05 janvier 2012

La prédation, c'est le viol.

747832943.jpgJe vous ai déjà parlé de Yurtao, le magnifique blog de Sylvie Barbe.

Aujourd'hui, je reproduis l'un de ses textes que je trouve magnifique. Je retrouve dans ses mots bien des échanges que j'ai eu avec Anna... La Femme en moi comprend tout, ressent tout, chaque mot et, mieux, chaque réalité que ce mot tente de représenter.

Merci infiniment Sylvie d'exprimer les choses si clairement.

Je vous invite à le lire aussi directement chez elle, en image, en cliquant ici.











La prédation, c'est le viol.

« À qui appartiendra le futur ?
Aux femmes et aux enfants qui luttent pour la survie
et la sécurité de l'environnement ?
Ou à ceux qui traitent femmes, enfants et environnement
comme du jetable et du superflu ? »


Vandana Shiva
et Maria Mies. « Ecoféminisme. »



On peut choisir d'être célibataire, mais pas de refuser l'altérité des sexes.

Si les femmes et les hommes existent ensemble sur une trajectoire commune, ils sont pourtant intrinsèquement différents, quoiqu'en disent, sous prétexte de genre et de conditionnement, les colons capitalistes qui arasent les humains à un statut d'accumulateurs d'objets.

La femme dont les organes sont dedans se sent plus en résonance à l'intérieur qu'un homme, dont l'organe reproducteur est à l'extérieur. Le féminisme universaliste occidental a jusqu'à présent répondu au mépris de l'homme pour les valeurs intérieures des femmes par une tentative pathétique d'intégrer ses modèles, de s'aligner sur ses paradigmes, en démontrant, jusqu'à l'épuisement, l'équivalence des capacités et des talents. Il a fallu exacerber nos aptitudes en signant allégeance aux codages masculins pour obtenir subsistance et gratification, comme si les filles prétendaient pisser aussi loin que les garçons. Cette dévotion pour l'hypertrophie des valeurs viriles de conquête et d'assujettissement entraîne le renoncement à la préoccupation gratuite du soin d'autrui, et donc de toute forme d'auto-gestion. Intégré dans la rivalité virile établissant une hiérarchie fondée sur l'exhibition du plus d'attributs visibles possible, ce féminisme d'allégeance à la course aux champions, en revendiquant aux instances misogynes les mêmes dossards, les mêmes équipements et les mêmes critères de dépassement de soi, soumis aux phallocraties des sponsors, jurys et autres distributeurs de couronnes et médailles, n'est plus qu'un triste renchérissement de la compétitivité, un sombre pastiche de l'idéologie patriarcale de la loi de la jungle.

Depuis la conquête d'Uruk qui inaugure, à l'âge de Bronze, la fondation du patriarcat, les violents s'ingénient à transformer en héros d'épaisses brutes cruelles, à commencer par ce « soudard de Gilgamesh, qui esclavagise le peuple de Sumer en violant toutes les filles, enlève les fils à leur mère et épuise les hommes en travaux exténuants » (version Sumérienne, citée par Françoise Gange).

À partir de l'extermination de la Vénus paléolithique et de la culture des peuples de la Déesse Mère, les vagues successives d'interprètes masculins ont effacé le souvenir d'un monde stable basé sur la gestion bienveillante des ressources naturelles, où le nomadisme répondait au besoin d'épargne et à la gestion réfléchie des ressources, au profit de mythes épiques qui glorifient le pillage, travestissent les guerres de colonisation en croisades civilisatrices, en expropriant les peuples de leurs bases d'auto-suffisance.

L'ensevelissement à Sumer du matriarcat et de son organisation fondée sur la coopération, le partage et le respect de la terre, a rejeté le féminin dans le continent noir de l'inconscient et a ouvert la voie à la diabolisation des femmes. Car oui, les femmes sont objectivement rebelles à la généralisation de la violence, et profondément indociles à l'instauration de l'insensibilité comme critère moral. Le « fils de la mère » honorant, par symbioses et connexions, les forces de la nature, l'art et l'amour libre, est devenu le « fils du père », assassin de son propre frère, exténuant ses esclaves en productions titanesques, et légalisant par le mariage l'appropriation des personnes. En introduisant la religion du Dieu unique et la dichotomie entre élus et mécréants, en extrayant la femme de sa côte, c'est-à-dire de sa propre structure, l'homme nie toute altérité, toute existence propre à l'autre sexe, mais aussi à la pluralité des cultures et des croyances.

