04 janvier 2011
Sciences & curiosités à la Cour de Versailles
Aucun doute, ce doit être une super expo à voir, de découvertes en aventures, dans le plus grand cabinet de curiosités qui soit ;-)
Voici une exposition qui révèle une nouvelle image de Versailles, une image inattendue : celle d’un lieu où la présence des sciences et des savants s’est manifestée sous les formes les plus diverses : expérience de l’électricité dans la galerie des Glaces, construction de la Machine de Marly sur les rives de la Seine, démonstration de l’énergie solaire avec le Miroir ardent...
Et ceci grâce au témoignage d’œuvres et d’instruments des anciennes collections royales, réalisations spectaculaires de beauté et d’intelligence, qui sont rassemblés pour la première fois dans cette exposition.
C’est depuis Versailles que la tutelle sur les sciences s’exerce. Sous l’impulsion de Jean-Baptiste Colbert, « Premier ministre » de Louis XIV, le pouvoir royal prend conscience des enjeux de la recherche scientifique.
En 1666, la fondation de l’Académie des Sciences par Colbert instaure un nouveau contrat entre le pouvoir et les savants. Nombre d’entre eux, parmi les plus renommés, fréquentent la Cour, de façon assidue en tant que précepteurs des princes, officiers de santé, ingénieurs aux armées...
Sous les yeux du Roi, les physiciens Benjamin Franklin et l’abbé Nollet confrontent leurs théories, les encyclopédistes Diderot et d’Alembert se retrouvent au Château dans l’entresol du docteur Quesnay, médecin de Madame de Pompadour, favorite de Louis XV.
Et certains courtisans s’affirment comme de réels experts...
Le château de Versailles offre de nombreuses ressources pour la recherche :
la Ménagerie et ses animaux rares, autruches, pélicans, rhinocéros, sont à la disposition des anatomistes, le domaine de Trianon à celle des botanistes, des zoologues et des agronomes, aux Grandes Écuries apparaît l'hippiatrie, prélude à la science vétérinaire.
Pour les enfants princiers, de nouvelles méthodes pédagogiques sont élaborées, utilisant des outils à la pointe de la recherche. Il en est de même pour la pratique personnelle des souverains.
Si Louis XIV se voit en protecteur des sciences, comme il l’était des arts, sans les pratiquer, ses successeurs, au contraire, Louis XV tout comme Louis XVI, deviennent de véritables connaisseurs.
La présentation au Roi ou la démonstration devant la Cour est une consécration suprême, équivalente à un prix Nobel.
Si l’envol de la première Montgolfière est connu de tous, il en est tant d’autres oubliées, telles l’expérience du miroir ardent devant Louis XIV ou celle, sous le règne suivant, de l’électricité dans la galerie des Glaces.
Ainsi cette mosaïque de lieux, d’hommes et de faits que présente Sciences et curiosités à la cour de Versailles doit-elle être perçue, non comme une conclusion mais comme une ouverture vers de nouvelles recherches.
Miss You
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14 juin 2010
Takashi Murakami à Versailles
J’aime quand deux mondes se rencontrent et encore plus quand ces rendez-vous sont improbables : deux époques, deux arts, deux espaces, deux univers…
Après Jeff Koons et Xavier Veilhan, c’est à nouveau le cas lorsque Takashi Murakami expose à Versailles.
Je vous propose une interview accordée au Figaro par cet artiste japonais, auteur et réalisateur de manga, peintre, sculpteur, … en l’illustrant avec quelques unes de ses réalisations cueillies sur le net.

Coqueluche des collectionneurs,
l'artiste japonais succédera à Jeff Koons et à Xavier Veilhan
en septembre chez le Roi-Soleil.
Assis au soleil sur les marches du parvis royal, face au Grand Canal, Takashi Murakami est inhabituellement détendu et accessible. En septembre, ses sculptures investiront pour trois mois le château de Versailles.

