolas Sarkozy ».
Les manifestants scandent également « A bas Sarkozy ». « C’est quand même le principal coupable de cette politique », croit Florin Manole, « quand quelque chose ne marche pas, il est simple de trouver un bouc émissaire comme les Roms ou les Roumains ».
Et le gouvernement roumain ? « Il est coupable lui aussi, lance David Marc, président de l’Association civique des Roms. La Stratégie pour l’insertion des Roms lancée il y a dix ans et qui devait prendre fin en 2010 est un échec cuisant, les Roms sont toujours discriminés dans les écoles ou les hôpitaux ». Un autre manifestant brandit le journal Adevarul qui publie un sondage montrant que deux Roumains sur trois ne veulent pas de Roms dans leur famille. « Ce n’est pas de la discrimination, ça ? », crie-t-il.
Et pourtant. Depuis 10 ans des progrès ont été réalisés. L’Etat roumain a institué une « discrimination positive », soit des places réservées pour les Roms dans les écoles, universités et pour l’accès au marché du travail. Presque chaque mairie embauche un conseiller rom qui sert de relais pour cette communauté d’environ 1 million et demi de personnes. Il y a également les « médiateurs », soit des Roms, employés municipaux, qui vont dans la communauté et facilitent l’accès des Roms les plus pauvres aux soins et à l’éducation. Sans nier ces progrès, David Mark craint un retour en arrière : « En raison de la crise économique, les mairies doivent faire des coupes drastiques dans leur budgets. Les programmes pour les Roms sont les premiers amputés ».
La solution ? L’argent européen. D’ici 2013, la Roumanie pourrait toucher environ 1 milliard d’euros pour la réinsertion des Roms à condition de réaliser des programmes bien ficelés. Jusqu’à présent, moins de 10 % de cet argent a été dépensé. « Il y a beaucoup de projets que les autorités locales pourraient mettre en place, déplore David Marc, mais il y a un manque soit d’intérêt soit de compétence ».
La tension actuelle entre la Roumanie et l’Hexagone pourrait cependant dynamiser ce processus. Lors de la visite que deux ministres français, Eric Besson et Pierre Lellouche entreprendront à Bucarest d’ici quelques jours, le gouvernement roumain a l’intention de présenter un plan pour une meilleure insertion des Roms grâce aux fonds européens. « Ce serait bien, mais tant qu’on ne fait pas une stratégie a l’échelle du continent cela ne marchera pas », affirme Florin Manole.
Après deux heures de manifestation, les quelques dizaines de Roms quittent la rue qui longe l’ambassade. Pourquoi ont-ils été si peu nombreux ? « Vous savez, les Roumains n’ont pas trop l’habitude de descendre dans la rue, les Roms encore moins…», sourit l’un d’entre eux.
Avant de partir, les Roms ont jeté à la poubelle quelques preuves de leur colère envers Paris : une bouteille de champagne, une boite à parfums ainsi que quelques croissants, achetés dans une pâtisserie… française, bien évidemment.
A lire :
- les autres articles de Luca Niculescu
- Roms : manifestations en Roumanie et Macédoine contre les expulsions de France
- tag Roms sur le blog
anti
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18 novembre 2009
Roger Godel, de l'humanisme à l'humain

Hier, en lisant la note L'île dans le ciel, j'ai repensé à Roger Godel et particulièrement à l'un de ses ouvrages : Essais sur l'expérience libératrice.
Roger Godel était médecin en Égypte dans les années 1950, son intérêt pour les philosophies orientales et grecque l'a incité à tenter une réconciliation originale entre la pensée indienne et celles de Socrate et Platon.
Il a écrit plusieurs ouvrages :
Essais sur l'expérience libératrice, Platon par lui-même, Une Grèce Secrète, Un compagnon de Socrate, Socrate et le Sage Indien, Socrate et Diotime, Terre de Socrate, Platon à Héliopolis d'Egypte, Recherche d'une Foi, Cités et Univers de Platon, Les portes d'Ishtar et Vie et rénovation. De la biologie à la médecine vers la connaissance de soi, ainsi que plusieurs articles pour la revue 3e Millénaire.
J'aime beaucoup ce que je lisais quand j'avais 20 ans et hier, je me suis aperçue qu'il n'y avait pas grand chose sur lui sauf en cherchant vraiment. Du coup, je suis tombée sur deux excellents articles que je reproduis ici :