Depuis qu'ils ont compris le lien entre semence et bébés, et érigé la loi, laïque ou religieuse, du seul grand phallus sous qui tout doit plier, depuis qu'ils se sont appropriés la fertilité de la terre et la fécondité des femmes, tout périclite.

Ils foncent comme des rhinocéros furieux et, quand ils ne nous enrôlent pas dans leurs brigades de mort, ils font semblant de demander notre accord, juste pour acheter notre silence et notre soumission.

Qu'avons-nous à faire de leurs fusées quand nous ne pouvons plus nourrir nos enfants ?


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Ce qu'ils font à la Terre, ils le font aux femmes.

Ce qu'ils font aux aborigènes, aux plantes, aux arbres, aux forêts, aux animaux, ils le font aux femmes.

Ce qu'ils font à l'eau, à l'air, aux rivières, aux rivages, aux oiseaux, aux abeilles, aux ours, aux baleines, ce qu'ils font aux animaux d'élevages et à tant de variétés animales et végétales expropriées du bien commun par les multinationales, ils le font aux femmes.

Ce qu'ils ont fait aux Indiens, aux sorcières torturées et brûlées par millions, descendants de nos ancêtres qui ont préservé l'harmonie pendant des centaines de milliers d'années, cette haine et ce bannissement systématique, au nom de leur progrès, de leurs techno-sciences de pointe, leur pétrochimie d'holocauste, avec leurs chalumeaux, leurs microscopes, leurs sous-marins, leurs claviers et leurs chloroformes, avec leurs circuits intégrés miniaturisés ultras performants pour un désordre global, ce qu'ils font aux peuples autochtones autarciques et aux herboristes héritiers d'un incommensurable savoir botanique, c'est ce qu'ils font aux femmes, partout, sur toute la surface de la Terre.


Et ils s'étonnent des invasions d'amarantes dans les champs de maïs mexicains, de l'ambroisie en Languedoc, de l'impatience de l'Himalaya sur nos berges, des entérocoques intraitables, des bactéries résistantes aux antibiotiques, des allergies galopantes, de la vache folle, des cancers en masse, des tornades, tremblements de terre, sécheresse, inondations, déserts, fonte des pôles et des glaciers, submersions insulaires...

La prédation, c'est prendre sans permission, sans demander si l'autre est d'accord, s'il est prêt. Sans reconnaître que tout Vivant possède une connaissance de son état et de ses besoins, préalable à tout don de soi.

La prédation, c'est chosifier, dépersonnaliser, déshumaniser.

C'est nier le désir, l'existence sensitive, consciente et signifiante de l'autre, son être unique et remarquable, générateur de relation et du processus d'évolution collective.

La prédation, c'est le viol.

Les femmes et la nature sont le lieu des humains où est commis l'incommensurable crime de viol qui nous mène si près de l'abime de notre propre extinction.

« Il y a un autre monde, mais il se trouve dans celui-ci »

Paul Eluard


* * * * *


anti



12 avril 2011

Vagabonder chez nous en France

patchivalo.jpgJeudi dernier, le Tribunal de Grande instance de Digne a ordonné la destruction d'une yourte de 35 m² construite sur une terre agricole à Volx. Elle appartient à Boï, un Rom dont nous avons parlé plus d'une fois sur ce blog.

Boï est en effet un homme aux talents multiples : éleveur de chevaux, musicien, conteur, réalisateur, acteur et même un peu plus. En effet, cette yourte qu'il a posé là depuis des années, il s'en servait dans un but précis : "Je suis un mainteneur de la tradition rom et cette yourte sert chaque jeudi à éduquer nos enfants à nos traditions anciennes et à méditer."