À la tête d'un petit empire entre Tokyo et Long Island, il assume, à 47 ans, la valeur marchande de son art. Concentré, perfectionniste, exigeant, il dirige dans un bourdonnement de ruche ses équipes d'assistants, de peintres, d'artisans et de petites mains.
Rencontre avec un homme pressé, entre jet lag, discours officiels au château et dîners privés.

Jellyfish eyes
LE FIGARO. Quelle importance a Versailles pour vous ?
Takashi MURAKAMI. Je suis très honoré de pouvoir exposer au château de Versailles. Surtout lorsque je réalise son contexte historique. La France a mis toute son énergie pour avoir le plus beau château et les plus beaux intérieurs du monde. Pour les Japonais, Versailles est un lieu particulièrement médiatisé.
La Rose de Versailles est un manga de filles dont l'héroïne s'appelle Lady Oscar. Il est passé longtemps à la télévision, un vrai phénomène culturel. Tout le monde au Japon connaît Versailles à travers ce manga.

La Rose de Versailles
Votre souvenir de touriste ?
Justement, la superposition de ce que j'avais imaginé en lisant ce manga et la réalité. J'ai été impressionné par la grandeur démesurée de Versailles, mais aussi par son histoire faite d'audace et de bravoure, par le fait que le peuple s'est opposé à cette toute-puissance royale et qu'il a gagné. C'est quelque chose d'inimaginable dans la culture japonaise.

Votre travail pourrait-il être montré dans un palais impérial au Japon ?
Absolument impossible.

Est-ce intimidant ou excitant d'exposer chez le roi ?
J'ai un peu peur de la réaction du public devant la confrontation de mes œuvres à ce contexte historique, codé et connu à l'extrême.

Je ne sais pas si elle sera bonne ou mauvaise. Chaque salle royale a une histoire. Mais chacune de mes œuvres, aussi, a une histoire.

Je pense que je ne serai pas aussi critiqué que Jeff Koons et son Balloon Dog, le choc visuel qui a fait le tour du monde, car je ne suis pas le premier.
Après Jeff Koons et Xavier Veilhan, je ne suis pas si nouveau que ça pour le public !
Ceux qui viennent à Versailles rêvent de s'immiscer dans un univers total fantastique. J'aimerais participer à ce rêve, le pousser à l'extrême.

Pensez-vous ces deux univers artistiques compatibles ?
Jeff Koons s'était directement inspiré du portrait du roi, de la hiérarchie de la société d'Ancien Régime. De ce fait, cela collait extrêmement bien.

Mes sources puisent dans le manga, d'autres concepts personnels que j'ai développés dans mon travail depuis des années.
Les symboles de la cour y sont, mais les correspondances pourront paraître décalées, superficielles. Il n'y aura pas un rapport direct avec le roi et son monde comme chez Jeff Koons.

Je vais exposer plus d'œuvres, mais je ne vais pas occuper tous les appartements royaux.
Y a-t-il un Murakami interdit à Versailles ? Par exemple, pourra-t-on voir un de vos My Lonesome Cowboy, comme celui qu'a exposé François Pinault à la Pointe de la douane, à Venise ?
Ce qui m'a choqué n'est pas de ne pas exposer cette sculpture. Mais de renoncer à accrocher mes peintures pour des raisons de conservation du patrimoine. Je suis d'abord peintre et j'ai dû me résoudre à montrer surtout de la sculpture.

Bienséante ?
Pas de My Lonesome Cowboy, non. De toute façon, cette sculpture a été déjà beaucoup vue. Sur la vingtaine de ¬pièces exposées, six ou sept seront nouvelles.
D'autres, plus anciennes, seront retravaillées dans des versions différentes, comme Oval Buddha, une sculpture haute de 6 mètres.

Oval Buddha
Vous êtes-vous redécouvert à Versailles ?
Cela a été l'occasion de relire l'histoire de France, de réviser. J'ai été impressionné par la force des Français qui ont fait cette révolution. C'est un pays très passionnel où la politique est une valeur forte et collective, point de vue assez éloigné du Japon, si complexe.