(Extrait de l’ouvrage collectif d’hommage : Roger Godel, de l'humanisme à l'humain, Éd. Les Belles Lettres, 1963)
Ainsi le réseau d'une norme — invisible et toute puissante — gouverne le cosmos.
Roger GODEL, Une Grèce Secrète.
En 1952, je lus avec enthousiasme les « Essais sur l'Expérience Libératrice », du Docteur Roger Godel. Cette œuvre exprimait avec beaucoup plus d'adresse et de compétence que je n'aurais pu le faire, les lignes directives de mes propres écrits et conférences. La complémentarité entre la science occidentale actuelle et les antiques sagesses orientales et socratiques s'en dégageait avec évidence.
J'écrivis donc au Docteur Roger Godel pour lui exprimer l'admiration qu'avait suscitée la lecture de son œuvre. La méditation de celle-ci me donna une certitude intuitive : de tels écrits émanaient d'un être humain d'exceptionnelle valeur.
Je fis part au Docteur Godel de l'existence à Bruxelles et dans différentes villes de France et de Suisse de groupements d'amis manifestant à l'égard de son œuvre des sentiments d'admiration semblables aux miens.
En février 1953, j'eus le privilège d'accueillir Alice et Roger Godel à l'aérodrome de Bruxelles. Dès les premiers entretiens, je compris que je venais de rencontrer mes plus grands amis.
Une affinité spirituelle totale scella désormais notre amitié. Une chose me frappa immédiatement chez Roger Godel : son émouvante simplicité, sa douceur, sa bonté. Pour la première fois je me trouvais en présence d'un être humain dont les connaissances véritablement encyclopédiques n'altéraient en rien une certaine fraîcheur intérieure. Sa capacité de synthèse était remarquable. II était à la fois un savant et un Sage. Un savant, par ses connaissances extraordinaires en biologie, en physique, en psychologie, en neurophysiologie, en philosophie orientale, en hellénisme. Toute son œuvre en témoigne.
Il était un Sage par sa vie toute faite d'études, de méditations, de dévouement, d'amour. Sa conscience profonde était en permanence immergée dans l'Unité essentielle, inspiratrice d'une inépuisable force d'amour.
Dès les débuts de notre premier dialogue je fus frappé par cette intensité spirituelle.
Employant une technique socratique qui lui était chère, Roger Godel dirigea immédiatement le débat vers la réalité centrale. La mission suprême de la pensée n'est-elle pas de se démontrer à elle-même le bien-fondé de son dépassement. La pensée analyse et morcèle, l'intuition synthétise. Cette vision de l'Unique où se trouvaient à la fois évoquées les sagesses indiennes, plotiniennes et socratiques était l'objet dominant de nos préoccupations. Soudain je me fis l'avocat du diable et ma première question fut la suivante :
« Je suis convaincu du caractère évanescent et illusoire des formes et des phénomènes du monde extérieur par contraste à la réalité d'un monde intérieur. Néanmoins je pense que le langage des faits a son importance, et pour nous, il existe un fait dominant, nous sommes conditionnés et limités. »
« Qu'entendez-vous par le langage des faits ? Qu'entendez vous par un fait ? Avez-vous la capacité totale d'apprécier un fait ? Qu'est-ce que « nous » dans l'expression nous « sommes conditionnés » ? Qui parle de limitation ? Dans quelles conditions « voyons-nous « une limitation », demanda Roger Godel.
Il continua : « Lorsque vous parlez d'un fait ou d'un événement vous évoquez un ensemble de perceptions partielles, de représentations limitées d'un processus global dont l'intégralité vous échappe. Des interférences continuelles entre le spectateur et le spectacle déforment et conditionnent continuellement toute appréciation. L'interprétation d'un fait, d'une limitation, d'un conditionnement ou de notre corps résulte en dernière analyse des activités du système nerveux. »
Je réponds à mon tour : « Oui. Mais cependant, comme le dirait Carlo Suarès, « quelque chose se passe », un quelque chose qui ne peut être dit, qui échappe à nos catégories mentales. »
Roger GODEL : « Il y a interaction constante entre le sujet et les objets. Au terme de toute enquête approfondie l'homme découvre qu'il est spectateur de lui-même. Il reconnaît sa propre subjectivité dans l'image que l'objet présente à son regard. Notre interprétation des phénomènes est conditionnée par l'échelle inhérente à notre structure neurophysiologique, à la nature et à la dimension de nos perceptions sensorielles. »
R. LINSSEN : « Gonseth nous disait que lorsqu'une information est liée à certains moyens d'information indispensables et irremplaçables, ces moyens entrent pour une part dans la forme même de l'information. La connaissance qui en dérive porte elle-même les caractères systématiques, peut-être accidentels des procédés informateurs, comme des lois de structures nécessaires a priori. Le conditionnement mutuel du sujet et de l'objet est évident. Il dépend autant des échelles d'observations utilisées que de la nature des procédés informateurs. Néanmoins « quelque chose se passe ». Des faits précis sont à déchiffrer. Quelle en est la signification? »
Roger GODEL : « Nous n'apercevons que des fragments de faits. Ce sont des rides à la surface d'un lac profond. Et encore, nous les interprétons erronément. Au moment où nous parlons un neurophysiologiste explorant le flux de notre électricité cérébrale pourrait affirmer l'existence d'un seul fait : le scintillement des charges électriques se produisant tout au long des cheminements de pensées présidant à notre dialogue. Le physicien serait en droit d'affirmer qu'un seul autre fait existe sans lequel ceux que nous venons d'évoquer seraient impossibles : ce sont les oscillations moléculaires au sein desquelles se dessinent les architectures atomiques prodigieusement mouvantes, ce sont les tourbillons électroniques, les rayonnements, les ondes, la pure énergie. Mais ce ne sont là que constructions mentales élaborées par notre cerveau. Ce sont là autant de fragments complémentaires d'un fait total. Pour accéder à cette vision unitive, à cette intégration, notre pensée doit se diriger vers l'intérieur et découvrir le foyer de conscience d'où sort et où se résorbe la pluralité des formes. »
Avec une force persuasive où se mêlaient l'affection et l'intensité spirituelle d'une lumière intérieure, Roger Godel me dégagea de la magie toute puissante des apparences multiformes pour me plonger dans la vision parfaitement claire de l'Unité des profondeurs. Mais dès cet instant je compris aussi qu'il n'y avait pas d'opposition entre profondeurs et surfaces, entre mondes intérieurs et extérieurs, entre esprit et matière.
Ce sont là, autant d'aspects opposés mais complémentaires d'une seule Réalité. Réalité qui n'est ni matérielle comme nous concevons la matière, ni spirituelle comme nous concevons généralement l'esprit.
Les « phénomènes » ne sont en fait que conventions, morcellements arbitraires opérés par notre pensée. La plupart de nos catégories naissent à partir de ces morcellements. Ainsi que l'exprime G. Cahen « Le phénomène n'est qu'une convention. L'Univers n'est une réalité que dans sa totalité ». Des faits particuliers, des singularités existent. Il ne s'agit évidemment pas de les fuir mais de comprendre leur caractère évanescent, provisoire et fragmentaire.
Après ce premier entretien les années passèrent. Nous en eûmes d'autres de plus en plus passionnants en présence de nombreux amis communs.
La vie nous lance parfois d'étranges défis. Des faits imprévus se présentent sur la route de notre destin. Ils semblent vouloir nous narguer en tentant d'infliger quelque démenti cinglant à notre vision spirituelle des choses. Les années passèrent et je fus pris au piège de conflits affectifs particulièrement douloureux et complexes. J'avais en mains, théoriquement, tous les éléments capables de les résoudre. Seule, la présence d'un ami compréhensif pouvait m'aider dans cette période cruciale. Je me confiai donc à Roger Godel.
Cet entretien fut inoubliable. Avec une compréhension et une tendresse véritablement paternelles — pour moi totalement inconnues — il me déclara : « Cher ami, je ne puis vous dire combien je suis ému de la confiance que vous me faites de me livrer aussi spontanément, aussi totalement vos difficultés intérieures. » Après un long silence, tenant compte de mes dispositions profondes, il me dit ce qui suit :
« La Réalité est semblable à un vaste océan perpétuellement en mouvement. A la surface des eaux apparaissent des milliards de vaguelettes évanescentes. Leur déferlement produit une écume formée d'innombrables petites bulles apparaissant et disparaissant d'instant en instant. Vous et moi, les êtres que vous avez introduits dans vos conflits affectifs, sont un peu semblables à ces bulles évanescentes. Si vous restez au niveau des interférences, des images, des identifications, des singularités provisoires inhérentes aux bulles, vous vous enfoncez dans des conditionnements, dans des douleurs sans fin. Votre être vrai dans ma comparaison, c'est l'eau, l'eau totale, l'Océan. Tâchez de vous pénétrer de cette vision océanique des êtres et des choses. Par ceci vous ne niez pas les singularités provisoires mais vous les situez à leur juste place. Alors vous pourrez être libre d'elles. »
Je pense que ces paroles résument les bases essentielles de toute Sagesse. L'art de la vie consiste à vivre parmi les singularités provisoires, parmi les formes évanescentes en étant libre de l'identification et de l'attachement. Cette liberté nous est donnée par la vision constante et toujours renouvelée de l'essence commune dans laquelle les êtres et les choses se meuvent et sont Etre Vrai. Nous accédons ainsi à la réalisation de l'amour véritable qui est un état d'être.
Ainsi que l'écrivait mon ami vénéré Roger Godel :