Il a déclaré qu'il respecterait la décision du tribunal. Ce qui ne veut pas dire qu'il se contentera de se taire, bien au contraire."Je brûlerai la yourte le 24 avril dimanche de Pâques, mais avec tous les camps de gitans de la région et leurs roulottes dans Volx. Et nous partirons tous sur la route vers Forcalquier le Lundi de Pâques. Tout cela sera pacifique, mais nous voulons tirer l'attention sur cette affaire injuste."

C'est le journal La Provence qui a rapporté l'évènement, repris par le groupe Rroms dont nous faisons partie, Anti et moi, sur Le Post. De nombreuses personnes ont d'ores et déjà prévu d'être présentes à Volx, le 24 avril, pour montrer leur soutien à Boï et protester une fois de plus contre ces lois imbéciles qui autorisent le pouvoir à démanteler les habitats dits précaires.

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Partout, les jugements tombent qui interdisent les yourtes y compris sur les terrains appartenant parfois depuis des années aux particuliers qui décident d'opter pour cet habitat, alors qu'ils ne dérangent absolument personne et qu'ils sont chez eux. Il ne fait pas bon être "différent" dans notre pays...

chez nous en France.jpgIl y en a qui gagneraient à relire ce texte écrit en 1956 en guise de préface pour Chez nous en France, un livre d'école destiné aux classes de cours moyen.

"Les années se succédaient, et perpétuellement ils couraient la France, ces hommes et ces femmes, n'entrant dans les lieux habités que pour donner leurs représentations, et revenir bien vite après camper sous le toit du ciel, autour de leurs voitures.

Un jour, ils étaient en Flandre, au pied d'une de ces collines noires formées des scories et des cendres de la houille, dans un de ces paysages plats, aux rivières endormies, aux perspectives coupées de tous côtés de hautes cheminées de briques fumantes. Un jour, ils étaient en Alsace, parmi les décombres d'un vieux château repris et reconquis par la nature [...]. Un jour, ils étaient en Normandie sous un grande verger de pommiers, non loin d'un toit de ferme moussu, au bord d'un ruisseau chantant dans le haut gazon d'un herbage. Un jour, ils étaient en Bretagne, par la grève caillouteuse, entre les rochers gris, le noir infini de l'océan devant eux. Un jour, ils étaient en Lorraine [...], en Touraine, [...], dans le Dauphiné [...], en Auvergne [...], en Provence [...].

Et par cette existence éternellement voyageuse en toutes les saisons diverses, à travers toutes ces contrées dissemblables, il était donné à ce monde de toujours avoir devant soi l'espace libre, de toujours être dans la pure lumière du ciel, de toujours respirer le plein air, de l'air venant de passer sur des foins ou des bruyères, et de s'enivrer, matin et soir, les yeux du spectacle nouveau des aurores et des crépuscules...
"

bohémiens en France.jpgL'auteur de ce texte intitulé Bohémiens à travers la France, c'est Edmond de Goncourt. Vous pouvez en lire l'intégralité en cliquant sur l'image ci-contre pour l'afficher en grand. Les auteurs du livre concluaient ainsi : "Comme ces Bohémiens, nous allons vagabonder chez nous, en France" avant de décrire chaque région de France par des chansons, des récits et des poèmes.

Heureuse époque où les Roms étaient donnés en exemple aux écoliers qui rêvaient d'une vie libre et leur donnaient envie de découvrir les terres de leur pays, le nôtre, la France.

Très belle journée à vous

Photos :
(1) L'affiche du film "Le Patchivalo", avec Boï dans le rôle principal
(2) Le fils de Boï, qui est venu nous faire rire sur le stand des Voyageurs au sang d'or aux Saintes-Maries en mai 2010
(3) La couverture du livre "Chez nous en France"
(4) Le texte d'Edmond de Goncourt (cliquer dessus pour l'agrandir)

14 décembre 2010

Loppsi, la loi inique

C'est aujourd'hui que commence à l'Assemblée la discussion du projet de loi dit Loppsi (« loi d'orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure »). Il s'agit d'un fourre-tout sécuritaire qui vise aussi bien la surveillance des ordinateurs, la vidéosurveillance, le futur équipement des policiers que la possibilité d'expulser plus facilement les squatteurs et de détruire les campements de populations démunies ou nomades, même si le terrain leur appartient.