J'admire la faculté de la France à vouloir toujours se renouveler. Et à le faire. À partir de rien, elle a bâti le château de Versailles. Républicaine, elle a transformé ce lieu. Contemporaine, elle y met de l'art contemporain. Quel courage !
Takashi Murakami
au château de Versailles
du 12 septembre au 12 décembre 2010.
Interview signée Valérie Duponchelle
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28 août 2009
Nocturne royal
Samedi soir, avant d’admirer les « Grandes Eaux » des Jardins à Versailles, nous avons visité les Appartements du Roi en nocturne.
L’idée du Conservateur est d’ouvrir le premier étage du château à quelques privilégiés, alors que les visites de la journée ont cessé et que les lieux ont retrouvé leur tranquillité.
Une visite à l’ambiance particulière, en très petit nombre, dans les lumières du couchant, avec la liberté des pas et le temps de passer de pièce en pièce, d'un moment d'histoire à l'autre, sans bousculade ni brouhaha.
Entrons !

La chapelle
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Les visiteurs du soir
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Anges et démons
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Veilleurs
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Vers le salon d’Hercule
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Un regard aux jardins
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L’œil s’échappe
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Ors
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Derniers feux
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Miroirs, mes beaux miroirs
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Ecrin de marbres
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Salon de l’œil de bœuf
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Soin du détail
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Marqueterie du cabinet du Conseil
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Face cachée du soleil
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Poudré d'un soir
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Infinie pudeur
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Coucher du Roi
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31 mars 2009
Versailles en habits
Voici une exposition qui devrait tenter tous les amateurs de costumes d'époque et de mode de façon plus générale.
Enchantement des créations, pour lesquelles chaque artisan est un orfèvre en sa matière.
Foisonnement de matières, d'étoffes et de parures....
L'habit ruisselle de diamants, la robe "à panier", de broderies d'or et d'argent : à partir de Louis XIV et sous son impulsion, l'habit de cour et le luxe inouï des vêtements d'apparat vont s'étendre dans toutes les cours d'Europe, comme le raconte la nouvelle exposition du château de Versailles Fastes de Cour.
L'habit ruisselle de diamants, la robe "à panier", de broderies d'or et d'argent : à partir de Louis XIV et sous son impulsion, l'habit de cour et le luxe inouï des vêtements d'apparat vont s'étendre dans toutes les cours d'Europe, comme le raconte la nouvelle exposition du château de Versailles.
Après le "Mobilier d'argent" qui évoquait les objets d'art et le mobilier, le château de Versailles poursuit son exploration des fastes de l'Ancien Régime pour évoquer l'histoire du costume de cour de la mi-XVIIe à la fin XVIIIe, avec l'exposition "Fastes de cour et cérémonies royales" (31 mars - 28 juin).
Il ne reste rien des tenues de Louis XIV et des autres souverains français.
Outre les destructions de la Révolution, il était de tradition que le roi et la reine en France donnent chaque année leurs vêtements, régulièrement remodelés par les récipiendaires, dit un des commissaires de l'exposition Pierre Arizzoli-Clementel.
Versailles a donc fait appel aux musées des cours d'Europe, pour qui au contraire l'habit royal était "sacré", afin d'évoquer cette mode inspirée par Versailles, souvent fabriquée à Paris, "référence absolue" alors du luxe vestimentaire en Europe.
Parmi les 200 pièces exposées - habits et robes, couronnes ou bijoux, dessins - un grand nombre d'entre elles sortent pour la première fois de leur pays respectif, tel l'habit de couronnement du roi d'Angleterre George III, des chasubles brodées de la cathédrale de Cologne ou des vêtements de souverains suédois ou russes.
Louis XIV "veut s'imposer comme le souverain le plus puissant d'Europe et va systématiquement utiliser le vêtement pour éblouir", indique le directeur général du château.
Il "a compris que le costume est une image, un discours politique", ajoute l'autre commissaire de l'exposition, Pascale Gorguet-Ballesteros, conservatrice au musée Galliera, musée de la mode à Paris.
Dans le sillage du Roi Soleil et de la cour de Versailles, couronnements, mariages princiers, présentations à la cour, seront autant d'occasions pour les souverains d'Angleterre, de Suède, du Danemark ou les tsars de Russie, de marquer leurs distances par le luxe du costume et des bijoux.
L'exposition évoque par grands thèmes - les cérémonies d'Etat, le sacre, les fastes religieux, les ordres royaux, la journée d'un roi, etc. - ces occasions exceptionnelles de porter des costumes de grand apparat.