Avant propos à la troisième édition
Les Essais sur l'expérience libératrice de Roger Godel (1898-1961) furent publiés aux éditions Gallimard en 1952 pour la première fois avec une préface de Mircéa Eliade, reproduite ici, puis en 1976 aux Editions Présence dans une collection dirigée par Marie-Magdeleine Davy.
Depuis longtemps, cet ouvrage était épuisé et introuvable sauf chez certains bouquinistes. C'est donc une heureuse décision des Editions Almora de rendre à nouveau accessible au public ce livre important, et qui, à bien des égards que nous voudrions rappeler en avant-propos, a été et reste encore novateur.
Ce livre traite de l'expérience de l'éveil. Godel se rendit en Inde à Tiruvanamalai auprès de Ramana Maharshi et à Trivandrum auprès de Krishna Menon pour recueillir de la bouche même de ces maîtres célèbres, de ces Jivan-Mukta, l'enseignement de la sagesse millénaire de l'Inde.
Il put observer ces hommes dans leur quotidien, mesurer leur détachement, vérifier l'intensité de leur présence. « Enquêter auprès d'eux, écrit Godel, c'est donc explorer le centre d'un laboratoire consacré à la métaphysique depuis plus de deux millénaires ». On trouvera dans ce livre maints échos de la présence de ces sages.
Ce livre rassemble les conclusions d'une recherche générale sur l'expérience libératrice à travers de multiples essais : des réflexions métaphysiques et psychologiques, des interprétations de mythes, des enquêtes sur les maladies du cœur, des récits d'escalades en haute montagne.
Ces essais, qui pourraient paraître disjoints, sont en réalité autant de perspectives sur une même réalité transcendante – l'éveil - dont Godel cherche le secret en l'étudiant de différentes manières, comme on observe un diamant par ses différentes faces en le faisant tourner.
Sur ce point, le livre témoigne déjà d'une puissante audace de pensée car rares sont les ouvrages sur ce thème dans les années 50.
Aujourd'hui, il ne manque sans doute pas dans nos librairies de livres sur l'éveil mais les analyses de Godel sont particulièrement profondes et novatrices pour l'époque.
Certaines de ces pages sont admirables, miraculeuses même, empreintes d'une force et d'une poésie inspirantes qui ont la puissance non seulement de nous faire penser mais aussi d'éveiller la source de notre être.
Car Godel ne fait pas œuvre d'intellectuel seulement; il ne regarde pas l'éveil comme un objet lointain et inconnu; il écrit, au contraire, en puisant dans sa propre expérience spirituelle; il plonge sa plume dans la source de son être.
Il ne cherche pas seulement chez les sages qu'il visite une clarté sur l'absolu; quand il traite de l'éveil, il parle de ce qu'il vit; il demeure sa propre autorité.
Godel n'est pas seulement un philosophe en quête de sagesse, mais un sage, un homme accompli, établi dans l'être et de tels hommes ne sont pas si nombreux. Ces pages où l'ont sent paraître, dans des mots magnifiques, l'expérience de l'éveil manifestent l'invisible comme une hiérophanie.