Les associations d'aide au logement et de soutien aux Roms et aux gens du voyage s'insurgent.

expulsion paris AFP.jpgLes préfets pourront expulser à leur seule initiative les campements illégaux. Un amendement d'un député UMP prévoit même une sanction d'un an de prison et 15 000 euros d'amende pour les squatteurs.

Sylvie Barbe, de l'association CHEYEN (Coordination des Habitants En Yourte sur Espaces Naturels - animatrice du blog Yurtao), en décrit les conséquences : "L'article 32 ter A de la loi LOPPSI 2 organise l'extermination sociale des habitants des yourtes, cabanes, tentes, caravanes et touts habitats précaires, choisis, hors normes, alternatifs, mobiles, modestes et légers, désormais considérés comme ennemis intérieurs attentant à la sécurité de l'État.

Expulsions musclées sans procès en 48H, même des terrains dont l'occupant est propriétaire, destruction des biens, criminalisation de la sobriété assumée ou subie, condamnations et amendes de l'entourage pour refus de dénonciation, ces mesures arbitraires exceptionnelles sont requises devant le Parlement pour éradiquer indésirables, nomades et toute velléité de contre culture et de contestation.
"

Quelques extraits d'un article à ce sujet paru dans Rue89 :

"En septembre, lors du vote au Sénat, le gouvernement a introduit dans la Loppsi l'article 32 ter A, portant sur les « installation[s] illicite[s] en réunion sur un terrain appartenant à une personne publique ou privée en vue d'y établir des habitations » :

- le préfet pourra exiger le départ des occupants « lorsqu'une installation illicite […] comporte de graves risques pour la salubrité, la sécurité ou la tranquillité publiques » ;
- les occupants auront 48 heures pour quitter les lieux ;
- au-delà de ce délai, le préfet pourra ordonner l'expulsion des occupants, à moins que ceux-ci aient déposé un recours devant le tribunal administratif ou que le propriétaire du terrain s'y oppose ;
- le préfet pourra demander au tribunal de grande instance l'autorisation de détruire les « installations », le tribunal devant donner sa réponse dans les 48 heures ;
- s'il s'oppose à l'expulsion, le propriétaire du terrain devra « prendre toutes les mesures nécessaires pour faire cesser l'atteinte à la salubrité, à la sécurité et à la tranquillité publiques », sous peine d'une amende de 3 750 euros.[...]

Avec la Loppsi, le gouvernement disposera donc d'un éventail juridique adapté à tous les logements illégaux, mobiles comme sédentaires, et bénéficiera de plus de souplesse. Il l'expliquait d'ailleurs très clairement dans le texte présentant son amendement aux sénateurs :

yourte.jpg« Cet amendement a pour objet de permettre l'évacuation d'office des terrains occupés de façon illicite par des campements. L'expérience montre en effet que ce type d'occupation est souvent, du fait de conditions d'hygiène déplorables, la source de troubles à la salubrité publique se traduisant notamment par la propagation de maladies graves. […]

L'efficacité du système est assurée en attribuant compétence au préfet et en prévoyant une procédure dans laquelle le propriétaire du terrain, qui est consulté, ne peut faire obstacle par sa seule inertie à l'évacuation forcée du campement. L'expérience montre en effet qu'en la matière, un certain nombre de propriétaires se désintéressent du sort de leur terrain et qu'il est très difficile de recueillir leur accord en vue d'une évacuation forcée.
»

Dans un appel commun, 55 associations et partis politiques réclament le retrait de cet amendement. Parmi les signataires, on retrouve Droit au logement (DAL), Jeudi noir, La Voix des Roms, la Ligue des droits de l'homme, le Mrap, mais aussi les Verts, le NPA ou le Parti de gauche. Selon eux, « cette disposition vise et accable les personnes les plus gravement touchées par la crise du logement ».