Pour son mariage, le futur Gustave III de Suède porte un habit "à la française" - long gilet boutonné, veste ouverte, culotte au genou - de drap d'argent avec paillettes et fil d'or, broderies de feuilles, doublure de moire argentée. Le costume a été fabriqué à Paris "en 37 jours, par 40 ouvriers", dit un mémoire.
Sur un sobre habit de satin noir, reconstitué, un prince Thurn et Taxis portait une éblouissante parure faite d'une trentaine de barrettes de diamants qui ornaient la veste, une vingtaine de boutons de diamants fermant le gilet.
Le "grand habit" féminin qui nécessitait 25 mètres de tissu avec sa jupe à panier et sa longue traîne, était porté lors de la présentation à la cour. Celui de la duchesse de Polignac avait coûté 3.000 livres, soit huit ans de budget pour une famille (quatre personnes) de tisserand. Sur les corsages, des bouquets composés de pierreries brillent en bougent.
(Source Le Point)
"Quand les rois faisaient la mode"
Miss You
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08 novembre 2008
Versailles initiatique

Un jour, à la radio, j’ai entendu Erik Orsenna parler des jardins de Versailles. C’était passionnant ! Il faut vous dire que je suis une inconditionnelle d'Erik Orsenna, les mots de cet homme qui arpente depuis près de 40 ans le parc de Versailles sont sans commune mesure. Il est l’auteur de :
Portrait d'un homme heureux : André Le Nôtre, 1613-1700 Extraits d’une interview de l’Express : « C'est ça Le Nôtre, une négociation permanente entre la géométrie et la géographie. Entre l'ordre et la soudaine échappée belle. Avant lui, le jardin occidental est clos. Il l'ouvre au maximum, crée d'immenses perspectives. Bientôt, toute l'Europe va l'imiter.»
(…)
La chambre du roi : « Elle est à la croisée de l'axe nord-sud, celui de l'eau, et de l'axe est-ouest, du soleil. Ainsi Louis XIV, qui a vécu la Fronde et connaît la grogne des grands, unit les contraires, l'eau et le feu. L'unité du royaume, telle est sa grande idée, son projet politique.»
Quelques jours après, j’ai assisté - comme par hasard - à une mini conférence sur Versailles, ses jardins et leur symbolique. J’avais envie de faire une note puis j’ai reporté la chose… La lecture du blog de Parc Monceau : un jardin franc maçon sur le blog de Startine m’a remis les pieds à l’étrier ! Encore un échange enrichissant entre blogs !

Da Quattordici Code ?
Les Mystères de Versailles
Louis XIV, ses architectes, nous ont-ils laissé une sorte de Mutus Liber en trois (ou quatre ?) dimensions dans les Jardins de Versailles ? Esotérisme, hermétisme, alchimie : à chaque détour de cet espace labyrinthique, les symboles attendent d'être déchiffrés. Témoin d'un temps où l'homme se voulait en contact direct avec les mystères de l'univers. Alors, y a-t-il un Da Quattordici Code ? ....
Info Corrèze (30 oct 06)
La réponse se trouve peut-être dans ce roman de Jean Erceau plus qu’alléchant ( Petite précision sur l’auteur, Jean Erceau, est Docteur ès sciences et physicien de formation. Il a dirigé de nombreux chercheurs en Intelligence Artificielle ainsi qu’en Sociologie et en Psychologie. Il est expert en gestion et transmission des connaissances entre les robots et les hommes et s’est finalement spécialisé en Prospective et Intelligence scientifique) :