Roger Godel et sa femme, Alice
Roger Godel se montre aussi pionnier en affirmant l'universalité de l'expérience de l'éveil.
Les mystiques d'Orient et d'Occident témoignent tous d'une expérience identique mais exprimée différemment selon les lieux et les traditions.
Cette reconnaissance de l'universalité de l'éveil résonne aujourd'hui chez les chercheurs spirituels qui refusent les chapelles et les limites dans lesquelles certains esprits étroits voudraient enfermer la spiritualité.
L'eau coule dans différentes rivières mais il s'agit bien de la même eau; celle qui vivifie, libère et apaise.
Godel est écrivain, philosophe, mystique, helléniste mais aussi médecin et éminent cardiologue même (il fut médecin au Liban puis en Egypte).
Son approche de l'éveil se veut radicalement et volontairement scientifique. Il apparaît proche ici d'un Bergson qui dans Les deux sources de la morale et de la religion exigeait lui aussi que la science et la philosophie prennent au sérieux les expériences mystiques auxquelles Bergson accordait une valeur immense pour la découverte des fondements et de l'homme et du réel.
L'expérience transcendante est aux yeux de Godel une terra incognita que les scientifiques, et en particulier les psychologues, doivent prendre comme objet d'études faute de quoi ils s'exposent à ne jamais atteindre la vérité ultime.