Soyons le plus nombreux possible à signer la pétition qui s'oppose à ce projet de loi inique :

http://www.petitionenligne.fr/petition/contre-la-loi-lopp...


L'article intégral de François Krug est ici : Loppsi : la loi fourre-tout vise aussi campements et squats (Rue89)

Photos :
1 - AFP / Bertrand Langlois
2 - Yurtao

21 juillet 2010

De l'aide pour une cabane

55259957_p.jpg Photo Bessèges - Yurtao

Décidément, le quotidien est rude pour les personnes qui ne vivent pas comme les autres... Après l'expulsion de la Yourte de Sylvie Barbe, je viens de recevoir cette information de la part de l'association CHEYEN, Coordination des Habitants-usagers En Yourte sur Espaces Naturels, qui a reçu l'appel à l'aide suivant :

Bonjour,

Je m'appelle Pedro BRAVO CERCAS. J'ai reçu en donation en 2001 un terrain de 8ha en Sud Cévennes, sur lequel existait une cabane attenante à une caravane. En 2003, mon logement étant insalubre, je me suis installé dans cette cabane avec ma femme et mes enfants.

Un an après, la mairie m'a dénoncé abusivement à la Ddass, j'ai prouvé que les enfants n'étaient pas en danger, chacun ayant leur chambre respective. Le maire nous a alors interdit l'accès aux transports scolaires. Un simple appel au service des transports du Conseil Général a débloqué la situation. Enfin, la DDE nous a demandé de détruire notre cabane, sous prétexte de zone boisée non constructible. J'ai pu garder ma cabane parce que, dans le cas d'habitat léger, en prouvant l'existence du bien depuis 3 ans sur le lieu, il y a prescription.
Ils ne peuvent pas me faire enlever la caravane puisqu'elle est attenante au chalet et ferait écrouler la construction.

Malheureusement, la mairie ne s'en est pas tenue là. Un jour, le neveu du maire, avec son équipe de chasseurs, a introduit les chiens de chasse dans mon parc à cochons.

Les bêtes affolées se sont échappées et les chasseurs m'en ont tué et mangé cinq ! Malgré les articles dans la presse et les plaintes à la gendarmerie qui a vu le tableau de chasse, je n'ai pas été dédommagé. Dégouté, je suis parti louer un logement dans une ville de l'Hérault.
J'ai fais une grave dépression, qui fait que je ne peux trouver du travail. Ma femme vient d'être opérée d'un cancer. Résultat, nous allons être expulsés de notre logement dans un mois. Nous voudrions retourner dans notre cabane. Mais je l'avais louée à un gars qui, en plus des impayés, maltraitait ses animaux, et ceux-ci ont fini par être saisis. Alors ce gars a tout volé et cassé sur le terrain, portes, toitures, affaires et outils.
Plus de poêle à bois, plus de cuve à eau, plus d'étanchéité, et le plancher troué.

Je lance donc un appel à tous ceux qui pourraient m'aider à retaper l'endroit pour qu'il soit vivable. Notre situation financière nous empêche d'acheter les matériaux, et même de déménager ! Alors si vous pouviez faire passer le mot, toutes les bonnes volontés seront les bienvenues !
Pour ne plus me battre seul, j'accueillerais volontiers sur ce terrain une ou deux yourtes de personnes qui pourraient m'aider et qui cherchent un lieu de vie.

Merci d'avance !

Pour plus d'information, contacter l'association.

N'hésitez pas à faire circuler ;-)

anti

03 juin 2010

Amis et ennemis

Ce matin, j'ai lu avec beaucoup de bonheur cette magnifique note sur le blog la voie de la Yourte dont je vous ai parlé dernièrement.

5_postage


Il y a ceux qui vous aiment et ceux qui vous détestent.


Personne ne peut être aimé par tout le monde.



Rien qu'en naissant, on se fait des ennemis.


h_risson


On a beau être innocent, on est déjà coupable d'exister.