Les jardins initiatiques du Château de Versailles
« De nombreux ouvrages très documentés ont été consacrés aux jardins du château de Versailles. Le livre que j’ai écrit est néanmoins original et son originalité peut vous intéresser.
Original, car ce livre est un roman avec plus de 300 photos d'art. Renvoyant systématiquement au texte, l'iconographie interpelle constamment le lecteur qui entre dans le jeu de la découverte initiatique des jardins.
Original, car ce livre est un roman initiatique. Initiatique signifie que le lecteur apprend progressivement les codes ésotériques utilisés par les sculpteurs, les fondeurs, les fontainiers et les architectes. Il apprend à lire le visible (les statues, les fresques, les fontaines) puis l'invisible (les relations qui ordonnent et donnent du sens à l'ensemble). Il apprend à donner du sens à ce qu'il voit comme à ce qu'il ressent émotionnellement, à donner du sens à ses intuitions. De lecteur de ce roman il en devient acteur, il en devient le héros impliqué dans un parcours qui lui fait quitter le rationnel pour la métaphysique et la métaphysique pour le spirituel.
Original, car ce livre témoigne d'une approche des jardins de Versailles qui permet de trouver des réponses aux nombreuses questions que se pose le visiteurs : pourquoi tant de recherche dans leur organisation ? Pourquoi ces statues, toutes plus parfaites les unes que les autres et rigoureusement alignées sont-elles néanmoins placées dans un désordre apparent ? Pourquoi le parcours du soleil y est-il représenté inversé, c’est-à-dire orienté d'Ouest en Est ? Quelles étaient, dans ce désordre, les intentions des créateurs et des architectes aux compétences unanimement reconnues ?
Quel sens ont-ils voulu donner à cette œuvre aussi vaste et structurée, aussi complexe et harmonieuse à la fois ? Quelles étaient les intentions de Louis XIV ?
Original, car ce livre suit une démarche pédagogique qui permet de comprendre pourquoi ces architectes, fondeurs, fontainiers, qui maîtrisaient l'art, la nature et la matière, ont essayé de transmettre leur art et leur maîtrise en utilisant ces jardins comme support. Ils étaient les ingénieurs, les techniciens, les scientifiques de l'époque et leur science s'appelait l'alchimie. Ils ont inscrit cette science dans leur œuvre : connaissance de la nature, du cosmos, de l'univers, connaissance de la matière et de ses transformations, connaissance de l'homme et de ses capacités à interroger, à s'interroger, à douter, à comprendre, à créer, à innover, et surtout à progresser dans la connaissance.
Original, car ce livre traite de cette connaissance dans laquelle progresse le lecteur. Elle est symbolisée par le soleil qui éclaire la nature et le monde et nous permet de les découvrir. Louis XIV et ceux qui construisent Versailles glorifient l'héliocentrisme de Galilée qui vient de mourir et annoncent le siècle des Lumières.
Roman, guide ou fiction ? Les jardins de Versailles ne se visitent pas, ils se vivent. Le parcours qu'emprunte Elouane et le jeune héros du roman invite au voyage. Pour le lecteur qui s'y engage, c'est une pérégrination exaltante, exaltation des valeurs humaines, exaltation de la connaissance, exaltation de l'âme… nul doute qu'après l'avoir lu, le lecteur n'aura plus qu'une envie, aller in situ faire lui-même le parcours et plus jamais il ne verra les jardins du Château de Versailles comme avant."