Mais pour espérer explorer cet état d'éveil, hors du temps et de l'espace, le psychologue doit opérer une véritable révolution épistémologique identique à celle que les physiciens ont accomplie au XXe siècle pour pénétrer dans les secrets de la matière.
En réclamant une approche scientifique du phénomène spirituel, Godel ne prétend pourtant pas que la science puisse progresser jusqu'à l'essence ultime de l'homme; seul un saut effectué par une intuition unifiante permet de connaître parfaitement la vraie nature de l'homme, le Témoin absolu. « Ni l'intellect, écrit-il, ni le sentiment ne peuvent passer cette frontière de la dualité. Ils devraient, pour cela, se dépouiller des attributs inhérents à leur fonction – renoncer à s'affirmer dans l'affrontement du sujet et de l'objet. L'itinéraire prend fin sur cette falaise abrupte où s'achèvent le temps et l'espace. Mais la pensée cessant d'être pensée, l'intuition transcendante jaillit en éclair de sa nuée. »
Si la science ne peut nous conduire jusqu'au centre, pense Godel, elle doit inclure l'éveil dans sa compréhension globale de l'homme.
Certes, certaines références de Godel dans ce livre ont vieilli : il s'appuie sur les travaux des chercheurs des années 40 ; mais l'élan de son projet reste neuf. Les sciences et la philosophie ont-elles poursuivi le chantier ouvert par Godel ?
Il faut reconnaître que rares sont les philosophes occidentaux, et en particulier en France, à penser que l'expérience mystique n'est pas autre chose qu'un aimable dérèglement des sens1; peu lui prêtent l'importance qu'elle mérite. En revanche quelques neuroscientifiques ont commencé à se pencher sur les expériences libératrices et sur l'état de conscience pure comme Dominique Laplane en France2. D'autres biologistes comme Francisco J. Varela ou des psychologues ont échangé avec le Dalaï-Lama et des moines tibétains sur les rapports entre spiritualité, psychologie et cerveau.
Mais ces rapprochements restent peu fréquents dans un contexte hypermatérialiste et le champ de recherches initiées par Godel est encore largement inexploré.
Pour toutes ces raisons et d'autres encore que Mircéa Eliade avance dans sa préface, ce livre est de haute valeur. Un beau témoignage de Marie-Magdeleine Davy, qui a bien connu Roger Godel et son œuvre, est également ici réédité.
José le Roy, ingénieur et agrégé de philosophie.
Voir sur l'oubli de l'éveil dans la philosophie occidentale, mon livre: Eveil et philosophie, Originel-Accarias, 2006
Dominique Laplane, Penser, c'est-à-dire ? Enquête neurophilosophique, Armand Colin, 2005
Dormir, rêver, mourir, Explorer la conscience avec le Dalaï-Lama, sous la direction de Francisco J.Varela, Nil Editions, 1998