Il y a ceux qui vous aiment, un peu, beaucoup,


passionnément, à la folie,


on va apprendre à savoir combien c'est fugace


et rempli de projections.


fille_contre_l_amour

Un peu et ce n'est jamais
assez.


DYMWQ


Beaucoup et c'est toujours trop.


Passionnément, c'est pléthore, à la folie, pas de sortie.


contes_20cruels_20de_20la_20jeunesse


On déchiffre la partition des sentiments et,


jusqu'à ce qu'on sache jouer,


on se prend pour le prochain Mozart.


hhhgggfff


Il y a ceux qui vous ont aimé


et ne vous le pardonneront jamais.


Il y a ceux qui vous veulent,


à qui vous cédez parce que vous avez quelque chose à vérifier


et qu'on remercie de s'être trompé.


wianki


Il y a ceux qui vous veulent, qui ne vous auront jamais,


et que ça rend méchants.


PeterPan5


Ceux qui vous en veulent, qui vous détestent,


vous leur rappelez ce qu'ils sont ou ne sont pas,


vous avez ce qu'ils n'ont pas encore ou qu'ils ont perdu,


à qui vous servez généreusement de cible.


HPIM2242


Ils vous loupent en l'attente du bon maitre.


g


On en profite pour apprivoiser ses frissons


bgttttr


et se refroidir le sang et
le cœur.


gtgfrrr


Il y a ceux qui vous voudraient morts,


qui fantasment tout le mal qu'ils pourraient vous administrer


le plus lentement possible,


s'il n'y avait pas ces foutus Zorros planqués derrière leurs claviers,


HPIM9993


prêts à exhiber Excalibur


pour sauver du dragon la princesse cernée,


HPIM8039


qui vous enterreraient vivante


s'il n'y avaient pas ces foutues lois.


On réfléchit si ça vaut le coup de se sacrifier pour eux.


7704751_p


Heureusement, il y a ceux qui vous ont détesté ou aimé


et sont capables d'en rigoler.


yhgfdfsf


Ceux qui vous ont aimé ou détesté et deviennent des amis.


Si ce ne sont pas les meilleurs initiatiquement parlant,


ce sont ceux avec qui on passe ses meilleurs moments.


bfr


A l'intérieur de soi, c'est pareil.


On lutte pour s'aimer, s'accepter,


faire la paix avec soi-même.


Palais3


Et puis un jour, on écoute au-delà du charivari,


et on comprend,


si on a la chance d'avoir des ennemis costauds,


qu'ils nous offrent le champ de bataille


Z60


où conquérir


notre intériorité,   
bhgffg


notre sécurité,




Waking_Dreams_by_CrystallineEssence


notre joie
ineffable.


10


Alors, il n'y a plus ni amour ni haine,


seulement l'intensité.







L'auteur de cette note est Sylvie du blog Yurtao.
Vous pouvez la lire et la commenter directement sur le blog de Sylvie en cliquant ICI


anti

22 mai 2010

YURTAO, la voie de la yourte

yourtao.jpg


Tandis que nous serons aux Saintes-Maries-la-Mer pour la séance de dédicaces de Kathy Dauthuille (Voir Les Voyageurs au Sang d'or), je vous propose de vous promener dans l'univers enchanté et enchanteur du blog YURTAO : La voie de la Yourte.

Voici pour vous faire une idée, le dernier post qui y a été mis en ligne :

Démantèlement, intense comme un accouchement,

du Cantoyourte.

Lieu de joie, extirpé il y a cinq ans,

fermement mais sans violence,

de la friche sauvage et de l'abandon,

offert maintenant aux saccageurs.

Dernière nuit au creux de la belle Shamatha.

Dernières extases

au sein du grand mandala de patchwork;

Après la pluie, lentement, tombent un à un

les jupons du dessous de Shamatha,

la grande yourte....

Les jupons de beauté,

les jupons de douceur,

les jupons de chaleur.

Plaisir infini de baigner

dans les joyaux du soleil

filtrant à travers les couleurs.

« En vivant avec nos émotions, tôt ou tard,

l'habitude de trouver une cause va nous quitter...