Jean Erceau fut l’invité de l’Emission radio du Grand Orient de France en juin 2007 . Extraits :
Au micro : Marc Henry, Grande Loge de France. À mes côtés Guy Gentil.
J.E. À titre personnel, je me suis toujours intéressé au rationnel et à l’irrationnel et pourquoi les deux ne se mariaient pas. J’avais envie de savoir – j’ai toujours été très curieux, c’est d’ailleurs pour cela, je pense, que j’ai fait une carrière de chercheur. Pourquoi les rationnels, les scientifiques n’osaient pas trop approcher l’irrationnel, les émotions, la conscience. Pourquoi est-ce que la science restait une science expérimentale, excluant l’homme du champ d’expérience alors que moi je me sentais toujours impliqué dans le milieu et en réaction avec mon environnement ? Je ne me sentais pas en dehors mais bien dedans. Entrer en Franc-maçonnerie c’est rentrer dans une Loge, ce n’est pas voir la maçonnerie de l’extérieur, c’est vraiment entrer dans une Loge et être impliqué. Là, j’ai trouvé justement énormément de satisfaction dans cette implication et je n’étais pas le seul.
M.H. : Vous appartenez à une Loge qui s’appelle « l’Ambition créatrice », quel titre puisque nous allons parler d’ambition et de création à travers un ouvrage que vous venez de signer, qui s’appelle « Les Jardins Initiatiques du Château de Versailles ». L’ambition évidemment on pense à Louis XIV et pour ce qui est de la création c’est cette découverte, pour beaucoup j’imagine inattendue, que vous faites à travers tout un périple initiatique – on peut dire le mot – dans ces jardins dont Musset pourtant nous disait qu’ils étaient, dans «Trois marches de marbre rose », tout à fait ennuyeux et qu’il n’y avait rien de plus ennuyeux que cet ombrageux parc de Versailles. Vous pensez, vous, tout le contraire ?
J.E. : Ah, oui. En 1973, j’ai été invité par Jean-Pierre Bayard que nous connaissons pour ses écrits sur le symbolisme, à assister à une séance de préparation de repérage pour un film sur Versailles.
Il y avait là un certain nombre de personnages, ésotéristes patentés, qui parlaient de Versailles, qui parlaient des alignements, qui parlaient des statues etc. Il y avait des choses qui m’intriguaient et, à partir de là, chez un scientifique quand il y a quelque chose qui l’intrigue il cherche.
Alors j’ai cherché, c’était en 1973 et puis en 1983. Dix ans après, j’ai habité Versailles pas très loin du château. Alors, bien sûr, les jardins j’y suis allé et je me suis comporté comme un petit robot.
M.H. : C’était le scientifique qui reprenait le pas !
J.E. : Vous avez dit tout à l’heure et c’est vrai, que pendant une quinzaine d’années je m’étais spécialisé dans des recherches concernant les sociétés de robots, des petits robots explorateurs qui devaient aller explorer par exemple mars, c’est-à-dire un endroit que l’on ne connaît pas. Eh bien, je me suis comporté dans les jardins de Versailles comme ces petits robots, c’est-à-dire dans un endroit que je ne connaissais pas. J’ai cherché des repères, j’ai cherché à voir ce qui m’entourait, à comprendre ce qui m’entourait, à trouver des repères, donc les statues, les fontaines, les vases et j’ai essayé de les relier ensemble. Ce qui donne du sens ce sont les liens.
En Franc-maçonnerie on s’attache beaucoup aux symboles. Le symbole est la grammaire du langage maçonnique, et, un symbole, c’est un système de relation. Ce qui donne du sens à un symbole, ce sont les relations. Vous prenez quatre verres et vous faites un carré, c’est un carré ; vous pouvez prendre 4 bouteilles c’est aussi un carré ; vous pouvez prendre 4 paires de lunettes c’est aussi un carré. Ce sont les relations, ce ne sont pas les objets que l’on met aux quatre coints qui sont importants. Là, c’est la même chose, les statues sont importantes c’est sûr, elles sont visibles mais ce qui est important surtout et ce qui donne du sens aux jardins ce sont les relations entre ces statues. Pourquoi, elles sont mises non pas les unes à côté des autres mais…
M.H.: Pour faire joli tout simplement !
J.E. : Et voilà. Et donc il faut dans ces jardins savoir lire le visible c’est-à-dire les statues et les fontaines par exemple mais il faut lire aussi l’invisible c’est-à-dire les relations qui existent entre ces statues et ces fontaines.
(...)
M.H.: Cela, c’est le point de départ. D’où êtes-vous parti ? Évidemment, quand on lit le livre, cela se déroule tout seul, on vous suit à la trace, on est persuadé du bien fondé de ce que vous écrivez, mais vous, vous disiez que vous aviez exploré le château comme un robot ? Qu’est-ce qui vous a donné le début de la piste ? Vous auriez pu partir d’un mauvais endroit ?
J.E. : Oui, quand on s’intéresse à un parcours initiatique, quand on s’intéresse à l’initiatique et à un parcours initiatique dans un lieu où on vit dit c’est initiatique, c’est un temple, par exemple c’est une cathédrale, c’est un lieu initiatique, eh bien le point de départ est toujours au nord. Il est toujours au nord, là où il fait froid, là où ce sont les ténèbres, là où c’est humide, là où la graine, si elle est bien semée, va pouvoir pousser.
Et la fin du parcours est, en général, là où il y a le plus de soleil, là où il y a le plus de lumière, parce qu’un parcours initiatique fait toujours et systématiquement passer des ténèbres aux lumières, passer de l’ombre à la lumière. Donc, ici, j’ai recherché la statue qui était le plus au nord et j’ai trouvé cette statue qui s’appelle la « Renommée du roi ». Elle est d’ailleurs très significative parce que cette statue représente Mnémosyne.