Très belle journée à tous,
anti
Toutes les photos de l'aube qui illustrent cette note sont en réalité une seule et même photo (la dernière) dont on ne voit qu'une partie, dans un sens ou dans un autre ;-)
11:15 Publié dans L'Univers d'Anti | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : roger godel, spiritualité, bergson, mircéa eliade, roumanie, inde
18 octobre 2009
Le Concert
A l’époque de Brejnev, Andrei Filipov était le plus grand chef d’orchestre d’Union soviétique et dirigeait le célèbre Orchestre du Bolchoï. Mais après avoir refusé de se séparer de ses musiciens juifs, dont son meilleur ami Sacha, il a été licencié en pleine gloire. Trente ans plus tard, il travaille toujours au Bolchoï mais… comme homme de ménage.
Un soir, alors qu’Andrei est resté très tard pour astiquer le bureau du maître des lieux, il tombe sur un fax adressé au directeur : il s’agit d’une invitation du Théâtre du Châtelet conviant l’orchestre du Bolchoï à venir jouer à Paris… Soudain, Andrei a une idée de folie : pourquoi ne pas réunir ses anciens copains musiciens, qui vivent aujourd’hui de petits boulots, et les emmener à Paris, en les faisant passer pour le Bolchoï ? L’occasion tant attendue de prendre enfin leur revanche…
Hier soir, nous sommes tombées sur cette bande-annonce :
J'avoue que j'ai très, très envie de voir ce film !!! Et il sort en salle le 4 novembre prochain ;-)
Ce que je viens de lire sur le blog du cinéma confirme ma première impression. Lisez plutôt cette excellente critique :
Dimanche dernier et grâce à Allociné se déroulait l’avant-première du tout nouveau film de Radu Mihaileanu, Le Concert. Rappelons au passage que ce réalisateur s’est déjà illustré avec le magnifique Va, Vis Et Deviens, film humain saisissant qui nous prenait aux tripes et nous touchait en plein cœur.
C’est dire si sa nouvelle réalisation était attendue comme un nouveau chef-d’œuvre par ses fans de la première heure.
Et bien, je suis heureux de vous révéler, juste avant sa sortie qui se fera le 04 novembre, qu’une nouvelle fois, ce réalisateur d’origine roumaine fait des miracles !
La suite est ici : Le Concert



anti
16:00 Publié dans L'Univers d'Anti | Lien permanent | Commentaires (15) | Envoyer cette note | Tags : films, roumanie, pays de l'est
27 septembre 2009
La Fanfare Vagabontu ce soir à Nîmes