En laissant l'émotion s'étaler,

se vider dans le cœur,

vous admettez votre propre nullité,

votre incapacité à gérer l'instant,

et vous retrouvez cette vibration de l'essentiel....

yourtao2.jpg

Quand on commence à pressentir la force,

la beauté de l'émotion,

on s'aperçoit combien

tous les systèmes de pensée spirituels sont superficiels.

Les dogmes, les analyses, les savoirs,

les fantaisies sur l'énergie et l'éveil,

ne sont que des projections

faites de nos misérables événements psychiques,

lesquels ne sont que des étincelles de l'émotion profonde.

Le besoin qu'a l'homme de codifier, d'expliquer,

d'avoir un début et une fin, tout cet imaginaire,

cet arrivisme pseudo-spirituel,

ont créé les religions d'Orient et d'Occident.

La plupart des gens sont incapables

de faire face à leurs émotions.

Ils ont trop peur de la folie....(...)

J'ai rêvé ma vie. J'ai tout inventé.

Rien de tout cela n'existe, sauf ma peur,

la codification de ma peur.

Ma vie est la représentation de cette peur.

La peur qui m'a fait...avoir

telle forme de maison, la peindre de telle couleur,

qui me fait m'habiller, me tenir, respirer, parler,

me présenter de telle manière,

qui m'attache à telle idée politique et sociale,

à tel goût littéraire ou cinématographique.

Tout cela est ma peur qui joue dans sa splendeur....

Je me rends compte que la vie que je me suis créé,

les capacités que j'ai cherché à développer,

la force, le courage, l'intelligence, la spiritualité, la méditation,

la sagesse ou autres balivernes, tous ces éléments,

je les ai développés pour ne pas faire face

à l'émotion qui m'habite constamment.

D'un coup, je me réveille,

je me rends compte qu'il n'y a là que prétention,

que je ne suis rien de tout cela.

Ce moment d'humilité, de non-savoir,

cette abdication,

est le vrai savoir,

la vraie sécurité.»

Eric Baret : « De l'abandon»


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Découvrez toutes les autres photos qui illustrent cette note sur le blog de YURTAO, elles sont toutes plus belles les unes que les autres ! N'hésitez pas à vous perdre dans le labyrinthe des autres articles, ils sont aussi merveilleux.

Bonne journée,

anti

07 mai 2009

Drom festival et autres cultures nomades

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Ce matin, je suis tombée sur cette affiche ! Demain donc, s'ouvre la 6e édition du festival pluridisciplinaire et itinérant autour des arts et cultures nomades à... Nîmes ! Trop bien ! Et ce, jusqu'au 16 mai.

Outre les spectacles dont on peut avoir le programme détaillé sur le site de l'association Kourt'Echel, se tiendront des expositions temporaires.

ext_actu_image_1151_matt_chazal_elele300leg.jpg « Les Tziganes de Turquie » de Matthieu Chazal

Exposition photographique du 14 au 16 mai 2009 - Espace Chapiteau

Année de la saison culturelle turque en France.

La Turquie abriterait la plus grande population tzigane au monde ; ethnologues et chercheurs estiment à 3 à 4 millions le nombre de Tsiganes (Roms, Doms et Loms) vivant dans ce pays.

Matthieu Chazal a rencontré dans le centre du pays de nombreuses familles tsiganes nomades. Certaines convergeaient, en voitures, en sidecars, ou en charrettes tirées par des chevaux, vers un village de Cappadoce pour un pèlerinage Alévi. Au Kurdistan turc vivent également de nombreuses familles qui voyagent de la Syrie jusqu'au nord de la Turquie. A la découverte de ces peuples tziganes oubliés.