Mnémosyne
En son sein est le principe du Principe.
Elle est la mémoire de la nature et de l'Univers.
Elle livre au temps la loi qui régit le tout dans son ensemble et chaque chose en particulier
G.G. : Elle représente Mnémosyne effectivement et vous la décrivez, Jean Erceau dans votre livre cette statuaire, d’une manière extrêmement remarquable parce que c’est très simple et très compréhensible et cela donne surtout envie de s’engager dans ce parcours où vous tenez vos lecteurs par la main pour les éclairer.
Un critique a écrit concernant votre livre et c’est une phrase toute simple que j’apprécie beaucoup, qui m’a beaucoup touché : « Il s’agit d’une pérégrination exaltante dans les valeurs humaines, dans la connaissance ». Ce que vous soulignez de quelques mots également très profonds : « Les jardins de Versailles ne se visitent pas : ils se vivent ».
J.E. : Oui. Le parcours que je propose et qui démarre avec Mnémosyne, la déesse grecque de la mémoire, la mère des muses qui écrit le livre de la nature, cette mémoire, elle mémorise quoi ? Elle mémorise le principe même de la création, elle est le principe créateur, et elle va écrire la création dans un livre, le livre de la nature qui est supporté par Cronos le temps.
Et durant tout le parcours on va apprendre au visiteur, et c’est l’objet du livre, apprendre au visiteur à lire la symbolique, à lire le visible, à lire l’invisible, à lire les symboles, à les assembler et à élaborer lui-même de la connaissance. Ce parcours est un parcours qui nous guide sur une quête de la connaissance. Cette connaissance qui est représentée par le soleil qui éclaire le monde et qui nous le révèle donc ce que nous connaissons du monde nous est révélé par le soleil et cette connaissance nous allons l’apprendre dans les jardins.
À la fin du parcours, on va retrouver un des caractères de l’homme qui est le « mélancolique ». Ce personnage, c’est une statue qui est juste avant le domaine des dieux, juste avant ceux qui ont la connaissance absolue. Eh bien, on va retrouver le « mélancolique » qui lui a ouvert le livre de la nature, qui l’a lu. Et il a un bandeau sur la bouche pour l’empêcher d’en livrer les secrets. Par contre, en face de lui est le « lyrique » qui porte la lyre, cet instrument de musique d’Orphée, qui joue la musique des sphères, les musiques de la nature, les chants de la nature, et qui les chante aux dieux de l’Olympe pour que ceux-ci ne les oublient pas, de la même façon que les muses chantent perpétuellement aux dieux ces harmonies de la nature, cette musique des sphères, auxquelles il faut se rendre sensible, de façon à pouvoir les écouter, les comprendre et puis éventuellement pouvoir danser sur ces musiques pour devenir soi-même acteur du monde.
M.H. : Quelques mots Jean Erceau parce que je vois que le temps passe, et c’est épouvantable, quelques mots des illustrations et elles sont nombreuses, des photos absolument merveilleuses qui jalonnent le parcours. Non seulement vous dîtes, vous écrivez vous faites ces liens que vous évoquiez il y a quelques minutes mais, de surcroît, on peut voir, on peut même être sensible au discours parce qu’il y a l’illustration qui nous met bien en place tout le chemin que vous nous faîtes accomplir à travers cet ouvrage.