Ce soir, après le concert de Goran Bregovic, en deuxième partie de soirée (vers 20 heures), se produira la fanfare tzigane de Moldavie Vagabontu sur la place de la Calade à Nîmes.La Fanfare Vagabontu s’est produite pour la première fois sur scène à l’occasion du festival du Soleil de Marseille en juin 2005. Ils constituent ainsi l'une des seules Fanfare authentiquement tzigane basée en France.
Cette formation est composée de huit cuivres et deux percussionnistes : Ghitsa Iorga, trompettiste de la communauté rom de Marseille a été rejoint par neuf confrères débarqués de Moldavie Roumaine.
Tous sont nés dans les villages des environs (Zece Prajini, Doaga, Pungiesti) et se sont rencontrés dans les mariages et les baptêmes locaux. Car la musique de fanfare en Moldavie continue d'occuper une place importante dans la vie quotidienne. L'apparition des instruments à vents dans la région date en fait de l'occupation ottomane de la Roumanie et des Balkans. Les trombones et les flûtes chalumeaux étaient destinés à faire fuir l'ennemi !

Mais la composition des fanfares moldaves telle qu'elle est utilisée par les musiciens rroms aujourd'hui, a été réintroduite par les minorités allemandes et autrichiennes à la fin du 19ème siècle. Les hommes apprennent dès l'enfance à jouer avec leurs aînés et les mélodies comme les horas, sirbas et ruseascas sont interprétées à des rythmes effrénés.
Par son souffle chaud et cuivré la fanfare Vagabontu célèbre l'âme tsigane dans des fêtes incandescentes.
Animés d'un esprit festif, les musiciens de la Fanfare Vagabontu ont donc répandu leur musique brise-grisaille sur les marchés, dans les bistrots et salles de concerts . Leur tourbillon de vents venus de l'Est entraine tout sur son passage symbole fort d'une fanfare facetieuse et joueuse, frenetique et ravageuse...jusqu'au petit matin !

A découvrir : Le site de la fanfare et leur myspace.
Pour l'anecdote, ce sont eux qui font la musique des Lapins crétins, bien connus de nos amis amateurs de jeux vidéos ;-)
anti, fan de Goran !!!
Source photos et texte site de la Fanfare. Photo Goran Bregovic Sortir à Nîmes
16:29 Publié dans L'Univers d'Anti, Musique | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : roms, nîmes et ses alentours, concerts, musiques de films, roumanie, pays de l'est
18 septembre 2009
Pianos nomades
Des pianos sortis des salles de concert, deux pianistes voyageurs !
Un premier personnage haut en couleurs et généreux, le pianiste Marc Vella, une vraie découverte pour moi, faite en lisant son portrait dans Le Monde.
Extraits.

Un piano, ce n'est pas fait pour rester enfermé dans une pièce avec un napperon dessus. Marc Vella, 48 ans, pianiste compositeur, en a décidé ainsi il y a presque trente ans.
Depuis, il parcourt le monde avec son piano à queue, improvisant des concerts sur une place de village, une dune, ou au beau milieu d'un bidonville. Son Yamaha a déjà fait plusieurs fois le tour du monde, traversé une quarantaine de pays, en remorque ou dans un bus, au Maroc, en Mauritanie, en Inde ou encore à Madagascar.
C'est un piano qui a vécu, et ça se voit. Son vernis noir est constellé d'éclats et de rayures. Le 19 septembre, il sera à Paris, au pied de la tour Eiffel, pour le festival des handicapés, le Défistival.
Avec son air d'oiseau tombé du nid, Marc Vella garde une silhouette d'adolescent. "Je vous aime !", "vous êtes super !", "vous êtes beau !", lance-t-il aux passants - et plus encore aux passantes - dans les rues de Paris ou de Dakar. Les sourires qu'il déclenche sont sa joie et sa récompense. "Le monde a besoin de tendresse. Tout irait mieux si chacun osait sa vie et osait l'autre. On se brise sur l'arrogance et les certitudes", dit-il paisiblement.