284121163.jpg « Un Souffle » De Vladimir Vasilev du 08 au 16 mai 2009- Cafétéria Cinéma Sémaphore

« C’est l’espace temps nécessaire pour se laisser imprégner, pour se laisser posséder. Simplement le temps de cligner de l’œil nerveusement. Pour discerner, le fardeau d’une vie dans les yeux de la mort, Ou l’innocence sur le visage d’un enfant.
Mon travail est de tenter de modifier les habituels et macabres cadres stéréotypés liés à la différence culturelle. Ceux qui remplissent nos yeux de pitié mal placée. On dit que la vie laisse ses marques. Et nous ne pouvons plus compter les coups de l’existence, sur la peau de ces êtres. Mais les gens restent fiers, ancrés sur ce sol qui leur appartient. Entre deux mondes, entre deux époques, ces générations disparaissent et transmettent, chacune de ses marques. »



« Fresque – décor » des ateliers graffiti de Valdegour, le 12 mai 2009- CSCS Valdegour et du 14 au 16 mai 2009 - Espace chapiteau.

Lors d’ateliers graffiti - peinture, qui ont eu lieu de mars à mai 2009, un groupe de jeunes du quartier Valdegour a eu l’occasion de travailler sa technique.

Du crayon à la bombe, du papier à la fresque murale, du lettrage au graffiti.
Ils pourront ainsi vous présenter le résultat de leur ouvrage avec une grande fresque –décor réalisée sur le thème du nomadisme, le mardi 12 mai lors de la soirée concert au CSCS Valdegour, et du 14 au 16 mai à l’espace chapiteau pour la clôture du festival.
Ateliers animés par Yann Meheri.


Dessin et sculpture sur le thème du cirque par les enfants du Mas de Mingue. Du 13 au 30 mai 2009 - Vernissage goûter 13 mai 2009 – À 16h, à la bibliothèque Jean Paulhan - Mas de Mingue

Un groupe d’enfants fréquentant la bibliothèque Jean Paulhan a participé à une série d’ateliers arts plastiques, dessin et sculpture sur le thème du cirque, du mois de février au mois de mai 2009.

Les enfants ont abordé diverses technique crayon, fusain, encre pour une recherche des formes, et la compréhension des volumes. Ils se sont ensuite attachés à définir individuellement de ce qui pour eux représente le cirque. Les enfants du Mas de Mingue vous présenteront ainsi leur exposition composée des sculptures d’argile lors du vernissage goûter et projection du mercredi 13 mai 2009.
Ateliers animés par Sandrine Michaille.


926958251.jpg « Destination Mongolie » de Samuel Keller – Asso. L’Omnibus. Du 13 au 14 mai 2009 - Espace Chapiteau.

L’Omnibus invite le public à voyager entre Oulan Baatar et Bulgan, par delà les steppes de Mongolie, autour de l’exposition photographique et sonore de Samuel Keller.

Les photographies évoquent des moments de vie du peuple mongol, dans la ville qui porte encore les stigmates d’une domination soviétique, puis dans la steppe où la vie s’organise au rythme des chevaux et des troupeaux. Quant à la bande sonore, elle se perd dans les chants des moines bouddhistes, s’arrête quelques temps dans une yourte sous laquelle une vieille nomade, de sa voix cassée, chante les louanges de l’été...










«Mongolia Expedisound », un film de Laurent Lemonnier et un diaporama photo de Karine Terlizzi. Jeudi 14 mai 2009- Espace chapiteau.

De mai à novembre 2006, une équipe de 12 personnes s’est rendu par la route en Mongolie avec comme objectif principal la participation au camp d’été de l’orphelinat d’état de Oulan Baator. L’encadrement d’une centaine d’enfant à travers différents ateliers fut leur quotidien pendant presque deux mois. La suite du voyage fut une découverte du pays et de leurs habitants tout particulièrement à travers l’échange musical. Karine Terlizzi, de IOT Records, faisait partie de ce voyage fabuleux de Marseille à Oulan Baatar. Grâce à ce diaporama photo, Karine partage avec nous tous ces moments de découvertes, de rencontres, d’échanges, de convivialité. Vous pourrez découvrir l’immensité des paysages que les nomades Mongols arpentent.




Avis aux producteurs qui passeraient par là, un film, "Les fils du vents" cherche moyens pour être enfin terminé :




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Drom festival sur myspace avec des morceaux très sympas a écouter, aux airs de mon chouchou Goran Bregovic !

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