J.E. : Je voudrais en profiter pour remercier Claude Rozier qui est le photographe qui a fait toutes ces photos. C’est un roman de 325 pages avec plus de 300 photos. Ce que j’ai voulu avec Claude Rozier, c’est que Claude fasse des photos qui induisent un dialogue permanent avec le texte. C’est-à-dire que dans ce livre il y a une mise en page, que j’ai voulue, qui donne un dialogue entre les photos et le texte. C’est-à-dire qu’en permanence en lisant le texte eh bien on comprend les photos. Les photos donnent du sens au texte, et le texte donne du sens aux photos. Ce qui me semble important c’est que, dans ce dialogue, le lecteur est interpellé. Progressivement il est impliqué dans le dialogue, de la même façon qu’il est impliqué dans le dialogue entre Elouane, le Maître qui fait visiter et ce jeune qui n’a pas de nom. Et je n’ai pas voulu lui donner de nom pour que les lecteurs puissent plus facilement s’identifier à ce jeune personnage qui fait le parcours parce que ce livre propose au lecteur le parcours. Et puis le lecteur aura tout loisir ensuite d’aller dans les jardins voir lui-même in situ ce qu’il a lu et puis vérifier au niveau de ses émotions, de son ressenti, tout ce qu’il a pu lire.
M.H. : Brièvement Jean Erceau une dernière question. En quoi ce parcours initiatique s’adresse-t-il à l’homme et à la femme du XXIe siècle ?
J.E. : Parce que le problème de l’homme du XXIe siècle c’est qu’il est entouré d’informatique, d’électronique, de prothèses parce que la science et la technique n’ont apporté à l’humanité que des prothèses. Là, l’homme et la femme peuvent prendre conscience qu’ils ont eux-mêmes des capacités, des capacités intellectuelles mais des capacités de connaissance, des capacités émotionnelles, des capacités de prise de conscience, des capacités de lire et de comprendre l’invisible et d’aller au-delà et de traverser le miroir, parce que finalement la fin de ce parcours, de ce livre, c’est d’aller à la conquête du soleil, à la conquête de la connaissance absolue et pour accéder au soleil il faut traverser le miroir.
C’est bien pour cela qu’il y a une galerie des glaces dans ce château et que derrière les glaces du château, derrière la galerie des glaces, il y a la chambre du Soleil, roi de l’univers. Ce soleil que les scientifiques de l’époque de Louis XIV et Louis XIV voulaient glorifier parce qu’il ne faut pas oublier que c’était la naissance de l’héliocentrisme. Galilée était mort depuis quelques années, quand Louis XIV est né.
M.H. : Merci Jean Erceau.
Celles et ceux que la suite intéresse peuvent se rendre sur le blog de l’auteur, blog qui regorge d’informations et de vidéos :
Jardins initiatiques.
Pour finir sur une autre dimension, à écouter parce que « Ecrire, parler, intervenir dans l’espace, telle est sans doute depuis son institution par les Grecs, la forme canonique du travail philosophique ». - Daniel Defert - : Michel Foucault Utopies et hétérotopies
[Les Hétérotopies : Les contre espaces, lieux réels hors de tous lieux; L’hétérotopologie, science nouvelle; Juxtaposition d’espaces incompatibles;
Découpages singuliers du temps; Systèmes d’ouverture et de fermeture spécifiques; Contestation du réel et source d’imaginaire].
Anti, Joie suprême, Espace infini.
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