Certains le prennent pour un doux rêveur ou un farfelu. Lui s'en soucie peu. De son enfance, marquée par la solitude et les mauvais traitements, il a tiré une forme de philosophie : "La vie est belle à partir du moment où on laisse ses peurs et ses préjugés de côté."
Le piano ? Enfant, il le prenait pour "un confident" au domicile de sa grand-mère qui l'élevait sans amour. Aujourd'hui, il le voit comme "un trait d'union avec l'humanité", un sésame qui lui permet d'"entrer en contact avec l'autre" et d'établir la confiance.
Le plus étonnant, peut-être, n'est pas tant sa démarche que le fait qu'elle perdure, et même qu'elle fasse école, de bouche à oreille. Si les grands médias l'ignorent, Marc Vella a de plus en plus d'adeptes, à travers son site Internet (www.marcvella.com), ses livres, ses disques et les DVD qui lui ont été consacrés. Ni gourou ni messie, mais vrai porteur d'espoir, il reçoit entre 2 000 et 3 000 mails par mois, auxquels il répond un par un.
"C'est un homme totalement atypique, qui a eu le culot de se lancer dans une aventure folle ! Des gens qui rêvent leur vie, il y en a plein, mais des gens qui vivent leurs rêves, c'est si rare !", souligne Alain Noël, son éditeur, autre personnage anticonformiste qui a quitté son poste de PDG des Presses de la Renaissance, il y a deux ans, pour fonder un monastère.

(…) Le pari le plus insensé de Vella, c'est sans doute celui de la caravane amoureuse. Au début des années 2000, le pianiste nomade accepte d'emmener une trentaine de volontaires dans ses périples. Il parvient à récolter des fonds, fait aménager trois bus et élabore une charte.
Les caravaniers devront "déclarer un amour mondial", en pratiquant "la guérilla des bisous" et en distribuant des "je t'aime" à tous vents, décrète Vella, sans craindre le ridicule.
La première de ces caravanes amoureuses a lieu au Maroc, en 2004. Vella joue sur la place Jamâa el-Fna de Marrakech, au milieu des touristes et des charmeurs de serpents, ou parmi les lépreux, à Casablanca, tandis que ses compagnons sautent au cou des spectateurs, interloqués puis séduits.
En 2006, une deuxième caravane amoureuse est organisée, cette fois en Roumanie. Puis, en 2008, en France. Toutes trois sont des succès. "Ces voyages sont des tranches de vie magnifiques. Ils changent notre regard sur le monde et même notre façon d'être". (…)
c'est de la rendre amoureuse d'elle-même
en montrant sa beauté",
(Marc Vella)
(…)
L’intégralité de l’article de Florence Beaugé est ici ici.
Une interview
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Un second destin magnifique, celui du Pianiste de la Sierra Madre, Romayne Wheeler, pianiste américain âgé de 66 ans qui à élu domicile dans la Sierra Tarahumara.

Fuyant le bruit et l’agitation il s’est construit un « nid d’aigle » à flan de montagne et a réussi à y amener un piano de concert « Steinway ».
Gagnant peu à peu la confiance des Raramuri, il a su développer avec eux une relation basée sur le respect réciproque.
Son livre « Vingt ans avec les indiens Raramuris »

Crédit photos Google image
Miss You
11:30 Publié dans Miss Terre et bouts de blogs, Musique | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : piano, roumanie, pays de l'est, marc vella








